Université : le constat d’une faillite 

L’université devient une filiale de l’impérialisme américain dans ce qu’il a de plus nihiliste, à savoir sa fièvre déconstructionniste et abolitionniste.
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Université : le constat d’une faillite 

Publié le 20 mars 2021
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Par Adnan Valibhay.

L’Université impériale, puisant ses racines des collèges médiévaux, est créée à l’initiative de Napoléon Bonaparte le 10 mai 1806.

Jadis formation d’excellence, elle connait un déclin inéluctable et est de plus en plus mise au ban de l’enseignement supérieur au profit des grandes écoles.

Cette dégénérescence s’explique par différents facteurs. On peut notamment penser à la présence en son sein d’éléments nihilistes, refusant tout bonnement le principe de la méritocratie. La lâcheté politique doit également être soulevée tant l’université se trouve être délaissée par l’État, a fortiori en cette période de crise sanitaire.

Partant de ces constatations qui ne prétendent nullement à l’exhaustivité, des solutions doivent être humblement proposées.

Rétablir le prestige

La sélection à l’entrée de l’université doit être davantage renforcée. Il n’est plus acceptable qu’elle soit reléguée au second plan, fréquentée par des étudiants n’ayant aucun projet si ce n’est celui de percevoir leur bourse afin de vaquer à leurs occupations extra-universitaires. L’effort réalisé par la loi ORE doit donc être prolongé de sorte que la sélection des classes préparatoires aux grandes écoles soit généralisée au reste de l’enseignement supérieur.

Les filières d’excellence doivent être multipliées tant il est démontré qu’en plus des efforts individuels, l’émulation est l’une des clés de la réussite académique. Le projet pédagogique de telles formations devra être extrêmement soigné pour que les meilleurs étudiants souhaitent spontanément se tourner vers elles.

Le tournant de la rigueur

Les étudiants obtiennent en majorité leur licence en quatre années. Cette effarante réalité doit amener une réaction extrêmement ferme. Il convient alors d’interdire tout redoublement de complaisance. Cette possibilité doit être réservée uniquement à ceux justifiant de circonstances tangibles.

Les étudiants « ajournés autorisés à continuer » (AJAC) devront aussi être en mesure d’expliquer aux instances professorales la raison de leurs résultats défaillants à l’un des deux semestres constituant l’année académique.

Les sessions de rattrapages sont également vouées à devenir exceptionnelles. Les étudiants qui en bénéficieraient devront alors s’engager contractuellement à ne plus y retourner les années suivantes.

La réussite du plus grand nombre étant la finalité de toutes ces mesures que d’aucuns jugeraient draconiennes, des contrats de réussite offrant un accompagnement accru et personnalisé seront proposés aux étudiants de bonne foi rencontrant des difficultés.

Retour de l’université au premier plan

Les universités françaises sont souvent pointées du doigt pour leur faiblesse dans les classements internationaux.

Ce déclassement s’explique en partie par le corporatisme propre au corps enseignant qui se refuse à toute forme d’alliance avec le secteur privé. Nombreux seraient pourtant les atouts de tels partenariats, notamment en matière d’employabilité des étudiants qui seraient bien plus rapidement professionnalisés par une généralisation de l’alternance.

La recherche, dont la finalité pratique, pour ne pas dire industrielle, est de plus en plus affirmée, gagnerait aussi énormément à ce que les entreprises privées financent directement les travaux qu’elles jugeraient les plus opportuns. En contrepartie du bénéfice qu’elles pourraient en retirer, ces dernières s’engageraient à prendre en charge des travaux plus théoriques ne pouvant immédiatement faire l’objet d’une application pratique.

Les grandes écoles que certains académiciens vengeurs dédaignent rageusement ne doivent plus être considérées comme des rivales mais des alliées dont la finalité diverge de celle des universités. Elles sont le plus souvent des écoles d’application -fussent-elles de haute volée- contrairement aux facultés dont la visée est avant tout celle de la formation fondamentale et de la recherche.

Elles ne sauraient être que complémentaires les unes des autres. Les doubles diplômes doivent alors être développés de sorte que les jeunes esprits puissent pleinement s’imprégner de ces deux cultures qui font la richesse de l’enseignement supérieur français.

