Université : le constat d’une faillite 

Université Paris-Ouest BY Gongashan(CC BY-NC-ND 2.0) — Gongashan, CC-BY

S’il est souhaitable que des alliances internationales soient nouées, il est inacceptable que l’université devienne une filiale de l’impérialisme américain dans ce qu’il a de plus nihiliste, à savoir sa fièvre déconstructionniste et abolitionniste.

Par Adnan Valibhay.

L’Université impériale, puisant ses racines des collèges médiévaux, est créée à l’initiative de Napoléon Bonaparte le 10 mai 1806.

Jadis formation d’excellence, elle connait un déclin inéluctable et est de plus en plus mise au ban de l’enseignement supérieur au profit des grandes écoles.

Cette dégénérescence s’explique par différents facteurs. On peut notamment penser à la présence en son sein d’éléments nihilistes, refusant tout bonnement le principe de la méritocratie. La lâcheté politique doit également être soulevée tant l’université se trouve être délaissée par l’État, a fortiori en cette période de crise sanitaire.

Partant de ces constatations qui ne prétendent nullement à l’exhaustivité, des solutions doivent être humblement proposées.

Rétablir le prestige

La sélection à l’entrée de l’université doit être davantage renforcée. Il n’est plus acceptable qu’elle soit reléguée au second plan, fréquentée par des étudiants n’ayant aucun projet si ce n’est celui de percevoir leur bourse afin de vaquer à leurs occupations extra-universitaires. L’effort réalisé par la loi ORE doit donc être prolongé de sorte que la sélection des classes préparatoires aux grandes écoles soit généralisée au reste de l’enseignement supérieur.

Les filières d’excellence doivent être multipliées tant il est démontré qu’en plus des efforts individuels, l’émulation est l’une des clés de la réussite académique. Le projet pédagogique de telles formations devra être extrêmement soigné pour que les meilleurs étudiants souhaitent spontanément se tourner vers elles.

Le tournant de la rigueur

Les étudiants obtiennent en majorité leur licence en quatre années. Cette effarante réalité doit amener une réaction extrêmement ferme. Il convient alors d’interdire tout redoublement de complaisance. Cette possibilité doit être réservée uniquement à ceux justifiant de circonstances tangibles.

Les étudiants « ajournés autorisés à continuer » (AJAC) devront aussi être en mesure d’expliquer aux instances professorales la raison de leurs résultats défaillants à l’un des deux semestres constituant l’année académique.

Les sessions de rattrapages sont également vouées à devenir exceptionnelles. Les étudiants qui en bénéficieraient devront alors s’engager contractuellement à ne plus y retourner les années suivantes.

La réussite du plus grand nombre étant la finalité de toutes ces mesures que d’aucuns jugeraient draconiennes, des contrats de réussite offrant un accompagnement accru et personnalisé seront proposés aux étudiants de bonne foi rencontrant des difficultés.

Retour de l’université au premier plan

Les universités françaises sont souvent pointées du doigt pour leur faiblesse dans les classements internationaux.

Ce déclassement s’explique en partie par le corporatisme propre au corps enseignant qui se refuse à toute forme d’alliance avec le secteur privé. Nombreux seraient pourtant les atouts de tels partenariats, notamment en matière d’employabilité des étudiants qui seraient bien plus rapidement professionnalisés par une généralisation de l’alternance.

La recherche, dont la finalité pratique, pour ne pas dire industrielle, est de plus en plus affirmée, gagnerait aussi énormément à ce que les entreprises privées financent directement les travaux qu’elles jugeraient les plus opportuns. En contrepartie du bénéfice qu’elles pourraient en retirer, ces dernières s’engageraient à prendre en charge des travaux plus théoriques ne pouvant immédiatement faire l’objet d’une application pratique.

Les grandes écoles que certains académiciens vengeurs dédaignent rageusement ne doivent plus être considérées comme des rivales mais des alliées dont la finalité diverge de celle des universités. Elles sont le plus souvent des écoles d’application -fussent-elles de haute volée- contrairement aux facultés dont la visée est avant tout celle de la formation fondamentale et de la recherche.

Elles ne sauraient être que complémentaires les unes des autres. Les doubles diplômes doivent alors être développés de sorte que les jeunes esprits puissent pleinement s’imprégner de ces deux cultures qui font la richesse de l’enseignement supérieur français.

L’argent étant le nerf de la guerre, les moyens alloués aux facultés par le gouvernement doivent être démultipliés. La confiance mutuelle entre ces deux institutions sera ainsi rétablie lorsque l’une se sentira pleinement soutenue par l’autre, tant il semble que le dialogue ait été rompu entre l’administration centrale et l’université.

Lutter contre les idéologies à l’université

Le rétablissement de l’excellence à l’université ne saurait advenir que par une lutte effrénée contre les dérives idéologiques que connaissent certaines Unités de formation et de recherche (UFR).

La science doit être une formalisation des phénomènes sensibles, conformément à la définition d’Auguste Comte. Il est éminemment problématique que de prétendus chercheurs la pervertissent en commençant leurs travaux par la conclusion qu’ils souhaitent voir aboutir.

La polémique récente face à la demande de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de lancer une enquête sur l’islamo-gauchisme dans les universités tend à démontrer l’existence d’une importante frange militante au sein du corps enseignant tant la levée de boucliers fut immédiate, ainsi que les traditionnelles allusions aux « heures les plus sombres de notre histoire ».

Ces idéologies dangereuses qui détruisent l’enseignement supérieur proviennent des campus d’outre-Atlantique. Cette colonisation américaine doit immédiatement cesser. S’il est souhaitable que des alliances internationales soient nouées, il est inacceptable que l’université devienne une filiale de l’impérialisme américain dans ce qu’il a de plus nihiliste, à savoir sa fièvre déconstructionniste et abolitionniste.

 

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