Non au « nouveau monde » des écologistes et des artistes !

Nicolas Hulot - Crédit photo : Fondation Nicolas Hulot via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0

Opinion : bomber le torse face aux démocraties et au capitalisme, c’est beaucoup plus facile que de critiquer le leader chinois Xi Jinping.

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Cela fait déjà quelque temps que le nombre de spécialistes en coronavirus dépasse celui des décès qu’il a provoqués. On en compte beaucoup notamment chez les antilibéraux, ceux qui veulent en finir avec le capitalisme et l’économie de marché.

Les mêmes qui, dans les années 1970, auraient certainement milité pour la paix, manifesté contre les méchants Américains et défendu les intentions « pacifiques » des Soviétiques.

À l’époque, certains – l’ouverture des archives l’a montré – étaient payés par Moscou, mais aujourd’hui ? Qu’est-ce qui les pousse à envisager le « monde d’après » comme un monde nécessairement « post-capitaliste » ? La naïveté, le dogmatisme, la bêtise…

Cela, avec la complicité de nombreux médias toujours va-t-en guerre lorsqu’il s’agit de pourfendre le président Trump, mais jamais très courageux pour relever les délires de certaines personnalités politiques ou stars du showbiz.

Renaud Muselier lance un ultimatum à la grande distribution

Il y a quelques jours, personne n’a trouvé grotesque le communiqué de presse de Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur dans lequel il lançait un ultimatum – digne d’un dictateur sud-américain – à la grande distribution, la sommant de prouver qu’elle n’avait pas constitué des stocks de masques !

Nicolas Hulot a six voitures mais nous oblige à suivre les principes écolos

Ensuite, dans Le Monde du 6 mai, l’ancien ministre écologiste Nicolas Hulot a publié, ni plus ni moins, « Les 100 principes pour un nouveau monde ». Il ne s’agit pas d’un programme de réformes politiques et économiques, mais d’un catalogue de « pensées » et de « conseils » que nous devrions suivre, « de gré ou de force ».

Rien à voir avec Pascal. C’est du Mao. C’est le « petit livre vert » de Nicolas Hulot. Chez Mao, il s’agit surtout de recommandations sur la façon de s’organiser, de se comporter et de penser. Mao compare les mauvaises pensées aux maladies, et le parti communiste à un chirurgien. Il invite à la repentance, la guérison viendra de l’idéologie :

« Si celui qui a commis une erreur ne dissimule pas sa maladie par crainte du traitement et ne persiste pas dans son erreur au point de ne plus pouvoir être guéri, mais manifeste honnêtement, sincèrement, le désir de se soigner, de se corriger, nous nous en réjouirons et nous le guérirons, afin qu’il devienne un bon camarade. »

Hulot fonctionne comme Mao. Il veut changer les mentalités, transformer la réalité, métamorphoser les humains. En appliquant ses principes, le monde sera meilleur pour tous. Un monde de rêve où la nature dominera l’Homme.

« Le temps est venu, ensemble, de poser les premières pierres d’un nouveau monde », écrit-il. « Le temps est venu de transcender la peur en espoir. Le temps est venu pour une nouvelle façon de penser. Le temps est venu de dresser un horizon commun. » Inquiétant, très inquiétant. L’horizon de M. Hulot n’est pas forcément le nôtre.

Nous n’avons pas, nous, et nous le regrettons beaucoup, de manoir pour peaufiner nos pensées universelles, et nous ne changeons pas de voiture comme de chemises, une pour chaque jour de la semaine sauf un (voir sa déclaration de patrimoine).

Il nous donne des leçons écologistes qu’il n’appliquerait sûrement pas à lui-même. Comme Mao. Comme tous les tyrans communistes. Mao a mis en pratique les principes de son petit livre : il a tué des dizaines de millions de personnes… Espérons que Nicolas Hulot sera arrêté à temps. Pour le moment, ces élucubrations idéologiques font presque l’unanimité béate des médias.

Au bord de la piscine, face à l’océan, on dessine « le monde d’après » !

Même extase devant la foultitude d’artistes, et quelques scientifiques, appelant, toujours dans Le Monde du 6 mai, à un monde meilleur. De Robert de Niro à Juliette Binoche, ils veulent eux aussi changer « nos modes de vie, de consommation et nos économies ». « Il nous semble inenvisageable de revenir à la normale, écrivent-ils. La transformation radicale qui s’impose – à tous les niveaux – exige audace et courage. Elle n’aura pas lieu sans un engagement massif et déterminé. À quand les actes ? C’est une question de survie, autant que de dignité et de cohérence. »

Tout aussi inquiétant que le monde selon Hulot, ce « nouveau monde ». Moins glamour sûrement, sans ces grandes et luxueuses villas au bord de l’océan, ces jets privés, ces yatchs, que possèdent nombre de signataires… Car leurs déclarations ne laissent planer aucun doute : ils sont prêts eux aussi, par « dignité » et « cohérence », à se sacrifier pour l’avenir de l’humanité.

Il est permis de savourer cependant une petite dimension comique dans ces déclarations : Robert de Niro va-t-il renoncer à sa publicité pour la marque de voitures Kia, Pierre Niney pour la marque Jaguar et Juliette Binoche, « adversaire acharnée du consumérisme » pour les parfums Lancôme ?

Et puis… on cherche un peu le lien entre la réalité et ces magnifiques principes. Entre le coronavirus parti d’une dictature et d’un marché médiéval (ou d’un laboratoire, on ne sait encore trop), et le monde qu’ils veulent changer. Bomber le torse face aux démocraties et au capitalisme, c’est beaucoup plus facile que de critiquer le leader chinois Xi Jinping qui a menti au monde entier.

Moins de capitalisme ? C’est au contraire davantage de capitalisme, qu’il nous faut. Et davantage de démocraties qui puissent faciliter la capacité d’innovation des individus. Ces people – probablement sincères, et cela n’est pas le moins préoccupant – n’ont-ils pas conscience que sans le capitalisme et les découvertes médicales, nous compterions peut-être 50 millions de morts comme lors de la grippe espagnole ? Ou que la moitié de l’Europe aurait pu être décimée comme lors de la peste noire au XIVe siècle ? Ce qui équivaudrait aujourd’hui à environ 300 millions de personnes…

Ce « nouveau monde » qui nous est proposé risque d’être infiniment plus dangereux que « l’ancien ». Gardons l’ancien et ayons confiance en nos libertés et notre responsabilité.

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