Gaspard Koenig : « Je ne suis pas antilibéral ! »

« N’oublions pas ce qui fait le sel du libéralisme : l’individu dans sa singularité, son imprévisibilité, sa propension à errer et à se tromper. » Une tribune de Gaspard Koenig.

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Gaspard Koenig : « Je ne suis pas antilibéral ! »

Publié le 23 février 2021
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Par Gaspard Koenig.

Je voudrais rassurer Pierre Bentata, qui semble se faire du souci pour moi dans un sympathique article sur mon dernier ouvrage : je ne suis pas « antilibéral ». Sinon, avouez qu’il serait anormalement masochiste de défendre le libéralisme sur tous les plateaux depuis dix ans, d’en enseigner les fondements philosophiques, et d’avoir créé un think-tank qui en promeut les politiques publiques, avec d’aussi brillants contributeurs que Pierre Bentata himself.

Libéral, pas néolibéral

En revanche, je revendique le droit de m’écarter du néolibéralisme, bien décrit par Michel Foucault comme une forme de gouvernance mêlant utilitarisme économique et contrôle d’État.

Le libéralisme est une philosophie souple et diverse qui couvre tous les domaines de la vie en société et ne peut se réduire à un économisme étroit. Être libéral, ce n’est pas défendre le statu quo et le capitalisme de connivence. Cette confusion explique peut-être que notre belle famille d’idées ait si mauvaise réputation.

Revenons à L’Enfer, que je décris dans mon conte philosophique comme un réseau d’aéroports connectés où tous les désirs sont satisfaits sans être jamais comblés. C’est en effet une dystopie que je redoute, un monde de l’efficience où il faut constamment prouver son identité et effectuer des transactions, semblable à la perspective des « marchés radicaux » de Glen Weyl, cauchemar utilitariste d’enchères sans fin et de mobilité forcée.

Il ne fait aucun doute que Tocqueville, l’auteur de la Démocratie en Amérique mais aussi de Quinze jours dans le désert, magnifique description de la nature sauvage, aurait détesté les duty-frees.

On me répond que la beauté catallactique des marchés est de n’obliger personne et de fournir à chacun, avec une bienveillante neutralité, les outils pour vivre sa vie.

Oui, oui. Mais.

La loi et la morale

Tout d’abord, respecter la multiplicité des choix de vie n’empêche pas d’en faire pour soi-même, et de les promouvoir sous forme de fiction. La finalité du libéralisme depuis Kant est de distinguer la loi et la morale.

Dans GenerationLibre, nous nous occupons de la loi. Dans mes écrits personnels, je me préoccupe de morale, et je donne ma vision de la vie bonne, en cherchant à convaincre mais certainement pas à contraindre. Celle-ci est davantage fondée sur la réduction stoïcienne des besoins que sur l’accumulation matérielle.

Je préfère le voyage lent, en profondeur, comme celui que j’ai entrepris à cheval l’année dernière, au déplacement tous azimuts qui rend le monde trop homogène.

Mais la parabole des aéroports ouvre à dessein une autre question : les marchés tels qu’ils sont structurés aujourd’hui nous offrent-ils vraiment le choix ?

Comme des rats de laboratoire

Un aéroport est une sorte de monopole naturel : difficile de choisir son aéroport quand on veut prendre l’avion. Avons-nous le choix de contourner le duty free ? Non. Les aéroports sont conçus pour orienter les passagers, comme des rats de laboratoire, à travers les espaces commerciaux. En achetant son billet, nous avons donc aussi vendu une partie de notre temps de cerveau à des publicitaires.

Pourtant, ce n’est inscrit nulle part dans le contrat que nous signons avec la compagnie d’aviation. Cela ne s’apparente-t-il pas, dans une pure logique d’échange, à une forme de spoliation ?

De même, il est de plus en plus difficile dans notre société d’éviter le modèle dominant de surveillance des comportements et de personnalisation des offres. Les outils numériques, en particulier, tendent à nous piéger dans un tunnel de données, ce que j’ai découvert en faisant le tour du monde de l’intelligence artificielle (cf. La fin de l’individu).

Des alternatives existent bien sûr, de DuckDuckGo à Tor en passant par les VPN. Mais leur utilisation est parfois complexe et ferme de nombreuses portes. Faudra-t-il demain scanner un Health Pass pour entrer dans un bar, comme en Chine ? Allons-nous après-demain installer des caméras de reconnaissance faciale sur les arbres des forêts pour vérifier les autorisations de promenade ? Cette perspective ne vous fait-elle pas frémir ?

Le complexe économico-administratif

Se contenter d’accuser l’État et ses régulations me semble trop réducteur. Il existe aujourd’hui un complexe économico-administratif, regroupant les grandes entreprises et la technocratie, qui est obsédé par l’élimination du risque.

C’est une tendance historique de longue haleine, mise au jour par François Ewald dans son livre sur l’État-providence. Le secteur privé est tout autant producteur de normes. Question de manque de concurrence, peut-être. Mais en attendant, où se réfugier ?

