De Clovis à nos jours, le long combat de la laïcité

La laïcité est-elle aussi neutre qu’on l’affirme haut et fort ? Peut-elle être plurielle ? Peut-elle résister aux assauts intégristes, communautaristes, djihadistes ?

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De Clovis à nos jours, le long combat de la laïcité

Publié le 21 octobre 2020
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Par Alain Bauer.
Un article de The Conversation

Dans un ouvrage déjà ancien (Les terroristes disent toujours ce qu’ils vont faire), nous démontrions qu’il est très rare de se trouver confrontés à une « surprise » en matière de terrorisme.

La révolution stratégique provoquée par l’apparition de l’État islamique a conforté et amplifié cette analyse, alors que l’organisation proclame régulièrement sur de nombreux supports médiatiques cibles et moyens à utiliser pour les atteindre…

Un peu partout dans le monde, les enseignants sont victimes de mises en cause physiques ou morales.

Il est toujours très difficile de parler de Darwin et des théories de l’évolution aux États-Unis. Il est presque impossible de sortir d’une école coranique dans de nombreuses régions du Pakistan. Et on assassine les enseignants ou les élèves, notamment les jeunes filles, qui osent enseigner ou venir à l’école en Afghanistan.

Au Nigeria ou au nord Cameroun, l’organisation Boko Haram, qui s’appelle en réalité Book Haram (les livres sont impurs), se donne pour mission fondatrice de lutter contre l’école publique sécularisée.

En fait, le combat laïque n’a jamais été aisé. Celles et ceux qui revivent aujourd’hui la lente transition française vers la liberté de conscience en ont hélas une faible mémoire historique.

Le rôle de l’Église catholique

Depuis le baptême de Clovis en 498, la culture du pouvoir en France improprement appelée gallicane – elle est franque en réalité car rattachée aux peuplades germaniques (les Francs) qui conquirent la Gaule aux Ve et VIe siècles – explique sans doute un irrédentisme national qui portait moins sur la nature de la foi que sur son expression politique.

Ce compromis entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel va être renforcé par l’éclatement de l’Empire de Charlemagne et le maintien d’une seule colonne vertébrale pour la société féodale : l’Église catholique.

Cette dernière devient une très importante opératrice des services publics locaux. Elle investit, ordonne, spécule, exploite. La monarchie en prendra ombrage et Philippe Le Bel y mettra bon ordre en installant le Pape à Avignon en 1309. La religion reste d’État, la France devient la fille aînée de l’Église. Elle a laissé détruire les Cathares, autant par détestation religieuse que pour contraindre le Comté de Toulouse. Mais tout est sous contrôle.

Les 95 thèses martelées sur les portes de l’église de la Toussant à Wittenberg par Martin Luther en 1517 ouvrirent la porte à un schisme, la progression rapide du protestantisme, et un « génocide » oublié, la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572. L’un des survivants de ce massacre, Henri IV, proclamera l’Édit de Nantes en 1598. Et pour le malheur du pays et le bonheur de ses voisins, il fut révoqué par un Louis XIV au soleil pâlissant, en 1685.

Séparation de l’Église et de l’État

La Révolution française imposera la première rupture avec l’Église catholique, en inscrivant dans la Déclaration des droits de l’Homme du 26 août 1789 : « Nul homme ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses… ». On notera le même arraché de haute lutte tant la rancœur contre le haut clergé était forte. Depuis les grandes jacqueries de 1348, on brûlait des châteaux, mais aussi beaucoup de presbytères et quelques autres résidences ecclésiastiques…

L’Église est « nationalisée » à la fois dans ses biens mais aussi dans sa structure et sa culture. Blasphème, sorcellerie, hérésie, disparaissent du Code pénal. L’État civil, créé en 1539 par François Ier, mais administré par le clergé, est civilisé. Le 21 février 1795, la première séparation de l’Église et de l’État est proclamée.

La Convention nationale, après avoir entendu le rapport de ses comités de salut public, de sûreté générale et de législation, réunis, décrète notamment que « conformément à l’article VII de la Déclaration des droits de l’Homme, et à l’article CXXII de la Constitution, l’exercice d’aucun culte ne peut être troublé. II. La République n’en salarie aucun. III. Elle ne fournit aucun local, ni pour l’exercice du culte, ni pour le logement des ministres. IV. Les cérémonies de tout culte sont interdites hors de l’enceinte choisie pour leur exercice ».

Le texte précise également que « tout rassemblement de citoyens pour l’exercice d’un culte quelconque est soumis à la surveillance des autorités constituées » et qu’« aucun signe particulier à un culte ne peut être placé dans un lieu public, ni extérieurement, de quelque manière que ce soit ».

