Google : la taxe qui pénalisera les consommateurs

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Bruno Le Maire ne manque pas une occasion de rappeler que son principal objectif est une taxe mondiale appliquée aux GAFA.

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Lorsque les politiques manquent d’idées – ce qui arrive très souvent – ils proposent des taxes et des réglementations. Les GAFA et leur succès mondial sont, dans la plupart des pays, les victimes faciles et idéales de ces décideurs en campagne ou tout simplement à la recherche d’un nouveau souffle. En France, Bruno Le Maire ne manque pas une occasion de rappeler que son principal objectif est une taxe mondiale appliquée aux GAFA.

Lors du récent attentat islamiste contre un enseignant, on a rapidement trouvé des coupables faciles à condamner : les réseaux sociaux. Coupables de relayer la violence, coupables de susciter d’autres vocations en propageant les images d’attentats dans le monde entier. Comme si le terrorisme n’avait pas existé bien avant qu’ils n’apparaissent !

Pourquoi alors ne pas interdire la voiture, qui provoque des accidents mortels, souvent à cause de conducteurs irresponsables ? Les GAFA ne sont pas plus coupables que les constructeurs de voitures.

Il y a quelques jours, Google est redevenu la cible de la justice américaine pour position dominante. En gros, on reproche au géant d’avoir constitué un monopole. Il est vrai qu’il domine le marché américain de la recherche en ligne, représentant environ 90 % des requêtes générales, et 95 % sur les appareils mobiles. Environ 40 % des smartphones américains fonctionnent sur le système open source Android de Google, avec de nombreuses applications, y compris son navigateur Chrome et son moteur de recherche, préinstallés.

Il est vrai que Google exige des fabricants de smartphones qui accordent une licence à son système Android de préinstaller ses applications sous la forme d’un ensemble comprenant un navigateur de recherche. Mais en leur cédant, y compris à des concurrents comme Apple et Mozilla, une part de ses revenus publicitaires.

Et puis, les consommateurs peuvent choisir. Par exemple, en 2014, Mozilla a conclu un accord pour faire de Yahoo son moteur de recherche par défaut, mais est passé à Google en 2017 parce que les utilisateurs le préféraient.

De plus, les consommateurs peuvent facilement télécharger d’autres navigateurs et moteurs de recherche s’ils n’apprécient pas ceux de Google. La plupart des moteurs et navigateurs Web sont gratuits. Bing, de Microsoft, offre même des avantages à ses utilisateurs. Google, lui, utilise sa fonction de recherche générale pour attirer le chaland, mais gagne de l’argent en vendant des publicités sur des requêtes spécialisées.

L’IREF a montré dans une Note publiée récemment qu’essayer de taxer et de réglementer les géants du numérique ne fera que pénaliser les utilisateurs. Notre institut a aussi montré que les tentatives pour lancer des plateformes numériques nationales ont été nombreuses, avec autant d’échecs. Laissons donc les consommateurs choisir.

Par contre, les GAFA ne devraient pas s’immiscer dans le débat idéologique. Youtube (Google) a censuré des videos portant des messages des conservateurs en faveur du candidat Trump et Twitter a bloqué les révélations sur les mails et le contenu de l’ordinateur du fils de Biden. Le compte twitter du New York Post est bloqué depuis le 14 octobre !

Cette censure est inadmissible et décrédibilise l’impartialité revendiquée par les réseaux sociaux.

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