Enfin, il existe un problème de fond sur la définition de la liberté. Pour les économistes de l’école autrichienne, celle-ci est un donné. Ils rejoignent ainsi les fondements du socialisme rousseauiste : « l’homme est né libre, et partout il est dans les fers ». Donnez à l’individu la possibilité formelle d’effectuer un choix entre plusieurs alternatives, et la société aura rempli son rôle.

Or, on ne peut pas ignorer les découvertes scientifiques sur les mécanismes neuronaux. Celles-ci sont aujourd’hui utilisées à des fins de manipulation et de contrôle. J’ai rencontré à Los Angeles des entrepreneurs issus des neurosciences qui vendent aux apps des techniques pour « rendre les utilisateurs addict ».

Les réseaux sociaux en font un usage gourmand, enfermant les citoyens dans des bulles cognitives qui expliquent largement la polarisation et la radicalisation du débat politique. Chacun est dirigé par des notifications bien choisies à travers les couloirs de l’aéroport.

Rendre l’individu libre

La tâche de la société est donc à mon sens de rendre l’individu libre, en lui donnant non seulement la possibilité mais aussi les capacités d’être autonome. Claude Gamel ne dit pas autre chose dans son récent essai sur le « libéralisme soutenable », proposant à la fois un revenu universel (sur le plan matériel) et une stratégie d’instruction publique (sur le plan intellectuel).

Une instruction que l’on pourra souhaiter plus décentralisée qu’aujourd’hui, mais qui n’en relève pas moins d’une école publique, gratuite et obligatoire. Pour sortir de l’aéroport, encore faut-il savoir qu’un autre monde existe…

Poussé à son terme, ce raisonnement aboutit à la dialectique proposée par Philippe Van Parijs autour du revenu universel : la société doit permettre à ses membres de s’émanciper d’elle-même et donc subvenir aux besoins du surfeur de Malibu !

Ce que j’ai donc voulu mettre en valeur dans mon Enfer, c’est qu’un autre libéralisme peut et doit exister, distinct de l’utilitarisme. C’était déjà la réfutation qu’opposait J.S. Mill à son maître Jeremy Bentham : on ne peut maximiser systématiquement le bien-être de tous car chacun doit pouvoir définir ses propres valeurs. Or, comment exercer le calcul d’utilité sur des projets de vie hétérogènes ?

N’oublions pas ce qui fait le sel du libéralisme : l’individu dans sa singularité, son imprévisibilité, sa propension à errer et à se tromper. Ne nous transformons pas en voyageurs pressés, assoiffés de plaisirs furtifs, indifférents les uns aux autres, soumis aux algorithmes. Apprenons à poser nos valises !

Gaspard Koenig, L’enfer, éditions de l’Observatoire, 2021, 139 pages.

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  • « La tâche de la société est donc à mon sens de rendre l’individu libre, »
    Je pense plutôt que la tâche de la société est de laisser l’individu libre, liberté qui existe au préalable.

    • ça me pose problème de dire que la société a une tâche à accomplir.. mais bon..

    • « Rendre » c’est restituer ce qu’on n’aurait pas dû confisquer. En l’occurrence, la liberté.

      • Sauf que formulé comme ça ce n’est pas ce que ça veut dire. Si m Koenig avait voulu dire ce que vous venez d’énoncer, il aurait écrit: « Ce dont la société à besoin c’est qu’on rendre la liberté aux individus. » Or il a bien utilisé le verbe « rendre » pour exprimer une transformation des individus selon un « projet de société ».
        Ca ne fait pas de lui un stalinien, loin de là mais ca ne traduit pas non plus une adhésion à l’idée d’ordre spontané.

    • Intéressante question: est-ce à la société de rendre les individus libre ou est-ce aux individus de rendre la société libre ? Autrement dit, est-ce la société qui fait les individus ou les individus qui font la société ?
      La question a déjà été répondue par Jean-Paul II qui qualifie la première hypothèse, la société qui fait les hommes, d’erreur anthropologique. Lire Centesimus Annus pour bien comprendre son raisonnement.

    • Seriez vous un genre de rousseauiste ?… L’homme est bon (ou libre) par nature et c’est la société qui le corrompt…

  • Rendre l’individu libre…par un revenu universel ?!?
    Il n’y a que moi que ce raisonnement choque?

    • Vous n’êtes pas seul.

    • L’État nous pompe l’air pour nous le revendre pollué.
      Il pourrait nous laisser le respirer, gratuitement, le voilà le revenu universel. Cela vaut pour l’eau, les vagues de Malibu, le droit d’enseigner à lire|écrire|compter …

    • Ou réaliser l’homme par l’état comme Koenig l’a écrit ailleurs.

      On est plus proche de Marx que de Bastiat.

    • Visiblement non. Et cela est surprenant. Nous ne sommes même plus capables de reconnaître un vrai libéral quand nous en croisons un…

  • encore un gars qui dit « je suis libéral mais… »

    triste sire…

  • « Apprenons à poser nos valises ! » ou pas…
    « convaincre n’est pas contraindre » c’est déjà trop. L’étymologie de convaincre : « amener quelqu’un à reconnaître qu’il est coupable de quelque chose ». Attention aux mots qu’on utilise, ils indiquent l’état d’esprit profond du locuteur.

  • Si Gaspard Koenig n’aime pas les aéroports, grand bien lui fasse. Si d’autres se délectent dans les duty frees idem. Cette posture de donneur de leçons me semble exactement à l’opposé de sa revendication…

    • Je trouve en effet qu’il a un côté « bobo » qui lui fait dire de c…

      • Ces gens là sont dans la pensée magique qu’on leur vend : intelligence artificielle, informatique quantique… Mais si ils etaient vraiment impliqués ils se rendraient compte des limites…ils sont trop lol. Faut juste pas qu’ils me fassent pas chier en tant qu’individu mais vue la « pandémie » ça devient un peu chiant je dois dire.

    • « difficile de choisir son aéroport quand on veut prendre l’avion. Avons-nous le choix de contourner le duty free ? Non. Les aéroports sont conçus pour orienter les passagers, comme des rats de laboratoire, à travers les espaces commerciaux »
      C »est bien pire que de ne pas aimer les aeroports…il est l’idiot utile de la servitude volontaire (tout en ayant touché du doigt les danger de l’utiltarisme qu’il critique mais qu’il embrasse au final)

  • Koenig est un type (très ) intelligent et je ne m’explique pas qu’il s’accroche à ce point au revenu universel, droit qui exige étatiquement et structurellement de spolier le groupe des individus qui devront le financer, au bénéfice de ceux qui vont le toucher sans aucune contrepartie ni obligation. L’équité là dedans ?

    • Le RU c’est juste du communisme. J’ai besoin de pognon, hop une allocation.

    • Le revenu universel est une idée libérale à l’origine. Il y a de nombreux débats a son sujet mais pour faire court : cela garantit a chacun de pouvoir être libre de choisir ce qu’il veut faire de sa vie même si le coût est effectivement une spoliation.

      • @ Wezrubmag : le revenu universel est une idée libérale à l’origine, sources ?????
        Vous confondez la liberté des libéraux (la liberté formelle) avec la liberté réelle de Marx, qui n’est qu’un pouvoir de faire matériel : le revenu universel est un concept marxiste …

        • Non mais c’est pas complètement faux. C’était me semble il (à vérifier) une idée Milton Friedman, qui disait qu’au lieu de subventionner selon les besoins, on ferait mieux de satisfaire ce désir d’égalité avec un allocation unique et égale pour tout le monde, effectivement financée par l’impôt. Il y avait derrière cette idée que si cette allocation se substitue à toutes les autres allocations, services gratuits et subventions, alors on aurait gagné en simplicité administrative, en équité (tout le monde est aidé de la même manière par la collectivité).
          Mais l’idée est d’une naïveté déconcertante en tout cas en ce qui concerne la France: Ca signifierait abandonner l’école « gratuite » la sécu, la retraite par répartition les allocations familliales, les subventions agricoles, les allocations familles nombreuses, les cantines gratuites etc… Or ces étrons socialistes sont des espèces de déités indéboulonables dans notre société. Le revenu universel ne serait qu’une gabegie de plus. En cela je suis désaccord avec M Koenig. Ce ne m’empêche pas de trouver qu’il des choses intelligentes par ailleurs.
          Faut pas non plus se gourer d’ennemi: Des Gaspard Koenig on pourrait en avoir 50 de plus en France que ça ne nous ferait pas de mal. Je tiens à rappeler que nous sommes cernés par des armées d’Elise Lucet!

          • L’idée de Friedman c’est l’impôt négatif, pas le RU, il y a une différence assez notable entre les 2, et de toute façon pour lui ca ne peut être qu’une mesure temporaire, pour à terme éliminer les aides.

        • De Adam Smith (cf Les théories de la répartition hiérarchique des revenus), donc bien avant Marx, à JS Mill ils ont tous planché sur la question. Même Milton Friedman a défendu l’idée dans son livre Capitalisme et Liberté dans sa forme de base : le revenu universel doit avoir une certaine somme d’argent lui permettant de vivre, cette personne peut ensuite la dépenser comme elle le souhaite. Ce revenu de base devait être financé par impôt négatif (cf https://fr.wikipedia.org/wiki/Imp%C3%B4t_n%C3%A9gatif_sur_le_revenu)
          Dois-je continuer ou bien est-ce suffisant ?

