Le e-commerce a-t-il été salvateur pendant la crise ?

La catastrophe économique de la crise sanitaire a été l’occasion pour le e-commerce de déployer une offre digitale qui n’avait que trop attendu.
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Le e-commerce a-t-il été salvateur pendant la crise ?

Publié le 19 juillet 2020
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Par Olivier Clémence.

Alors que l’économie mondiale a été mise au ralenti pendant la pandémie de COVID-19, le e-commerce s’est imposé comme une solution de consommation parallèle, plus sûre et plus accessible.

Le e-commerce pendant la crise : une situation en demi-teinte

L’arrêté gouvernemental du 14 mars 2020 a mis un frein à la consommation dans tout le pays.

Il n’était plus possible de se rendre dans la plupart des magasins physiques. Seuls les commerces de première nécessité étaient encore accessibles, sous conditions. Le confinement imposé pour lutter contre l’épidémie a eu pour conséquence la fermeture temporaire de certaines entreprises, particulièrement dans les métiers de bouche. Mais les commerces de proximité n’ont pas été les seuls à être impactés.

D’après une étude de la FEVAD, le recul des ventes atteignait fin mars 76 % pour certaines boutiques en ligne. La mode et l’équipement ont été les plus durement touchés.

La même étude précise pourtant que 94 % des sites e-commerce sont restés ouverts. Et certains ont accusé une hausse de leur chiffre d’affaires de 18 %.

Cette augmentation concerne principalement les denrées alimentaires, la téléphonie, l’informatique, les produits culturels et éducatifs.

Malgré des difficultés d’approvisionnement pour 40 % des entreprises, et des délais de livraison allongés pour 85 % d’entre elles, certaines ont su tirer leur épingle du jeu.

Le baromètre COVID-19 de Kantar annonce que 9 % des consommateurs se sont mis à faire davantage de shopping en ligne qu’auparavant. Et six personnes sur 10 pensent continuer à avoir recours au e-commerce après la crise.

La croissance du e-commerce pourrait donc bien se prolonger, car les habitudes d’achat semblent avoir changé.

Au plus fort de la pandémie, ce sont les produits essentiels qui ont continué à être achetés en ligne. Mais la vente des autres articles devrait rebondir après la crise, à condition que les entreprises soient préparées.

Comment le e-commerce peut-il faire face à la crise sanitaire ?

Si certains e-commerces ont vu leur chiffre d’affaires augmenter pendant le confinement, c’est qu’ils étaient prêts à une telle situation.

Être prêt signifie, entre autres, s’être organisé afin que les produits soient visibles au milieu de ceux des concurrents. C’est la seule solution pour sauver, au moins en partie, le chiffre d’affaires de cette année hors du commun.

Et cela inclut le référencement naturel. Le référencement naturel permet de positionner ses pages en tête des résultats des moteurs de recherche. Il est l’une des meilleures solutions en période de crise, surtout s’il a été mis en place en amont. Ainsi, il ne demande pas de temps ni d’investissement dans l’urgence, puisque le travail a été préparé.

Et c’est vers Google que se tournent les consommateurs pour trouver une solution lorsqu’ils rencontrent un problème.

L’étude Kantar a montré également que jusqu’à 40 % des produits en ligne sont indiqués, à tort, comme étant en rupture de stock. Autant dire qu’il est important de soigner son inventaire.

La baisse d’activité liée au coronavirus a permis d’avoir, malgré soi, davantage de temps. C’est le moment idéal pour se pencher sur votre offre digitale. Peut-être l’aviez-vous mise de côté par manque de temps ? Voici l’occasion de (re)découvrir certains canaux de distribution.

Mais le e-commerce, en période de crise plus que jamais, est tributaire de contraintes.

Par exemple, la fiabilité et la disponibilité des transports malgré les restrictions sont à prendre en compte.

Ainsi, un tiers des e-commerces (source FEVAD) ont proposé pendant le confinement des frais de port gratuits ou réduits pour la livraison à domicile. Les adaptations ont été importantes pour les livraisons : gestes barrière, optimisation des colis pour qu’ils puissent rentrer dans les boîtes normalisées, livraison sans signature…

De nombreux e-commerçants ont exceptionnellement allongé le délai de rétractation en le faisant passer à 30 ou 60 jours. Le but était de pallier la difficulté à retourner ses achats, pour cause de points relais fermés.

Enfin, notons le fait que la France fait partie des rares pays d’Europe, avec la Belgique, l’Espagne et l’Italie, dont le gouvernement a édité un guide des bonnes pratiques pour le secteur du e-commerce.

Comment les initiatives solidaires ont favorisé le e-commerce

En plus des mesures prises par les e-commerçants eux-mêmes, une vague de solidarité a été déployée par plusieurs acteurs pendant le confinement : plateformes de livraison mutualisées, drives piétons…

La Chambre du commerce et de l’industrie de l’Hérault a mis en place une cartographie des enseignes ouvertes pendant les restrictions.

La communauté Friends Of Presta a développé gratuitement des boutiques en lignes avec le CMS e-commerce Prestashop, pour les TPE impactées (boulangeries, épiceries fines, traiteurs…).

Ces sites pouvaient être conçus en 24 à 48 heures, avec hébergement, paiement en ligne, modes d’expédition, retrait sur place et accompagnement bénévole.

De la même manière, la French Tech, mouvement français des startup, a réussi à mobiliser plus de 300 entreprises pour mettre à disposition des commerçants des offres gratuites ou préférentielles. Cela inclut la création de sites Internet, la mise en place de solutions de paiement ou de livraison, l’accès aux marketplaces…

La plateforme STOPCOVID19 et été pensée par l’entreprise Mirakl. Elle permet à des producteurs et fabricants, autres que les professionnels de la santé, de fournir ces derniers en matériel de protection. Ainsi, un million de litres de gel hydroalcoolique et 17 millions de masques ont été donnés ou vendus via le site.

Vous l’avez vu, la catastrophe économique de la crise sanitaire a été l’occasion pour certains e-commerces de déployer une offre digitale qui n’avait que trop attendu.

Même si les résultats sont partagés et les dégâts indéniables, le coronavirus a eu le mérite de changer les habitudes de consommation. Et ces nouvelles habitudes, privilégiant le commerce électronique, tendent à s’inscrire dans la durée.

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  • Le e-commerce, c’est très bien. A condition de ne pas y être obligé par les mesures vexatoires et débiles du gouvernement. On a le droit de préférer le contact humain…

  • durant le confinement , les grandes surfaces étaient bondées de clients….et le nombre de caisses ouvertes réduites…avec des queues interminables aux caisses ouvertes ….sure que le commerce électronique c’est moins craignos ;

  • Changer ces habitudes de consommation…… Pour les consommateurs fous peut être, les autres.. Un changement d’horaire pour éviter les files d’attente pour mon cas personnel. Le e-commerce.. Pas trop, et y acheter quoi a part des bricoles introuvables autrement et le plus souvent informatique ou numérique, je ne vais quand même pas acheter du café ou des biscottes sur internet et attendre 3 jours mon petit dejeuner.. Le facteur ne passe pas tous les jours et le point machin est fermé…. L’une des joies du monde rural, on ne nous pousse pas à la consommation.

  • Cet article fait écho à celui que j’ai lu hier dans le Wall Street Journal, mais le bouleversement qui est décrit dans ce dernier va bien plus loin encore (mes arguments et 1 semi-traduction suivis d’un extrait résumant la situation).

    La révolution du commerce/e-commerce en route ?
    En lisant cet extrait d’1 article du Wall Street Journal, on se rend compte que les choses bougent. Vite. Très vite même.

    Entre les commerces de détail reconvertis totalement en entrepôts de proximité afin de réduire les délais de livraison et donc les coûts, les supermarchés existants qui ajoutent des plateformes de e-commerce de type click and collect soit directement dans le magasin soit juste à côté avec utilisation massive de robots, ou d’autres encore qui utilisent les boutiques comme « approvisionneurs » à l’image de l’accord signé en France l’année dernière entre Monoprix et Amazon, les choses changent dans ce millieu qu’on pensait figé. Et les délais d’adaptation et reconversion risque d’être fort court. Malheur à ceux qui vont rater le train qui quitte la gare en ce moment même.

    Bonne lecture.

    Brands using Ohi’s warehouses include Olipop, which advertises its “prebiotic sparkling tonics” as healthy alternatives to soda.

    “We ship nationally from Montana, but at the mercy of FedEx and UPS, ” says Steven Vigilante, Olipop’s growth marketing manager. Moving New York City customer delivery to Ohi’s Manhattan fulfillment center cut average shipping costs in half and delivery times from 1 to 2 weeks to as little as two hours, he adds.

    Between these two extremes are medium-size retailers catering to middle-income Americans, many of which are looking to add e-commerce fulfillment to their existing stores. A number of big grocery chains across the globe, including Albertsons Cos., Wakefern Food Corp. and France’s Carrefour SA, fall into this category. They are using or planing to use almost fully automated micro-fulfillment warehouses either within existing stores or in adjacent retail spaces, says Max Pedró, co-founder and president of Takeoff Technologies, which provides them with automated systems.

    Takeoff’s 10,000-square-foot micro-fulfillment centers hold the portion of a typical grocery store that represents most of its sales, or around 15,000 different item types. They make extensive use of robotics and automation to retrieve groceries from shelves, and so require little in the way of human labor to operate until the final stages of each order.

    SHARE YOUR THOUGHTS
    Doing more shopping from your couch? Tell us about a type of product you’ve purchased online for the first time this year in the comments below.

    These automated systems are meant to assemble and pack orders more efficiently than employees roaming aisles or visiting stockrooms, and keeping the fulfillment center next to the store has additional benefits, notes Mr. Pedró. Both can be resupplied from the same trucks, staff can move between the two as demand shifts between them, and their proximity to customers can save retailers some delivery costs.

    Many big retailers, including Walmart, Target Corp. and, in its forthcoming grocery stores, Amazon. com Inc., are taking a related but distinct approach: shipping directly from stores. Even stores that have begun offering curbside pickup amid the pandemic are, in a way, becoming part of the trend.

  • Quand on veut regarder le lien vers la CCI de l’Hérault, on tombe sur la CCI Aix Marseille avec erreur 404, c’est pas bon.
    Un pilier du e-commerce est aussi la livraison.
    Utilisateur de cet e-commerce, je privilégie les sites que je sais faire appel à des transporteurs au service de qualité et renonce ainsi à d’autres.
    C’est une chaîne.

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