Jordan Peterson devient un nazi de bandes dessinées !

Jordan Peterson by Gage skidmore (creative commons) (CC BY-SA 2.0)

Dans l’un des derniers numéros du comics Captain America, on peut voir le « super-vilain » Red Skull associé aux thèmes familiers abordés par Jordan Peterson, le psy anti-politiquement correct.

Par Frédéric Mas.

Jordan Peterson, l’un des intellectuels anti-politiquement correct les plus populaires dans le monde, a découvert mi-amusé mi-contrit, que le grand méchant du héros de BD Captain America, Red Skull, tenait le même discours que lui. Dans l’univers Marvel, Red Skull est un nazi ancien bras droit d’Hitler.

Dans l’un des derniers numéros du comics Captain America, on peut voir Red Skull associé aux « règles de vie » proposées par le psychologue canadien, ou à certains de ses thèmes familiers comme « le piège féministe » et le « chaos et l’ordre ». Ta-Nehisi Coates, l’écrivain qui a rédigé le scénario de la BD, est connu pour ses prises de position proches de la gauche racialiste américaine.

Peterson suscite les passions les plus extrêmes depuis son apparition sur le web. En 2016, sa popularité explose sur youtube après qu’il a posté des vidéos critiquant la loi canadienne sur l’interdiction des discriminations des personnes transgenres au nom de la liberté d’expression.

Critique de l’extrême gauche, de l’identity politics comme des excès du féminisme intersectionnel, il est élevé au rang de meme après un entretien qu’il a eu sur la chaîne britannique Channel 4 avec une journaliste hostile et de mauvaise foi.

Jordan Peterson

Un libéral britannique classique

Politiquement, Peterson a déclaré par le passé être un « libéral britannique classique », culturellement à gauche et philosophiquement individualiste.

Il s’est ainsi retrouvé à défendre la démocratie libérale en débat face au philosophe Slavoj Zizek qui lui continue de changer les louanges du communisme.

Seulement, aujourd’hui, pour une frange grandissante de la gauche identitaire, défendre la démocratie libérale et la responsabilité individuelle revient à adopter un discours d’extrême droite visant à perpétuer la supériorité occidentale, le patriarcat ou encore le suprémacisme blanc. En d’autres termes des positions autrefois assez centristes sont aujourd’hui assimilées à du quasi-nazisme.

Peu importe si la popularité de Peterson dépasse largement les clivages et les barrières raciales. Pour beaucoup, l’universitaire est devenu l’incarnation du mal, et même du mâle, puisqu’après la publication de son livre 12 Rules for life, les commentateurs lui ont accolé l’étiquette de défenseur du « masculinisme » contre le féminisme. De fait, son public est essentiellement constitué de jeunes hommes de centre-droit révulsés par les discours racialisant de la nouvelle gauche anglo-américaine.

À ce titre, lorsque son éditeur canadien a annoncé la publication imminente de son nouveau livre, (désormais disponible en librairie) des employés militants ont fondu en larmes à l’idée de publier « une icône du discours de haine et de la transphobie ».

Plutôt que de se lamenter, Jordan Peterson a fait de son arrivée inattendue dans l’univers de Marvel un nouvel argument de vente et d’auto-dérision : vous pouvez désormais vous procurer un T-shirt inspiré par la BD sur son site. Les bénéfices iront à une oeuvre de charité, selon Peterson.

[Mise à jour 13/04/2021, 13h40 : contrairement à ce qui a été écrit précédemment, Jordan Peterson utilisera l’argent du merchandising autour de la BD non pas à son profit, mais pour une oeuvre de charité.]

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