La recherche n’attire plus : la compétitivité française en danger

Photo by ThisisEngineering RAEng on Unsplash - https://unsplash.com/photos/mF6gB6hV5OU — ThisisEngineering RAEng ,

Les données démontrent une attraction en baisse pour la recherche en France. Une situation qui risque d’accentuer le déclin du pays dans ce domaine face à des pays comme l’Allemagne ou les États-Unis.

Par Alexandre Massaux.

Comme le rapporte une note du ministère de l’Enseignement supérieur sortie en juin 2021, le nombre d’inscrits au doctorat mais aussi au master est en baisse. Inversement le nombre d’inscrits en licence est en hausse, démontrant un attrait pour les études plus courtes.

Si les confinements répétés ont pu jouer un rôle dans des décrochages, cette situation s’inscrit sur la durée : la baisse du nombre de doctorants est continue depuis 2009. S’il est bienvenu que de nombreuses personnes choisissent d’entrer plus tôt sur le marché du travail plutôt que de s’ancrer à l’université, cette tendance peut aussi indiquer une baisse de l’attrait des métiers de la recherche en France.

La recherche attire de moins en moins

On se souvient des propos d’Emmanuelle Charpentier, prix Nobel de Chimie 2020, qui déplorait en France : « les structures en général, qui ne sont plus adaptées à la compétition, à la vitesse nécessaire pour mettre en place des projets, récolter des fonds, les réorienter ».

Les possibilités de financement sont plus élevées en Allemagne et outre-Atlantique.

Ce manque de débouchés et cette rigidité sont les principales causes de cette diminution du nombre de doctorants en France. En 2016, le pays était classé  douzième avec 67 600 doctorants. L’Allemagne se positionnait à la troisième place en comptant 197 000 doctorants et les Anglais à la sixième place avec 113 000. À population comparable, la France fait moins bien que ses voisins.

Compte tenu que 42 % des doctorants sont des étrangers, c’est la visibilité et la place de la France à l’international qui est en jeu. Si elle reste le troisième pays accueillant le plus de doctorants internationaux après les États-Unis et le Royaume-Uni, elle est dans une dynamique négative avec une baisse de 4 % entre 2013 et 2016, là où les Britanniques connaissent une hausse de 8 % et les Allemands de 22 %.

Bien sûr, quantité n’est pas synonyme de qualité. Néanmoins, être attractif permet d’attirer les meilleurs éléments.

Trop de rigidités : la nécessité de fluidifier le monde de la recherche

La France se démarque des autres pays par l’importance de certains de ses instituts de recherche (le CNRS est la plus grande structure au monde) démontrant une forte centralisation. Cette dernière n’aide pas la prise d’initiative et renforce la rigidité. Ces deux facteurs freinent la recherche et les perspectives d’emplois des doctorants.

Inversement, il serait préférable qu’existe une pluralité de structures afin d’impulser l’innovation.

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.