Pourquoi le « No-Deal-Brexit » est préférable à long terme

La souveraineté britannique retrouvée dans un No-Deal-Brexit offrirait un forum alternatif à ce « modèle européen ».
Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Banksy does Brexit (detail) #banksy #brexit By: Dunk ? - CC BY 2.0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Pourquoi le « No-Deal-Brexit » est préférable à long terme

Publié le 10 décembre 2020
- A +

Par Drieu Godefridi.

Un No-Deal-Brexit serait douloureux à court terme, pour les Européens comme pour les Britanniques. En l’absence d’accord, le retour par défaut aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui visent à assurer un minimum de fluidité aux échanges économiques internationaux qui ne sont pas régis par des traités spécifiques, dresserait à court terme de notables entraves aux échanges entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

Cela, au triple plan économique, juridique et pratique. Oui, des queues se formeraient aux frontières ; certes, les Britanniques s’approvisionneraient avec difficulté de certaines denrées pendant quelques temps; d’évidence, cela tomberait mal dans le contexte d’économies déjà fragilisées, notamment par l’épidémie du COVID.

Aucun de ces constats n’est contestable, même par le plus enthousiaste partisan du No-Deal-Brexit.

Le problème de l’accord négocié

Toutefois, à moyen et long terme, le No-Deal-Brexit paraît nettement préférable à son alternative, qui serait un accord négocié aux petites heures dans la plus pure tradition de l’UE, cela pour trois raisons.

D’abord, les Britanniques ont voté, puis revoté nettement en faveur du Brexit, soit le divorce d’avec l’UE, l’indépendance et la liberté retrouvées. Or, ce que les négociateurs de l’UE tentent actuellement d’imposer aux Britanniques, au nom de la « loyauté des échanges », ce sont les règles de l’UE, à la gestation desquelles les Britanniques n’auront plus rien à dire. Non content, l’UE cherche à imposer aux Britanniques la suprématie de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).

Ces empiètements massifs et permanents de la normativité européenne sur la souveraineté britannique étaient l’un des motifs majeurs du vote britannique en faveur du Brexit ; un accord qui les leur ré-imposerait « par la bande » de la négociation et au nom du Brexit, serait pour le moins contestable — et marquerait une dégradation de la position britannique, car la Norme UE lui est désormais radicalement étrangère.

Même si le « globalisme » normatif est en vogue, les Britanniques ont voté pour retrouver leur souveraineté.

L’indépendance retrouvée

Ensuite, les Britanniques n’auront l’opportunité de tirer le meilleur parti du Brexit, c’est-à-dire leur indépendance retrouvée, qu’à la condition de la retrouver en effet. Le Royaume-Uni va devoir se réinventer et négocier des accords partout dans le monde ; s’il ne peut le faire qu’entravé de façon permanente par le droit et les juges européens, les Britanniques subiront le pire des deux mondes : l’impérialisme normatif européen, et l’incapacité de se réinventer sur la scène mondiale.

Enfin, l’indépendance britannique retrouvée d’un No-Deal-Brexit créerait, aux portes de l’Europe, une alternative à la normativité européenne. La centralisation « made in EU », toujours plus grande, se fait sur un consensus nettement franco-allemand : impôts élevés, réglementations proliférantes, anarchie migratoire qui ne dit pas son nom.

La souveraineté britannique retrouvée dans le cadre d’un No-Deal-Brexit offrirait un forum alternatif à ce « modèle européen » dont les succès à venir ne paraissent guère assurés.

À l’analyse qui précède, il faut apporter un bémol : le gouvernement « conservateur » de M. Johnson paraît embrasser une vision tout aussi extrémiste et peu réaliste de l’écologisme que les « élites européennes ».

Dans cet écologisme hybristique totalitaire réside la vraie menace pour l’économie et la liberté, des Britanniques comme des Européens.

Voir les commentaires (8)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (8)
  • Comme la fin de l’article le laisse entendre, rien ne laisse supposer que les gouvernements britanniques, une fois débarassés de l’UE, seront plus clairvoyants que les gouvernements européens. Après tout, si l’UK a eu Margaret Tatcher pour 1er ministre, elle en a eu d’autres avant elle qu’il ne faut pas oublier.
    Quant aux négociations avec l’UE, elle sont un avant goût de ce qui attend le Royaume Uni : un petit pays qui devra négocier avec beaucoup plus gros que lui.

