Face à face Trump-Biden : qu’est-ce qui pourrait vraiment changer ?

Trump’s Bout With COVID-19 Might Be Hurting His Reelection Chances By: Peter Stevens - CC BY 2.0

Peu importe qui sera élu président, l’empire américain continuera de déstabiliser d’autres pays, il laissera entrer au compte-gouttes les immigrants et continuera de faire tourner la planche à billets pour financer ses folies dépensières.

Par Pierre-Guy Veer.

La dernière ligne droite avant la présidentielle américaine a commencé. Dans un peu plus d’une semaine nous saurons lequel de ces deux hommes dirigera le pays le plus puissant de la planète. À la lueur du dernier débat, il n’y a vraiment pas de quoi s’en réjouir.

Un gouvernement démocrate dirigiste

Du côté démocrate, Joe Biden essaie tellement de dorer la pilule qu’on croirait voir le roi Midas. Il veut mettre fin à l’utilisation des énergies fossiles pour la production d’électricité d’ici 2035 et devenir « carboneutre » d’ici 2050. Donc oui, il veut détruire l’économie du Texas, de la Pennsylvanie et de tous ces États que la géologie a choyés.

Cesser les subventions aux industries pétrolières est certes une très bonne idée, mais le désastreux Green New Deal, duquel Biden ne s’est pas du tout distancé, vise à subventionner à fond le solaire et l’éolien. Ce n’est qu’un déplacement du gaspillage.

Biden propose aussi d’augmenter le salaire minimum à 15 dollars horaire, plus du double de son niveau actuel. Il a affirmé sans broncher qu’une telle augmentation n’aurait aucun effet négatif net. Pour quiconque dispose d’un minimum de connaissances en micro-économie, il n’en est évidemment rien.

Si une personne n’est pas assez productive pour justifier son travail au nouveau salaire, alors elle ne sera pas embauchée. D’ailleurs, une étude du CBO qui analyse l’impact économique des politiques du Congrès prédit la perte de quelque 500 000 emplois en cas d’augmentation du salaire minimum.

Et si l’on tient compte de toutes les propositions politiques de Biden – y compris une forte hausse des impôts – alors les pertes d’emplois pourraient se chiffrer à cinq millions.

Un gouvernement républicain négligent

Du côté républicain, Trump aurait facilement pu insister sur ces points et l’emporter haut la main si son bilan avait été plus reluisant.

Il suffit de s’intéresser à sa gestion (ou son manque de gestion) du coronavirus pour s’en convaincre. Bien qu’il ait fermé la frontière avec la Chine quand Joe Biden considérait ce geste raciste, il n’a cessé de minimiser l’impact du virus.

Ses rassemblements partisans et politiques montraient des personnes au coude-à-coude et presque toujours sans masque. Toujours, il affirme que le virus va « diminuer par lui-même » ou qu’une cure miracle sera développée sous peu.

Même lorsque l’inévitable s’est produit, Trump a minimisé l’impact du virus sur lui et son entourage. « Ne pas laisser le virus contrôler sa vie » a du sens ; on ne peut pas demeurer dans une chambre stérile toute sa vie en espérant ne contracter aucune maladie.

Mais sa négligence aurait pu lui coûter la vie compte tenu de son âge et de son IMC le rendant très vulnérable, ou celle de personnes de son entourage. Sans compter que monsieur et madame Tout-le-monde n’ont pas comme lui accès aux nombreux traitements et médicaments.

Un électeur laissé à lui-même

Cependant, ces points de discorde sont somme toute mineurs comparés aux points sur lesquels les deux candidats s’accordent, ou à tout le moins ne montrent pas de désaccord majeur.

  • Aucun ne propose de réforme carcérale majeure, particulièrement à propos de la guerre contre la drogue.
  • Aucun ne propose de réformes majeures des arnaques pyramidales que sont les programmes sociaux. Leurs obligations non capitalisées dépassent les 100 billions de dollars (cent mille milliards).
  • Aucun ne propose de coupes budgétaires, particulièrement les démocrates. Rappelons toutefois que l’administration Trump a créé les plus gros déficits (nominaux) en 55 ans. En pourcentage du PIB, ils se comparent au début de la dernière crise économique.
  • Aucun ne propose de véritable réforme sur l’immigration. Trump n’a fait que continuer les politiques lamentables de son prédécesseur – Biden était le vice-président. Aucun n’a évoqué les politiques à l’origine de ladite crise migratoire, qu’il s’agisse des subventions agricoles détruisant l’agriculture mexicaine ou de la déstabilisation de gouvernements étrangers générant les crises de réfugiés.

Peu importe qui sera élu président, le gouvernement demeurera au pouvoir. L’empire américain continuera de déstabiliser d’autres pays, par la guerre armée ou commerciale, il laissera entrer au compte-gouttes les immigrants et continuera de séparer les familles, de faire tourner la planche à billets pour continuer de financer ses folies dépensières.

Dans leurs tours d’ivoire, Biden et Trump sont isolés de leurs méfaits puisque leur job est protégé. Mais les travailleurs ordinaires doivent faire les frais des politiques radicales de leurs localités. Et comme les politiciens de Washington veulent plutôt plaire à leurs districts qu’à la population, ils devront se fier à eux-mêmes pour se tirer d’affaire. Ce qui ne sera pas une mince tâche…

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