L’argent étant le nerf de la guerre, les moyens alloués aux facultés par le gouvernement doivent être démultipliés. La confiance mutuelle entre ces deux institutions sera ainsi rétablie lorsque l’une se sentira pleinement soutenue par l’autre, tant il semble que le dialogue ait été rompu entre l’administration centrale et l’université.

Lutter contre les idéologies à l’université

Le rétablissement de l’excellence à l’université ne saurait advenir que par une lutte effrénée contre les dérives idéologiques que connaissent certaines Unités de formation et de recherche (UFR).

La science doit être une formalisation des phénomènes sensibles, conformément à la définition d’Auguste Comte. Il est éminemment problématique que de prétendus chercheurs la pervertissent en commençant leurs travaux par la conclusion qu’ils souhaitent voir aboutir.

La polémique récente face à la demande de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de lancer une enquête sur l’islamo-gauchisme dans les universités tend à démontrer l’existence d’une importante frange militante au sein du corps enseignant tant la levée de boucliers fut immédiate, ainsi que les traditionnelles allusions aux « heures les plus sombres de notre histoire ».

Ces idéologies dangereuses qui détruisent l’enseignement supérieur proviennent des campus d’outre-Atlantique. Cette colonisation américaine doit immédiatement cesser. S’il est souhaitable que des alliances internationales soient nouées, il est inacceptable que l’université devienne une filiale de l’impérialisme américain dans ce qu’il a de plus nihiliste, à savoir sa fièvre déconstructionniste et abolitionniste.

 

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  • L’université est mort, et irréformable.

  • jacques lemiere
    20 mars 2021 at 8 h 49 min

    la question est le financement… quand il est sanctuarisé de fait..
    l’université devient inexorablement d’une part étatiste et d’autre part autoritaire … ajoutez que les élèves ne payent pas individuellement vous atteignez au sublime.

    les universités doivent être privées et les études payées par les élèves… car ce sont les élèves qui bénéficient… c’est seul seul mécanisme avec une rétroaction.

    parler d’université d’excellence sans donner les paramètres qui permettent d’en juger est une escroquerie intellectuelle visant à dissimuler sa propre subjectivité quant à l’objet d’une université.

    je n’ai AUCUN problème avec l’existence d’université intersectionniste…si les étudiants payent…

    je n’ai pas plus de respect pour un prof d’université que pour n’importe qui d’autre. je le juge sur pièce…

    Toute personne qui promeut le financement public des universités doit être capables de montrer en quoi une université remplit une mission d’interet général..
    SI il ne peut pas le faire la conclusion est inexorable..universités privées monnayant un service à des clients..

  • Esprit critique
    20 mars 2021 at 10 h 11 min

    « Faillite » le mot est faible, et même totalement inapproprié. Une intervention de réparation comme on en connait de type « Financière », ou de maintenance. ne peut plus rien rétablir.
    Il faut éradiquer d’abord, au préalable, la vermine parasite. Avec le statut de la fonction publique c’est pas gagné !

  • Ce modèle est pourtant déjà appliqué dans certaines universités françaises. Prenez par exemple Toulouse 1 et son école d’économie (TSE), modèle hybride entre université et grande école, largement financé par le privé et totalement libre de ses enseignements. Résultat 1 prix Nobel (Jean Tirole) et dans les 20 premières mondiales en économie dans le classement de Shanghai. Ca peut donc marcher !

    • jacques lemiere
      20 mars 2021 at 12 h 13 min

      combien d’etudiants choisissent une université..DANS le but que des enseignants chercheurs obtiennent des prix nobel?
      est ce que le but de l’université est la recherche? douteux..sinon pourquoi s’embarrasser d’armées d’étudiants?

  • On pourrait commencer par supprimer toutes les disciplines dispensables : droit, sciences politiques, économie, sciences humaines et sociales, arts, lettres, langues et STAPS pour redonner à l’université une certaine rigueur scientifique.

    • @kptn : ce n’est pas parce qu’il existe des abus dans certaines filières (notamment la psychologie et la sociologie) qu’il faut jeter le bébé avec l’eau du bain !

      Votre propos étroitement scientiste donne l’impression que seuls les maths, la physique et la chimie doivent être enseignés à l’université. Allez donc expliquer aux Allemands, aux Coréens, aux Étasuniens ou aux Japonais qu’ils ont tort d’enseigner les langues étrangères et de former des juristes dans leurs universités, y compris les plus sélectives et les plus prestigieuses !

      • jacques lemiere
        21 mars 2021 at 11 h 55 min

        en effet…
        il existe une réticence qui en arrive à l’impossibilité de la part des membres des sciences dures de refuser l’idée qu’une société puisse décider de se passer d’eux ou de les financer…

        il n’existe aucune discipline qui relève du bien commun…
        point barre… donc mécanisme de marché…

        la science humaine sera définancée si la science qu’elle produit ne conduit pas ceux qui la finance à un bénéfice…

        sauf que ça fait peur à la recherche fondamentale en science dure..mais comment on va faire??? qui va nous payer?

        il faut casser ce postulat ..argent public dans la recherche = interet général.

        il est faux pour deux raisons au moins, des tas de recherches apparaissent comme inutiles en terme de résultats économiques.. raisons… et des tas de secteurs de recherche ne produisent même plus de science.

        A chaque fois qu’unpolitique a lancé son petit plan pour la recherche en disant on met des sous on aura des résultats économiques , les scientifiques honnêtes auraient du se lever et dire vous aurez au mieux des vérités.

  • Il faut sélectionner à l’entrée à l’université mais pour que ce ne soit pas une sélection bidon il faut élever le niveau en amont (collège et lycée). Par ailleurs, en rendant plus difficiles les validations d’unités d’enseignement à l’université pour que ce soit comparable aux classes prépa et aux grandes écoles, il faut peut-être pénaliser d’un malus les rattrapages et redoublement (ex: note de rattrapage majorée par 10/20; redoublement pénalisé par -1/20 sur la moyenne de l’année ou du semestre concerné), mais en aucun interdire ceux-ci dès lors qu’on augmente la difficulté de validation en université. Et en plus de cela la difficulté dépend des universités et filières. Un master de Paris 6 en maths est autrement plus difficile qu’un master de géographie dans une université « de province » (ça fait péjoratif comme dénomination -Paris vs Province- mais ce n’est pas le but recherché de mon explication)

    • cela comment dès l’école maternelle et le primaire, où l’on n’apprend plus à être attentif, calme et concentré.

    • jacques lemiere
      21 mars 2021 at 12 h 06 min

      sélectionner à l’entrée de l’université n’a pas de raison d’etre QUE par une économie des fonds publics…

      par exemple minimiser le « cout de production » d’un médecin…la conséquence funeste est de produire des médecins qui sont TOTALEMENT redevables à l’etat de leur diplôme de médecin… avec en arrière plan… celui de l’etat sur le nombre de médecins necessaires..utilitarisme…

      non… la formation choisie est une spéculation..dont les conséquences sont individuelles..celui qui va à l’universtité est celui accepte de payer….

      parce que les individus modestes et talentueux c’est à ceux qui spéculent sur les avantages qu’ilspourraient en tirer de les fiancer.. et parfois donc les talentueux eux même via les préteurs qu’ilspeuvent trouver…..

      l’éducation est une spéculation , la spéculation présente des risques.. c’est comme créer une entreprise..

      • jacques lemiere
        21 mars 2021 at 12 h 27 min

        la méritocratie c’est doux l’oreille… mais c’est quoi le mérite???

        ce qui me frappe est que le biais lié à l’interêt personnel frappe aussi fort et depuis aussi longtemps des gens qui sont « logiques »….

        si vous voulez débattre du QI… ne passez pas de test de QI..
        si vous voulez débattre de la fac ne passez pas par la fac…
        si voulez débattre de la bonne éducation…

        ou forcez vous à réfléchir…en éliminant le subjectif…en général, il suffit juste de remettre en question qu’on est intelligent, méritant ou bien éduqué..
        il faut mettre à nu l’arbitraire…parfois l’accepter et l’assumer même quand sa propre position en dépend.