          • @ Wez : il ne faut pas lire les pages wikipedia (assez orienté socialiste, voilà pourquoi existe wikibér, mais les œuvres de ces auteurs directement. Vous avez de la chance, je les ai lu (et je les ai dans ma bibliothèque) et j’espère les avoir compris : Pour Smith, il ne parle à aucun moment de revenu universel (c’est un anachronisme au 18 ième siècle) mais de la répartition des revenus en fonctions des études, compétences etc … Quand à Friedman, il parle d’impôt négatif, dont le principal but est de faire une différence entre les gens qui travaillent et ceux qui vivent d’allocation, afin d’inciter les gens à travailler : impot négatif versé seulement à ceux qui travaillent, rien à voir avec le revenus universel, à revoir vos sources. dois-je continuer ou est-ce suffisant ? 🙂

            • @ Stephane :

              Dans Capital et Liberté de Milton Friedman, on peut lire :
              « Supposons que l’on accepte cette façon de raisonner – et c’est mon cas – comme justifiant une action gouvernementale en vue de soulager la pauvreté, en vue pour ainsi dire, de fournir un « plancher» au niveau de vie de chaque membre de la communauté. »
              Ce qui est transcrit dans Wikibéral (et non Wikipedia) par :
              « Friedman préconise l’allocation universelle‎ comme un moindre mal comparée à toutes les aides sociales actuelles de l’Etat-providence. »
              Il est bien question d’une action gouvernementale sous forme d’une allocation pour soulager la pauvreté.

              Par ailleurs, encore Milton Friedman :
              « S’il n’avait aucun revenu, et pour la simplicité du raisonnement, s’il ne bénéficiait d’aucune déduction, il recevrait, le taux étant constant, 300 dollars. »
              Où avez vous lu que l’impôt négatif est versé seulement à ceux qui travaillent ?

              Sur le plan de la condionnalité, l’impôt négatif de Friedman n’a aucune différence avec le revenu universel :
              Avec les impôts de ceux qui créent de la richesse il bénéficie à ceux qui ont des niveaux de revenus nuls ou insuffisants, mais n’est condionné à aucune autre situation comme le fait de travailler ou non, ou toute autre situation particulière.

            • Condionné ?
              Conditionné …

            • Je crains que vous n’ayez pas compris ce qu’est l’impôt négatif. Vous semblez confondre avec la réduction d’impôt…
              Car un des buts de l’IN de Friedman était bien de simplifier les allocations versées… L’IN remplace par exemple les allocations chômage, rend le Smic inutile et augmente de fait l’employabilité des gens.

    • Il faut se rappeler que le libéralisme est une philosophie qui ne se limite pas au libéralisme économique. Les possibilités de choix de vie qui s’offrent à l’individu au commencement de sa vie se heurte a la réalité de ses biens économique et bien sûr a ses capacités physiques et intellectuelles. Pour éliminer le facteur économique de l’équation il faudrait effectivement donner les moyen a chacun de choisir sa voie sans contrainte économique. D’où le revenu universel

    • Je suppose qu’en accord avec Bayrou, il est pour un RU à 4000 Euros …

    • « Koenig est un type (très ) intelligent … »

      Selon Etienne Klein, Paul Dirac, physicien, prix Nobel, aurait répondu à un journaliste :

      – Professeur Dirac, j’ai remarqué que vous aviez beaucoup d’initiales devant votre nom de famille : P, A, et M. Ont-elles une signification particulière ?
      – Non.
      – Vous voulez dire que je peux les interpréter à ma guise ?
      – Oui.
      – Par exemple, si je disais que les lettres P, A et M signifient Poincaré, Aloysius et Mussolini, cela vous irait ?
      – Oui.
      – Pouvez-vous me donner des nouvelles de vos recherches ?
      – Non.
      – Qu’est-ce que vous aimez le plus en Amérique ?
      – Les pommes de terre.
      – Allez-vous au cinéma ?
      – Oui.
      – Quand ?
      – En 1920.
      – ?
      Après un long silence :
      – Peut-être aussi en 1930.

      Ca, c’était un homme intelligent.

    • @ Gaston :

      Très bien, sur le principe et d’un point de vue libéral on ne peut qu’être en accord avec ça.

      Mais alors il faut assumer ce point de vue sur le concept même de la solidarité à caractère obligatoire, et donc se poser les questions suivantes :
      – Quid de l’impôt négatif de Friedman, des aides actuelles, RSA, SMIC, éducation « gratuite », redistributions diverses et variées y compris sous forme de prestations sociales ?
      – Si l’on supprime ces formes de solidarité obligatoire, comment fait-on pour gérer les risques de vols, d’émeutes, de soulèvements et quels en seront les coûts ?
      – Peut-on sérieusement compter uniquement sur la charité volontaire, y compris par le moyen d’associations charitatives ?
      – Les principes moraux que la solidarité obligatoire implique sont-ils si rédhibitoires ?
      – Est-ce réellement une telle société que l’on souhaite ?

      Et surtout doit-on laisser ce sujet aux seuls collectivistes, ou bien peut-on envisager un moyen d’assurer une solidarité obligatoire en minimisant les inconvénients délétères de celle qui existe actuellement ?

    • Ce n’est pas le seul libéral à le proposer (sous la forme de l’impôt négatif).
      Si vous voulez vraiment comprendre les arguments de Koenig et aussi pourquoi le type de RU qu’il propose est libéral, lisez donc Voyage d’un philosophe au pays des libertés.

