Vaccination : redonner de la confiance et de la liberté

ワクチンの救い緑のグローブに注射器 BY Stockphotokun — CC-BY

Gouverner par la peur est un désastre. Raconter n’importe quoi au sujet de l’épidémie, ou pour faire gober la vaccination, engendre la méfiance. Or la confiance est primordiale dans une campagne de vaccination.

Par Patrick de Casanove.

« Réduire les hospitalisations et les décès » ne repose pas sur un seul élément. Il y a protéger, dépister, isoler, traiter. L’immunité collective participe aussi à cet objectif. Quand un nombre suffisant de personnes bénéficie d’une immunité contre un germe, celui-ci ne peut plus circuler. Un des objectifs de la vaccination est d’immuniser suffisamment de personnes pour obtenir ce résultat.

Atteindre l’immunité de groupe en vivant avec le virus n’implique pas du tout un grand nombre de morts. Développer l’immunité naturelle ce n’est pas laisser libre cours à l’épidémie. Cet objectif de santé publique se pilote.

Le pilotage s’appuie sur le quadriptyque « protéger, dépister, isoler, traiter ». Le pilotage protège les personnes à risque et laisse vivre les autres. La précipitation et la pression pour la vaccination contrastent avec l’absence de travail sérieux pour favoriser une immunité collective naturelle.

Le recours à la liberté individuelle, donc à la responsabilité personnelle

L’enjeu de la vaccination est certes de santé publique. Mais il existe aussi un autre enjeu au travers d’une éventuelle obligation vaccinale directe ou indirecte, un enjeu plus profond. C’est celui du respect des libertés individuelles.

On évoque l’altruisme pour inciter chacun à la vaccination. Cela peut tourner au chantage à la mort du prochain.

Certains Français sont tellement effrayés qu’ils sont persuadés que n’importe qui peut les contaminer, dans n’importe quelles circonstances ; on ne leur parle jamais ni de charge virale, ni de seuil infectieux. Ils ont fait soumission et la réclament pour leurs compatriotes. Ils veulent obliger les autres à se vacciner pour les protéger eux.

Le problème n’est pas de savoir si l’effet troupeau existe ou pas. Le problème est que cette demande suivie de faits constitue une atteinte aux droits naturels d’autrui. L’altruisme ne peut être que libre.

« La fraternité est spontanée, ou n’est pas. La décréter c’est l’anéantir. » Frédéric Bastiat – Justice et Fraternité (1848)

L’attitude responsable consiste à décider pour soi, pas pour les autres. Cela peut se résumer ainsi : si quelqu’un n’a pas confiance dans les conditions sanitaires d’un lieu quelconque, il n’y va pas, ou il se fait vacciner. Il n’oblige pas les autres à se faire vacciner pour y accéder. Il ne détruit pas la liberté d’autrui au profit de la sienne.

« Évidemment le droit de chacun a pour limite le droit absolument semblable de tous les autres. La loi ne peut donc faire autre chose que reconnaître cette limite et la faire respecter. Si elle permettait à quelques-uns de la franchir, ce serait au détriment de quelques autres. La loi serait injuste. Elle le serait bien plus encore si, au lieu de tolérer cet empiétement, elle l’ordonnait.  » Frédéric Bastiat – Justice et Fraternité (1848)

Dans une économie libre :

– L’État n’intervient pas, sauf pour défendre la liberté, la propriété, la personnalité.

– Les professionnels de santé vaccinent et la vaccination est libre. Grâce à cela, professionnels et patients sont responsables, chacun pour ce qui le concerne.

– Les laboratoires et les investisseurs privés prennent leurs risques et leurs responsabilités. Ils investissent leurs capitaux. Le risque vaccinal pour le laboratoire est intégré dans les calculs des coûts et responsabilités, civiles ou pénales. S’il est trop important il n’est pas pris. C’est beaucoup plus sain.

Dans le cas qui nous occupe les États sont intervenus, réduisant le risque financier pris par le laboratoire et leur responsabilité, ce qui n’est pas fait pour rassurer. Les calculs du risque pour l’entreprise sont biaisés, le « contre » est minoré.

La gratuité du vaccin, qui est un tiers payant, fausse le raisonnement du patient. Une personne peut évaluer le bénéfice/risque quand elle supporte le vrai prix. Celui-ci est une information, contrairement à la gratuité qui est un gobe-mouches, et aux tarifs administratifs qui sont des marqueurs politiques.

Le coût de la vaccination n’est pas toujours inférieur au coût pharmaceutique d’une pandémie.

Dans le cas de la Covid, tout le monde n’a pas besoin d’être traité ; pour ne parler que pharmacie, il existe des traitements à 4,17 euros ou 8,57 euros. Le tarif du vaccin peut aller jusqu’à 50 euros.

Par contre, tous coûts confondus il est toujours inférieur au coût de la folie étatique, folie qui n’existe pas en cas de liberté économique.

L’inefficacité de l’État

Pour sa campagne de vaccination l’État n’a pas été performant. Pourtant, sans porter atteinte à la liberté, ni à l’économie, vaincre une gigantesque épidémie par la vaccination est possible. Cela a même déjà eu lieu.

La différence notable est que l’épidémie brésilienne a été vaincue grâce à l’innovation, la réactivité, l’initiative privée et la liberté économique. L’État n’était pas à la manœuvre. L’opposé de ce que nous vivons aujourd’hui.

D’une société de renoncement à une société de liberté

Ce qui est dramatique en cette période de souffrance c’est que les individus ne réclament pas la liberté. De renoncement en renoncement, de loi scélérate en loi scélérate, nos libertés reculent et chaque jour nous rapproche d’un régime à la chinoise, voire à la nord-coréenne. L’Europe devient une nouvelle Union soviétique. La France comme l’Europe trahissent leurs idéaux et leurs principes fondateurs.

Le véritable courage est de dire Oui à la liberté.

Retrouver la confiance

Une société de liberté est une société de confiance. La vaccination doit reposer sur la confiance et la responsabilité personnelle. L’une est difficile à obtenir, l’autre à assumer. Elles imposent un long travail pour être acquises. Mais une fois acquises cela est juste. C’est pourquoi leur efficacité opérationnelle est nettement supérieure.

Gouverner par la peur est un désastre. Raconter n’importe quoi au sujet de l’épidémie, ou pour faire gober la vaccination, engendre la méfiance. Il faut dire la vérité sur la Covid. Cesser de mentir entraîne la confiance, celle-ci entraîne l’adhésion et donc le succès. La confiance est primordiale pour la réussite d’une campagne vaccinale, pas l’obligation ni le passeport santé.

La confiance engendre l’harmonie sociale. L’autre n’est plus considéré comme un contaminant potentiel à éviter ou à enfermer. Les échanges et liens sociaux sont féconds et apaisés.

Retrouver l’éthique

Une société de liberté est obligatoirement une société de respect des droits naturels, donc une société avec des règles, peu nombreuses mais claires, fondées sur la responsabilité et l’éthique. Beaucoup veulent l’enfermement, la contrainte, la coercition, la spoliation, soit le totalitarisme. Seuls les libéraux, ou presque, veulent l’éthique, la justice, la liberté, la personnalité, la propriété, la responsabilité.

Mettre fin à la spoliation légale

« Est-il besoin de prouver que cette odieuse perversion de la Loi est une cause perpétuelle de haine, de discorde, pouvant aller jusqu’à la désorganisation sociale ? » Frédéric Bastiat – La Loi (1850)

C’est la liberté qui donne l’espoir. Elle met fin à la spoliation légale. Elle permet l’accomplissement de soi, la poursuite de son projet de vie dans une société harmonieuse. C’est la liberté qui est la vie.

« Être ou ne pas être, telle est la question. Y a-t-il plus de noblesse d’âme à subir la fronde et les flèches de la fortune outrageante, ou bien à s’armer contre une mer de douleurs et d’y faire front pour y mettre fin? » s’interroge William Shakespeare, dans Hamlet, Acte III, scène 1

« Chacun de nous tient certainement de la nature, de Dieu, le droit de défendre sa personne, sa liberté, sa propriété, puisque ce sont les trois éléments constitutifs ou conservateurs de la vie, » lui répond Frédéric Bastiat dans La Loi (1850)

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