  • Esprit critique
    20 mars 2021 at 11 h 55 min

    La dissolution de L’UNEF devrait déjà être prononcée depuis longtemps !
    La lâcheté peut se révéler criminelle. On le sait.

  • Pourquoi cette obsession pour le nihilisme ?

    L’Université française n’est pas nihiliste, le problème est au contraire qu’elle cherche à imposer certaines valeurs, comme l’égalitarisme.

    • et le nihilisme l’ami, en puisant allègrement dans le décolonialisme, la culpabilisation du passé, l’effacement des différences hommes-femmes, le progressisme, enfin toute ces valeurs qui mise en lien donne un joli suicide d’hommes sans histoire, sans racines et sans famille.

      • Chaque affirmation d’une valeur, d’une doctrine ou d’une idéologie est la négation d’une autre, ça ne fait pas de tout le monde des nihilistes. Le nihilisme, c’est la négation de toutes les valeurs, de toutes les idéologies.

        Pour le reste, nous sommes d’accord.

  • Je ne vais faire état dans mon commentaire que de ce je connais, c’est-à-dire les filières scientifiques et les sciences dites dures. Dans ces disciplines, la faillite de l’université française à 2 origines principales
    La première tient de manière évidente à la cohabitation en France entre les universités et les grandes écoles qui attirent à quelques exceptions près les meilleurs élèves alors que l’université recrute sans sélection des bacheliers dont le niveau moyen est de plus en plus bas. Si on rajoute à cela une préparation aux concours des grandes écoles extrêmement sélective dans la plupart des grands lycées (dans mon lycée, près de 20% des élèves entrés en math-sup abandonnaient au bout de 3 mois), on comprend dans ces conditions que le différentiel devienne vite insurmontable entre les 2 structures.
    La deuxième raison est la politisation des universités françaises et ceci même dans les universités scientifiques dans lesquelles, en plus de cet aspect politique qui n’a rien à y faire, s’ajoute depuis quelques années une pression de plus en plus grande de la pensée unique qui touche pour l’instant encore quelques secteurs restreints (climat, OGM par exemple) mais qui risque de s’étendre compte tenu de l’évolution parfois désolante de la société actuelle et de l’importance prise par les idéologies.
    Lyssenko a été montré du doigt du temps de l’URSS mais il semble parfois bel et bien ressuscité dans de nombreux endroits le monde et bien entendu les universités françaises en particulier n’y font pas exception.
    Il existe certes encore de très bons laboratoires universitaires en France mais ils reposent essentiellement sur la présence à leur tête de personnalités individuelles brillantes et non sur un véritable terreau de qualité.
    La situation me parait très compromise car supprimer les grandes écoles, même si c’est le rêve de beaucoup de ‘progressistes’, est impossible du fait même de la situation alarmante sur le plan scientifique de nos universités mais plus encore des orientations idéologiques qui s’y installent et qui rendent très problématique une évolution favorable à moyens termes.
    Conclusion : ‘on est mal’

    • @Jardinier : merci de ce commentaire compétent et pragmatique exposé calmement qui contraste heureusement avec maintes affirmations hâtives et péremptoires.

    • jacques lemiere
      21 mars 2021 at 12 h 13 min

      suis allé à la fac, physique…rien branlé.. rien payé.. doctorat. à la fin.. en pratiquant le minimalisme et via une idée erronée du système.. notamment qu’il était « méritocratique. ».. et pire si j’en crois mes formateurs j’aurais pu faire un bon chercheur…mais je n’ai jamais su si c’etait sincère ou parce que déjà je tenais sun discours similaire quant à l’utilisation d’argent public.

      non il n’y a juste pas ou peu de conséquences de produire des diplômés médiocres.

      la fac n’ pas besoin de la société pour exister…juste de son argent.

      • jacques lemiere
        21 mars 2021 at 12 h 16 min

        en soi établir un classement des universités PAR des universités …pose question…
        n’apportant RIEN à ceux qui la finance devrait juste disparaitre…ce n’est pas le cas.

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