Boris Johnson : un succès sur tous les plans !

Boris Johnson by BackBoris2012(CC BY-ND 2.0) — BackBoris2012, CC-BY

À choisir entre le Brexit avec Boris Johnson et le Remain avec Jeremy Corbyn, je n’hésite pas : Bravo Boris !

Par Nathalie MP.

Je vois le rapprochement des pays d’Europe comme une sorte de prodige historique à préserver – et améliorer. Mais à choisir entre le Brexit avec Boris Johnson et le Remain avec Jeremy Corbyn, je n’hésite pas : Bravo Boris !

Quelle magnifique victoire pour le Premier ministre conservateur du Royaume-Uni Boris Johnson ! À l’issue des élections législatives anticipées du jeudi 12 décembre 2019 qu’il avait convoquées afin de sortir de trois ans d’impasse intenable sur le Brexit, il offre à son parti une majorité absolue en sièges d’une ampleur inconnue depuis l’époque de Margaret Thatcher, il dynamite en beauté le Parti travailliste de son premier opposant Jeremy Corbyn et il se retrouve les mains libres pour faire ratifier par le Parlement l’accord de sortie qu’il a négocié cet automne avec l’Union européenne (UE).

RÉSULTATS  DÉFINITIFS
(Source : BBC)

Participation : 67,3 %

Glossaire : CON : Conservateurs – LAB : Travaillistes – SNP : Parti national écossais – LD : Lib-Dem – DUP : Democratic Unionist Party (Irlande du Nord) – GRN : Verts – BRX : Brexit Party (Nigel Farage) – OTH : autres.

Résultats en sièges :
Il ya 650 sièges à pourvoir et la majorité absolue est à 326 sièges.

Résultats en voix :

Gains ou pertes en voix depuis 2017 :

Les nouveaux députés devant faire leur rentrée parlementaire dès mardi 17 décembre prochain, il n’est pas impossible qu’ils se prononcent sur l’accord de sortie de l’UE avant Noël.

Dans ces conditions, le Brexit pourrait avoir lieu d’ici le 31 janvier 2020, date de la nouvelle échéance accordée au Royaume-Uni, et Boris Johnson pourrait dès lors se consacrer enfin aux « priorités du peuple britannique », ainsi qu’il l’a rappelé dans le discours qu’il a donné après l’élection depuis sa circonscription d’Uxbridge (vidéo, à partir de 02′ 10″) :

« This one-nation conservative government has been given a powerful new mandate : to get Brexit done, and not just to get Brexit done, but to unite this country and to take it forward, and to focus on the priorities of the British people, and above all on the NHS. »
Ce gouvernement conservateur a reçu un nouveau mandat fort : réaliser le Brexit, et pas simplement réaliser le Brexit, mais unir ce pays, le faire aller de l’avant et se concentrer sur les priorités du peuple britannique, et par-dessus tout sur le NHS. (Service national de santé).

Le système de santé britannique, entièrement gratuit, figure parmi les plus collectivisés du monde – encore plus qu’en France si c’est possible – et il brille également par son mauvais fonctionnement et ses déficiences multiples. Véritable totem intouchable aux yeux des Anglais, il s’est retrouvé au cœur de la campagne du Brexit : tout ce qui n’ira plus en contribution financière vers l’UE sera redirigé vers le NHS. Boris Johnson a d’ailleurs répété hier qu’il allait embaucher 50 000 infirmières et construire 40 hôpitaux.

Typiquement une politique qui cherche à réparer ce qui ne marche pas par encore plus de ce qui ne marche pas. C’est là que mon petit tropisme libéral commence à me faire dire que le surplus de dépenses publiques envisagées, donc le surplus d’étatisation qui en découlera automatiquement, représente peut-être un coût exagéré par rapport aux éventuels bénéfices du Brexit en matière de contrôle retrouvé sur la législation, les frontières, la monnaie et les échanges commerciaux.

Mais Boris Johnson ne peut ignorer qu’il doit aussi sa belle victoire à de nombreux votes d’électeurs travaillistes en quête de Brexit qui ont contribué à faire basculer chez les Conservateurs des circonscriptions traditionnellement implantées à gauche, notamment dans le nord de l’Angleterre.

Imaginant dans son discours de victoire (voir vidéo en fin d’article) combien la main de ces électeurs avait dû « trembler » au moment où ils cochaient pour la première fois – et peut-être la dernière – la case du Parti conservateur, il leur a assuré qu’il se faisait un devoir de leur prouver qu’ils avaient eu raison de voter pour lui. Comment gagne-t-on le soutien d’un ancien électeur travailliste ? En parlant libéralisme comme Margaret Thatcher ou en flattant certaines positions collectivistes bien ancrées à gauche ?

Mais il est vrai aussi que la chute de la maison Corbyn n’est pas qu’une question de Brexit. Si, au moment du vote de 2016, la position du Parti travailliste était effectivement du côté du maintien dans l’UE et si, lors de cette campagne législative, il était vaguement question de réorganiser un référendum sur le sujet, ce qui retardait et embrouillait encore plus la réalisation du Brexit demandé depuis 3 ans, d’autres éléments liés à la vie du parti et à sa ligne politique sont entrés en ligne de compte.

La personnalité même de Jeremy Corbyn, personnage férocement stalinien et antisémite, associée à un programme d’une telle radicalité que c’en est un véritable ascenseur pour la faillite (pas loin de 500 milliards d’euros de dépenses publiques en plus – on voit d’ici la tête des impôts et de la dette) a fait fuir nombre d’électeurs qui se sentaient proches du « New Labour » de Tony Blair, une aile du Parti travailliste qui n’a jamais remis en cause les réformes de Margaret Thatcher… Il est donc permis de penser que Boris Johnson dispose, s’il le veut, d’une certaine « latitude libérale » pour obtenir le soutien d’une partie de ses nouveaux électeurs travaillistes.

Aussi, même très attachée à l’idée d’Europe comme je le suis, je préfère mille fois voir le Brexit se faire avec Boris Johnson que voir le Royaume-Uni rester dans l’Union européenne avec une gouvernance Corbyn. Son programme, purement collectiviste, fondé sur des dépenses publiques quasi-illimitées dont on sait qu’elles seront inefficaces entre les mains des pouvoirs publics, n’est pas une promesse de prospérité et de justice pour tous comme il se plait à le dire, mais une assurance d’appauvrissement et de chômage. Il suffit de se reporter au désastre social du Royaume-Uni socialiste des années pré-Thatcher pour s’en convaincre.

L’Union européenne à vingt-sept telle qu’elle sera bientôt n’est déjà que trop encline à vouloir pousser des politiques de grands investissements en piochant dans les excédents budgétaires accumulés par les pays les plus rigoureux dans leur utilisation de l’argent des contribuables. Curieusement, ce sont les pays dépensiers comme la France qui trouvent le plus de vertu à cette idée de pomper dans l’argent des autres tout en laissant la dette s’envoler, modern monetary theory  oblige. Dès lors, le maintien d’un Royaume-Uni corbynisé au sein de l’Europe, en poussant encore plus loin l’agenda keynésien, aurait été une véritable catastrophe.

À l’inverse, le Brexit peut être vu comme une occasion de repenser nos relations commerciales avec le Royaume-Uni. Facteur de libéralisme quand il était dans l’UE, il peut devenir un partenaire dont la concurrence à nos frontières nous obligera à plus de rigueur, plus d’innovation et plus de performance pour rester attractifs par rapport aux avances appuyées qui lui viennent des États-Unis.

En ce mois de décembre 2019, le Brexit est donc solidement en piste.

  • à Boris Johnson, il ne reste plus qu’à se rappeler qu’avant d’être un débouché naturel du vote travailliste, il est l’héritier de l’esprit libéral britannique et de Margaret Thatcher.
  • aux Européens de l’UE, il ne reste plus qu’à se rappeler qu’ils ont entamé la construction européenne pour fonder un espace de paix, de prospérité, de liberté, de saine concurrence et de libre-échange.
  • et à nous Français, il ne reste plus qu’à nous rappeler que nous avons rejoint ce mouvement afin d’y inscrire une France enfin débarrassée de ses tabous économiques sclérosants.

Voilà qui place encore beaucoup de défis devant nous…

Mais pour l’instant, réjouissons-nous de la défaite plate et sans bavure du collectivisme radical de Jeremy Corbyn, réjouissons-nous que le choix des électeurs britanniques de sortir de l’UE soit enfin respecté, et commençons par dire : Bravo Boris !

 

Discours de victoire de du Premier ministre britannique Boris Johnson après les élections législatives du 12 décembre 2019 (07′ 40″) :

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