« Get Brexit done ! » : Boris Johnson devra préserver l’unité du royaume

Le 12 décembre 2019 restera une date fatidique, mais il se pourrait que Boris Johnson doive se préoccuper de l’unité du royaume de Sa Majesté.

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Prime minister at G7 by Number 10 (CC BY-NC-ND 2.0)

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« Get Brexit done ! » : Boris Johnson devra préserver l’unité du royaume

Publié le 3 octobre 2020
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Par Thierry Godefridi.

« Get Brexit Done » : aussi abrupt et simpliste qu’ait été le slogan de Boris Johnson, les électeurs britanniques se sont prononcés de manière absolument claire jeudi : « Get Brexit Done » !

Que l’on fasse le Brexit et que l’on en finisse !

Que ses spin doctors, ses spécialistes en communication et en marketing, aient jugé utile de l’éloigner de son mentor américain lors du sommet de l’OTAN à Londres ainsi que des médias et de lui faire promener le chien pour éviter à Boris Johnson de s’emmêler les pinceaux dans ses loufoqueries et ses approximations a un côté pathétique, mais cela n’enlève rien à son éclatante victoire électorale.

Ne doutons pas que cette victoire n’ait provoqué un certain soulagement dans les capitales européennes. Les conservateurs de Boris Johnson disposent désormais d’une majorité parlementaire convaincante pour exécuter ce qu’ils considèrent comme leur mandat premier, à savoir de sortir la Grande-Bretagne de l’Union européenne.

Après quelque trois années de palabres, les résultats de ces élections législatives ont le mérite de clarifier la situation. Les parlementaires britanniques devraient approuver un accord de retrait de l’UE d’ici la fin du mois de janvier, après quoi débutera une nouvelle phase de négociations tortueuses, cette fois sur les futures relations commerciales du Royaume-Uni avec l’UE.

Que l’on s’en souvienne, l’on n’est pas encore sorti de l’auberge – ou du pub, c’est selon !

Alors qu’avant l’annonce du référendum sur l’appartenance à l’UE, cette appartenance ne figurait pas au premier rang des préoccupations des citoyens britanniques, elle s’y est hissée, les passions se sont exacerbées.

Si le moment est venu d’accepter que « Brexit means Brexit », il revient à Boris Johnson, dont la personnalité souffre d’un certain déficit de crédibilité, de montrer exactement quel genre de Brexit il veut réaliser et de préserver l’unité du Royaume, car s’il est l’indiscutable vainqueur de ces élections générales, il n’en est certes pas le seul.

En Écosse, les indépendantistes du Scottish National Party (SNP) ont remporté 48 sièges sur 59. La Première ministre d’Écosse et chef du Parti national écossais, Nicola Sturgeon, a immédiatement appelé à l’organisation d’un nouveau référendum sur l’indépendance de sa nation. Il faut se rappeler que les Écossais, après qu’ils avaient été amenés par la Commission européenne de l’époque à voter contre leur indépendance sous la menace de se voir exclure de l’UE, s’étaient sentis grugés dès lors que deux ans plus tard, sous l’impulsion de l’Angleterre, le Royaume-Uni décidait d’en sortir…

En Irlande du Nord, ce sont les unionistes, partisans du rattachement de l’Ulster au Royaume-Uni, qui ont essuyé un échec. Pour la première fois, ils ont perdu leur majorité parlementaire face aux partis nationalistes, qui sont en faveur de l’unification de l’Irlande. Les premiers ont huit sièges, les seconds en ont neuf (le parti non-confessionnel de l’Alliance s’adjuge un siège).

Le gouvernement britannique s’est engagé, en vertu du Northern Ireland Act de 1998, à respecter les désirs de la majorité de la population de l’Irlande du Nord, dans un sens ou dans l’autre. Or, cette dernière avait voté Remain lors du référendum de 2016 et c’est sur le rétablissement d’une frontière entre les deux parties de l’Irlande qu’ont buté les négociations sur le Brexit.

Avant même que de réinventer la Globale-Bretagne en la British Virgin Island de la mer du Nord, voire en une Singapour d’Europe (mais la mentalité anglaise s’y prête moins), une fois que le Royaume-Uni sera sorti de l’Union européenne, il se pourrait donc que Boris Johnson doive se préoccuper de l’unité du royaume de Sa Majesté.

Quoi qu’il en advienne, le 12 décembre 2019 restera une date fatidique, pas uniquement en raison du résultat des élections générales en Grande-Bretagne. Aux États-Unis, la commission judiciaire de la Chambre des représentants a approuvé l’acte d’accusation à l’encontre du Président Trump et, à Bruxelles, les 26 pays de l’Union européenne (tous à l’exception de la Pologne) se sont lancés dans leur réforme collective peut-être la plus ambitieuse – à défaut d’un autre adjectif – en s’engageant à atteindre zéro émission nette de carbone d’ici 2050.

L’Occident est déboussolé. L’année 2020 s’annonce fascinante, pour le meilleur et pour le pire.

Sur le web

Un article initialement publié en décembre 2019.

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  • a mon avis cette histoire n’est pas finie

  • Concernant les remarques de l’auteur sur la victoire des SNP, celle-ci est toute relative et provient avant tout de l’effondrement du vote pour le Pol Pot local, Jeremy Corbyn.

    Pour en revenir aux SNP, on remarquera plusieurs points sur lesquels les électeurs écossais ne sont probablement pas dupes:
    1/ ils ont manifesté leur support au SNP plus sur la question du Brexit et le rejet de Corbyn et de l’imbuvable Jo Swinson que sur la question d’un second référendum
    2/ Nicola Sturgeon est d’un hypocrisie sans nom lorsque dans le même discours elle condamne le Brexit niant ainsi au Royaume son droit légitime à reprendre son indépendance et essaie d’imposer un second référendum sur l’indépendance de l’Ecosse…en reprenant exactement les mêmes arguments que Boris Johnson sur le Brexit
    3/ la gestion des SNP s’est montrée désastreuse à tous les étages. lls sont en charge de la NHS et de nombre de politiques publiques en Ecosse et obtiennent les pires resultats de tout le royaume en dépit d’un budget plus important que la moyenne du reste du royaume.
    4/ Boris Johnson et les conservateurs ont le pouvoir de refuser aux écossais l’organisation d’un second référendum, surtout si le Brexit est entériné avant Noël (et il le sera)…les référendums d’indépendance sont permis par les textes de l’UE et leurs retranscriptions dans les droits locaux, mais si ces textes sont supprimés, alors c’est « game over » pour les « one trick pony » des SNP…

    Enfin, dire que Boris n’a été élu que sur le « Get Brexit Done » est totalement mensonger. 1/ Les électeurs ont bien compris que les 200 milliards par an supplémentaire de Staline (pardon Corbyn) n’étaient pas tenables…et il s’est d’ailleurs bien pris les pieds dans le tapis à ce sujet lors du deuxième débat télévisé face à Boris Johnson lorqu’on lui a fait remarquer que même les plus pauvres allaient être très durement touchés par les augmentations d’impôt nécessaires à la tenue de telles politiques. Corbyn s’est également pris les pieds – lors de ce même débat – dans une question simple de l’auditoire portant sur le communisme vs le capitalisme…
    2/ La perspective d’une baisse des prix, de meilleures infrastructures pour les « heartlands » du labour et d’un renforcement des forces de l’ordre ont joué pour beaucoup dans la victoire des conservateurs
    3/ La perspective de la suppression de certaines lois stupides ayant permis la situation que nous avons connu depuis 3 ans a aussi beaucoup joué. Beaucoup ont compris que BoJo ferait sauter le « fixed term parliament act » qui nécessite une majorité des 2/3 pour appeler à une élection…et qu’amender « à la demande » cette loi pour organiser une élection anticipée était extrêmement dangereux (à quelques minutes près, lors du vote du texte ayant permis ces élections anticipées, John Bercow reprenait les rênes de Sir Linsay Hoyle…et il se trouve que c’est ce dernier qui a permis d’éviter l’ajout d’ammendements visant à permettre aux mineurs et aux ressortissants de l’UE de voter). Il est également probable que BoJo et les conservateurs fassent sauter la court suprême crée par Blair sur commande de l’UE

    Et surtout, cette élection marque le rejet très net de Corbyn même si ce dernier ne fera jamais son mea-culpa. On pu voir plusieurs circonscriptions voter pour les conservateurs alors qu’elles étaient acquise au Labour depuis 1918 ! Certaines figures politiques notoires du labour ont été balayées par les conservateurs, malgré leur notoriété (je pense notamment à Dennis Skinner siégeant continument depuis 1970 pour Bolsover, alors qu’il était en lice pour devenir le père de la chambre des communes…et qu’il était connu du grand public pour ses interventions contre la reine lors de chaque ouverture du parlement par cette dernière).