  • je crois que dans les discussions, l’UE espère encore que le Royaume -Uni continue de verser une contribution au budget de l’UE : pas évident de se passer de 39 G€ pour les fonctionnaires de la commission européenne !

  • D’accord avec l’ensemble de l’article: les britanniques ont intérêt à ne pas céder aux super-bureaucrates de l’UE.
    Enfin, Johnson est un réchauffiste qui conduit le RU à l’abîme, tout comme l’UE.

  • Il ne faudrait pas imaginer naïvement que tous les problèmes des anglais soient made in UE. Au moins maintenant les politiques ne pourront plus accuser l’UE, il faudra assumer.

    En parlant des valeurs d’indépendance, de souveraineté, de liberté, n’oublions pas que les écossais ont voter contre le Brexit (ou contre les anglais). Alors parler des britanniques c’est euh vite dit.

    On verra bien. Je souhaite réussite et prospérité au brexit et à l’Europe.

  • Si le UK veut sa souveraineté, il ne doit pas espérer le beurre, son argent et le sourire….de l’UE. Il doit assumer ses choix et il faut une frontière étanche entre le UK et l’UE y compris les 2 Irlandes. Sinon, comme lors de la vache folle, toutes les exportations du UK vont passer par l’Irlande et se retrouver miraculeusement d’origine UE et donc sans droits d’importation….sous le regard des producteurs UE bernés.

    • Mais ce sont les Irlandais eux-mêmes qui ne veulent pas d’une frontière étanche entre les deux parties de l’Irlande puisque l’Irlande du Nord ne fera bientôt plus partie de l’UE.

      Reste à savoir par qui les producteurs des deux côtés de la prochaine frontière sont réellement bernés : par l’UK ou par l’UE ?

  • Entièrement d’accord avec cet article. Bruxelles ayant été virée par la porte essaie de rentrer par la fenêtre. Je ne vois pas pourquoi pour commercer avec un pays il faut lui imposer toutes ces règles bureaucratiques. Les Anglais sont sortis précisément pour éviter ces règlements. Dans quelques années il feront des envieux en Europe.

  • L Europe n’a absolument aucun intérêt à ce que le divorce se passe bien, le brexit doit dissuader les autres pays d’envisager une libération .
    Ne dit on pas qu il est mieux d avoir un petit chez soit qu’un plus grand chez les autres.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Première partie de l'article ici

L'augmentation des prix et les embouteillages dans la chaine logistique vont finir par s’atténuer une fois que les retards accumulés au cœur de la crise seront résorbés ; les prix de l’énergie redeviendront à un niveau plus proche de celui d’avant la pandémie (partie gauche de la Figure 2 et de la Figure 3).

Voilà pour l’immédiat. Ceci aura eu le mérite de montrer combien est essentielle l’énergie dans notre vie quotidienne et surtout de révéler à ceux qui l’ignoraient que la demande en énergie n... Poursuivre la lecture

Par Bernard Landais.[1. Bernard Landais est l’auteur de Réagir au déclin ; une économie politique pour la droite française, VA éditions, 2021.] Un article de Conflits.

Le Traité de Rome de 1956 instituant le marché commun pour les six pays fondateurs (France, Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg) a inauguré une ère de grande prospérité pour ces pays et plus récemment pour la plupart de ceux qui ont adhéré, même tardivement. Les principes économiques sous-jacents sont la valorisation des avantages comparatifs et l’extensi... Poursuivre la lecture

Pour les uns l’euro serait la cause de tous nos maux économiques : hausse des prix, chômage, désindustrialisation, etc.

Pour les autres, l’euro est une bénédiction, un des socles sur lequel sera construite une Europe fédérale rayonnante des droits de l’Homme, puissante et paisible à laquelle tout individu cultivé et évolué doit aspirer.

Pratiquement, l’euro est à terme condamné.

Concrètement, il a simplifié la vie de ceux qui exportaient et circulaient en Europe, c’est indéniable. Plus de comptes en devises, de frais de c... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles