Pourquoi le « No-Deal-Brexit » est préférable à long terme

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La souveraineté britannique retrouvée dans le cadre d’un No-Deal-Brexit offrirait un forum alternatif à ce « modèle européen » dont les succès à venir ne paraissent guère assurés.

Par Drieu Godefridi.

Un No-Deal-Brexit serait douloureux à court terme, pour les Européens comme pour les Britanniques. En l’absence d’accord, le retour par défaut aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui visent à assurer un minimum de fluidité aux échanges économiques internationaux qui ne sont pas régis par des traités spécifiques, dresserait à court terme de notables entraves aux échanges entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

Cela, au triple plan économique, juridique et pratique. Oui, des queues se formeraient aux frontières ; certes, les Britanniques s’approvisionneraient avec difficulté de certaines denrées pendant quelques temps; d’évidence, cela tomberait mal dans le contexte d’économies déjà fragilisées, notamment par l’épidémie du COVID.

Aucun de ces constats n’est contestable, même par le plus enthousiaste partisan du No-Deal-Brexit.

Le problème de l’accord négocié

Toutefois, à moyen et long terme, le No-Deal-Brexit paraît nettement préférable à son alternative, qui serait un accord négocié aux petites heures dans la plus pure tradition de l’UE, cela pour trois raisons.

D’abord, les Britanniques ont voté, puis revoté nettement en faveur du Brexit, soit le divorce d’avec l’UE, l’indépendance et la liberté retrouvées. Or, ce que les négociateurs de l’UE tentent actuellement d’imposer aux Britanniques, au nom de la « loyauté des échanges », ce sont les règles de l’UE, à la gestation desquelles les Britanniques n’auront plus rien à dire. Non content, l’UE cherche à imposer aux Britanniques la suprématie de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).

Ces empiètements massifs et permanents de la normativité européenne sur la souveraineté britannique étaient l’un des motifs majeurs du vote britannique en faveur du Brexit ; un accord qui les leur ré-imposerait « par la bande » de la négociation et au nom du Brexit, serait pour le moins contestable — et marquerait une dégradation de la position britannique, car la Norme UE lui est désormais radicalement étrangère.

Même si le « globalisme » normatif est en vogue, les Britanniques ont voté pour retrouver leur souveraineté.

L’indépendance retrouvée

Ensuite, les Britanniques n’auront l’opportunité de tirer le meilleur parti du Brexit, c’est-à-dire leur indépendance retrouvée, qu’à la condition de la retrouver en effet. Le Royaume-Uni va devoir se réinventer et négocier des accords partout dans le monde ; s’il ne peut le faire qu’entravé de façon permanente par le droit et les juges européens, les Britanniques subiront le pire des deux mondes : l’impérialisme normatif européen, et l’incapacité de se réinventer sur la scène mondiale.

Enfin, l’indépendance britannique retrouvée d’un No-Deal-Brexit créerait, aux portes de l’Europe, une alternative à la normativité européenne. La centralisation « made in EU », toujours plus grande, se fait sur un consensus nettement franco-allemand : impôts élevés, réglementations proliférantes, anarchie migratoire qui ne dit pas son nom.

La souveraineté britannique retrouvée dans le cadre d’un No-Deal-Brexit offrirait un forum alternatif à ce « modèle européen » dont les succès à venir ne paraissent guère assurés.

À l’analyse qui précède, il faut apporter un bémol : le gouvernement « conservateur » de M. Johnson paraît embrasser une vision tout aussi extrémiste et peu réaliste de l’écologisme que les « élites européennes ».

Dans cet écologisme hybristique totalitaire réside la vraie menace pour l’économie et la liberté, des Britanniques comme des Européens.

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