Qui devrait organiser la prévention et la gestion d’une crise sanitaire?

La crise sanitaire du coronavirus illustre parfaitement les limites d’une réponse centralisée et autocratique à un problème collectif.

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Qui devrait organiser la prévention et la gestion d’une crise sanitaire?

Publié le 20 août 2020
- A +

Par Gaël Campan.

Qu’elle soit financière ou sanitaire, la gestion de crise est dorénavant confiée aux gouvernements. Enfin, plus exactement, ils s’en sont arrogé la responsabilité et les citoyens ne s’y opposent quasiment pas. La peur déclenche un repli autocratique réflexe.

Comme des enfants qui, face à un danger inconnu, se réfugient auprès de leurs parents pour chercher protection, les citoyens attendent de la tutelle gouvernementale une omniscience et une bienfaisance inconditionnelles.

Les limites du centralisme

Pourtant, le gouvernement souffre de handicaps insurmontables. Sa maîtrise de l’information disponible est très étroite, nécessairement limitée à celle détenue par ses membres et par ceux qu’il consulte.

Il n’a pas à assumer directement les conséquences de ses erreurs de jugement, contrairement aux parents vis-à-vis de leurs enfants. Puisqu’il dépense l’argent des autres, il ne se soucie pas ou peu des usages alternatifs des fonds dépensés.

Comparativement aux organisations privées, il est aussi plutôt lent, dans l’action comme dans la prise de décision.

La crise de la Covid illustre parfaitement les limites d’une réponse centralisée et autocratique à un problème collectif. Dans nos sociétés ouvertes, caractérisées par la division globale du travail et de la connaissance, les informations et les ressources pertinentes pour la résolution d’un problème social donné sont disséminées chez de très nombreux individus.

La force des initiatives individuelles

Chacun peut alors entreprendre d’apporter sa pierre à l’édifice. Assez tôt dans la pandémie, les vétérinaires ont ainsi développé dans plusieurs pays une solution pour effectuer des tests à grande échelle.

De leur côté, les médecins ont du soigner les premiers malades et certains ont développé des protocoles de soin qui se sont révélés efficaces. Leur publication sur les réseaux sociaux (en plus des revues médicales prestigieuses) a permis leur diffusion et leur mise en œuvre rapide presque partout dans le monde, et ce en dépit de barrages médiatiques et gouvernementaux extraordinaires. Il n’y a pourtant rien de choquant à ce que la communauté mondiale des médecins traitants soit mieux préparée qu’une bureaucratie d’État à juger du bien-fondé et de la dangerosité d’un traitement particulier, surtout si le principe actif est ancien et très bien connu. Eux au moins auront à rendre des comptes directement à leurs patients.

De la même manière, des responsables de maisons de retraite ont réorganisé de leur propre chef leur activité avec des résultats remarquables.

La connaissance et la bonne gestion de la maladie a donc émergé exclusivement d’initiatives professionnelles individuelles. Aucune solution probante, même partielle, n’est d’origine gouvernementale.

Prévention et pénuries

Dans cette perspective, que dire des efforts des gouvernements à s’approvisionner en masques ou en respirateurs ?

Les médecins, les pharmacies et les hôpitaux sont suffisamment armés pour anticiper une demande et effectuer des commandes directement. Ils connaissent leurs fournisseurs et savent négocier leurs achats au mieux de leur intérêt mutuel.

Par contraste, les gouvernements vont commander de grosses quantités par des contrats spéciaux avec un nombre limité de fournisseurs qui devront en réalité déléguer en partie leur production à d’autres. Ils risquent alors de rediriger la production des fournisseurs vers les commandes d’État (mieux payées et plus sûres) et de retarder ainsi la livraison sur les lieux de soins où le besoin est le plus aigu.

Le gouvernement ne peut pas se substituer aux mécanismes de marché quand il s’agit de surmonter une pénurie. L’augmentation du prix induit par la hausse de la demande suffit pour déclencher une augmentation de la production qui finira par induire à son tour une baisse du prix.

Centraliser les commandes empêche le système de prix de signaler les besoins les plus pressants et de les servir promptement.

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Créer un compte Tous les commentaires (20)
  • On avait déjà vu la faillite de l’état dans sa gestion du H1N1 avec tamiflu mis en avant et la campagne de vaccination calamiteuse, au bénéfice des laboratoires pharmaceutiques.
    Là on n’a pas été déçu.
    Et les français en redemandent, ils considèrent que l’état n’en fait pas assez. Les français adorent persécuter leurs concitoyens.

  • continuez , bonnes gens , à vous faire berner, manipuler et laisser s’installer une dictature par la clique du calife élyséen qui se fiche de vous comme de sa première chemise.
    La seule chose qui l’intéresse c’est lui .Les autres sont des toutous à la botte du maître.

  • Non seulement le gouvernement ne peut rivaliser avec le marché en matière de réactivité et d’efficience, mais il ne peut non plus rivaliser avec les structures locales, associations, municipalités etc qui ont une bien meilleure connaissance des contextes de terrain et en assume une responsabilité plus directe en pleine conformité avec le principe de subsidiarité.

    • Vous relarquerez que ces structures locales obéissent au goyvernelent au doigt et à l’oeil… ce qui est un bien mauvais signal démocratique et libéral

    • Bof. Bon nombre de structures locales sont des administrations comme les autres, avec les mêmes problèmes. Les politiques qui les dirigent sont d’ailleurs les mêmes qu’au niveau national. Et dans les petites localités, le maire est le brave type qui s’est dévoué pour ce job ingrat. Donc bof.

  • Conclusion, l’état a tout faux ! MAIS il sait s’appuyer sur la PEUR
    ? ?
    CPEF

  • Le vrai modèle social(iste) ne peut exister que dans les réseaux « peer to peer », c’est à dire là où les échanges sont totalement libres, sans hiérarchie, et basés sur le seul désir de participer. (Attention à ne pas confondre un « réseau social » type Facebook ou Tweeter avec un réseau « peer to peer »).

    Internet (*) est un exemple de réseau « peer to peer » et est vite devenu LE réseau, car il n’y a pas de raison pour qu’il en existe plusieurs indépendants. L’état est un réseau hiérarchique. C’est l’équivalent du réseau des gros systèmes IBM – et bien peu de gens doivent encore savoir de quoi il s’agit, ce qui prouve son obsolescence.

    L’état social est donc obsolète, et la crise du Covid en fait la démonstration parce que les limites du réseau hiérarchique sont particulièrement visibles dans une situation d’urgence et dans un problème de (relativement) courte durée.

    (*) N.B. Ne vous fixer pas sur le côté « informatique » de la démonstration. L’informatique n’a pas inventé les réseaux. Quoique en tant qu’outil de gestion de l’information, l’informatique et Internet tendent à devenir les outils universels.

  • Il n’y a rien à organiser chacun doit savoir quoi faire pour se protéger, comme éviter de toucher à tout ou alors avec des gants.. La barre de maintien des transports en commun, à éviter absolument en période épidémique comme la cuvette des WC ou les cacahouètes du bar.

    • Le problème n’est tellement de toucher, mais ne pas porter les mains sur son visage. Personnellement, j’ai pris l’habitude depuis 5 mois de me gratter le visage avec le dos du poignet qui doit être moins colonisé par les virus que les doigts.

      • De toute façon il est inutile de vivre dans la peur, les virus, on est équipé pour lutter contre la plus part et les autres il y a des médicaments. J’ai appris qu’il y avait même un antiviral pour la grippe.. Le vaccin, une fois ça va après c’est de la routine pour le système immunitaire si le vaccin est de qualité et prend en compte les mutations possibles. Le corona virus, c’est un famille nombreuse que tout le monde a rencontre une fois dans sa vie, celui la a été très dur au mois de mars aujourd’hui c’est un corona comme les autres, un virus ne survit que si il ne tue pas son hôte.

      • « Personnellement, j’ai pris l’habitude depuis 5 mois de me gratter le visage avec le dos du poignet qui doit être moins colonisé par les virus que les doigts. »

        Moi aussi, mais je dois penser à bien me laver le dos des poignets …

        Et il faut bien expliquer aux gens que leur sécurité personnelle dépend d’eux-mêmes et pas de l’état et que les mesures prophylactiques n’ont rien à voir directement avec leur insignifiante personne.

  •  » Sa maîtrise de l’information disponible est très étroite, nécessairement limitée à celle détenue par ses membres et par ceux qu’il consulte.  »
    C’est vrai, mais le gouvernement dispose aussi d’informations que la population n’a pas parce qu’elle est ignorée (volontairement ou pas) par les médias. Or, c’est souvent l’information cachée qui permet d’avoir un jugement fondé. Par exemple, le bilan chiffré réel de l’épidémie, ou les traitement menés avec succès oar certains médecins (contre les injonctions gouvernementales, ce qui est sans doute le plus grand scandale de cette affaire)

  • Je pense que le mieux, c’est de laisser gérer les pandémies par des entreprises comme Gilead, Sanofi, Johnson & Johnson ou bien des fondations comme Bill & Melida Gates fundation, Rockfeller Fundation. Ces groupes ont le potentiel financier et la réactivité nécessaire pour soigner le monde entier rapidement. La loi du marché d’abord.

    • Plus un, pour votre clairvoyance… M’enfin melenchon à raison, au delà d’un milliard on sort la guillotine fiscale… Ou moins deja 1 million, c’est beaucoup d’influence néfaste…. En fait un monde de pauvres serait sans surprise… Pour nos dictateurs.

    • Le Bien est le fait de gens vertueux, bien intentionnés envers leur prochain. Pourquoi des dirigeants d’entreprises seraient-ils plus vertueux que les autres?
      On me dira que si le client n’est pas content, il peut aller ailleurs. Sauf que le marché du médicament n’est pas un marché comme les autres, et ça change tout.

      • Il n’y a qu’à regarder les déboires de la fondation Bill Gates dans certains pays suite à ses expérimentations vaccinales.
        Par ailleurs, Bill Gates ne se cache pas de vouloir diminuer la population mondiale…

      • Un dirigeant d’entreprise qui a fait prospérer sa boite n’a pas besoin de se poser en vertueux pour se mettre en valeur : ses résultats parlent d’eux-mêmes. On ne peut malheureusement pas croire au même désintéressement chez tous ceux qui font le Bien avec leurs lois et l’argent des autres.

  • Les commentaires sont fermés.

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