Du jaune au rouge écarlate : la France est une poudrière

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La semaine qui vient sera décisive pour comprendre quelle direction va prendre le gouvernement pour apaiser la France.

Par Olivier Maurice.

Depuis l’étendue du mouvement originel des Gilets jaunes, la violence qui avait suivi et la déconfiture finale, tout le monde sentait bien que le problème n’était pas réglé et que ce n’était que partie remise.

La fermeture des bars, des restaurants, des salles de sports, l’interdiction des réunions publiques de plus de 10 personnes, la restriction à 1000 personnes aux événements imposée à Marseille et à Aix-en-Provence sera-t-elle l’étincelle qui va raviver un feu qui couve depuis des mois ?

La France de septembre 2020 est une véritable poudrière.

Le rideau est tombé

La gestion au doigt mouillé de la crise du Covid n’est qu’un des trop nombreux cafouillages marquant un pouvoir qui d’année après année, mandat après mandat ne fait qu’accumuler les sujets de mécontentement : diminution du pouvoir d’achat, réduction de la qualité des services dont il s’est attribué le monopole, incapacité à réformer, dette abyssale, aveux d’impuissance, délinquance, terrorisme, perte d’importance internationale, chômage chronique, éducation…

Le système de santé était le dernier bastion du contrat social qui maintenait un semblant de légitimité au pouvoir. En quelques mois, il s’est totalement effondré.

Il ne reste plus rien de la promesse de la République. L’armée française est réduite à quelques compagnies, un porte-avions en panne et des patrouilles dans les gares et les aéroports. La justice est ensevelie sous des tonnes de dossiers en retard. La police passe son temps à distribuer des procès verbaux.

L’éducation fabrique des chômeurs et des étudiants à vie. Le traitement réservé aux anciens est indigne.

La politique du logement a totalement défiguré les paysages. L’écologisme irrationnel détruit notre industrie, nos paysages et notre agriculture. La pitié des aides sociales est devenue la source de revenus indispensable pour un nombre incroyable de ménages.

Les taxes et les règlements écrasent ceux qui essayent malgré tout de créer de la valeur. L’économie est aux mains d’une minorité qui maitrise les circuits de connivence avec le pouvoir. Les médias sont pourris d’idéologie et de subventions.

Il ne restait que trois choses qui maintenaient encore l’illusion du plus beau pays du monde : les loisirs, la vie sociale et la santé gratuite. Exit. Les trois se sont écroulés en quelques semaines. Totalement, même si on a essayé d’y croire encore pendant l’interlude estival.

La France de septembre 2020 est une véritable poudrière car la France de 2020 est en ruines.

La France a devant elle comme seul horizon que celui de rembourser pendant des générations la montagne de dettes laissée par des dirigeants irresponsables et de vivre dans la misère et le dénuement pour faire plaisir à une bande d’illuminés millénaristes et nostalgiques qui se sont mis en tête d’incarcérer toute la population dans un parc de jeu médiéval grandeur nature.

La France divisée et les raisons de la colère

Personne ne se laissera enfermer à nouveau. Personne ne cautionne les atteintes disproportionnées aux libertés. Personne ne comprend pourquoi la France durcit les mesures politiques alors que la Belgique voisine vient d’abandonner le masque obligatoire en extérieur.

Et surtout, personne ne comprend pourquoi après 6 mois d’urgence sanitaire, de quasi pleins pouvoirs et un nouvel endettement de 100 milliards d’euros, on punit toute une population, toute une région parce que les hôpitaux de la seconde région de France qui compte plus de deux millions d’habitants sont débordés par 125 patients en réanimation et 508 hospitalisés.

Et dire que la France quasi-unanimement se moquait en février de la Chine qui avait construit en 10 jours un hôpital de 1000 lits et clamait haut et fort que notre système de santé n’avait rien à voir avec le ridicule dénuement des Asiatiques.

Et dire que le 14 juillet, Emmanuel Macron clamait haut et fort que nous serons prêts en cas de deuxième vague.

En 6 mois, rien n’a été fait.

La colère gronde

Cette fois-ci ce ne sont plus exclusivement des anonymes qui revendiquent contre le gouvernement : c’est également la classe politique et de nombreuses personnalités qui se mettent en colère.

Le premier adjoint de la ville de Marseille est vert de rage. Didier Raoult accuse les mandarins de l’hôpital public de Marseille. Le maire de Villeneuve-Loubet appelle à la désobéissance civile. La police municipale de Marseille est appelée à désobéir. Jean-Marie Bigard n’a plus aucune retenue. Même le si placide Renaud Muselier s’est soudain transformé en délégué populaire.

Les noms d’oiseaux volent même jusqu’à l’autre bout de la France, jusqu’à Lille où Martine Aubry s’est elle aussi mise en colère et a qualifié les mesures prises par le gouvernement d’inepties. Même son de cloche à Paris.

Le même jour, en catimini, sans escorte et dans un monospace banalisé, le second personnage de l’État, le président du Sénat Gérard Larcher est venu rendre une visite improvisée aux candidats LR des sénatoriales des Bouches-du-Rhône. Pure coïncidence…

Et maintenant, quelle réaction politique face à la France mécontente ?

Les scénarios possibles sont très peu nombreux.

Soit le gouvernement réagit de la même manière qu’il a réagi avec les Gilets jaunes : par le déni et le dédain. On sait où cela mène.

Soit le gouvernement fait marche arrière et révise sa copie. Cela ne pourra pas se passer sans un sérieux remaniement à court ou moyen terme de l’équipe gouvernementale et surtout de la politique sanitaire, Olivier Véran ayant déjà eu droit à un premier avertissement.

Soit il passe en force, fait quelques compromis par-ci par-là et arrive par la pression médiatique à maintenir le couvercle sur la marmite. Mais ce ne sera que repousser le problème, la crise ayant montré bien trop de dysfonctionnements inacceptables pour ne pas ressurgir au premier dérapage venu, dérapages qui sont un peu devenus la marque de fabrique de ce gouvernement.

La semaine qui vient sera décisive pour comprendre quelle direction vont prendre les choses. Heureusement pour le pouvoir, la courbe des contaminations commence à s’infléchir.

Heureusement ou malheureusement, car tout ce psychodrame d’une deuxième vague ressemble de plus en plus à une gigantesque bouffonnerie servant d’excuse pour masquer l’incompétence et l’irresponsabilité de politiques qui n’ont que la réduction des libertés comme moyen de maintenir l’illusion qu’ils servent à quelque chose.

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