Par Olivier Rancourt.
Un article de l’Institut économique de Montréal
Suite à la pénurie de logements abordables à Montréal, certaines voix s’élèvent pour exiger un gel des loyers par le gouvernement.
Bien que l’intention derrière cette demande soit noble, cette dernière rate la cible. Une telle mesure aurait des conséquences néfastes pour les foyers à faibles revenus et ne ferait qu’empirer la crise du logement à Montréal.
Revenons aux principes économiques de base
Lorsqu’il y a une pénurie, c’est que la quantité demandée excède la quantité offerte sur le marché. Il y a donc une pression à la hausse sur les prix pour venir rééquilibrer l’offre et la demande.
Le cas des logements à Montréal ne fait pas exception. S’il manque de logements, il faut se tourner vers des réformes qui vont augmenter les investissements en immeubles locatifs, donc l’offre.
On ne règle pas une pénurie en instaurant un contrôle des prix, cela ne fait que l’amplifier. En diminuant le retour sur investissement des immeubles locatifs, on pousse plutôt l’offre à diminuer, accentuant ainsi la pénurie.
Il faut donc plutôt rendre l’investissement dans les immeubles locatifs plus intéressant face aux autres alternatives. Montréal devrait instaurer des mesures qui facilitent la vie des propriétaires et investisseurs potentiels.
Par exemple, les hausses de taxes à répétition dans les grandes villes diminuent les faibles marges de profits des propriétaires. Il faut y mettre un terme. Les permis de construire difficiles à obtenir sont aussi un exemple de mesures accentuant la pénurie de logements.
Favoriser les investissements
Il est grand temps que le gouvernement du Québec et la ville de Montréal agissent de façon concrète pour établir un cadre fiscal et réglementaire favorable aux investissements, afin de pouvoir minimiser de façon durable les dommages économiques liés à la pénurie de logements.
Ce n’est pas en exigeant des entrepreneurs qu’ils construisent des logements sociaux dans les nouveaux développements, ou en limitant les expulsions en cas de non-paiements, que l’investissement dans l’immobilier deviendra plus intéressant.
Il faut arrêter l’hémorragie, en mettant fin aux mesures qui pénalisent les investisseurs et, indirectement, les locataires.
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L’avantage politique immédiat des mesures de limitation des augmentations de loyer, d’interdiction des expulsions et de construction forcée de logements sociaux est irrésistible pour tout socialiste : non seulement on punit les riches, non seulement on protège les plus faibles-qui-ne-peuvent-plus-payer-leurs-loyers-exorbitants, mais on a la joie de forcer les vilains capitalistes à construire à perte.
Et c’est d’autant plus irrésistible que l’attribution de logements sociaux est souvent quelque peu politisée et/ou source de revenus parallèles.
M. Rancourt, vous ne voudriez pas aussi prodiguer vos conseils au gouvernement francais, il en a bien besoin…
Le gouvernement Français est sourd. On se demande bien quelle activité il pratique…
Mais peut-être certains savent lire, dernière chance?
Cessons tout court toutes les aides à ce secteur et son coût baissera comme par enchantement.
Le BTP ne fait pas partie du régalien,sauf si l’on considère que le financement de la vie politique fait partie du régalien…
Il faut supprimer les aides au début et à la fin de la chaîne ,défiscalisation et APL…sachant que la moindre aide participe de l’augmentation de ce secteur.
Mon IR n’a pas à financer l’investissement locatif de Dupond ou Durand.
Qu’on vienne pas me parler de l’emploi quand on voit les plaques des camionnettes aux abords des chantiers…
Il faut sevrer ce secteur gavé d’aides ,l’immobilier étant devenu un verrou important des blocages actuels qui devra sauter surtout à l’aune de la crise à venir conséquence du quoiqu’il en coûte.
“comme par enchantement”, en effet, si on croit en la magie. Qui irait construire des habitats vendables à 1000 euro le m2 quand il peut construire du “premium” vendable à 2000 euro le m2 en ayant une marge 1,5 plus importante ? Personne. Qui en patit ? les plus démunis, bien évidemment.
Si tout les promoteurs se disent ça, ils construisent plein de “premium” qui après ne se vend qu’à moins de 2000€/m2, ce qui réduit la marge.
Autre point, si la libéralisation du logement entraine une marge potentielle des promoteurs plus importante sur le secteur “premium”, cela veut dire qu’actuellement ce sont eux qui sont les plus perdants, pas les plus démunis.
Et effectivement, en voyant mon crédit, taxe habitation/foncière, droit de mutation etc, j’ai quelques doutes sur le fait d’être moins pénalisé par le système qu’un “démuni” habitant un HLM…
La magie c’est l’argent que l’Etat n’a pas ,encore une fois le BTP n’est pas du régalien.
En France on règle les problèmes en faisant tout pour les accentuer. Il en est du logement comme du chômage!
Quel est l’intérêt de faire baisser le prix des logements ?
Je n’en vois pas, au contraire tout le monde souhaite que son logement vaudra bien plus cher demain. On bloque les loyers, super, voilà des logements vendus plus cher demain après changement de propriétaires.