Libération des femmes : la devons-nous vraiment aux féministes ?

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La Journée Internationale des Droits des Femmes est l’occasion idéale pour s’intéresser au bilan du féminisme et à sa place dans la libération de la femme. 

Par Sabine Lula.

Chaque 8 mars, depuis sa reconnaissance officielle en 1977 par l’ONU, on fête la Journée de la Femme. Plus exactement, la « Journée Internationale des Droits des Femmes », comme se plaisent à le rappeler nos amies féministes militantes.

Car oui : la situation des femmes est toujours aussi désespérée qu’au temps des suffragettes et de George Sand, car « la » femme est encore et toujours « l’inégale » de l’homme. Il est donc plus important que jamais pour toute femme digne de ce nom de lutter ardemment pour ses droits, surtout dans la société occidentale, considérée comme « bastion du patriarcat » par les féministes au détriment du bon sens.

Mais après plus d’un siècle de féminisme porté par trois vagues successives, quel bilan peut-on dresser de ce mouvement et de ses accomplissements ?

Le féminisme, ami des femmes ? Vraiment ?

On entend souvent dire que sans les féministes, les femmes n’auraient ni le droit de vote, ni le droit de travailler, pas d’accès à la contraception, et même pas le droit de sortir de sa « Kouizine » – si l’on en croit les dires d’un sage pasteur africain.

Les femmes du XXIe siècle doivent donc absolument tout à leurs anciennes « sœurs », et se doivent de continuer la lutte jusqu’à atteindre une égalité parfaite avec les hommes. Seulement, quand l’égalité légale, l’égalité de droits est atteinte, cela ne signe-t-il pas la mort du féminisme ?

Grand Dieu, non ! Il y a toujours des choses à redire quant à la situation des femmes, surtout en Occident : mesdames, vous mesurez en moyenne quinze centimètres de moins qu’un homme ? Eh bien c’est à cause du patriarcat du steak ! Si, si : car pendant l’âge de pierre, ces vilains machos tout en muscles vous ont privées de viande (viande qu’ils ramenaient eux-mêmes) parce que ce sont de sales connards égoïstes et violents, voilà tout. D’où votre taille moindre.

En parlant de muscles, vous en avez moins que les hommes alors que vous pratiquez la même activité physique qu’eux ? C’est parce qu’ils ont bridé vos ardeurs et votre combativité et vous ont transformées en loques faibles et fragiles qu’il leur faut sauver, car ils avaient peur de votre Girl Power. Ça n’a absolument rien à voir avec le dimorphisme sexuel et la présence naturellement plus élevée de testostérone chez l’homme. Ni au fait que pour porter un enfant, votre corps a davantage besoin de gras que de muscles. Cessez donc de vous insulter en prétendant que les différences biologiques ont une origine biologique !

Et si vous avez le malheur de considérer cela comme exagéré, de ne pas vous considérer comme une victime des méchants hommes, et surtout, horreur, de ne pas vous reconnaître dans les discours de vos gentilles sœurs féministes et de le dire, vous basculez du côté obscur de la guerre des sexes : vous venez de vendre votre âme au diable, et de devenir… une pick me !

Une pick me, aussi gentiment surnommée « collabite », « pute du patriarcat », « gourdasse sans cervelle » ou « grosse connasse égoïste qui crache à la gueule des autres femmes », c’est simplement une femme qui refuse d’être associée au féminisme de troisième vague, et qui n’a pas peur de le dire à voix haute. Car oui, sachez-le : contredire une féministe (ou plus simplement, refuser de lui baiser les pieds pour la remercier du « combat » qu’elle mène pour « nous »), c’est être antiféministe. Et être antiféministe, c’est être un aspirant nazi qui aurait fait pâlir les plus zélés des gros bonnets du Troisième Reich.

femmes

Manichéen ? Vous avez dit manichéen ?

La femme non-féministe est en effet une véritable épine dans le pied des militantes : elle est la preuve vivante que leur combat est parfaitement inutile. Une femme forte et indépendante n’a en effet aucun besoin du féminisme, car elle s’assume déjà en tant qu’individu, et n’a pas besoin de quotas ou de hurler seins nus dans la rue pour obtenir ce qu’elle veut.

La raison de cet échec perpétuel du féminisme à fédérer est dû à son essence même : le féminisme considère « les » femmes comme une entité une et indivisible, une classe d’opprimées vivant sous le joug de la classe ennemie, celle des hommes. Il se bat donc pour LA Femme, et pas LES femmes. La Femme comme entité unicellulaire, unipensante, et incapable d’individualité.

Or, comment peut-on espérer que quelqu’un puisse se libérer, alors qu’est niée son individualité et qu’on le rattache de force à un groupe subjectif ? Il devient alors évident que ce mouvement, comme tout autre mouvement niant l’individu et son unicité, n’a aucunement le pouvoir d’offrir la liberté à ceux qu’il prétend défendre.

