Prendre l’avion, c’est aussi rêver, madame le maire !

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« Prendre l’avion », c’est voler. C’est magique. Et il existe de nombreuses façons de voler sans émettre quoi que ce soit, ou si peu… y compris dans les aérodromes de Poitiers.

Par Michel Negynas.

C’était mon rêve d’enfant de prendre l’avion pour aller à l’autre bout du monde. Mais je pense que vous ne vous rendez pas compte des rêves dont on doit préserver les enfants. L’aérien, c’est triste, mais ne doit plus faire partie des rêves d’enfants aujourd’hui.

Mme la Maire de Poitiers semble considérer que le seul intérêt de prendre l’avion, c’est d’aller d’un point à un autre. Et décide de « préserver » l’enfant de certains rêves… Elle a fait l’unanimité contre elle, car on ne part pas impunément en guerre contre les rêves, surtout ceux des enfants.

Mais « prendre l’avion », c’est voler. C’est magique. Et il existe de nombreuses façons de voler sans émettre quoi que ce soit, ou si peu… y compris dans les aérodromes de Poitiers.

Prendre l’avion : les ailes écolos

Il y a l’aéromodélisme, qui est du vol par procuration. Activité paisible, mais ô combien dangereuse, puisqu‘elle ne fait qu’exacerber le rêve… Il y a le vol en avion électrique : il s’est développé plus tôt que dans l’automobile, car adapté au loisir et à l’école de pilotage, pour des vols de courte durée.

Il y a le vol à voile traditionnel, qui ne nécessite que peu d’énergie, juste au décollage, et souvent avec un treuil électrique. Il y a un club à Poitiers. Les pales d’éoliennes sont d’ailleurs les héritières directes de la technologie des planeurs modernes, cela devrait pourtant plaire à une écolo ? Le vol à voile est non seulement une usine à rêves, mais c’est aussi une discipline hautement formatrice pour des adolescents, école de rigueur, de souci de la sécurité, d’humilité, de confiance en soi… Les planeurs modernes sont des machines incroyables de beauté formelle et de performance : lâchés en air calme à 1000 mètres d’altitude, ils atterrissent 50 km plus loin…

Et il y a toutes les formes nouvelles apparues récemment, porteuses de liberté absolue : l’aile delta, le parapente…

Écolo et et techno

Ces activités représentent parfaitement ce que pourrait être l’écologisme : l’alliance de la technologie, de la fusion avec les éléments naturels, et même de la poésie.

Éric Raymond vole depuis plus de vingt ans avec ses planeurs solaires. Il décolle sur batteries, monte en vol à voile, passe les nuages sur batteries ; arrivé sous le ciel pur, ses panneaux solaires lui permettent le vol jusqu’à la tombée de la nuit… Contrairement au monstre hideux de Piccard il poursuit sa quête d’un destin, son planeur est beau, et n’a pas besoin d’être suivi par un Boeing pour voler. C’est de la vraie écologie, et pas du spectacle pour bobo suisse… mais personne n’en parle dans les médias.

Le projet Perlan, lui, vise à étudier le vol dans la stratosphère. Son planeur, largué à 14 000 mètres d’altitude, a atteint 30 000 mètres par ses propres moyens, en utilisant les ondes créées par les Jets Streams et la Cordillère des Andes… Le vol sur les ondes, quoi de plus écologique ? Mais personne n’en parle dans les médias.

Prendre l’avion : le réel à portée du rêve

Encore adolescent, un beau jour, dans mon fragile planeur de bois et toile, engin rustique actionné par des poulies et des câbles, pour la première fois guidé par la position des nuages j’ai grimpé à 1500 mètres. Seul dans cette immensité, avec pour seul bruit le sifflement des filets d’air sur les ailes, j’ai ressenti ce qui restera une des plus belles émotions de ma vie. Et un sentiment de liberté absolue.

Non Mme le Maire, voler n’est pas que se déplacer d’un point à un autre de la Planète. Mais il semble que rêve et liberté ne sont pas de votre vocabulaire.

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