Drogue : la faillite de la prohibition ?

Malgré une politique répressive, la France ne parvient pas à endiguer le trafic de drogue. Ou quand la prohibition ne donne jamais de résultats satisfaisants. REPLAY.

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Drogue : la faillite de la prohibition ?

Publié le 22 août 2020
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Par Aurélien Véron.

Tous les exemples montrent qu’instaurer une prohibition sur un produit ne permet pas d’enrayer la consommation et le trafic du produit en question. Après les États-Unis des années 1920, c’est à la France d’être pointée du doigt pour son incapacité à enrayer les trafics malgré une politique très répressive.

Plusieurs pays appellent à légaliser les drogues

Trois anciens présidents de pays aussi sérieux que la Suisse, le Brésil et la Pologne ont appelé à légaliser les drogues dans une tribune parue le 26 août 2017 dans Le Monde. Aux côtés de Ruth Dreifuss, Fernando Cardoso et Aleksander Kwaniewski se trouvait aussi Michel Kazatchine, l’ancien directeur du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

D’autres figures éminentes ont affiché publiquement cette position par le passé : Cesar Gaviria (Colombie), Ricardo Lagos (Chili), Ernesto Zedillo (Mexique), l’ancien Secrétaire d’État des États-Unis George Shultz et l’ancien président de la Fed, Paul Volcker.

La France : une politique répressive en échec

Cette fois, les auteurs s’appuient sur l’exemple de notre pays. Ils observent notre échec à enrayer la banalisation de la consommation de drogue alors que nous figurons parmi les pays plus répressifs du monde occidental. À ce fléau s’ajoute la montée des violences inhérentes à ce marché clandestin. Les victimes directes et collatérales de ce trafic sont de plus en plus nombreuses.

La faillite de cette politique répressive doit nous amener à changer d’approche pour une alternative assurant notre sécurité et respectant nos libertés fondamentales.

Le marché de la drogue est avant tout un marché

Le marché de la drogue obéit aux mêmes principes rationnels que n’importe quel autre secteur. Son caractère illicite déstabilise le jeu de l’offre et de la demande. La pénurie de l’offre due à la répression tire les prix vers le haut… et la qualité vers le bas.

Les prix remontent d’autant plus qu’ils viennent rémunérer un risque supérieur à celui d’un produit licite. Risque judiciaire, bien entendu, mais surtout risque de ne pas disparaître dans un règlement de comptes. Confrontés à une demande massive, les dealers clandestins estiment leur espérance de gains élevée et tendent à en minimiser les risques.

Les profits de ce marché sont devenus tels que pour nombre de jeunes habitués aux dangers de leur cadre de vie dégradé, l’attrait est trop fort. Les nouveaux entrants usent de tous les moyens pour s’installer et conquérir des parts de marché. Or, ce secteur ne tolère que les monopoles et les cartels.

En l’absence d’institutions assurant une concurrence libre et ouverte et le respect des règles, les contrats sont vite reniés et réglés à la kalachnikov. Le voisinage vit dans la terreur de cette violence organisée qui ne craint pas de faire concurrence à celle des pouvoirs publics.

La prohibition n’est jamais une bonne solution

Les États-Unis ont déjà expérimenté ces effets intrinsèques à toute prohibition de produits populaires. La ratification en 1919 du dix-huitième amendement a interdit l’élaboration, la vente et le transport de boissons alcoolisées sur l’ensemble du territoire américain jusqu’en 1933.

Le taux d’alcoolisme a explosé de 300 % avec la multiplication des bars clandestins – plusieurs dizaines de milliers dans la seule ville de New York – dans les années qui ont suivi. En plus des 10 000 morts dus au programme d’empoisonnement fédéral – encore une idée de technocrate -, le nombre de victimes de la guerre des gangs dans la construction de leurs empires s’est avéré tellement dramatique que l’opinion a exigé la fin de cette guerre contre l’alcool au nom des libertés individuelles, de l’insécurité engendrée par cette politique… et du manque à gagner fiscal. Cet échec monumental n’a pas servi de leçon aux États-Unis.

