CDU-CSU : un vent de libéralisme en Allemagne

Dans sa conférence de presse, Armin Laschet, candidat à la chancellerie pour la CDU-CSU, affirmait que concurrencer la Chine requérait une société plus libre et plus libérale.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Armin Laschet by Christliches Medienmagazin pro (creative commons) (CC BY-SA 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

CDU-CSU : un vent de libéralisme en Allemagne

Publié le 3 juillet 2021
- A +

Par Adelaide Motte.
Un article de l’Iref-Europe

La droite protectionniste assène souvent cet argument : pour protéger l’industrie française, il faut augmenter les taxes douanières. Les produits venant de Chine ou des géants américains, les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon), seraient ainsi vendus plus cher, ce qui permettrait à l’industrie française de redevenir compétitive.

La CDU-CSU semble faire le choix inverse. Dans sa conférence de presse, Armin Laschet, candidat à la chancellerie pour la CDU-CSU, affirmait que concurrencer la Chine requérait une société plus libre et plus libérale. De même, pour concurrencer les GAFA, mieux valait réduire les règles et la bureaucratie.

Cette libéralisation occupe une place importante dans le programme de la CDU-CSU, qui affirme que l’allègement de la bureaucratie permet déjà d’économiser 1,1 milliard d’euros chaque année. Elle se propose donc de « démonter la bureaucratie superflue » pour renforcer l’industrie.

Si certaines des normes européennes peuvent être justifiées pour ne pas de tomber dans les excès de la Chine, la surabondance de normes cantonne aujourd’hui les puissances européennes à des places de second ordre. Armin Laschet rappelle ainsi que le président Xi Jinping ne craint pas nos industries car il pense nos démocraties « trop lentes » pour faire face à la réactivité chinoise. Les Européens possèdent pourtant des qualités d’entrepreneuriat et beaucoup de savoir-faire, mais gâchés par un excès de réglementation.

La CDU-CSU préconise des baisses d’impôts

Consciente que l’Allemagne a besoin des grandes entreprises comme des petites et des hauts revenus comme des bas, la CDU-CSU propose de baisser les impôts. En Allemagne, il existe une surtaxe de solidarité, nommée Solidaritätzuschlag, qui représente 5,5 % de l’impôt sur le revenu. Elle concerne les célibataires et les couples dont le montant d’impôt dépasse 16 956 euros pour les premiers, 33 912 euros pour les seconds.

La CDU-CSU déplore que cette surtaxe de solidarité ne soit financée que par les gros revenus et préconise sa suppression totale, progressive et rapide. Elle souhaite permettre aux plus hauts revenus de gagner davantage, afin de stimuler les investissements et l’innovation.

Cette baisse des impôts semble possible grâce à la bonne gestion de l’Allemagne, qui, entre 2014 et 2019, n’a contracté aucune dette supplémentaire. L’Allemagne est en excédent budgétaire sur cette période : elle épuise les recettes fiscales d’une année au début de l’année suivante, ce qui lui évite de s’endetter.

Lucide sur les dommages économiques subis par le pays pendant la crise sanitaire, la CDU-CSU voudrait qu’il reprenne sa place dans la croissance économique mondiale et qu’il tire le meilleur parti possible de ses entreprises et de ses grandes fortunes pour améliorer sa compétitivité.

Pour cela, elle compte plafonner à 25 % la charge fiscale sur les profits à charge des entreprises afin de conforter les emplois déjà en place et d’en créer de nouveaux. Alors que la France se réjouissait il y a peu d’avoir convaincu l’Allemagne d’accepter un endettement massif de l’Union européenne dans le cadre du plan de relance, la CDU-CSU semble vouloir faire machine arrière.

Elle martèle deux mots-clés : modernité et stabilité. Or, stabilité et dette ne font pas bon ménage. Il s’agit donc de présenter un budget à l’équilibre, avec des dépenses qui ne dépassent pas les recettes, et un ratio d’endettement des administrations publiques de 60 % maximum.

Enfin, si la CDU-CSU fait une place non-négligeable au réchauffement climatique, on peut noter qu’elle envisage de le combattre « par les innovations ».

Son credo :

Lier l’économie et l’écologie avec l’innovation plutôt qu’avec l’idéologie, avec des incitations plutôt que des interdictions.

Ainsi, les impôts sur les émissions de CO2 ne devraient pas augmenter. Même si les scientifiques ne sont pas tous d’accord sur les causes du changement climatique, il est bon qu’un parti de droite s’attaque au sujet avec des mesures libérales, propres à convaincre certains de ses électeurs.