Toute la loi de 1905 est déjà là.

Laïcisation heurtée

Bonaparte devenu Napoléon rétablira le dialogue avec l’Église de Rome en signant un Concordat en 1801 avec le pape. L’Église catholique n’est plus que l’« Église de la grande majorité des Français ». Les prêtres sont salariés par l’État et soumis aux autorités françaises.

La religion devient un service public qui s’étend au protestantisme puis au judaïsme. La Restauration (1814-1848) rétablira pour un temps le catholicisme comme religion de l’État. En 1850, la loi Falloux donne à l’Église un droit de direction dans les écoles primaires.

Mais les républicains, les radicaux et les laïques attendent leur heure. La défaite de l’Empire en 1871 et la proclamation de la République en 1877 permettra une laïcisation heurtée grâce à l’action de Jules Ferry, ministre de l’Instruction publique.

Entre 1881 et 1886, l’école publique devient gratuite, l’instruction devient obligatoire de 6 à 13 ans, l’Église en est sortie. Les lycées et les collèges s’ouvrent aux jeunes filles, le personnel enseignant est laïcisé et l’enseignement religieux exclu des heures de cours. De plus, l’enseignement de la morale civique devient obligatoire.

La loi de 1905

C’est une laïcité dynamique et combattante qui s’affirme et par effet mécanique de conflit. Les relations diplomatiques sont rompues avec la Cité du Vatican en 1904.

En 1905, malgré la pugnacité des radicaux, c’est une loi de compromis et de liberté d’exercice des cultes qui sera adoptée sous l’impulsion de Jean Jaurès dont la formule « La France n’est pas schismatique, elle doit être révolutionnaire » marquera la défaite des radicaux les plus déterminés et la victoire d’Aristide Briand et de Ferdinand Buisson, les pacificateurs.

On y trouvera notamment, pour celles et ceux qui commentent souvent ce texte sans l’avoir bien lu, un titre particulièrement précis sur la nature exacte de cette loi qui est moins un texte de séparation que de libre exercice sous contrôle.

Dans le titre V, sous l’intitulé « Police des cultes », il est notamment précisé que « les réunions pour la célébration d’un culte… restent placées sous la surveillance des autorités dans l’intérêt de l’ordre public » et que « si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les lieux où s’exerce le culte, contient une provocation directe à résister à l’exécution des lois ou aux actes légaux de l’autorité publique, ou s’il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s’en sera rendu coupable sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans, sans préjudice des peines de la complicité, dans le cas où la provocation aurait été suivie d’une sédition, révolte ou guerre civile ».

Voici ce qu’est donc cette laïcité sans adjectif, dont les défenseurs sont des laïques et qui est devenue un principe constitutionnel en 1958 dans l’article 1er de la Constitution et en 2013 seulement quand le Conseil constitutionnel donnera à certaines dispositions de la loi de 1905 une « valeur constitutionnelle ».

La question de l’Islam

La question juive ou musulmane a fait l’objet d’évolutions controversées, parfois heureuses (émancipation sous la Révolution, grand sanhédrin sous Napoléon mais honteux statut sous la collaboration pour les israélites, indigénat et exploitation).

Mais un accord unanime fut trouvé pour créer la société des Habous et Lieux saints de l’Islam (dite Grande Mosquée de Paris) en 1921 avec subvention publique et souscription nationale sous la conduite du Maréchal Lyautey afin de rendre hommage aux « soldats musulmans morts pour la France ».

Les laïques de 1905, qui insistent sur la « rupture » avec les Églises font cependant un effort, au nom du sang versé, et grâce à Lyautey (qui lui-même souhaitait établir un Califat pro-français) et aident à la création d’un Islam de France et pas seulement en France.

La décolonisation poussera à une sous-traitance de l’Islam vers les nouveaux États devenus indépendants dans une « communauté » qui perdra peu à peu de sa réalité.

Se mobiliser pour la laïcité

Mais cette laïcité est-elle aussi neutre qu’on l’affirme haut et fort ? Peut-elle être plurielle ? Peut-elle résister aux assauts intégristes, communautaristes, djihadistes ?

Toute son histoire prouve que la laïcité n’est pas un autre culte. Qu’elle n’est pas une excuse à l’ignorance. Qu’elle impose le respect des croyants et des non croyants. Qu’elle n’est pas l’ennemie de la foi ou de la spiritualité. Les Républicains atypiques du XIXe siècle l’avaient bien démontré. Et on oublie souvent que la Déclaration des Droits de l’Homme est placée « sous les auspices de l’Être Suprême ».