Leurs dirigeants ont renoué avec cette politique dévastatrice et entrainé cette fois-ci 15 pays d’Amérique latine dans une nouvelle croisade pour la vertu. Cette fois-ci contre la drogue. Trois-quarts des militaires de ces pays se sont mobilisés contre les narcotrafiquants.

Au total, 20 à 25 milliards de dollars ont été dilapidés chaque année pendant des décennies sans autre résultat que des dizaines de milliers de civils blessés, enlevés ou abattus, et un désespoir général.

La prohibition remise en question

Devant la faillite de cette stratégie, plusieurs pays ont entamé une sérieuse remise en cause de ce choix prohibitionniste. L’Uruguay a légalisé la consommation de marijuana en 2013 et la vente de cannabis sous contrôle de l’État le 19 juillet 2017.

Une partie de l’Europe avait déjà montré l’exemple : la production de cannabis à usage personnel est tolérée en Espagne et aux Pays-Bas où, par ailleurs, les coffee shops attirent les amateurs de cannabis de toute l’Europe, ce qui n’est pas sans poser de problèmes à ce petit pays très libéral.

Les États-Unis, phare de la prohibition, n’ont pu résister à ce retournement général de l’opinion et de dirigeants politiques dans le monde. En 1996, la Californie est le premier État à autoriser la production et la distribution du « cannabis thérapeutique ». Ils sont aujourd’hui 29. Le Colorado et l’État de Washington sont les premiers à ouvrir le marché du cannabis récréatif en 2012. Aujourd’hui, ils sont huit. À chaque élection, de nouveaux États les rejoignent au terme de referendums favorables à cette légalisation.

Il faut dire que les recettes fiscales du cannabis atteignent déjà plusieurs milliards annuels, ce n’est pas un mince argument dans le contexte actuel de lourds déficits publics. Ce secteur économique florissant est aussi l’un des plus en pointe sur le plan technologique : big data, robotique et objets connectés pour avoir les meilleurs rendements.

La France, elle, reste figée

En France, l’opinion bouge mais les pouvoirs publics restent figés dans leur approche qui apparait de plus en plus dépassée par les succès de la légalisation des drogues.

Estimant religieusement que l’Homme doit se soumettre à leur vision hygiéniste, qui est forcément la meilleure, nos dirigeants successifs ont tous suivi la même ligne : la simple consommation de drogue doit mener à la case prison – même si les tribunaux se montrent de plus en plus tolérants avec les simples consommateurs de cannabis – où, c’est bien connu, l’environnement et les fréquentations constituent la meilleure cure de désintoxication. On en ressortait braqueur, cette école du crime forme dorénavant des djihadistes. Belle reconversion forcée au nom du bien. De notre bien. Mais nous savons que l’enfer est pavé de bonnes intentions. C’est bien le drame de l’État-providence qui infantilise les citoyens assimilés à de grands enfants.

Légaliser les drogues n’a pas entraîné la hausse de leur consommation, c’est plutôt le contraire qui s’est généralement produit. En revanche, les effets négatifs de ces produits ne disparaissent pas pour autant. La drogue peut rendre dépendant au même titre que l’alcool, les antidépresseurs, les somnifères, les stimulants et les bêtabloquants auxquels les étudiants ont de plus en plus recours sous la pression des concours. L’usage de cannabis peut être déclencheur – pas la cause mais simple déclencheur – de la schizophrénie. Tous ont des effets nocifs plus ou moins lourds sur la santé.

Les enjeux de santé publique nécessitent par conséquent d’informer les consommateurs des risques qu’ils prennent, mais en les traitant en adultes responsables, sans message faussement paternaliste. Des traitements de désintoxication doivent être accessibles à tous ceux qui veulent sortir de la dépendance. Leur financement peut aisément reposer sur une partie des recettes fiscales découlant de leur commerce légal.