  • La parabole du revenu universel. Les RMI que les pauvres français reçoivent et qu’il dépensent au café en paris idiots pour la française de jeux. L’argent est récupéré et les rats du revenu universel sont contents. La liberté donné par le revenu universel et l’école publique, qui va determiner les programmes et les montants du revenu universel, des utopistes à la noix qui veulent créer la liberté. La société qui fait les hommes libres, c’est la définition du totalitarisme. Je préfère la liberté qui n’est organisée par personne.

  • « Choisir sa voie sans contrainte économique » ? C’est quoi ces conneries ? Si tu veux manger, travaille !

  • Je reconnais avoir du vérifier plusieurs fois que Pierre Bentata parlait bien du même Gaspard Koenig dans son article et pas d’un homonyme, tant les accusations d’antilibéralisme étaient hors sol.

    Maintenant, pour reprendre la distinction faite dans l’article, je ne partage pas la morale de Gaspard Koenig mais c’est précisément pour ça que je partage sa conception de la loi, « convaincre plutôt que contraindre ». Je prendrai le temps de lire l’Enfer par curiosité.

    Dernier point à propos de JS Mill, je pense que l’article fait un énorme contre-sens. Je cite :

    « Ce que j’ai donc voulu mettre en valeur dans mon Enfer, c’est qu’un autre libéralisme peut et doit exister, distinct de l’utilitarisme. C’était déjà la réfutation qu’opposait J.S. Mill à son maître Jeremy Bentham ».

    Formulation parfaitement trompeuse, si Mill a bien questionné les critères utilisés par l’utilitarisme de Bentham, il ne remet pas en question l’utilitarisme dans son principe, il en est même l’un des plus grands défenseurs. D’une certaine manière chez Mill, c’est même son utilitarisme qui justifie son libéralisme, si la liberté était un obstacle au bonheur du plus grand nombre il ne serait probablement pas libéral.

    Ironiquement, dire que John Stuart Mill promeut un libéralisme distinct de l’utilitarisme c’est un peu comme affirmer que Gaspard Koenig n’est pas libéral, c’est conclure l’article par une affirmation aussi ridicule que celle qui a justifié son écriture en premier lieu.

  • Décidément, ce Mr Koenig est extrêmement décevant, et c’est bien dommage que ce soit lui que l’on présente comme un défenseur du libéralisme.

    C’est bien évidemment « un homme de paille » du libéralisme.

    Nommer des gens prestigieux et leur prêter des pseudo citation ne fait pas un tout cohérent.

    Essayons de récapituler toutes les erreurs de ce monsieur dans cet article :
    – Mr Koenig s’écarte du néolibéralisme défini par Foucault, mais il n’y a pas de définition du néolibéralisme ????
    – Kant n’est pas vraiment un libéral, et la finalité du libéralisme n’est pas de distinguer la loi de la morale, ceci n’est qu’une conséquence du libéralisme, la finalité du libéralisme, c’est de laisser les individus choisir leur vie librement sans porter atteinte aux droits fondamentaux des autres.
    Ses divagations sur l’aéroport nous ramène aux bons vieux principes des socialistes : l’individu n’est pas libre, n’a pas le libre arbitre, n’est pas intelligent, sauf certains qui doivent les éclairer par la force …
    Le secteur privé produit des normes, qui sont dictées par le consommateur, et non par un manque de concurrence (lequel dans un secteur non étatisé ???)

    L’école autrichienne d’économie dit la même chose que Rousseau ????? les bras m’en tombent !!! quel homme de paille !!!

    Mr Koenig est libéral et affirme que la société a une tache ?????

    Mr Koenig est libéral est affirme que certain doivent travailler pour quel es autres aient un revenu universel ????

    Il vaut mieux que Mr Koenig arrêter de défendre le libéralisme; il lui fera plus de mal que de bien !!!

    Et si Mr Koenig lisait Frédéric Bastiat, et surtout, le comprenait ???

    L’individu est libre par nature !!!

  • « Une instruction que l’on pourra souhaiter plus décentralisée qu’aujourd’hui, mais qui n’en relève pas moins d’une école publique, gratuite et obligatoire. »

    Mussolini : « L’instruction publique est la plus fasciste de mes réformes ».

    « Publique, gratuite ET obligatoire » : voilà les trois fondements du libéralisme selon l’auteur… Perso, vous voyez, faut pas chercher les ennemis du libéralisme du côté de Mélenchon ou de Marine Le Pen : Gaspard Koenig ne sait pas de quoi il parle MAIS il prétend donc être libéral. Bravo. C’est remarquable.

  • Voici une mise au point très fine de la part de Gaspard Koenig. A part le point sur le revenu universel, qui pose plus de questions qu’il en résout, je vois un plaidoyer pour un libéralisme appliqué dans la vraie vie et pas un libéralisme hors sol tel que beaucoup le défendent ici et qui ne verra jamais le jour. Parce que contrairement à ce qu’une infime minorité concentrée sur Contrepoints pense, tout le monde est « je suis libéral mais ». Même Vernunft le deviendra le jour où il se heurtera aux effets pervers du libéralisme tel qu’il le prône. C’est arrivé à Donald Trump qui s’est fait virer comme un malpropre de plateformes privées car le propriétaire a exercé un pouvoir de discrimination injuste, cela pourrait vous arriver aussi.