En 2002, le rapport de Régis Debray expliquait déjà les risques, pressions et dangers qui menaçaient l’école publique, les valeurs républicaines et la société du vivre ensemble, qui semble devenir celle du côte à côte et du face à face.

Cette laïcité mérite une mobilisation, un rassemblement et une action. Plus de neutralité molle. Une dynamique. De Chrétiens, de Juifs, de Musulmans, de Boudhistes, d’Orthodoxes, d’Agnostiques, d’Athées. De Laïques, de Républicain·e·s, de Citoyen·e·s.

Il est plus que temps.

Alain Bauer, Professeur de criminologie, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

The Conversation

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  • Ce texte montre assez que le concept de laïcité a été essentiellement conçu comme une façon de pacifier les rapports entre l’Etat et une religion très majoritaire à l’époque : le catholicisme. Il n’a pas été conçu pour réguler les rapports politico-religieux dans une société atomisée et multi-culturelle.
    Par ailleurs, le christianisme a cette spécificité qu’il reconnaît dès le départ l’existence de deux ordres séparés: le spirituel et le temporel (« Rends à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu »). Cela facilite l’instauration d’une ligne de démarcation. Mais ni l’islam ni le judaïsme ne connaissent cette dichotomie : ils se présentent comme des projets politico-religieux unifiés, où la notion de laïcité est par essence problématique.
    Bref, on n’est pas sortis de l’auberge.

    • «le christianisme a cette spécificité qu’il reconnaît dès le départ l’existence de deux ordres séparés: le spirituel et le temporel (« Rends à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu »).»

      Pourtant Jacques Ellul écrira « Le christianisme est la pire trahison du Christ » car religion d’Etat rapidement.

      Je pense que les choses ne sont pas aussi simples car toutes les grandes religions monothéistes érigées en dogme ont (ou ont connu) les mêmes travers dans leurs pratiques terrestres. Ce n’est pas un problème de religion c’est un problème de cohabitation de groupes humains et de psychologie sociale.

      • Vous le soulignez à propos, la religion est un objet, une construction tel un outil. Le revolver en soi n’est pas dangereux, c’est l’usage qu’en font les hommes qui peut poser problème. Il en va de même pour la ou les religions. Quand on a compris cela, tout va mieux. Sauf qu’on ne peut empêcher certaines personnes d’avoir le culte des armes, par exemple.

  • Pourquoi Républicain.e.s et Citoyen.e.s et pas Chrétien.ne.s, Musulman.e.s, Jui.f.ve.s ?
    Et pourquoi Laïques ?

  • Pour résumer, la laïcité est l’indépendance et la neutralité de l’État vis à vis des religions, et c’est à l’État d’être laïque, pas aux personnes. Mais cela n’autorise pas les manifestations de religiosité n’importe quand ou n’importe où.

  • Sur Contrepoints on peut dire que les polémiques sont des conséquences du monopole de la Sécu, car le sujet d’appartenance communautaire a un but au final : la solidarité, et surtout l’argent de cette solidarité. L’argent des autres.

    Problème : l’Etat n’a aucun intérêt à voir la population pouvoir se passer de lui et de ses monopoles. Et donc l’Etat fait tout pour que les mécanismes de solidarités naturelles (famille, communautés, patrie ..) soient détruits ou ringardisés.
    C’est trop facile de venir chez nous, de bénéficier de l’argent de la solidarité, et de ne faire aucun effort pour s’assimiler (prénoms, nourriture, etc..). Pourquoi l’argent de mes impôts devrait servir ceux qui ne veulent surtout pas me ressembler ?
    La laïcité ne devrait pas m’interdire de créer un régime d’assurance sur une base confessionnelle, chacun chez soi. Mais la Libanisation, on sait qu’elle conduit à la guerre civile.
    L’Etat a fait intervenir l’armée contre les églises en 1905, et là il se dégonfle. Pourquoi ce deux poids deux mesures ? Veut-il vraiment nous éviter la guerre civile ?

  • La loi de 1905 n’est pas une loi de neutralité de l’état envers les religions (lire le catholicisme), mais au contraire une loi qui organise le culte et les lieux du culte.
    Apres la loi de 1901 qui dans son article 2 confisque les biens des congrégations sans indemnités, la loi de 1905 dénonce le concordat (à juste titre), mais aurait due s’arrêter là. Ne plus subventionner les prêtres, mais ne pas confisquer les églises et ne pas réglementer l’utilisation de celles-ci.

  • Le terme de « religion d’Etat » ne semble qu’apparaître qu’en 1814, lors de la restauration. Le concept pouvait exister auparavant mais le terme était nouveau et semble avoir déjà interrogé les contemporains de la Charte de 1814 par son imprécision.
    A première vue on pourrait confondre religion d’Etat et théocratie alors qu’elle sont censés être deux choses bien distinctes.
    La « religion d’Etat » par elle-même n’empêche pas la liberté religieuse: la Charte de 1814 ne l’empêchait pas et l’anglicanisme, toujours religion d’Etat en Angleterre (si on y applique le concept français de religion d’Etat), non plus.
    La loi de 1905 ne semble pas dire que l’Etat est neutre vis à vis des religions mais plutôt que l’Etat surveille leurs pratiques afin de prévenir toute violation de la tranquillité publique.

    • Quand on écoute des gens comme Vincent Peillon, on comprend que la religion de l’Etat c’est le Grand-Orient de France. Quant à la liberté « surveillée » : essayez de créer un régime de retraite basé sur la confession des adhérents, et vous allez voir que le sujet c’est l’argent et les monopoles d’Etat.

      • Je crois que justement l’auteur, Alain Bauer, reconnait sans difficulté que par exemple le programme de Mitterrand avait été « écrit au Grand Orient » ( ce sont ses mots dans son face à face avec Zemmour). Il reconnait également qu’aujourd’hui la FM semble avoir perdu de l’influence dans les milieux politiques. Difficile à vérifier vous me direz.
        Je pense juste qu’il y a en gros une part croissante de français (caucasien pour dire les choses schématiquement) qui n’ont simplement pas la foi (en gros la religion c’est un instrument de contrôle des peuples, c’est l’obscurantisme, ou alors c’est trop exigeant…etc.), une part croissante d’une population musulmane pieuse ou qui pourrait le devenir, et une part décroissante de français catholiques (catholicisme étant maladroitement devenu synonyme de droite-extrême-droite).

  • L’islam rejette très clairement la primauté de la laïcité en France ! Arrêtons une fois pour toute de nous voiler la face devant l’intégrisme inné inscrit dans cette religion fondamentalement étrangère à nos valeurs !

    • L’Islam rejette la laïcité (et l’athéisme) tout court, car c’est incompréhensible dans son schéma de pensée : nul être humain ne peut être sans religion, sinon qu’il rejette sa religion (un fils de musulman est musulman : s’il est athée, c’est qu’il a apostasié sa religion).

  • Merci, Monsieur Bauer pour votre texte qui expose parfaitement ce qu’est la laïcité et son cheminement. Vous êtes, comme toujours, d’une clarté magistrale que ce soit à l’écrit ou à l’oral.

    • c’est surtout la vision de la laïcité et de l’histoire vu par la franc-maçonnerie : c’est complètement subjectif et tout à fait partial.

  • C’est une blague que de dire que la loi de 1905 fut une loi d’équilibre ? Elle intervient après la loi d’expulsion des congrégations religieuses de 1903, et cette loi, nationalise tous les biens de l’Eglise en France.
    Et pour rappel, l’Eglise avait déjà vu ses bien confisqué en 1789, donc il ne s’agit plus depuis longtemps des biens de l’Ancien Régime mais bien ce qui avait été réconstitué au cours du XIXeme siècle.
    L’Eglise disposait d’un patrimoine accumulé à nouveau (issus de dons, legs et bonne gestion) dont une partie impportante servait soit à des oeuvres de charités, soit à l’entretien des édifices religieux.
    On a dépouillé l’église de tout ça : donc on l’a empêché de tenir un rôle social prépondérant, avec l’idée que l’état allait la remplacer.
    Je suis étonné que les libéraux n’aient pas perçu dans cette opération, la mainmise de l’état pour essayer d’étendre son emprise sur une partie de la société qu’il ne contrôlait pas. Alors que, il faut le dire, le fonctionnement d’un financement de ces oeuvres sociales via un patrimoine bien géré, est somme toute, plus intéressant qu’un état mastodonte, qui finance tout azimuth du social, pour une utilité parfois à démontrer (pour ne pas dire autre chose) et surtout pour un coût faramineux en impôts et taxes, qui étouffent la société.

    • oui, l’Eglise ne prélevait que la Dîme (1/10 des revenus) : la sécurité sociale, l’éducation nationale prélèvent bien plus pour un résultat à discuter…

      • Au XIXeme siècle ? L’Eglise ne prélevait plus rien du tout !
        Je ne parle pas des biens acquis sous l’Ancien Régime car ils ont tous été nationalisés en 1789, mais bien des bien nationalisés en 1905, qui datent du XIXeme siècle et du tout début du XXeme siècle.

  • « Ils disent toujours ce qu’ils vont faire » ,et pourtant on ne fait rien…la laïcité comme bien d’autres de nos valeurs ,si il en reste,sont à géométrie variable depuis tant d’années pour nos politiques en fonction de leurs interêts.
    Avant on disait ce qu’il s’est passé en Allemagne dans les années 30 et la suite que l’on connaît ne serait plus possible de nos jours ,compte tenu du niveau que nous avions atteint et pourtant tout était écrit pour ceux qui savaient lire et alertaient ,c’est un peu pareil tout est écrit et en plus il y a les réseaux sociaux que n’auraient pas renié un certain Goebbels et pourtant…

    • « il y a les réseaux sociaux que n’auraient pas renié un certain Goebbels »

      Goebbels c’était l’information centralisée, contrôlée, verticale. Les réseaux sociaux sont au contraire une information horizontale, c’est pour cela que les politiques s’acharnent à en prendre le contrôle.

      • C’est la même efficacité dans les 2 sens sur des masses qui ne raisonnent pas 2 secondes.

        • Les « masses » sont beaucoup moins bêtes que les journalistes, qui détiennent une partie du pouvoir, ont réussi à vous faire croire.
          Dans les réseaux sociaux, les pires « fakes-news » ont de très fort démentis, la parole n’est jamais sans réponse, sans discussion, sans réinformation accessible en quelques clics si ce n’est sur le lieu même de la fake news.
          Ils véhiculent en plus une très forte contestation des pouvoirs, dont celui des journalistes, des juges et des politiques.
          Goebbels, radio Paris, c’est une vérité, la leur, qui est la seule vérité, point final.

  • La laïcité sur fond de combat (justifié) contre les abus de l’église a aussi et surtout été l’occasion d’éliminer un pouvoir concurrent des élites parisienne, auto-proclamées « la république ».
    .
    Au bon miam miam de la confiscation des biens, s’ajoutait l’éradication d’un contre-pouvoir fortement ancré dans le terroir à savoir le curé, qui gênait la centralisation et aurait pu représenter une source de contestation comme par exemple dans la Pologne d’après-guerre.
    .
    Cette république fera bien pire en un temps très court que l’église pendant des siècles; massacre des Vendéens et de tant d’autres, annihilation des cultures et langues locales, conscriptions meurtrières pour « sauver la république », essentiellement le pouvoir des élites parisienne, les paysans du Limousin se foutant totalement des paysans du Wurtemberg.
    .
    La narratif des avantages de la laïcité est martelé dans les écoles d’état, les mêmes qui sont totalement impuissantes devant l’islamisme, mais il faudrait aussi rappeler que « l’état républicain » est avant tout composé d’une petite aristocratie parisienne qui lutte pour son propre pouvoir depuis des siècles.
    .
    En 2020, cette aristocratie détient tous les pouvoirs et elle travaille plus que jamais à son propre bien en se foutant assez totalement du reste.
    L’important est de sauvegarder le narratif « républicain » qui est probablement le mensonge le plus kollossal du pays, la république ce n’est, et ça n’a jamais été, les droits et les libertés des citoyens.
    La Déclaration des Droit de l’Homme et du Citoyens de 1789 qui est un document réellement libéral n’a été introduite dans le Préambule de la Constitution de 1958 qu’en 1971 et qu’à titre de « principe » largement foulé au pied.
    .
    Si la « République française » a pu aller aussi loin dans le socialisme liberticide, c’est bien parce qu’il n’existe aucun contre-pouvoir réel et encore moins local et le vers est dans le fruit depuis les origines.

  • « culture du pouvoir en France improprement appelée gallicane – elle est franque en réalité »

    Parler de gallicanisme à propos de Clovis semble un anachronisme, le concept apparaissant plutôt avec Philippe le Bel. Mais passons. Par son baptême, Clovis réalise la synthèse des peuples et des cultures. C’est en cela qu’il est la référence des débuts de l’histoire de France, une France à la fois gallicane, franque, romaine et bien sûr chrétienne. Sinon, les Francs n’ont pas vraiment conquis le territoire. Pour l’essentiel, ils ont empli le vide. Aujourd’hui, on peine à croire qu’après la chute de Rome, des villes parfaitement organisées, de plusieurs dizaines de milliers d’habitants, furent complètement abandonnées, jusqu’à disparaître dans le paysage.

  • Les orthodoxes sont des chrétiens…

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