Une fois de plus, les faits nous montrent que le respect des libertés individuelles constitue une politique peu coûteuse, efficace en termes de santé publique et redoutable dans la lutte contre le crime organisé qui prospère sur la prohibition. Les missions de l’État de droit consistent à protéger nos droits, à nous laisser assumer nos choix individuels et à nous informer des risques que nous encourrons dans la mesure du possible.

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  • business…l’Etat le fera tôt ou tard pour du fric..
    le marché parallèle génére un max de fric…taxe ..redevance…qui échappe au fisc

  • en ne réagissant pas contre les traffic de drogue , les dirigeants font des cadeaux fiscaux à une population qui  » travaillent « , si l’on peut dire mais ne déclarent pas ses revenus ; ça s’appelle du travail au noir et c’est censé être interdit par la loi ;

  • D’un côté, les parasites de l’état profitent du discours moralisateur qui leur permet de s’acheter une étiquette bien-pensante auprès du public. D’un autre côté, les criminels profitent d’un juteux marché avec un chiffres d’affaires énorme. Ces deux acteurs ont trop à perdre. Il n’est pas difficile de penser qu’ils existent certaines connivences entre eux.

  • J’aime bien certaines position de M Aurélien Véron mais pas celle ci.
    Si une interdiction ne parvient jamais à supprimer tous les trafics, M Véron oublie de dire que le caractère licite d’un commerce n’empêche pas l’émergence de trafics en parallèle.
    Il suffit d’aller faire un tour à Barbès ou à la porte d’Aix pour s’en apercevoir. On évalue entre 1/4 et 1/3, la part de cigarettes consommée en France sans être passé par le circuit officiel. Quand on arrive à de telles proportion, on n’est plus dans l’anecdotique.
    Rendre légal la consommation de cannabis ne mettra pas fin aux trafics car il restera toujours en parallèle, une offre illégale qui proposera la même chose pour moins cher en s’affranchissant des charges, impôts et au taxe sur la valeur ajoutée ou pas.
    Par ailleurs rendre la consommation de cannabis légal déplace la consommation. il suffit de regarder le retour d’expérience qu’on peut avoir sur les Pays Bas : le pays est devenu la plaque tournante du trafic d’héroïne et de cocaïne.

    Enfin, si le trafic de cannabis prospère en France, c’est que justement le répressif ne fonctionne pas. Rationnels, les trafiquants, sont capables de peser le risque encourus versus le bénéfice attendu. Si la peine de prison devient trop faible par rapport au bénéfice attendu d’un trafic, de très nombreux acteurs vont se lancer dedans. Quand on risque quelques années de prisons (5 au plus) et qu’en face on peut gagner plus d’argent que son propre père n’en a gagné toute sa vie, le raisonnement est pour certains dénués de moralité, assez rapide.
    Notre échec face au trafic de drogue, tient principalement là : tant que les peines ne seront pas adaptées aux énormes bénéfices attendus, se lancer dans un trafic sera rationnellement « rentable » pour beaucoup de gens.

    • Bravo Orior! Le mélange de prohibition de surface et de laxisme d’Etat dans l’application des peines est le soucis. Encore une défaillance de l’Etat au sens large (juges…). Si on mettait les trafiquant de cocaine ou d’héro au bagne à cayenne pendant 30 ans pour complicité d’assassinat par overdose on en verrait moins dans les rues. L’argument pseudo « libéral » qui veut que la « drogue soit un marché comme un autre » ne tient pas une seconde. Pourquoi pas un marché libre de Kalachnikovs à Saint-Denis et de déchets nucléaires à La Courneuve? Le vrai libéralisme c’est la liberté, certes, mais limitée par celle des autres et l’ordre public. La production, le trafic, et la consommation de drogues sont des troubles graves à l’ordre public. Tout ceux qui ont eu pour voisin des consommateurs « récréatifs » le savent bien…

      • La drogue est présente même dans les prisons de haute sécurité, preuve que toute politique de répression sur ce sujet est irrémédiablement vouée à l’échec.

        « Tout ceux qui ont eu pour voisin des consommateurs « récréatifs » le savent bien… »

        Donc, il faudrait interdire aussi l’alcool (et les cigarettes)?

        Je demande ça parce que j’ai, parmi mes voisins, des alcooliques notoires « consommateurs d’alcool récréatifs » et je peux vous assurer qu’ils sont au moins aussi « charmants » que les autres consommateurs…

        • @ Puce à l’orteil
          La France ne va pas scier la branche sur laquelle est assise: il y a des limites à la morale et aux principes! Même si les Français « pieds noirs » fabriquaient des millions de litres de pinard en Algérie, ce n’était que pour « couper » du vin estampillé « français ».

          Il y a peu de chance que la fabrication de boisons alcooliques diverses soit un jour contingenté dans votre pays! Du Margnat en bouteille plastique au Château Pétrus, tout est à peu près possible!

        • L’alcoolisme a bien entendu toujours été un soucis. Mais la production et la consommation de vin est une extraordinaire source de richesse culturelle et humaine. La drogue est différente au sens que la priorité du consommateur moyen de drogues est l’effet psychotrope. Ce n’est pas celle de l’amateur authentique de vin ou de même de pur malts, même s’il appréciera une relative ébriété à l’occasion. Qu’on arrête donc de tout mettre sur le même plan. Les paradis artificiels restent … artificiels, même pas d’antioxydants! Il en va de même pour le tabagisme. La clope est une misère. Un grand havane est un morceau de culture, que l’on apprécie ou non!
          La seule excuse de certains camés reste leur occasionnelle production artistique et littéraire, parfois extraordinaire il est vrai…

          Au passage, ras le bol de prendre soin de ma santé et de payer pour soigner les addictions auto-infligées des autres, quelles qu’elles soient (sucre…). Les soins palliatifs au frais de la princesse suffiront…

          • Selon vous, il faudrait donc interdire ce que vous n’aimez (connaissez) pas et n’autoriser que ce que vous appréciez?

            Et ça se permet de donner des leçons de libéralisme…

            Vous connaissez le sens du mot « tolérance »?

          • L’alcool est classé comme un psychotrope donc une drogue elle n’a pas à être mis de côté par rapport aux autres.
            L’alcoolisme est le mot pour dire que l’on est addict à la boisson on parlera d’addiction pour les autres produits. On peut consommer du cannabis sans tomber dans l’addiction qui varie selon le produit (coke, mdma, hero..) utiliser. Je convient qu’il en est de même avec l’alcool si on dépasse pas 13 volume d’alcool dans la semaine on est pas alcoolique.
            Dans les pays qui ont changés de législation sur les stupéfiants le chiffre des consommations à problème concernant le cannabis représente 10% des usagers.

            « Mais la production et la consommation de vin est une extraordinaire source de richesse culturelle et humaine » on peut dire la même chose du cannabis le produire, le faire grandir est aussi une source de richesse mais cela ne vous intéresse pas donc votre avis est le canna c’est nul et mal.

            On en revient à la base de l’interdit le contrôle d’une partie de la population et vous pouvez être le genre de personne à me dire (comme un représentant des forces de l’ordre m’a dit lors d’un contrôle) pourquoi tu prends cette daube, tu pourrai choisir une bonne bouteille de quelque chose à la place! Et ben non personne ne peut choisir à ma place d’adulte ce que j’aime et ce que j’ai choisis. Et si je devais choisir entre un apéritif et un apérispliff je prendrai le 2ème. De fait je ne bois presque pas d’alcool.
            La politique ne peut pas se limiter à la défense d’idées morales… aussi belles soient-elles ni une lutte entre les pour et les anti-cannabis.Elle doit aussi se confronter à la réalité et aux personnes usagers et non usagers.
            J’ai bien vu qu’en France on avait un problème avec l’alcool et que comparer au cannabis l’échelle des sanctions est inversement proportionnelle à la nocivité du produit. Parce que notre problème d’alcool est culturel et qu’il faudra encore longtemps avant que les choses changent.

            Pour finir Moi ce qui me désole c’est qu’aujourd’hui encore malgré le nombres de consommateurs ont laisse l’interdit et le trafic qu’il génère distribuer du cannabis à n’importe qui surtout mineurs. Alors que si il y a une catégorie à protéger du cannabis c’est bien celle là! Si vous avez des enfants vous souhaiteriez qu’ils y aient pas accès qu’ils ne rencontre personne pétard au bec. Au pire qu’ils attendent d’avoir 18/20 ans pour tester.
            La première consommation ne doit pas se faire trop tôt et pourtant avec l’interdit c’est l’inverse qui se produit. Depuis des années nos jeunes expérimente le cannabis (1sur2).

            La nocivité du cannabis ne justifie pas et n’a jamais justifié la nocivité de la prohibition. La prohibition ne marche pas! Elle ne fait que multiplier les risques. Elle provoque plus de problèmes que la substance elle-même.
            L’état perd de l’argent pour une lutte illusoire et tronqué au bénéfice des mafias et de la corruption qu’elle génère aux niveaux politique et policière. N’oubliez pas que les réseaux terr0ristes se finance en grande partie du trafic de drogue et en France chaque année plus de 150 000 procédure judiciaire concerne le cannabis.
            Légaliser pour assécher le financement du grand banditisme et pour empêcher que les mineurs en trouve facilement. Légaliser non pas pour perdre une santé publique mais pour gagner la sécurité intérieure.

      •  » La production, le trafic, et la consommation de drogues sont des troubles graves à l’ordre public.  »

        Comme tout les troubles de l’ordre publique et le accidents graves de circulations routières lié à la consommation de l’alcool.

         » Si on mettait les trafiquant de cocaine ou d’héro au bagne à cayenne pendant 30 ans pour complicité d’assassinat par overdose on en verrait moins dans les rues.  »

        30 ans de prisons et plus pour les trafiquants c’est la cas en Indonésie plus la peine de mort. Et pourtant le trafique et la consommation des drogues est loin d’être éradiqué.

    • « Rendre légal la consommation de cannabis ne mettra pas fin aux trafics car il restera toujours en parallèle, une offre illégale qui proposera la même chose pour moins cher en s’affranchissant des charges, impôts et au taxe sur la valeur ajoutée ou pas. »

      Ce que vous dites est vrai pour absolument tous les marchés: depuis les voitures volées jusqu’aux tickets de métro vendus à la sauvette. Je ne vois pas en quoi cela constitue un argument en faveur de la prohibition.

      Rendre légal la consommation et la vente de cannabis ne mettra pas fin au trafic mais le réduira très fortement, la majorité des consommateurs préférant se fournir auprès d’un vendeur agréé.

      « Quand on risque quelques années de prisons (5 au plus) et qu’en face on peut gagner plus d’argent que son propre père n’en a gagné toute sa vie, le raisonnement est pour certains dénués de moralité, assez rapide…Enfin, si le trafic de cannabis prospère en France, c’est que justement le répressif ne fonctionne pas. »

      En Indonésie , les dealers risquent la peine de mort pour trafic de stupéfiants. Aux USA les peines sont 2 à 3 fois plus longues qu’en France . Or le marché des drogues prospère également dans ces deux pays. C’est donc que le niveau de répression ne change pas grand chose au problème.

      Si le trafic prospère c’est avant tout parce qu’il y a une forte demande et qu’il est impossible pour les consommateurs de se fournir légalement.

    •  » Il suffit d’aller faire un tour à Barbès ou à la porte d’Aix pour s’en apercevoir. On évalue entre 1/4 et 1/3, la part de cigarettes consommée en France sans être passé par le circuit officiel. Quand on arrive à de telles proportion, on n’est plus dans l’anecdotique.  »

      Vous savez combien coûte un paquet de cigarettes sur le marché légal? C’est pas difficile pour un trafiquant de proposer moins cher pour un risque pénal qui en vaut la peine.

       » Rendre légal la consommation de cannabis ne mettra pas fin aux trafics car il restera toujours en parallèle, une offre illégale qui proposera la même chose pour moins cher en s’affranchissant des charges, impôts et au taxe sur la valeur ajoutée ou pas.  »

      Les libéraux demande une libéralisation de la vente et de la consommation des drogue et pas une étatisation de ce marché. Si l’état fait la même politique qu’avec celle de la cigarette qui rend le prix de vente à coup de taxes hors de prix c’est effectivement pas la peine de rendre légal la consommation des drogues. Un marché libre de la drogue sans excès étatique rendrai le prix de la drogue meilleur marché ou de prix plus ou moins égal que celui du marché noir avec une qualité du produit que le marché noir ne garantirait pas. Les consommateurs sont aussi rationnels.

       » Enfin, si le trafic de cannabis prospère en France, c’est que justement le répressif ne fonctionne pas.  »

       » Notre échec face au trafic de drogue, tient principalement là : tant que les peines ne seront pas adaptées aux énormes bénéfices attendus, se lancer dans un trafic sera rationnellement « rentable » pour beaucoup de gens.  »

      L’Indonésie en plus des peines de prison à vie pour les trafiquants de drogue applique aussi la peine de mort. Et pourtant le trafique de drogue dans ce pays se porte à merveille. C’est pareil en Iran. La peine de mort pour les trafiquants de drogues n’a pas fait disparaître le trafique de drogue.

    • Les trafics que vous évoquez sont liés à du dumping fiscal, ou pour le dire autrement, à l’émergence de taxes comportementales (de l’hygiénisme light) sur la consommation du tabac. Qui a envie de se taper un paquet de cigarettes à 7 euros (bientôt 10 euros), quand à quelques dizaines ou centaines de kms de là, en Espagne ou en Belgique, le paquet est à 4 euros ? Ou que pour ceux qui n’ont pas les moyens de faire le voyage, il est assez facile de se les procurer au marché noir. La lutte contre le tabagisme fait d’ailleurs partie des exemples marquants des échecs de la prohibition plus ou moins active (interdiction ou taxes). Il y aurait bien une façon radicale et très efficace – du type « prendre un marteau pour écraser une mouche » – de décourager la consommation de produits estimés comme toxiques par nos hygiénistes sécuritaires : la peine de mort pour la consommation de drogues. Mais voulons-nous vraiment verser dans ce genre de société totalitaire en confiant autant de pouvoir à des pisse-froids idéologues ? Je n’en suis pas sûr…

  • Orior, qui régule le prix des paquets de cigarettes et profite des retombés ?

  • Juste un point sur cette affirmation avant d’aller plus loin : « L’usage de cannabis peut être déclencheur – pas la cause mais simple déclencheur – de la schizophrénie ». Certains scientifiques jugent au contraire que c’est plutôt la prédisposition à la schizophrénie qui inciterait à avoir recours aux drogues… A suivre.

  • Etat paternaliste, tendance père fouettard… Difficile de ne pas le constater. J’observe d’ailleurs que le durcissement de la lutte contre la drogue (loi de 1970 en France) est quasi contemporaine de l’obligation de boucler sa ceinture ou de porter un casque (la sécurité routière, un autre domaine de notre vie quotidienne où l’Etat a tendance à nous enfantiliser), tout ceci survenant, comme par hasard, après les grands mouvements de lutte sociales (mouvement hippies, printemps de Prague, mai 68)… Est-ce une forme de revanche des Etats ? Difficile aussi de ne pas voir dans la lutte contre les drogues, l’influence de rapports Nord-Sud compliqués, après l’indépendance de nos anciennes colonies. De fait, les drogues légales, comme l’alcool, sont celles qu’on produit sous nos latitudes. Celles qui sont combattues par l’Occident viennent des pays pauvres…

  • Aux É-U, la guerre contre la drogue n’est pas un échec, c’est un succès. Elle a permis de créer de nombreux emplois (policiers, juges, avocats, gardiens de prison). Elle a permis de vendre des milliards $ d’armement aux pays d’Amérique latine.

  • Vous êtes gentil M. Veron. Vous avez vos idées qui valent ce qu’ils valent et je ne me permettrai pas de les juger.

    Mais vous vous discréditez immédiatement en prenant pour exemple Mme Ruth Dreyfuss. Ce n’est pas parce qu’elle a été conseillère fédérale et présidente de la Confédération Helvétique qu’elle est crédible.

    C’est elle qui nous a vendu la LAMAL (Loi sur l’Assurance MALadie), obligeant les suisses à s’assurer en nous promettant que les primes d’assurance baisseraient. Résultat 20 ans après ? 20 ans de hausse avec un quasi-triplement des primes. Question crédibilité, elle se pose là.

    Et c’est la même chose pour ses idées sur la légalisation des drogues.

  • On pourrait aussi ce demander pourquoi le cannabis est il interdit?

    Étant donnée sa rapidité de développement, ses nombreuses
    applications et la qualité de ses fibres, sa culture concurrencerait
    plusieurs secteurs industriels, c’est pourquoi le cannabis a été intégré
    à la convention unique sur les drogues de 1961. En effet les fibres du
    cannabis sont de bien meilleur qualité que celle des autres bois.

    Pour la fabrication du papier par exemple le cannabis à beaucoup moins
    besoin d’être traité chimiquement que du bois, le papier fait de
    cannabis ne jaunis pas, et le cannabis et une culture annuelle quand un
    arbre met une vie à pousser.

    Tous les produits plastiques pourrait être fait à partir d’huile de graine de cannabis. Le premier modèle de Ford T était conçu pour rouler à l’huile de cannabis et toute ça carrosserie était en panneau « plastique de chanvre » cf( Populair Mechanics, 1941).

    Dans le bâtiment : la construction de maison en brique de chanvre permet de faire des constructions dont l’isolation thermique et quasi parfaite.

    Et ces exemples ne sont pas les seuls.

    Bref la culture mondial du cannabis et son utilisation industriel, pourrait
    mettre à bas de nombreuse industrie existante. D’où son interdiction.

    • @jack « pourquoi le cannabis est il interdit » si vous connaissiez des gens qui en ont consommé quotidiennement et que vous aviez essayé un peu sérieusement vous ne poseriez pas cette stupide question .

  • Je pense que tout un chacun a le droit de se démolir avec n’importe quoi. C’est cela la liberté.
    En revanche, dans ma carrière médicale, je rencontre régulièrement des patients qui fument du cannabis, non récréatif et limité à des soirées du samedi, mais de manière quotidienne, à dose significative , dont le métier est…chauffeur-livreur, d’engins dangereux…
    On retrouve le THC dans le sang pendant 24h.
    Que penser de la conduite d’engins dangereux dans ce cadre ?

    En ce qui concerne les mineurs cela affecte leur capacité, déjà hélas souvent faible, d’apprentissage, en diminuant leur concentration et à long terme cela conduit inéluctablement à l’échec scolaire.
    Par ailleurs cela favorise la schizophrénie et on découvre de plus de plus de cancers du poumons suite à l’usage précoce, récurrent et prolongé de la « fumette ».

    Il est hélas probable que la dépénalisation soit assimilée à un message de type : « c’est inoffensif  » (cf Kouchner) alors que ce n’est pas le cas.
    Et penser que les mineurs ne pourront pas s’en procurer est risible (ils le peuvent déjà d’ailleurs sans problème)

    • « On retrouve le THC dans le sang pendant 24h »
      Même pendant 2-3 jours. Et dans les urines une semaine. Et plus d’un mois dans les cheveux.
      Cette présence ne signifie rien sur l’effet psychotrope du cannabis.
      Les choses ne sont pas aussi claires ni aussi linéaires qu’avec l’alcool.
      Il semblerait – mais cela reste à confirmer – que les effets durent moins de 10 h.
      Ce qui pose un gros problème juridique en cas de dépistage lors d’un accident de la route. Si on retrouve du THC dans le sang du conducteur, il peut ne plus être « sous influence ». Ce qui revient à possiblement condamner un innocent..

    • Exact. Idem dans ma carrière de psy.
      Les arguments  » économiques  » sont peut-être pertinents, mais sur le plan de la santé mentale, les dommages sont indéniables.
      Peu de gens en parlent, par ignorance et/ou idéologie.

      • @dov je ne suis même pas certaine que l’argument économique tienne la route une seconde… mais pour la santé mentale je ne suis pas médecin mais je connais suffisamment d’exemples autour de moi pour m’être fait une solide opinion. Cacher cela aux personnes est tout simplement de la pure manipulation.

    • Cela n’est-il pas du rôle des parents : éducation (voire sanctions) de leurs enfants en sorte qu’ils évitent de se droguer ? Autrement dit, cette question de la drogue chez les adolescents n’est-elle pas plus généralement celle de l’éducation et de la responsabilité (-sation) des parents ? De ce point de vue, l’environnement des jeunes est difficile aujourd’hui, mais il l’est pour bcp de choses : la drogue certes, mais aussi la pornographie, la violence sur les écrans et le net, dans la vraie vie, le choix d’une école où l’on ne décérèbre pas les gosses, etc.
      Je ne suis pas certain que la dépénalisation doive forcément être assimilée à un message de type : « c’est inoffensif », si les pouvoirs publics prenaient la peine – en réalité, c’est le fond de la question – de renvoyer les parents à leurs responsabilités, au lieu de tout attendre de l’État-nounou, jusqu’à l’absurde.

  • Globalement d’accord avec cet article ; cependant j’ai une remarque à propos du passage suivant : « Des traitements de désintoxication doivent être accessibles à tous ceux qui veulent sortir de la dépendance. Leur financement peut aisément reposer sur une partie des recettes fiscales découlant de leur commerce légal. »
    On retombe là exactement sur la problématique du tabac : dans ce dernier cas, l’État français, qui ne peut s’empêcher de fourrer son nez partout, a, au nom de la « santé publique » (l’État agit pour votre bien) augmenté considérablement l’imposition du tabac au fil des ans – OK, en partie aussi pour renflouer son déficit général chronique, mais ça faut pas le dire – et que constate-t-on ? Que le tabac est devenu tellement cher dans ce pays que des trafics ont vu le jour ; bref, que l’on glisse de plus en plus vers un commerce illégal du tabac.
    Alors libéralisation d’accord, mais fiscalité, pas vraiment d’accord. Que les gens assument leurs responsabilités.

  • Je ne suis pas contre la libération des drogues à conditions qu’un drogué soit jugé totalement incapable de répondre à ses responsabilités de citoyens. C’est à dire qu’il lui soit interdit de conduire et de contacter n’importe quel contrat. Enfin bref, qu’il soit mis au banc de la société tant du point de vue médical que des subventions. En gros qu’il crève ou qu’il arrête de se droguer..

  • Rigolo comme ce liberal d’opérette veut faire rentrer ce business lucratif dans le giron de … l’état . Il y a aura des ordonnances de drogue, des vendeurs de drogue, des labels qualité de drogue, et surtout (miam) des taxes sur les drogues et bien sûr des messages pour prévenir les consommateurs des méfaits « attention l’abus la drogue rend neu neu , stérile, parano ̶m̶a̶i̶s̶ ̶o̶n̶ ̶s̶’̶e̶n̶ ̶f̶o̶u̶t̶ ̶c̶a̶r̶ ̶ç̶a̶ ̶o̶c̶c̶u̶p̶e̶ ̶l̶e̶s̶ ̶j̶e̶u̶n̶e̶s̶ ̶e̶t̶ ̶l̶e̶s̶ ̶m̶o̶i̶n̶s̶ ̶j̶e̶u̶n̶e̶s̶ » . Bien sûr il y aura toujours des trafics comme il y en a pour les cigarettes de contrebande . Petite question , l’auteur veut il légaliser l’usage de toutes les drogues ? je dis ça car il y en a une nouvelle tous les jours …

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