Rendre aux Français leur liberté après des années de socialisme

Point de ralliement BY Etienne Valois (CC BY-NC-ND 2.0) — Etienne Valois, CC-BY

Pour compter au XXIe siècle, la France doit revenir aux sources de la pensée libérale, celle qui a influencé les Anglo-saxons.

Par Philippe Robert.

Parmi les questions brûlantes qui se posent toujours aujourd’hui comme hier à la France sens dessus dessous, figure la recomposition de la (fausse) droite la plus bête du monde dont les tribulations passées et actuelles, privées de tout sens commun, ne sont pas à son honneur ni faites pour clarifier le débat.

François Fillon, ex-collaborateur de Sarkozy, fut le seul homme de l’État à proposer, en 2017, un programme libéral-conservateur sans doute encore trop révolutionnaire aux yeux d’un monde politique sclérosé lui-même issu d’une société civile largement endoctrinée, pour en permette l’expérimentation.

« … Le problème français, c’est sa droite, à laquelle il manque les bases intellectuelles minimales pour comprendre les problèmes de l’époque et l’instinct philosophique minimal qui rendrait possible de réagir dans le bon sens […] À n’importe quel problème, la gauche apporte une réponse qui implique plus de règlements et de taxes […] en utilisant l’alibi de la justice sociale […] Mais la droite est incapable d’inventer des solutions radicalement différentes et elle est toujours d’accord avec ces propositions interventionnistes. La droite française ne connaît pas les idées de Liberté. » (Pascal Salin)

Si je suis convaincu qu’une dernière chance pour notre pays de stopper sa descente aux enfers et, « en même temps », pour la (fausse) droite de recouvrer un crédit aujourd’hui proche du zéro absolu est atteignable à terme, il faudra alors bel et bien songer à une révolution copernicienne des esprits qui n’a que trop tardé.

Frédéric Bastiat, cet économiste et homme politique français dont les œuvres pétries de bon sens ont conquis le monde entier, a fait ainsi la fortune du monde anglo-saxon, mais sa propre patrie, la France, trop occupée à vouer un culte exclusif à un égalitarisme lunaire, ignore superbement !

Bastiat a vécu au XIXe siècle, ce qui fait dire aux contempteurs enragés de la philosophie libérale que ses idées n’auraient plus cours aujourd’hui ! Sauf que si la France veut encore compter dans notre monde ouvert du XXIe siècle, il va nous falloir de toute urgence revenir aux sources françaises de la pensée libérale.

Mais comment s’y prendre pour susciter et enclencher un tel mouvement de balancier dans un corps social collectivisé au plus haut degré et, encore et surtout peut-être, au sein d’une société fracturée et en voie avancée de renoncement national en si peu de décennies dédiées à un socialisme de combat ? N’en jetez plus, la cour est pleine !

« Non, non, l’obstacle n’est pas au ministère, c’est tout au plus là qu’il se résume. Pour modifier la pensée ministérielle, il faut modifier la pensée parlementaire ; et pour changer la pensée parlementaire, il faut changer la pensée électorale, il faut réformer l’opinion publique. » (Frédéric Bastiat, VII, page 37)

Contrairement à ce que prônent sempiternellement les idéologues épris de totalitarisme en subordonnant la personne au groupe, réformer l’opinion publique  ne veut pas ici signifier qu’il faut changer le peuple parce qu’il pense mal mais, bien au contraire, lui donner les moyens de découvrir par lui-même où est la vérité et en faire son miel.

Le 4 septembre 2017, Ivan Rioufol écrit sur son blog :

« Le bon sens voudrait qu’une vraie droite puisse rassembler, outre un socle conservateur mobilisé pour résister aux multiples abandons de la république devant les minorités, un indispensable courant libéral tempéré par une approche sociale des questions économiques […] Les primaires de la droite, qui avaient largement porté François Fillon, avaient avalisé ce libéral-conservatisme, en négligeant cependant, a tort, l’approche sociale. »

Les Français baignent déjà dans une débauche d’aides sociales tous azimuts qui, d’ailleurs, leur coûte la prunelle des yeux tout en fabriquant en contrepartie et pour solde de tout compte des bataillons de pauvres les Restos du Cœur sont submergés). Cela n’a aucun sens de faire du neuf avec du vieux à moins, en repartant quasiment de zéro avec l’assentiment majoritaire du peuple, de mettre en œuvre sur l’heure une action politique globalement bien équilibrée.

En 1984, Jacques Chirac interviewé par Pascal Salin affirmait :

« Il faut que la communauté nationale affirme clairement que le profit n’est pas un prélèvement arbitraire sur la richesse ou le travail d’autrui, mais qu’il est la sanction de la création de richesses, du service rendu à la société par les entreprises du fait de l’engagement patrimonial de leurs propriétaires et des capacités de leurs salariés. En même temps le profit est la condition de l’investissement et donc de la création d’emplois nouveaux. Le financement de l’investissement doit être, pour la grande part, assuré par les ressources d’épargne et non par les mécanismes collectifs du crédit. »

Bravo ! Mais que le temps passe vite ! En 2021, « 0ù sont les neiges d’antan ? », les imbéciles 35 heures de partage du gâteau travail sont toujours inscrites dans l’ADN du pays, le Code du travail compte 3878 pages, pèse 1,58 kg en déniant arbitrairement à toute une nation de s’enrichir par son propre travail, l’ISF transformé en IFI pour ne pas déchoir…

Point de fonds de pension (à la française) supprimés par la gauche triomphante de la dissolution ratée en 1997 faisant alors que l’épargne des Français, au lieu d’irriguer notre économie défaillante, va se perdre dans le tonneau des Danaïdes de la Caisse des dépôts et consignations !

Madame Du Barry (8 décembre 1793) : « Encore un instant je vous prie Monsieur le Bourreau »…

Si, jusqu’à ce jour, les Français veulent vraiment savoir tout ce qu’ils n’ont pas osé demander souvent par pure paresse intellectuelle, Frédéric Bastiat le leur révèle volontiers pour un Franc symbolique :

« Il est évident que la concurrence c’est la liberté. Détruire la liberté d’agir, c’est détruire la possibilité et par la suite la faculté de choisir, de juger, de comparer. C’est tuer l’intelligence, tuer la pensée, tuer l’homme. »

CQFD.

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