Les retraites complémentaires du privé menacées et dans les mains de ceux qui ne sont pas concernés !

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Mettons nos retraites dans des fonds de pension pour les sauver. Comme dans beaucoup d’autres pays.

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Pourquoi faut-il que nos retraites complémentaires (celles du privé) soient confiées à des syndicalistes et à des gens qui ont fait leur carrière dans le public et qui ne sont nullement concernés par la retraite complémentaire Agirc-Arrco ?

Dans le régime unique envisagé par Macron, les régimes complémentaires du privé seraient adossés au régime général : la Sécurité sociale bénéficierait ainsi des dizaines de milliards (70 milliards pour Agirc-Arrco) de réserves des caisses de retraite ! Mais est-ce qu’il restera encore de l’argent ?

Car, selon les dernières nouvelles, la situation semble empirer. Le 5 octobre dernier, on a appris que contrairement à ce qui était prévu les pensions de retraite complémentaire des salariés du privé pourraient ne pas être revalorisées le 1er novembre du montant de l’inflation, mais gelées jusqu’à l’année prochaine. C’est la préconisation du bureau de l’Agirc-Arrco qui sera soumise à l’approbation du conseil d’administration du régime de retraite.

Les comptes du régime Agirc-Arrco affichent un déficit qui pourrait se creuser cette année à 6,5 milliards d’euros, après être revenus à l’équilibre l’an dernier. Les réserves baissent au regard des charges à couvrir : alors qu’elles représentaient 81 % des prestations servies en 2019 et encore 73 % en 2020, elles devraient tomber à 67% en 2021 et passer sous la barre des 50 % en 2026.

À cette date, les réserves représenteront donc moins des six mois de prestations prévus dans l’accord de 2019.

Agirc-Arrco, ce sont plus de 23 millions de cotisants et presque 13 millions de retraités du… privé. Ce sont donc eux qui vont souffrir alors que les fonctionnaires et les retraités de la fonction publique n’ont aucun souci à se faire pour leur retraite.

Pour sauver la retraite complémentaire, il faudrait réformer en profondeur le système, et non plus la confier aux « partenaires sociaux » et autres représentants de la sphère publique.

Jean-Claude Barboul, le président CFDT de l’Agirc-Arrco, a fait carrière au sein des Assédic et de Pôle Emploi. Le (nouveau) directeur de cabinet de l’Agirc-Arrco, Frédéric Amar, est administrateur civil, diplômé de l’ENA. Il a débuté à la direction du Budget, au ministère des Finances, et a exercé des fonctions de conseiller dans plusieurs cabinets ministériels entre 2006 et 2009. Il était depuis juin 2017 adjoint au sous-directeur des retraites et de la protection sociale complémentaire, au sein de la direction de la Sécurité sociale (DSS). Il a également occupé pendant six ans, de 2009 à 2015, les fonctions de directeur de cabinet et de secrétaire général de la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF).

Pourquoi faut-il que nos retraites complémentaires (celles du privé) soient confiées à des syndicalistes et à des gens qui ont fait leur carrière dans le public et qui ne sont nullement concernés par la retraite complémentaire Agirc-Arrco ? Mettons nos retraites dans des fonds de pension pour les sauver. Comme dans beaucoup d’autres pays.

En contrepoints, lire le droit de réponse de l’Agirc-Arrco

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