Coronavirus et contradictions : le virus qui rend fou

crazy by mtnbikrrr(CC BY-NC-ND 2.0) — mtnbikrrr, CC-BY

Une trop grande exposition à la psychose paranoïaque qui ruisselle de partout peut parfois altérer le sens commun de quelques-uns.

Par Olivier Maurice.

Dans un monde où l’information n’a jamais été aussi présente et aussi accessible, il est proprement hallucinant de constater le décalage entre la perception et la réalité au sujet de l’épidémie de Covid.

Le chiffre qui représente sans doute le plus cette folie qui semble avoir envahi les populations est l’écart entre le nombre réel de décès imputés au Covid et les réponses obtenues lorsque l’on pose la question à un échantillon représentatif de la population : les Français pensent que l’épidémie a été 100 fois plus mortelle que dans la réalité, les Américains 225 fois et les Allemands détiennent le record. Selon eux, 300 fois plus de morts que les chiffres officiels.

Contradictions numériques

Un bon exemple de l’hystérie que l’avalanche de chiffres peut engendrer est le buzz créé par une petite phrase dans le rapport hebdomadaire du CDC, l’organisme central de santé américain :

« Pour 6 % des décès enregistrés, le Covid-19 était la seule cause mentionnée. Pour les décès pour lesquels il a été rapporté plusieurs causes associées au Covid-19, il était fait état en moyenne de 2,6 conditions ou causes de la mort. »

Cette petite phrase a fait couler des torrents d’encre. Bien sûr, elle ne signifie pas que seulement 6 % des personnes sont mortes du Covid et que 94 % sont mortes avec le Covid, mais plus prosaïquement que 6 % des certificats de décès ne comprenaient aucun détail sur l’état de santé des victimes.

Sauvé, la raison a fini par revenir ! Eh bien non. En fouillant le tableau, on se rend compte que les fameuses « co-morbidités » censées caractériser les fameuses « populations à risques » sont bien plus basses dans le tableau listant les causes de la mort que les pourcentages censés être présent dans la population…

Attention, une incohérence peut toujours en cacher une autre !

Chiffres inconsistants après faux espoir, on peut s’estimer heureux quand on entend deux commentaires tirant des conclusions diamétralement opposées à propos de chiffres identiques. Au moins on comprend tout de suite qu’au minimum une des deux est une grosse bêtise.

On ne peut que s’étonner ensuite de voir fleurir des explications totalement farfelues, comme cette théorie d’un complot organisé par Bill Gates, à base de nanoparticules et de puces RFID qui en est magnifique de poésie tellement elle est surréaliste.

Contradictions médicales

Mais il ne semble pas y avoir que la population dont le discernement ait été quelque peu altéré à force d’être balloté dans tous les sens. L’histoire des masques qui sont passés en quelques semaines de « totalement inutiles » à « obligatoires en toutes circonstances » illustre à la perfection la perte de repères qui semble avoir également frappé les autorités sanitaires.

Inutile de revenir sur les concours d’arguments sur l’efficacité (ou non) de l’hydroxy-chloroquine, ni sur la deuxième vague qui finira bien par se manifester un jour (ou pas), sur l’efficacité (ou non) du confinement, sur l’utilité (ou non) d’un vaccin, sur les spéculations apocalyptiques du nombre de victimes…

La foire d’empoigne qui a transformé le monde des savants et des sachants en affrontement de poissonniers rejette toute conclusion dans l’univers des divagations et des hypothèses.

Vient alors à l’esprit la phrase écrite par Molière dans L’Amour médecin : « Il ne faut jamais dire : une telle personne est morte d’une fièvre et d’une fluxion sur la poitrine, mais : elle est morte de quatre médecins et de deux apothicaires. »

Nous vivons dans un bien drôle de monde…

Contradictions politiques

Mais la palme de la divagation revient sans nul doute à ceux qui pensent indispensable de placer leur agenda politique pour expliquer toute cette déraison et pour lesquels il ne fait aucun doute que toutes ces bêtises sont le fait d’une bande d’illuminés cumulant tous les stéréotypes du genre : révisionnisme, démagogie, complotisme, populisme, etc.

Ces défenseurs de la raison face à l’obscurantisme semblent juste avoir oublié que le régime qui permet à chacun de s’exprimer à voix égale s’appelle la démocratie, régime politique dont ils déclarent être les seuls défenseurs face aux assauts… des mêmes illuminés qu’ils viennent de dénoncer deux secondes plus tôt.