    De toute façon, cette chasse à tout ce qui ne serait pas libéral dans la moindre phrase des articles et commentaires n’est qu’une posture. La Suisse, que beaucoup admirent ici n’est à cette aune qu’un repaire de socialistes. Tout ceci n’œuvre pas beaucoup pour la crédibilité de Contrepoints. Dommage car le libéralisme a énormément d’aspects très positifs, beaucoup de contributeurs (aussi bien rédacteurs que commentateurs) ont des idées très intéressantes qui nourrissent ma réflexion et notre société en aurait besoin d’une grosse dose.

    Quant à l’instruction, nous avons baigné dans l’éducation nationale et ses délires gauchistes, nous avons oublié que l’instruction de base était indispensable. A mon sens, relève de l’état là où l’initiative privée ne prévoit rien. C’est un moyen d’ouvrir les horizons d’enfants de milieux peu intellectuels et ayant le potentiel.

    • La Suisse romande est en effet, de plus en plus, un repère de socialistes … le röstigraben l’a sauvée plusieurs fois!

    • A oscar : c’est quoi les effets pervers du libéralisme ??? ceux qui affirment cela ne savent pas ce que c’est que le libéralisme !!!
      C’est quoi votre définition du libéralisme pour voir ?

      Sinon, pour l’application du libéralisme dans la vrai vie, il suffit juste de respecter les droits de propriété, c’est si dur et « hors sol » que ca ???

      • A Stephane12. A défaut d’une définition claire sur le site Contrepoints, j’utilise la définition du libéralisme qui semble avoir le plus souvent cours ici : le libéralisme s’attache à la protection des droits naturels et limite strictement l’état à ses missions régaliennes. Cela implique que l’homme assume entièrement la responsabilité de ses actes. Il est possible que j’aie mal compris, corrigez-moi si votre conception est différente. La définition de wikiliberal, pourtant apparenté à Contrepoints via liberaux.org me semble peu précise bien qu’intéressante. La voici :
        « Doctrine politique de ceux qui prônent la libre entreprise, favorable au développement des libertés individuelles, face aux contraintes de l’État.
        Les principes fondamentaux du libéralisme posent comme droits fondamentaux le droit à la vie et le droit de propriété (…) ».
        Ces deux définitions me conviennent mais contiennent les germes d’effets pervers. Pour faire court, je vais en donner trois.

        1. Le droit de propriété absolu mène à des abus. Une entreprise en situation monopolistique ou un oligopole mettront toutes les barrières possibles à l’entrée d’un concurrent : refus d’accès à certaines ressources qu’ils ont préemptées par exemple. Un récent exemple d’abus a concerné Trump : il s’est fait virer des plateformes les plus connues au grand dam de ses supporters, notamment libéraux, qui pour une fois s’insurgeaient contre la discrimination qu’un privé exerçait dans le cadre de son droit de propriété. Les plateformes en question ont estimé qu’elles avaient plus à perdre qu’à gagner en laissant la parole à Trump, donc elles l’ont viré, peu importe si ce qu’il disait ou si d’autre promouvaient des horreurs bien pire.

        2. La responsabilité n’est pas toujours endossée par celui qui agit. C’est typiquement le cas dans l’expression « après moi le déluge », autrement dit si je ne suis plus là pour payer les conséquences, peu me chaut.

        3. Les libéraux imaginent que le privé est forcément vertueux et que la connivence n’est qu’une dérive due à l’étatisation. Ils semblent penser que la soif de pouvoir et l’abus de pouvoir sont absents du monde privé, ce en quoi ils se trompent à mon avis.

        Ces effets sont pour la plupart provoqués par le refus des libéraux du recours à la morale. Aussi vrai que science sans conscience n’est que ruine de l’âme comme le disait Rabelais, libéral sans morale n’est que tyran en devenir.

    • « un libéralisme appliqué dans la vraie vie et pas un libéralisme hors sol … »

      Oui, tout à fait d’accord. Et de toutes manières chacun est libre d’avoir sa propre conception du libéralisme et de la place qu’il doit occuper.

      Cependant, la métaphore des « duty free » dans les aéroports, ça fait un peu : « Auteuil, Neuilly, Passy tel est mon ghetto ».

      Notre problème actuel, à tous et donc à notre société, est que l’aisance matérielle tend à nous faire perdre le sens des priorités. L’instruction en est une, l’économie en est une autre et dans un esprit libéral rien n’a de sens sans le respect de la liberté.

