Le féminisme à géométrie variable, ennemi des femmes

L’indignation des collectifs féministes est malheureusement à géométrie variable.

Par Sabine Lula.

L’indignation sélective des féministes illustre à quel point cette idéologie se prétendant antisystème n’est qu’un outil de domination du pouvoir pour se renforcer, et grignoter toujours plus nos libertés individuelles.

Le 10 juillet 2020, certaines grandes villes de France – comme si elles ne souffraient déjà pas assez – ont été le théâtre de manifestations féministes. Ces rassemblements visaient à dénoncer la présence de Darmanin et de Dupond-Moretti au gouvernement. La raison : l’un est accusé de viol, l’autre, opposé à la notion d’outrage sexiste, prônerait et encouragerait la culture du viol.

Darmanin et Dupond-Moretti au gouvernement : les pouvoirs publics en guerre ouverte contre les femmes ?

Si l’on sait que les féministes ont un mal fou avec la notion de présomption d’innocence, l’une de leurs principales croisades actuelles est celle contre cette fameuse « culture du viol ». Selon elles, il s’agit de tous les comportements et propos qui encourageraient cette pratique en la banalisant, et qui par conséquent mettraient les femmes en danger perpétuel.

Dupond-Moretti la banaliserait puisqu’il a été l’avocat de la défense dans certaines affaires, certes terribles, impliquant des violences sexuelles, et se montrait sceptique envers le mouvement MeToo. Quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir de Dupond-Moretti, considérer un avocat de la défense comme un défenseur de la pratique du viol est un raccourci potentiellement néfaste.

Le féminisme est en effet de plus en plus présent dans les médias, au gouvernement, et s’immisce progressivment dans tous les aspects de la vie en Occident ; et ce alors que se développent des remises en question de ce mouvement, voire une hostilité envers celui-ci.

Ce qui explique la persistance de ces mouvements, ainsi qu’une certaine impunité de ses militants, c’est que le féminisme n’est rien de moins qu’un outil de domination, un moyen détourné d’obtenir du pouvoir et de l’imposer arbitrairement aux autres, quitte à leur gâcher la vie ; au point que certains n’y survivent pas.

Le féminisme, le meilleur ennemi de la femme

Malgré ce que certains dénoncent, le féminisme n’est pas considéré par le gouvernement comme une menace contre laquelle il convient de lutter. Au contraire, il est pour lui un cheval de Troie : les féministes participent à l’inflation législative, à la création de quotas, de départements à l’égalité des genres ; bref, à renforcer le système contre lequel ce mouvement croit lutter.

Voilà pourquoi le féminisme se bat corps et âme au nom de la femme, et non pas des femmes : pour un concept fantasmé de la femme comme un être uniforme et incapable d’individualité. Et bien entendu, incapable de s’assumer sans l’aide « bienveillante » de ses « sœurs » féministes.

C’est pour cette raison que les féministes dénoncent les situations vécues par certaines femmes seulement si cela arrange leurs ambitions politiques. Autrement dit, seulement celles qui entrent dans le moule idéologique qu’elles ont créé. Et celles qui ne se reconnaissent pas, qui refusent que l’on parle en leur nom, sont d’affreux monstres qui se prostituent auprès du patriarcat au mépris de la vie et de l’intégrité de « toutes les femmes ».

Il est cependant bon de rappeler la duplicité des féministes dans leurs actions militantes : on ne compte plus les exemples et les témoignages dénonçant cette pratique, comme dans le cas de Virginie Despentes, accusée d’avoir harcelé et menacé de mort l’ancienne actrice pornographique Chloé Des Lysses.

Ou encore les pages Facebook compilant des témoignages liés au harcèlement de rue, mais qui refusent de publier ceux concernant des hommes issus de l’immigration pour ne pas « faire le jeu du FN ». Enfin, on se souvient de l’affaire Mila, où l’adolescente avait été jetée en pâture à ses harceleurs, les mouvements féministes s’étant largement désolidarisés de cette odieuse raciste.

Féminisme, double standard et soif de pouvoir

La dernière dissonance cognitive majeure des militantes féministes concerne l’affaire Emna Chargui, blogueuse tunisienne condamnée à six mois de prison ferme pour avoir partagé une parodie de sourate coranique pendant la crise du Covid.

Celles qui s’auto-proclament pourtant en guerre contre l’obscurantisme religieux et le patriarcat sont restées étrangement silencieuses face à cette condamnation obscurantiste touchant une femme. Étrange coïncidence.

Ainsi, le féminisme s’illustre encore une fois comme n’étant rien de plus qu’un outil de domination et de législation : au nom d’une « oppression » parfois, voire souvent, imaginaire, on demande à l’État de corriger cette injustice par l’ajout d’une nouvelle loi. Et cela au mépris des véritables victimes.

Pensons notamment à la mort tragique d’Axelle Dorier, tuée par Youcef Tebbal et Mohamed Yelloule : aucune féministe n’a dénoncé ce meurtre barbare. Aucune n’a demandé de peine exemplaire comme elles le font pour les hommes de pouvoir accusés de viol.

Une infime partie d’entre elles a demandé l’expulsion du territoire des étrangers commettant des violences contre les femmes, et celles qui le font sont au mieux  canceled, et dans le pire des cas, agressées par leurs « sœurs » féministes.

Au contraire, on préfère s’inquiéter de la possible « récupération par l’extrême droite » d’un tel fait divers, plutôt que de ce qui procure aux délinquants un tel sentiment de supériorité et d’impunité par rapport aux honnêtes citoyens, au point de se croire tout permis.

Les bonnes intentions féministes et leur prétendue sororité ne sont que des illusions. Tout simplement parce que le féminisme n’aide ni les femmes, ni les hommes, comme tout ce qui découle d’un découpage de la société en classes.

Si la situation ne change pas, les conséquences à long terme de cette idéologie seront une réduction des libertés individuelles, un renforcement de l’appareil étatique, et des conséquences terribles sur la société.

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