On a plusieurs fois par jour envie de sortir un sifflet géant et de souffler dedans de toutes ses forces pour signifier la fin de la récré. Ou de se replier dans un coin de la pièce en pleurant et en priant pour que toute cette cacophonie s’arrête enfin.

Contradictions scientifiques

Il faut dire que même pour ceux qui sont plongés dans le sujet depuis des semaines, il est quasiment impossible de répondre raisonnablement à bon nombre de questions, et ce après six mois de matraquage médiatique et une avalanche de plus de 20 000 études scientifiques publiées sur le sujet.

Comment expliquer par exemple, qu’il y ait un rapport de 1 à 3 dans les chiffres de mortalité entre la Belgique et les Pays-Bas, alors qu’il n’existe pas vraiment au monde de pays plus proches et plus similaires en termes de géographie, de densité et de population ?

Les décroissants et les collapsologues doivent être aux anges avec cette situation : nous voilà quasiment revenus à l’aube de l’an 1000 ou à l’époque des grandes épidémies : la science et la technologie semblent avoir totalement disparu et les rites païens revenus au-devant de la scène. Bienvenue en terre inconnue !

Eh bien non : tout comme nos démocrates qui défendent la démocratie en voulant interdire tous les avis sauf les leurs, voilà que nos ermites médiatisés appellent à la décroissance en réclamant des plans de relance de la consommation et que nos anarchistes révolutionnaires findumondistes publient des tribunes pour soutenir les mesures liberticides du gouvernement afin de sauver notre civilisation !

Et dans la vraie vie ?

Heureusement, le monde réel continue de tourner.

Un petit tour sur Geodes une fois de temps en temps pour se rendre compte en quelques clics de la réelle progression de l’épidémie et de se faire une idée du risque encouru.

Un petit passage sur les réseaux sociaux pour se défouler tranquillement : un compte pour liker Laurent Alexandre et se moquer avec lui du professeur marseillais et un autre pour liker Didier Raoult ce héros et compiler les études et les graphiques. On ne sait jamais…

On regarde en rigolant passer les voitures de police conduites par des policiers discutant entre eux sans masques. On s’inscrit aux cours de sport pour l’année à venir. On passe son temps aux terrasses des cafés, vu que personne n’a encore trouvé de solution pour nous expliquer comment boire son verre le visage couvert…

On téléphone quand même de temps en temps à la cousine du voisin qui est infirmière à l’hôpital, histoire d’être sûr…

Psychose : perte de contact avec la réalité

Il faudrait peut-être interdire aux journalistes des chaines d’information de regarder des séries télé, en particulier The Walking Dead, Tchernobyl et The Handmaid’s Tale. Tout comme il devrait être interdit aux responsables politiques de dépenser l’argent qui ne leur appartient pas.

Le vrai monde, ce n’est pas cet univers virtuel dans lequel vit tout ce petit monde de politiciens et de médias qui, comme des enfants gâtés, hurlent en permanence pour prendre toute la place et pour que l’on s’intéresse à eux. Ce microcosme en mal d’amour et de reconnaissance devient de plus en plus aberrant au fur et à mesure que ses occupants perdent de plus en plus pied avec la réalité.

Le vrai monde va très bien : les supermarchés sont achalandés, le commerce électronique se développe même à toute vitesse. Les rues ne sont pas remplies de pillards anthropophages.

La psychose qui a envahi le pays ne provient pas du virus. Le mal couve depuis des années. L’obésité du complexe politico-médiatique est simplement entrée en phase 2 et a atteint le cerveau.

Le Covid est une maladie qui frappe plus gravement les patients âgés et atteints de multiples comorbidités, en particulier l’obésité.

L’État français est un patient obèse et âgé, atteint de multiples comorbidités. Le premier symptôme a été une forte fièvre, qui l’a conduit à mettre tout le pays en prison. Puis après une période de répit, vient l’asphyxie et la mise sous respirateur d’argent magique. Enfin se développent les multiples maladies chroniques qui rongent le malade depuis des années et pour lesquelles il a trop longtemps préféré les cataplasmes et l’homéopathie à la chirurgie.

Le virus ne rend pas fou, même si une trop grande exposition à la psychose paranoïaque qui ruisselle de partout peut parfois altérer le sens commun de quelques-uns.

 

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