      • @ alan : « chacun est libre d’avoir sa propre conception du libéralisme » : stop RELATIVISME.
        Dieu a condamné les hommes qui construisaient la tour de Babel en les empêchant de se comprendre.
        Platon : « la perversion des mots précède la perversion de la cité »
        Camuns : « Mal nommer les choses, c’est ajouter du malheur au monde »
        Si vous commencez à donner plusieurs à des concepts qui n’en ont qu’un, alors cela ne sert à rien de discuter, échanger, vouloir construire quelque chose (sans que ce soit la tour de Babel), personne ne peut se comprendre …

        • Il y a une nuance entre le relativisme et la pluralité des courants qui existe au sein de chaque doctrine politique et philosophique.

          Il y a bien différentes conceptions du libéralisme, toutes aussi légitimes et « libérales » l’une que l’autre, et tous ceux qui ne sont pas d’accord avec votre lecture personnelle ne sont pas nécessairement des affreux communistes.

        • Il y a une certaine cohérence dans l’idée libérale qui pourrait faire dire que le libéralisme est unique. Mais je doute qu’on puisse garder une cohérence en développant quelqu’idée que ce soit.

          Et quand on perd la cohérence, on se rabat sur le subjectif.

          La Tour de Babel existe partout et même aux US. A quelques dizaines de kilomètres d’écart, l’accent change et les gens sont fiers de marquer leur racines en employant des termes et des prononciations différentes.

          Le libéralisme implique de pouvoir dire le contraire de son voisin – même si on pense comme lui. J’insiste que l’important est le classement des priorités. (Il y avait un article il y a quelques temps montrant qu’on avait dénaturé la constitution en modifiant l’ordre des articles).

    • « Tout ceci n’œuvre pas beaucoup pour la crédibilité de Contrepoints. »

      Je ne vois pas le rapport… Ne confondez pas les idées défendues par Contrepoints avec les points de vue critiques des commentateurs…

      • Ne pas confondre les idées défendues et les points de vue critiques… vœu pieux. A vrai dire, sur ce genre de site, les commentaires sont particulièrement édifiants sur les opinions sous-jacentes. En effet, les articles sont généralement écrits par des rédacteurs adroits qui s’efforceront d’être les plus « lisses » possible pour rassembler le maximum d’audience. Par contre les commentateurs habituels sont très révélateurs et, fonctionnant en petit cercle fermé, vous ne vous rendez même pas compte de l’impression que vous produisez. Franchement, traiter de socialiste tout qui ne correspond pas exactement à votre point de vue, ce n’est pas très crédible.

    •  » l’instruction de base était indispensable. A mon sens, relève de l’état là où l’initiative privée ne prévoit rien. »
      🙂
      Mais en général, en matière d’enseignement, l’Etat par ses lois empêche plus souvent l’initiative privée qu’il ne lui permette d’agir. L’Etat a horreur de la concurrence.
      Qui plus est dans un domaine qui lui est indispensable pour formater sa population et ne pas l’inciter à réfléchir autrement…

  • je dois dire que je m’en fous…

    ce que vous « êtes » est une chose..

    • mais bon, des tas des gens non libéraux admettent qu’il faille libéraliser..

      mais ce que je retiens de l’auteur est une défense du revenu universel..

  • Quand on prend le métro, ou quand on marche dans les rues de Paris, on voit des publicités : cela ne vous oblige pas à acheter pour autant. Quelle est la différence avec un aéroport ?

    • Pareil ici, je n’ai pas bien compris le passage de l’aéroport et ses zones commerciales… Quand je prends l’avion (rarement je l’avoue), je ne m’attarde pas dans ces zones, sauf si j’ai envie d’y aller…

  • Je remarque souvent que bien des penseurs que tout oppose se retrouve souvent à défendre la liberté. Cela leur reste un point commun, à 50 nuances près.
    Je trouve pour ma part que les idées de Gaspard Koenig sur une morale libérale ne sont pas si éloignées de la Common Decency de Orwell. Et il me semble juste que dans une société où les libertés de chacun sont respectées, il faut que chacun se contraigne beaucoup. C’ est de l’ éducation, et même un sacré chantier, si ce n’ est plus un idéal chrétien.

  • « Les réseaux sociaux en font un usage gourmand, enfermant les citoyens dans des bulles cognitives qui expliquent largement la polarisation et la radicalisation du débat politique. »
    le 20 ième siècle nous a montré que les réseaux sociaux ne sont en rien indispensable pour la radicalisation politique, au mieux il la mettent au jour mais jamais ils ne la créent

  • M. Koening se dit libéral (ou du moins pas antilibéral). Pour le prouver il débite une suite de trucs socialistes light. Bravo, il n’est pas stalinien. Pour le libéralisme qu’il revienne quand il aura lu Bastiat (c’est simple et facile, et en français, en plus) et pour faire plus moderne et un peu plus « intransigeant » dans son libéralisme, Rothbard ou Hoppe.