Libre-échange et liberté féminine

Mais si le féminisme est une chimère, et qu’il n’aide en rien les femmes, comment se fait-il que l’on ait vu la situation de la gent féminine changer ainsi lors des derniers siècles ?

La réponse est en réalité toute simple : la société occidentale a connu une révolution industrielle, qui fut accompagnée par une véritable révolution culturelle. Preuve en est, le XIXe siècle voit la question de l’amour traitée de toutes les façons imaginables par les artistes romantiques, renouveau artistique à la fois inspiré et inspirant les relations entre les différents individus, et bien sûr les relations entre les hommes et les femmes. Il n’est pas étonnant donc de voir ces rapports évoluer dans une période de chambardement culturel, et de nouveau regard sur des sentiments comme l’amour.

Là où le mariage impliquait autrefois que la femme devenait annexe à l’homme, et soumise à son bon plaisir, l’intégration d’une dimension contractuelle dans ce sacrement a permis à la femme de devenir l’égale légal de son époux, et au couple  moderne de voir le jour. Un phénomène que souligne Ludwig Von Mises dans le chapitre 4 de la Partie I de son œuvre Socialisme  :

Quand l’idée de contrat s’immisce dans le droit du mariage, elle brise le règne de l’homme, et fait de l’épouse un partenaire aux mêmes droits. D’une relation à sens unique reposant sur la force, le mariage devient alors un accord mutuel : la servante devient l’épouse en droit d’exiger de l’homme tout ce qu’il est en droit d’exiger d’elle. Petit à petit, elle gagne la position qui est aujourd’hui la sienne dans les foyers. De nos jours, la position de la femme ne diffère de celle de l’homme uniquement dans la mesure où leurs manières propres de gagner leur vie se diffèrent. Les reliefs des privilèges de l’homme n’ont que peu d’importance. Ce sont des privilèges honorifiques. L’épouse, en l’espèce, porte encore le nom de son mari.

C’est donc l’entrée de la notion de contrat et de libre-échange (la femme et l’homme acceptent d’un commun accord de partager leurs existences, selon des critères qu’ils auront préalablement fixés) dans le mariage qui a libéré la femme en premier lieu. C’est le concept de libre-échange qui, en s’implantant dans le mariage et la famille– et donc, le fondement de la société – a permis un basculement culturel, et donc un changement des mentalités.

Mais le libre-échange n’a pas changé que le statut du mariage : il a permis de faire de la femme un agent économique comme les autres, et donc d’obtenir une indépendance financière, la libérant sur le plan individuel, et la plaçant comme membre actif de la société et des systèmes d’échanges. Là encore, citons Socialisme de Ludwig Von Mises :

La lutte de la femme pour préserver sa personnalité au sein du mariage fait partie de cette lutte pour l’intégrité personnelle, caractérisant la société rationaliste de l’ordre économique basé sur la propriété privée des moyens de production. Ce n’est pas qu’en son seul intérêt exclusif que la femme se doit de réussir dans cette lutte ; opposer les intérêts des hommes et des femmes, comme essaient de le faire les féministes extrêmes, est très sot. Toute l’humanité souffrirait si la femme devait échouer à développer son individualité et être incapable de s’unir à un homme en tant que compagnons et camarades libres et égaux.

À côté de cela, qu’a fait réellement le féminisme ? Participer à l’inflation législative, au grossissement de l’État, et à un prélèvement toujours plus élevé de la propriété des citoyens. Car le féminisme, ce n’est rien de plus que l’un des innombrables chevaux de Troie qui permettent à l’État de prendre une place toujours plus importante dans vos vies, et à grignoter encore et encore vos libertés.

Et l’année 2021 ne semble pas freiner cette tendance : rendre les serviettes et tampons « gratuits » pour les étudiantes et « lutter contre la précarité menstruelle », investir massivement pour produire et imposer des programmes de « déconstruction antisexiste » et ce bien que personne ou presque ne les apprécie (tout en pleurant sur Twitter et mendiant un immeuble à squatter à des hommes riches), ou encore une « semaine militante » où tout ce que l’on fait ce sont des pancartes et pleurer pour que Papa-État nous vienne en aide et finance notre vie à notre place, voilà ce que proposent les féministes pour améliorer votre vie.

Programme officiel de la « Semaine des femmes et minorités de genre » de Sciences Po Rennes, ou l’art de l’absurde dans sa plus sublime expression.

 

Amoureux de la liberté, vous qui êtes des êtres doués de raison, privilégiez ce qui s’est déjà montré efficace : laissez donc sur le trottoir ce mouvement liberticide et cette idéologie mortifère qui ne vous apportera rien, à part des taxes et des problèmes.

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