Les Pays-Bas : l’un des gagnants du Brexit ?

On peut présumer que les pays européens qui tireront bénéfice des changements économiques et politiques actuels vont être des pays libéraux capables de rassurer et d’attirer des investisseurs.

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Amsterdam BY _dChris (CC BY 2.0)

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Les Pays-Bas : l’un des gagnants du Brexit ?

Publié le 1 mars 2021
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Par Alexandre Massaux.
Un article de l’Iref-Europe

Ces dernières années, les Pays-Bas se sont distingués au niveau européen. Porte-parole régulier des Frugal Four, Amsterdam acquiert une influence non négligeable sur le continent, en devenant la première place financière d’Europe en volume de transactions. Place qui était détenue jusqu’en janvier 2021 par Londres.

Depuis le Brexit, les médias français ont rapporté que le poids financier de Paris serait renforcé. Toutefois, force est de constater que les financiers sont plus intéressés par les Pays-Bas que par la France.

Et ce n’est pas un hasard : l’économie et la politique néerlandaises présentent des atouts non négligeables. S’il est trop tôt pour observer un éventuel bénéfice pour le Royaume-Uni, le Brexit est en revanche en train de renforcer les Pays-Bas. Une bonne nouvelle pour le libéralisme sur le continent.

Une économie majeure dans l’UE

Selon le Financial Times :

9,2 milliards d’actions par jour ont été négociées sur Euronext Amsterdam et les branches néerlandaises de CBOE Europe et Turquoise en janvier, soit plus de quatre fois plus qu’en décembre. Cette hausse s’explique par la chute brutale des volumes à Londres, qui ont atteint 8,6 milliards d’euros.

En décembre, avec un peu plus de 2 milliards d’actions par jour, Amsterdam était derrière Frankfurt et Paris qui en faisaient circuler environ 4 milliards. Si ces deux dernières places financières ont également eu des gains, ils restent faibles comparés à ceux de la capitale des Pays-Bas.

La plus ancienne bourse au monde retrouve ainsi sa place dominante. Initialement issue de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, la bourse d’Amsterdam fut un des piliers de la richesse du pays avec le commerce international. Cette situation est en train de se reproduire.

En 2018, le port de Rotterdam est le onzième port marchand mondial en volume de fret, le plaçant à la première place européenne et même occidentale. En comparaison, les ports d’Anvers, de Los Angeles et d’Hambourg arrivent respectivement treizième, dix-septième et dix-neuvième.

Quant aux ports français, ils n’apparaissent pas dans le classement des 50 premiers ports commerciaux. Un véritable décalage entre les Pays-Bas et la France qui se retrouve également dans la valeur totale des exportations et importations : 155,3 % du PIB pour les premiers et 63,4% pour la seconde.

De plus, le Royaume-Uni n’est pas un pays anodin pour l’économie néerlandaise.

D’une part, en 2018, il était la destination de 9,21 % des exportations et troisième partenaire des Pays-Bas.

D’autre part, l’interconnexion entre les deux économies est accentuée par des entreprises anglo-néerlandaises comme la Royal Dutch Shell et Unilever. Avec Amsterdam en substitut de la City de Londres, et rien qu’avec 17 millions d’habitants, les Pays-Bas parviennent à peser dans l’économie mondiale. Leur force vient d’une politique stable et ouverte aux entreprises.

Le cœur libéral de l’Europe de l’ouest

Dans un précédent article, l’IREF avait souligné que l’Europe centrale prospérait grâce à une liberté économique élevée. Le même phénomène se retrouve avec les Pays-Bas. De l’époque des Provinces-Unies à aujourd’hui, les Néerlandais ont compris l’importance du capitalisme en tant que facteur de développement.

L’index de liberté économique de l’Heritage Foundation les classe au quatorzième rang, soit troisième pour les pays de l’UE (après l’Estonie et le Danemark). Leurs bons résultats économiques se combinent avec une gestion rigoureuse des finances publiques : la dette s’élève à 60 % du PIB en 2020 après avoir baissé jusqu’à 48,7 % en 2019. Conséquence d’un budget bien géré qui dégageait des excédents avant la crise actuelle.

La politique du Premier ministre Mark Rutte et de son parti VVD (Parti populaire pour la liberté et la démocratie) au pouvoir depuis 2010 a largement contribué à ce bilan. Étant parmi les forces les plus libérales de l’EU, ils ont prôné activement le respect d’une économie sans entrave et du libre-échange. Malgré le récent scandale qui a poussé le gouvernement à démissionner, le VVD reste favori dans les élections législatives de mars.

On peut présumer que les pays européens qui tireront bénéfice des changements économiques et politiques actuels vont être des pays libéraux capables de rassurer et d’attirer des investisseurs. Dans nos environnements globalement instables, les îlots de liberté et de solidité politique vont être prisés. Ces pays ne sont pas toujours des grandes puissances au sens classique comme la France ou l’Allemagne mais sont plutôt de petite taille, avec moins d’ambitions : la République tchèque à l’est, les Pays-Bas à l’ouest.

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