Cette position lui permet d’ailleurs de concurrencer Die Grüne, le parti écologiste vert mené par Annalena Baerbock, assez bien placée pour ces élections avant qu’elle ne commette plusieurs impairs.

Sur le web

Voir les commentaires (9)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (9)
  • Une toute petite lueur d’espoir pour les libéraux.

    Tout-toute petite…

  • Une bonne gestion des recettes fiscales en trompe l’œil quand on voit l’état déplorable de ses infrastructures publics.

    • Vous pouvez détailler ?
      C’est certain que les forces de polices en Allemagne roulent toutes en Dascia… ce n’est qu’un exemple

  • Baerbock, « plusieurs impairs ».
    Que c’est gentil pour une pareille tartuffe. C’est a plier de rire et de comique.
    Quasi non diplômée elle c’est inventé des diplômes, tous les postes déclarés dans son CV se sont avérés être des inventions.
    Son livre est un recueil de copiés collés.
    Baerbock était responsable des Verts du Brandebourg. Son bras droit, son trésorier était un proxénète qui dirigeait un service d’escorte avec plusieurs prostituées bulgares à Berlin. Pour une postulante chancelière qui se prétend féministe, l’Allemagne en ce moment est pliée de rire.

    https://www.danisch.de/blog/2021/06/30/baerbock-und-die-bulgarischen-hausbesuchhuren/

    • La candidate des verts subi un lynchage médiatique sans précédent. Elle a bien moins de casseroles au cul que Laschet ou Scholz.

      • Lynchage médiatique?
        Comme en France les medias sont des journalistes sélectionnés par des diplômes en socialisme des sciences humaines et sociales et c’est par les réseaux sociaux que les scandales sont arrivés.

        Franchement il n’y a aucun lynchage, c’est plus qu’énorme!.

        Elle a fait croire qu’elle a grandi dans une ferme, c’était un domaine seigneurial.

        Baerbock c’est inventé des études et un passé de doctorante, l’université a même un moment cautionné par un silence aux questions, puis obligée d’avouer.

        Elle a déclaré avoir travaillé à l’usine pour payer ses études à Londres. En fait c’était l’usine ou papa était DRH avec un salaire fictif pour payer ses études à Londres.

        Son poste chez les verts a été « acheté » par sa famille. Le PB c’est qu’en postulant à la chancellerie, elle ne peut plus le cacher.

  • Hahahahaha
    Laschet, même la cdu aurait préféré le candidat de la csu Soeder qui a bien plus d’idées et de charisme que Laschet.
    Les cadres du parti s’y sont opposés, de peur de perdre la main. Ils ont préféré mettre un faible dans envergure de la CDU plutôt que de nommer le cousin de la CSU…

  • Excellent info sur ce qui se passe en Allemagne. Juste dommage que la phrase suivante s’y soit faufilée :

    « Si certaines des normes européennes peuvent être justifiées pour ne pas de tomber dans les excès de la Chine, la surabondance de normes cantonne aujourd’hui les puissances européennes à des places de second ordre. »

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Il y a une première phase dans laquelle on a vu des pans entiers d’industries partir en Asie ou en Inde. L’exemple typique est le textile où les technologies de production ont été mises à disposition du monde entier par des fabricants occidentaux de machines, suisses en l’occurrence.

 

Des machines et des procédés de production

Ils vendaient non seulement les machines, mais aussi les procédés de production. Quand les salaires vont de un à 70 comme c’était le cas entre l’Europe et des pays comme le Bangladesh, un producteur ... Poursuivre la lecture

Allons-nous vers une Europe fédérale resserrée autour de l’Allemagne ? Dans un article pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung, le chancelier social-démocrate allemand Olaf Scholz vient de décrire sa vision de l’Europe. Il y défend une approche centralisatrice de l’Union européenne et appelle à la fin des veto nationaux afin d’assurer un plus grand poids sur la scène internationale. Mais les politiques écologiques et de défense allemandes passées et présentes montrent que la méfiance doit être de mise.

 

Fin des veto nationaux ... Poursuivre la lecture

Un article de Conflits

To be, or not to be, that is the question : en quelques mots, Shakespeare a fait dire à son prince Hamlet la question existentielle d’être, quitte à souffrir, ou de ne plus être en se rebellant et en risquant la mort. Les Allemands vivent ces jours-ci ce refrain universel du doute : vivre avec le gaz russe ou mourir économiquement sans le gaz russe, telle est la question.

 

Les centrales électriques ne peuvent pas grand-chose

Un vent de panique semble désormais souffler sur l’Allemagne. Alors q... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles