Aristide Briand, père de la loi de séparation, du socialisme au libéralisme

Aristide Briand (Image libre de droits)

Comment Aristide Briand, un socialiste proclamé, est-il devenu un libéral pragmatique ?

Par Gérard-Michel Thermeau

Aristide_BriandLa Séparation de l’Église et de l’État est associée au nom d’Aristide Briand. Qui était donc ce député de la Loire, nonchalant et mal habillé, qui devait résoudre la question qui empoisonnait la vie politique française depuis des décennies ?

De façon exceptionnelle, il a été le père de la loi en commission mais aussi le rapporteur du texte devant l’Assemblée et enfin, comme ministre, il a été amené à la mettre en application. Cette loi témoigne de l’évolution de cette figure majeure de la Troisième république : le parcours de Briand n’est donc pas sans enseignement. Comment un socialiste proclamé est devenu un libéral pragmatique.

Remontant la Loire tel le saumon

Né à Nantes, il avait grandi dans le modeste café tenu par ses parents dans l’étroite et pittoresque rue du Marchix. Son origine le distingue de toutes les grandes figures de la IIIe république, socialistes compris : Jaurès et Blum étaient originaires de la meilleure bourgeoisie. Elle lui fut reprochée par l’extrême droite, Léon Daudet l’accusant d’avoir grandi sur « les genoux des prostituées ». Mais ni à Nantes, ni à Saint-Nazaire, où ses parents se sont installés, il ne s’agit de lupanars.

Il rêve d’être marin et il croise Jules Verne, qui s’est peut-être inspiré de lui pour Briant (avec un t), le jeune Français de Deux ans de vacances qui lui ressemble tant par le caractère et l’allure : « Peu travailleur quoique très intelligent (…) Briant est audacieux, entreprenant, (…) bon garçon (…) un peu débraillé et manquant de tenue, en un mot très français. » Il se montre bon élève au lycée, où il a la chance d’aller, et fait des études de droit. Si le droit est une voie de garage pour les fils de famille guère doués pour quoi que ce soit, c’est une chance pour un garçon sans le sou. Il mène la vie de bohème à Paris, avant de rencontrer Fernand Pelloutier, rencontre décisive : radical anticlérical et libre-penseur, Pelloutier refuse l’idée d’une révolution sanglante. Tout en se faisant connaître comme avocat, Briand fait du journalisme, ce qui est très commun à l’époque pour ceux que la politique attire. Il devient socialiste dans le sillage de Pelloutier, s’efforce vainement de se faire élire.

En 1892, il participe au 5e Congrès de la Fédération nationale des syndicats et groupes corporatifs de France comme délégué de la bourse du travail de Saint-Nazaire et se fait le thuriféraire de la « grève générale », qui devait être un des grands mythes du syndicalisme révolutionnaire français : « Pour que les engins meurtriers, les baïonnettes, les fusils, les canons, sauvegarde séculaire de la société oisive, deviennent inutiles, pour que les gouvernements s’écroulent, il suffira que plusieurs millions d’hommes demeurent inactifs. » Du jour au lendemain, il est célèbre. Mais il ne réussit pas à se faire élire député, s’éloigne de Guesde, trop dogmatique, pour se rapprocher de Jaurès, s’efforce de maintenir l’union entre des socialistes toujours prêts à se scinder en de nouveaux partis concurrents.

Briand caricEt puis un de ses proches, d’origine stéphanoise, l’incite à se présenter à Saint-Étienne. La première circonscription de la Loire réunit le nord-est de la grande cité ouvrière et le canton de Saint-Chamond (futur fief d’Antoine Pinay). Le grand journal conservateur de la ville devait rappeler à sa mort le souvenir de sa silhouette « coiffée d’un haut de forme et vêtue d’une redingote qui avait du subir souventes fois les rigueurs de la pluie ou les ardeurs du soleil » fumant son éternelle cigarette. Élu dès le premier tour, le 27 avril 1902, il devait conserver le siège 17 ans. Quelques mois plus tard, la mort d’un ouvrier tué par un gendarme dans la banlieue stéphanoise lui donne l’occasion d’une intervention retentissante à la Chambre.

Et c’est ce socialiste, dénoncé comme un dangereux révolutionnaire, qui va donner à la France une de ses lois les plus durables et réussir enfin à assurer la séparation du « sceptre et de l’autel » dans un pays où les relations entre le pouvoir et l’Église catholique, souvent difficiles par le passé, étaient devenues exécrables depuis la Révolution. Mais l’« agité » d’hier s’est assagi, calmé comme l’océan après la tempête : il s’en explique par la boutade qu’il affectionne : « Seules les moules ne changent pas de rocher… ».

La loi de 1905

Briand en affirmant « La République se doit à elle-même de traiter l’église d’une façon libérale et juste » (L’Éclaireur, 8 octobre 1904) se démarquait nettement des combistes, ces anticléricaux forcenés qui auraient souhaité la séparation tout en conservant un contrôle étatique étroit sur l’Église. Il avait bien changé, lui qui avait accusé les parents qui envoyaient leurs enfants aux écoles libres d’empoisonner leurs intelligences. Et ce changement était très récent : n’avait-il pas dénoncé, dans le même journal, quelques mois plus tôt, le 20 février 1904, « la pieuvre cléricale gorgée d’or par le mensonge, la fraude et la spoliation » ?

Briand va rédiger seul un avant-projet de 42 articles retenu par la commission parlementaire. Le projet traîne d’abord en commission mais la rupture des relations diplomatiques entre la république française et le Saint-Siège va précipiter les choses. Début 1905, le président du conseil Rouvier propose à Briand le portefeuille de l’instruction publique et des cultes. Briand consulte Jaurès qui oppose son veto. Briand déclare amer à un ami, parlant du tribun socialiste : « Il ne me dira plus jamais non. Ce soir, je lui ai obéi pour la dernière fois ». Briand est chargé de fusionner son projet avec ceux d’Émile Combes et de Bienvenu Martin. Le texte du rapport de 45 articles est précédé par un long exposé des motifs (100 pages !) consacré à la difficile histoire des relations entre l’Église et l’État en France.

Les débats (21 mars – 3 juillet 1905) sont d’une grande tenue et témoignent d’une belle hauteur de vue de la part des orateurs. Briand va dominer ces longs débats : il se lève nonchalamment et « a toujours l’air, quand il va prendre la parole, d’accomplir une corvée ». Sa « belle voix profonde », ses yeux bleus, le jeu de ses mains fines et blanches, tout cela fait merveille. Il se veut pour les catholiques le meilleur rempart contre les visées antireligieuses de la gauche, et pour la gauche celui qui peut assurer la paix religieuse. Il réussit à contenter tout le monde. Du grand art.

Le 22 avril, il se tourne vers les radicaux : « Il y a des curés dans l’église catholique, il y a aussi des évêques, il y a même un pape. Que voulez-vous ? Ce sont des mots qui peuvent écorcher les lèvres de certains d’entre vous, mais qui correspondent à des réalités.(…) Vous voulez faire une loi qui soit braquée sur l’Église comme un revolver ? Ah vous serez bien avancés quand vous aurez fait cela ! ». Le 3 juillet, pour clore la discussion, il précise : « Dans un pays où des millions de catholiques pratiquent leur religion, les uns par conviction réelle, d’autres par habitude, par tradition de famille, il était impossible d’envisager une séparation qu’ils ne puissent accepter. » Il considère que la majorité républicaine a accordé aux catholiques « la justice et la liberté ».

La loi est approuvée par une majorité de 328 voix contre 221. La séparation tient pour l’essentiel dans deux formules : « La République assure la liberté de conscience » et « La république ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ».

Une des figures du parti radical, Caillaux, rapporte dans ses Mémoires : « Oh ! Mais qu’est-ce qu’on fera de Briand ? me disait un député de la droite, qui s’était accidentellement assis à mes côtés et qui venait d’applaudir avec moi une prestigieuse intervention du rapporteur. – Un ministre, cela va de soi, répondis-je. – Bien plus que cela, répliqua mon collègue. Il avait raison. »

La crise des inventaires

La loi de séparation ne va pas se révéler facile à appliquer. Le problème va se poser au moment de l’application de l’article 4 pour la dévolution des biens de l’Église. Pour mettre en place l’exercice public du culte garanti désormais par l’État, la remise des biens d’église aux associations cultuelles prévue à l’article 4 devait être organisée. En ce sens, des inventaires devaient précisément indiquer le contenu de cette dévolution. Cette démarche avait été considérée, au cours des débats, comme une formalité, sur tous les bancs. Cependant, la rédaction maladroite d’une circulaire mit le feu aux poudres. Il y était indiqué que les agents de l’enregistrement, chargés des inventaires, devaient exiger l’ouverture des tabernacles dans les églises où se trouvaient les hosties consacrées par l’évêque. C’est le début de troubles dans le pays.

Ministre de l’Instruction publique et des Cultes

En ces heures difficiles, le Président du conseil est Sarrien, homme politique médiocre, qui inspire un bon mot à Clemenceau : « ça rien ? Mais c’est tout un programme ! » Sarrien a besoin de Briand pour résoudre la question des inventaires. Le Nantais veut bien entrer au gouvernement mais avec Clemenceau (mieux vaut l’avoir dedans que dehors). Clemenceau a 65 ans et n’a jamais été ministre. Il prend l’Intérieur. Tout oppose l’autoritaire et cassant Clemenceau au conciliateur Briand, qui préfère toujours contourner l’obstacle. Ministre, Briand est immédiatement exclu de la SFIO, sans avoir pu s’expliquer. Il était, de toute façon, trop individualiste pour rester socialiste et pas marxiste pour un sou. Il est pour des réformes, non pour la révolution. Et puis rester socialiste c’était refuser le pouvoir pour toujours : si l’on excepte la parenthèse de l’Union sacrée, les socialistes n’accepteront la participation à un régime « bourgeois » qu’en 1936, soit 4 ans après la mort de Briand. « Il faut saisir ces choses au moment où elles font encore plaisir » devait-il dire plus tard à André Maurois.

Ministre des cultes en mars 1906, il ordonne aussitôt la suspension des inventaires. Le 15 décembre 1906, l’abbé Gayraud, député du Finistère, donne une conférence sur la Séparation : « Si je savais que M. Briand dût rester toujours au gouvernement, je n’hésiterais pas, étant donné la confiance que j’ai en sa sincérité et en sa loyauté, à conseiller à tous d’accepter la loi de Séparation. » C’est dire sa réputation dans les milieux catholiques. Briand toujours aussi habile s’est fait applaudir à droite – « l’État n’a pas le droit d’être antireligieux » – et à gauche – « l’État est areligieux ». Mais le pape Pie X, aussi intransigeant que Léon XIII avait été souple, ne lui rend pas la tâche facile : il avait interdit aux catholiques la constitution d’associations cultuelles, rendant impossible la dévolution. Le gouvernement propose alors d’exercer le culte dans le cadre de la loi de 1881 sur les réunions publiques. Mais le clergé, suivant le pontife, refuse le nouveau régime d’exercice du culte qui suppose une déclaration préalable de réunion publique. Une telle attitude n’est guère productive, aussi le « délit de messe » laisse le public indifférent. L’intransigeance de Pie X aboutissait à une situation absurde où le clergé devenait un simple occupant dans les églises, sans titre juridique.

Au 29 janvier 1907, on est dans l’impasse. Clemenceau, devenu entre-temps chef du gouvernement, ne peut s’empêcher de faire des bons mots. Au lieu de soutenir son ministre, il déclare à l’Assemblée : « Il fallait appliquer la loi qui avait tout prévu, hormis ce qui est arrivé ». Écœuré, Briand quitte l’hémicycle, résolu à démissionner. Jaurès, qui ne manque pas de flair, monte aussitôt à la tribune pour faire l’éloge du ministre des cultes. Clemenceau se rend compte de sa bévue et va chercher Briand qui entre sous les applaudissements. Briand trouve enfin une solution : il fait voter une nouvelle loi, le 28 mars 1907, donnant une liberté exceptionnelle à l’exercice public du culte qui fonctionne sans association cultuelle et sans déclaration préalable. Lui qui s’est montré si libéral dans l’application de la loi n’a cessé de se heurter au mauvais vouloir de la hiérarchie catholique.

Briand BerthonL’homme d’État

Mais la gauche socialiste ne lui a pas pardonné sa trahison. Le gouvernement Clemenceau ayant interdit aux fonctionnaires de pouvoir constituer des syndicats, le socialiste Allemane attaque Briand : « Mon ancien ami Briand est un homme qui a une main gantée de fer pour frapper ses anciens amis et l’autre gantée de velours violet pour caresser ses anciens adversaires. » Jaurès, surtout, dans une grande envolée oratoire lance son fameux : « Je n’ai plus qu’un mot à dire pour résumer toute cette politique : ou pas vous ou pas ça ! » Briand répond sans notes. Ce grand paresseux n’aime pas écrire ses discours : il rappelle que pour lui la grève générale c’était le refus de la violence contrairement à la politique menée par la CGT. Il ajoute : « La classe ouvrière, avec un idéal généreux, est mal dirigée, mal orientée. (…) Appelez-la à la propriété et vous l’assagirez ! » Décidément, Briand n’est plus socialiste.

Fin 1907, le décès du garde des sceaux fait de lui le ministre de la justice et le numéro deux du cabinet. Le 20 juillet 1909 le gouvernement Clemenceau tombe. Deux jours plus tard, Armand Fallières demande à Briand de former le nouveau ministère. Il est député depuis 7 ans, ministre depuis 3 ans. Tout est allé très vite. À son investiture, la droite et les socialistes préfèrent s’abstenir et ne pas voter contre son cabinet. Le 10 octobre 1909, dans un retentissant discours à Périgueux, il parle d’apaisement. « Nous sommes à une heure où le pays sent un grand, un irrésistible besoin d’union, de concorde et de fraternité. » Il dénonce aussi les « mares stagnantes », le scrutin d’arrondissement auquel il préfère le scrutin proportionnel. Mais s’il n’est plus socialiste, il n’a pas oublié les ouvriers. Comme Garde des sceaux, il leur avait permis d’être juré d’assise, comme président du conseil, il fait voter la loi sur les retraites ouvrières et paysannes.

Dans les mois qui suivent, Briand devait se montrer un chef de gouvernement énergique n’hésitant pas à briser la grève des cheminots (octobre 1910). Des actes de sabotage sont commis et un ouvrier non-gréviste est tué par des grévistes. La grève s’étend aux maçons, aux électriciens. Il décide de décréter la mobilisation des cheminots. Si les compagnies sont privées, elles accomplissent un service public. Il déclare le 29 octobre 1910 :

« Est-il admissible que dans l’espoir d’assurer le succès de leurs revendications, les agents qui ont volontairement assumé la charge d’un service public et qui à ce titre, bénéficient d’avantages spéciaux, désertent ce service et en arrêtent le fonctionnement au détriment de l’ensemble des citoyens, qu’ainsi et par contrecoup ils paralysent la vie nationale et que même ils risquent de mettre en danger la Patrie en laissant ses frontières ouvertes, dépourvues de leurs moyens de défense ? »

Les socialistes se déchaînent, hurlent « Dictateur ! Bandit ! Crapule ! Salaud ! » et tentent de monter à la tribune pour déloger le chef du gouvernement. Un journaliste lui demande ce qu’il compte faire : « Apprendre l’équitation. Pour être un dictateur, il faut savoir monter à cheval. » Comme quoi le « monstre de souplesse » sait aussi montrer son autorité. Le lendemain, il sait habilement retourner la situation : « Regardez mes mains : pas une goutte de sang. » Pour dire aussi : voyez la différence avec Clemenceau, le fusilleur des ouvriers. Autorité oui, brutalité non.

Mais les radicaux, qui n’ont pas digéré sa trop grande mansuétude à l’égard de l’Église, vont le faire tomber. Un obscur député, Malvy, lui reproche de n’avoir pas fait fermer le collège jésuite de Saint-Étienne. Il préfère démissionner sans attendre d’être renversé, le 27 février 1911.

Le discours de Saint-Étienne

Il va revenir au pouvoir dans le gouvernement Poincaré comme ministre de la justice (janvier 1912), redevient président du conseil mais pour un bref gouvernement (janvier-mars 1913). La haine des radicaux le poursuit. Caillaux le traite d’endormeur. Dans la perspective des élections législatives, il revient dans sa circonscription et fait en décembre 1913 un discours peut-être plus important encore que celui de Périgueux. S’il n’est plus socialiste, Briand y témoigne d’une pensée libérale.

Il répond à Caillaux : « Ah ! J’ai fait dormir le parti républicain ! Eh bien, pendant son sommeil, il avait tout de même certaines facultés de somnambule puisque je lui ai fait voter la séparation des Églises et de l’État. » Puis c’est le tour de Clemenceau qui lui reproche ses « concours de droite », Clemenceau, qui, rappelle Briand, avec les mêmes concours, a abattu Gambetta et « égorgé Jules Ferry ». Il continue :

« La France n’a pas fait le si rude effort de se donner la liberté, de s’affranchir du pouvoir exécutif personnel pour gémir et étouffer sous une poussière de tyrannies locales. Le rôle de l’État, dans une démocratie, n’est pas de prendre parti pour des citoyens contre d’autres, d’employer la force qu’il tient de la loi, de la nation, et qui doit être au service de tous les citoyens, pour la tourner en tyrannie contre des opinions qui ne lui conviennent pas. L’État doit rester neutre entre les citoyens dans la bataille. Sa puissance administrative ne doit pas opprimer des consciences, ni des opinions. Il ne doit pas mettre les faveurs ou les représailles au service des électeurs dans la bataille électorale. Il ne doit avoir que des idées libres se rencontrant librement devant le suffrage universel souverain et arbitre. »

Fin de parcours

Avec la guerre, Briand devait revenir au premier plan comme vice-président du conseil dans le cabinet d’Union sacrée : il regrette cependant qu’aucun homme de droite n’ait été appelé au gouvernement. En 1915, devenu chef de gouvernement, en conformité avec ses paroles, il fait entrer un homme de droite, Denys Cochin, aux côtés de Jules Guesde. Cette fois c’est vraiment l’union sacrée. Il va gouverner la France dans des heures difficiles avant de laisser la place à Clemenceau. Les deux hommes se détestent plus que jamais. Comme le dit Raymond Poincaré : « Autant vaudrait essayer de marier l’eau et le feu ». Mais à ce jeu, c’est Briand qui aura le dernier mot en empêchant Clemenceau de se faire élire président de la République.

En 1919, Briand quitte Saint-Étienne, où il n’est plus assez à gauche, pour Nantes, qui va le réélire avec constance jusqu’à sa mort. Il sera président du conseil encore plusieurs fois, et surtout ministre des Affaires étrangères de façon à peu près continue de 1925 à 1932. Il rêve alors de paix universelle et de construction européenne. Mais l’esprit de Locarno ne devait pas résister à la crise des années 30.

À son décès, même s’il a vécu et est mort en libre penseur, le cardinal Verdier vient bénir sa dépouille, hommage de l’Église à celui qui a su lui rendre sa place en France.

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