Covid-19 : les internes en médecine face à la crise

Les « Dr Juniors » sont considérés comme des étudiants en formation. Ils ont pourtant beaucoup de responsabilités. Cela explique leur anxiété et les suicides qui les menacent…

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Faculté de médecine Paris by Guilhem Vellut (CC BY 2.0)

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Covid-19 : les internes en médecine face à la crise

Publié le 5 septembre 2020
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Par Bernard Kron.

Les internes en médecine au nombre de 27 000 sont devenus des étudiants en formation : les docteurs juniors.

Ils ne seront pas en responsabilité avant la dernière année ce qui leur posera problème pour effectuer des remplacements. Ils ont été très exposés à la Covid. Ainsi, plus de 40 % d’entre eux ont été contaminés faute de protection. Ils ont eu droit à des arrêts de huit jours et ont donc soigné en contaminant certains patients.

La durée de l’internat de médecine générale va passer à 4 ans ce qui retardera d’autant l’installation et aggravera la désertification.

Notre système de santé s’effondre

Quatre lois santé ont été promulguées en 20 ans. Cela explique peut-être pourquoi notre système de santé, qui était l’un des meilleurs du monde, est en train de s’effondrer. La Loi « ma santé 2022 » est abrogée mais en dehors d’augmentations tarifaires, le Ségur de la santé ne réglera rien.

La fin de tous les concours en médecine programmée depuis mai 68 avec ceux de l’externat et du prosectorat avait donné le signal de la descente aux enfers du système. Après mai 68 les internes étaient certes toujours nommés par concours. Ils étaient pour la plupart encore heureux à l’hôpital.

Grâce au succès à ces concours indépendants des examens de faculté on pouvait avancer plus tôt dans le cursus avec une formation plus précoce et dans les meilleurs services. On n’était pas des étudiants mais des spécialistes en formation. On enseignait à la faculté après un autre concours difficile en anatomie pour devenir prosecteur ou chef de travaux. On bénéficiait ainsi d’un double salaire.

La pratique hospitalière en responsabilité était le gage d’une formation de qualité. Nous étions fiers de cette fonction. Nous avions l’impression une fois nommé d’être devenu adulte, responsable et d’entrer dans une grande famille. Ce n’est plus le cas ! Il est triste que ce concours prestigieux ait été supprimé alors que la présence des internes 24 heures sur 24 assurait la permanence des soins à l’hôpital. Les études de médecine ne préparent plus à cette fonction.

Précarité des externes

Le coût des études médicales s’élèverait à 120 000 euros par cursus et près d’un étudiant sur deux ne recommanderait pas médecine à des proches. L’impossibilité pour la grande majorité des étudiants de cumuler études et emploi et le salaire ridicule des externes explique cette précarité.

Les docteurs juniors sont considérés comme des étudiants en formation. Ils ont pourtant beaucoup de responsabilités. Cela explique leur anxiété (66 %) et les suicides qui les menacent…

Une enquête nationale menée par l’association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF), des syndicats d’internes (ISNAR-IMG, ISNI) et de chefs de clinique et assistants (ISNCCA) a permis de mesurer l’ampleur des troubles psychiques touchant les jeunes médecins. Ils sont harassés, surmenés et manquent de sommeil.

Pour la première fois leur salaire est au niveau du SMIC. La rentrée face à l’épidémie n’annonce rien de bon.

Tout notre système de soins doit être reconstruit.

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  • 5 ans l’internat….!!! La dernière année étant soit disant une année de specialisation où les internes seront très peu payés avec une activité d’assistant mais un travail de chef de clinique…

  • Si on s’obstine à centrer le système de soins sur l’hôpital public, à vouloir fonctionnariser la médecine, à laisser le ministère, la SS ou les ARS diriger la santé, on va à la catastrophe sanitaire, à la perte de chance généralisée pour les malades, sans parler de la catastrophe économique implicite. Nous avons eu un premier aperçu du désastre sanitaire avec la gestion publique de la covid. Fort heureusement, c’était une crise de faible ampleur. Mais que ce serait-il passé si la menace avait été plus sérieuse ? Combien de millions de morts évitables à cause de la collectivisation de la santé ?

    La crise de la covid doit alerter les Français, réveiller les consciences.

    C’est toute la politique sanitaire menée depuis plusieurs décennies qu’il convient d’abroger, sans attendre, en commençant par la fonction publique hospitalière, pour remettre la médecine libérale privée au cœur de l’organisation du système de santé. Nos vies et celles de nos proches en dépendent. La vie est trop importante pour être confiée à un secteur public irresponsable par nature.

    • merci les énarques d’avoir mis leurs gros doigts dans le système ! Même résultat que dans les autres secteurs qu’ils ont touchés : catastrophe que le dévouement des petites mains ne suffira plus à rattraper.

  • Les commentaires sont fermés.

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