  • « Je pense plutôt que la tâche de la société est de laisser l’individu libre, liberté qui existe au préalable. »
    La liberté existe au préalable… J’avoue ne pas être sûr de comprendre. On parle d’abord de quelle société ?
    Depuis les débuts de l’humanité, dans la plupart des sociétés, les hommes ont vécu dans des tribus familiales dans lesquelles leur identité et leur horizon était défini dès la naissance, et où ils subissaient ce que Fukuyama a appelé « la tyrannie des cousins ».
    L’individualisme libéral ne nait pas spontanément : il nécessite une psychologie très particulière (lire l’excellent livre : the weirdest people in the world » de Joseph Henrich) qui a lentement été façonnée dans les pays occidentaux par l’émergence d’institutions concernant le mariage, la propriété privé, la religion, les professions et le marché. (Je ne suis pas entrain de dire qu’il n’y a pas d’ordre spontanée ; cependant, en physique comme en économie, l’ordre spontanée n’émerge que dans certaines conditions).
    Il me semble que la liberté doit se définir par rapport à quelque chose (libre de penser ce que l’on veut, libre d’écrire, libre d’acheter, etc.) mais qu’on prend le risque de tomber dans l’hypostase métaphysique si on parle d’une Liberté abstraite comme si c’était une essence que l’on possède ou non.

    • Bien d’accord !
      Seul l’homme seul est libre. Mais cet homme n’existe pas. Tout homme naît et vit dans une société (famille, tribu, peuple, nation, etc) dont les premiers modèles étaient loin de ressembler à nos démocraties libérales, où l’égalité des droits est relativement respectée.
      L’homme n’est ni libre, ni bon, ni quoi que ce soit d’autre par nature. Le libéralisme, l’individualisme, les droits fondamentaux (liberté, propriété, etc) sont une émergence récente dans l’histoire de l’humanité, en gros les Lumières. Et ce qui nous paraît évident aujourd’hui (encore qu’en Chine ou en Corée du nord, on puisse en douter) au point que certains s’imaginent qu’il en a toujours été ainsi fondamentalement est en réalité le résultat d’acquisitions et de constructions intellectuelles qui n’avaient rien d’automatique à leurs débuts…

  • Après avoir lu attentivement l’article de Koenig et les 62 commentaires j’en arrive à la conclusion suivante:
    Une société libérale est un leurre car la dictature des minorités a complètement bloqué une telle possibilité. A moins d’une guerre civile ou d’une guerre sanitaire qui remette tout à plat, les changements sont impossibles. Ce pays est à la merci d’une forte minorité politico-administrative qui ne voit pas de salut en dehors du maintien de leurs privilèges.
    Les révolutions du passé depuis la Grèce antique jusqu’à Napoléon ont toujours été le fait de minorités qui ont voulu une société meilleure et dont la majorité puisse profiter. Or cela n’est plus le cas aujourd’hui. Par contre, le modèle chinois sera sans doute la solution en permettant l’enrichissement de chacun à condition de ne pas déroger de la règle imposée par le dictateur. Au Japon c’est à peu près le même modèle…
    Donc Libéraux de tous les pays même en vous unissant, vous n’arriverez plus à préserver le modèle démocratique dont vous rêvez!
    Et tant pis pour toutes les minorités contestataires….

  • Bonheur de lecture. Voilà une forme d’aveu de mes propres valeurs. Dans ma compréhension, le libéralisme est comme une forme d’athéisme. Qu’il soit social, politique ou, religieux, il permet à l’individu d’exister librement au sein d’un Etat de droit garantissant la séparation des individus les uns des autres, ainsi que l’abbé Sieyès l’avait décrit et ainsi que Gaspard Koenig, dans un autre article de sa part, sur ce même site, l’avait mis en perspective : « 14 juillet, une révolution française ultralibérale ».
    Je comprends de ces différents textes que le néo-libéralisme actuel emprunte donc davantage à l’utilitarisme car « l’existence d’individus pluriels » est freinée et contenue au sein « d’ensembles opaques et hétérogènes », qu’il conviendrait d’ailleurs de bien qualifier et qui semblent tirer leur légitimité de la défense du Bien-être du plus grand nombre. Ainsi apparaissent les joies de la consommation de masse, les duty-free d’aéroports d’un jour sans fin dans l’Enfer de GK, ou toutes les formes de servitude volontaire offertes à l’individu, depuis bien longtemps.
    J’aime l’idée d’un libéralisme soutenable, qui, selon l’esquisse charpentée qu’en donne Claude Gamel, offre, à la fois, un apport, sur le plan matériel, universel et inconditionnel, et sur le plan intellectuel par une instruction publique. « Pour sortir de l’aéroport, encore faut-il savoir qu’un autre monde existe »… Oui, c’est vrai. Est-ce suffisant, ça, je ne sais pas… mais c’est être déjà en chemin. Il faudrait poursuivre le chemin déjà emprunté par les illustres auteurs qui avaient senti la nécessité d’établir l’unité sociale entre êtres souverains, au sein d’un Etat garant de leurs droits de citoyens pluriels et à places égales en son sein. Commençons par simplifier cet Etat de droit pour ne pas réserver exclusivement à des experts la compréhension des règles est une urgence vitale. Autrement la rupture entre les individus et l’Etat sera radicale. Or, l’un et l’autre ont besoin de l’un et de l’autre pour exister.

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