  • Sûr qu’atteindre zéro émission nette de carbone d’ici 2050 est une motivation de premier choix pour rejoindre l’Europe. Les candidats enthousiastes vont se précipiter. Pour y entrer ou pour en sortir ?

  • Quand on respire, on émet du carbone.
    Cela cesse une fois qu’on est mort.

    2020-2050 est donc la chronique d’une mort annoncée, les trente présomptueuses…

    U.E. : the final countdown

    Après moi le déluge…

    • « Quand on respire, on émet du carbone. »

      Oui mais c’est du carbone vertueux qu’on rend à l’atmosphère à laquelle on l’a emprunté. Comme les feux de bois d’ailleurs.

      « Cela cesse une fois qu’on est mort. »

      En revanche, la décomposition post mortem émet du méthane dont l’effet de serre est paraît-il infiniment plus réchauffant que celui du CO2.
      Donc pour « sauver la planète », surtout restons en vie, tous …

  • Je n’aime pas votre avant dernier paragraphe.
    La seule bonne nouvelle est la victoire de Johnson. Trump ne sera jamais « impeached »; ce qui est plus probable, c’est que les anciens patrons du FBI, de la CIA et du Ministère de la Justice d’Obama finissent en prison.
    Quant à la neutralité carbone en 2050, c’est la fumisterie du siècle. On en rira bien dans les chaumières quand le refroidissement qui finira par arriver avant la prochaine glaciation (seul évènement certain) fera grelotter tout le monde.

    • Au collège, j’ai appris le refroidissement climatique avec la perspective de New York congelée et mourante . Plus ou moins les mêmes, quand j’était étudiant nous ont éclairés sur le réchauffement … La prochaine illumination sera un chaud/froid sans doute! voyez toute la dialectique possible pour incriminer le « capitalisme » et moi et moi comme chantait « l’autre »…

    • on ne rira pas de cette fumisterie de la neutralité carbone, car ce sont les contribuables qui vont payer cette c…nerie !!!

  • « Une fois que le Royaume-Uni sera sorti de l’Union européenne, il se pourrait donc que Boris Johnson doive se préoccuper de l’unité du royaume de Sa Majesté. »
    « Aux États-Unis, la commission judiciaire de la Chambre des représentants a approuvé l’acte d’accusation à l’encontre du Président Trump »

    Deux manières de répondre, la courte et la longue.
    Pour la courte, je m’en charge: il n’y a pas la moindre chance pour que l’Écosse devienne indépendante et aux États-Unis non seulement Trump n’a rien à craindre, mais par contre les démocrates vont se faire vitrifier par la contre offensive de Trump démontrant le complot perpétré par l’administration Obama pour le destituer.
    Pour la longue, je m’en remets au papier magistral de Charles Gave de ce matin, ici:
    https://institutdeslibertes.org/lecroulement-de-letat-profond-se-poursuit/

  • Solution pour l’Ecosse et l’Irlande du nord:
    La conservation de la reine et l’indépendance par rapport à l’Angleterre et le Pays de galles.
    Avec maintien dans l’UE.
    Ce qui existe pour le Canada and co.

  • « « Aux États-Unis, la commission judiciaire de la Chambre des représentants a approuvé l’acte d’accusation à l’encontre du Président Trump » »

    Je note que T Godefridi prend plus au sérieux la pitrerie partisane des Démocrates que le défaut de respect des procédures judiciaires par le FBI, constaté par l’IG Horowitz.

    Et moi qui croyait que le libéral était contre la dictature de la majorité et pour la défense de l’état de droit !

    Navrant.

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