Restrictions sanitaires au Québec : les interactions sociales accusées à tort ?

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Une récente étude de L’INSPQ sur les contacts sociaux permet de mieux comprendre pourquoi les mesures sanitaires les plus sévères sont inutiles.

Par Gabriel Lacoste.

Le 30 mars 2021, l’institut national de la santé publique du Québec a publié une étude des contacts sociaux des Québécois. Ces résultats peuvent étonner. Les experts de la santé publique appuient leurs conseils sur deux « évidences » :

  1. Le nombre de cas de Covid-19 dans une population dépend principalement de la quantité de ses rapports sociaux.
  2. Le gouvernement peut contraindre la population à réduire ses interactions sociales.

Or, les conclusions de cette étude contredisent ces deux « évidences ». Et les auteurs de cette étude ne s’en rendent même pas compte…

Les visites à domicile durant le couvre-feu

Concernant l’évolution des visites à domicile, deux détails sont à retenir :

Premièrement, le gouvernement du Québec a ordonné un couvre-feu au mois de janvier 2021. Bien que toujours en vigueur au mois de février, les Québécois ont choisi alors de se visiter à la même fréquence qu’avant le couvre-feu. Ils ont trouvé un moyen de le contourner. L’ordre du gouvernement n’a eu un impact que de quelques semaines.

Deuxièmement, 66 % des ménages de trois personnes et 47 % des ménages de deux personnes avouent désobéir à l’interdiction des visites à domicile. S’il y avait un moyen de comptabiliser les hypocrites qui se mentent à eux-mêmes autant qu’aux sondeurs, ce nombre serait sûrement beaucoup plus élevé.

Contacts totaux par lieu et par personne

Ce graphique contient deux autres détails pertinents à retenir.

Premièrement, la majorité a l’impression que ce sont les moments plaisants passés avec les amis et la famille qui sont responsables de la pandémie. Or, la place occupée par le bleu foncé sur ces rectangles montre très bien que socialiser durant un loisir est insignifiant dans l’équation, et c’est le plus important pour la qualité de la vie. Cependant, dans le portefeuille de nos contacts, c’est l’équivalent d’une pièce de change.

Deuxièmement, les fluctuations des contact sociaux à travers le temps ne dépendent pas de l’ouverture ou de la fermeture des restaurants, des couvre-feux, des randonnées en plein air ou des visites à domicile, mais purement et simplement des écoles. Pour le reste, il y a eu une baisse au printemps 2020, puis ensuite la situation est restée stable, peu importe ce que l’État nous raconte, nous ordonne et nous permet.

L’absence de corrélation entre les contacts sociaux et les infections

Les cas de la Suède, de Madrid et de la Floride montrent l’inefficacité des mesures sanitaires. Cette étude de l’INSPQ apporte un autre argument en ce sens, même si ce n’est pas son intention.

Voici l’évolution du virus au Québec depuis 2021.

 

Donc, le nombre de cas a diminué, puis s’est stabilisé, alors que le nombre de rapports sociaux a augmenté durant cette période. Comment est-ce possible ? Les experts du gouvernement présument que l’un va dans le même sens que l’autre. Clairement, c’était faux au Québec. Pourtant, ils n’ont même pas l’air de voir la contradiction et de trouver cela bizarre.

Leçons à en tirer

L’écrasante majorité pense évident que les restrictions du gouvernement influencent le nombre de cas, d’hospitalisations et de décès. Pourtant, les résultats de cette étude peuvent être interprétés de façon totalement différente :

  1. La majorité des réductions de nos contacts sociaux par rapport à la période d’avant la pandémie provient d’un choix volontaire. Lorsqu’on ne veut plus suivre les consignes du gouvernement, on trouve un moyen de les contourner.
  2. À moyen terme, les injonctions gouvernementales agissent sur le lieu, pas sur la quantité des rapports sociaux.
  3. Le contrôle gouvernemental s’exerce principalement sur la scolarisation. La santé des jeunes n’étant pas menacée, cette mesure est complètement inutile.
  4. Soit les Québécois ont trouvé vraisemblablement des solutions de rencontres en se transmettant moins le virus, soit une autre variable plus déterminante nous échappe.
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