Spot, le chien robot qui dresse l’humain

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Spot, le chien robot qui dresse l’humain

Publié le 15 mai 2020
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Par Yannick Chatelain.

Dans le cadre de la lutte engagée pour endiguer la pandémie du coronavirus, de nombreux médias ont relayé l’information de Numerama, pointant l’usage d’un chien robot développé par la société Boston dynamics dans le parc de Bishan-Ang Mo Kio à Singapour (ce chien robot étant également en activité dans le parc de Lee Ah Loo) un « chien » opérationnel et disponible pour un usage commercial depuis 2019.

Des informations corroborées par des médias comme Ein News Singapore, ou un autre journal Singapourien, The News Paper (TNP) qui privilégie l’humour pour évoquer la présence de ce canin robot : « Le chien robot du parc Bishan-Ang Mo Kio et Lee Ah Loo a été inculpé la semaine dernière pour avoir harcelé deux agents de l’NEA » Ndla. La NEA National Security Agency étant un conseil statutaire créé le 1er juillet 2002 sous la tutelle du ministère de l’Environnement et des ressources en eau de Singapour.

Cet usage se ferait dans le cadre d’un test envisagé du 8 mai au 22 mai. Ce chien robot répondant  au nom de Spot est un chien robot aux capacités polyvalentes, dont la sécurité publique. C’est donc dans ce cadre qu’il diffuse un message audio pour rappeler en anglais aux passants la nécessité de respecter les règles de distanciation physique : « Gardons Singapour en bonne santé ».

La nouvelle relation homme-machine. Un chien, fut-il robot qui rappelle les passants à l’ordre, voilà qui est pour le moins symboliquement cocasse, et qui au regard de la réaction de ces derniers… (cf. vidéo) ne semble pas susciter une acceptation sociale joyeuse, au mieux de l’indifférence à l’instar du Jogger ; toutefois la curiosité craintive semble dominer.

Ce robot quadrupède capable d’évaluer le nombre de personnes présentes grâce à un système de vidéosurveillance est accompagné d’un agent qui observe son efficacité et qui peut intervenir en cas d’incident, initie une relation homme-machine sur l’espace publique assez surprenante…

Être rappelé à l’ordre par un chien n’est en soi, pas la chose la plus valorisante pour un Homme. Quant au potentiel de ce robot au regard des autres développements de Boston Industry comme le robot humanoïde Atlas (développé depuis 2013), nous pouvons imaginer des fonctionnalités plus coercitives que la simple diffusion d’un message moralisateur, des fonctionnalités multiples qui seront conjuguées à une autonomie grandissante de ces derniers !

Atlas, l’ami de Spot. Sous financement et surveillance de la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) il mesure 1,88 m et est (serait) conçu pour diverses tâches de recherche et sauvetage ! Contrairement à son ami Spot, le robot humanoïde Atlas, fait lui certes des roulades et le poirier et apparaît bien sympathique.

Il n’est pas aberrant de penser qu’entre sa vocation annoncée (acceptable socialement) et l’usage détourné qui pourrait en être fait à terme par les États, sa tâche ne sera alors ni d’amuser les enfants en faisant des cabrioles et le poirier, ni de se limiter à des tâches hautement humanistes.

Biopouvoir, pandémie et opportunisme outrancier ?

Le biopouvoir – mondialement en pleine reconquête de territoire – que j’ai pu évoquer lors d’un précédent article, en éternelle quête d’une société «  zéro défaut » profite donc de la pandémie pour tester à Singapour, la matérialisation in situ d’un contrôle du corps de l’Homme par une machine !

Certes l’usage des drones à fin de sécurité publique (entre autres) existe déjà par nombre d’États. Toutefois, la particularité de ce test est que Spot – pour le moins peu discret – donne à voir de façon beaucoup plus concrète un type de société reconfigurée… qui serait supposé être acceptable : une société pensée par quelques hommes, au service de quelques hommes, plaçant l’humanité (pour son bien et sa sécurité, cela va de soi (sic) sous le contrôle de ses comportements par des robots.

Si naturellement les intentions se prétendent louables et au service de la sécurité et de l’intérêt collectif, inutile d’être grand clerc pour prendre la mesure de toutes les dérives possibles dans l’usage de notre nouvel ami Spot et de ses petits camarades comme Atlas.

Bienvenue dans le pire des mondes ?

Vous ne l’aviez peut n’être pas rêvé, Boston Dynamics l’a fait. La prouesse technologique est remarquable. Je note toutefois que les premiers usages en situation réelle à Singapour donnent pour le moins matière à réflexion. Quand bien même Spot ne tase pas les inciviques et/ou têtes en l’air s’écartant de la distanciation sociale exigée entre les humains par les pouvoirs publics et déambule encore avec son maître pour délivrer son message de bienséance dans les parcs de Singapour.

Est-ce là le meilleur des mondes auquel nous aspirons ? Toujours est-il que cette nouvelle réalité frappe de plus en plus bruyamment à nos portes.

Dans l’attente du Soma ?

Si cette réalité déshumanisée visant à la limitation de la vie, à son aseptisation, et à un conformisme comportemental et intellectuel devait se pérenniser par delà cette crise sanitaire.

Une crise sanitaire qui me semble avoir permis de nombreuses expérimentations improbables… peu virucides, mais hautement liberticides, alors peut-être que les gouvernements de ce monde devraient urgemment diligenter des recherches pour rendre acceptable l’inacceptable par le plus grand nombre en se préservant de tout contre discours voire d’une révolte éventuelle de déviants.

Ne serait-il pas souhaitable que les spécialistes en pharmacologie et en biochimie puissent mettre à disposition du biopouvoir le Soma ? Les États pourraient accompagner cette soumission à la machine et la prescrire aux récalcitrants ayant l’outrecuidance de réfléchir par eux-mêmes, de faire preuve de civisme sans besoin du rappel à l’ordre d’un Spot ni d’aucun de ses congénères en approche… sur la base du non-volontariat cela va de soi.

Avec le Soma, le biopouvoir pourra poursuivre sa reconquête outrancière, grâce à ses merveilleux effets euphoriques, narcotiques et hallucinogènes, mais sans les effets négatifs de l’alcool ou de la drogue.

Outre un petit inconvénient dans ce « meilleur des mondes », le Soma diminuerait l’espérance de vie, mais à défaut, il permettrait aux citoyens scandaleusement trop lucides de s’évader de la réalité, de calmer leur angoisse, leur colère, et d’être éternellement heureux dans…. le pire des mondes.

« Un monde gagné pour la technique est perdu pour la liberté. » Georges Bernanos

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  • Le problème de la plupart des robots et qu’ils sont dépendants de leurs capteurs pour percevoir leur environnement…et ces capteurs sont loin d’être infaillibles…typiquement:
    – les lidars sont très facilement perturbés par de simples nuages de vapeur d’eau un peu trop épais (raison pour laquelle Tesla préfère s’en remettre aux cameras qu’aux lidars)
    – les caméras numériques sont très vulnérables aux lasers portables de forte puissance
    – les radars sont très sensibles aux interférences tierces induites par un grand nombre de confettis métalliques d’une largeur similaire à la longueur d’ondes utilisée par ledit radar
    – les caméras de profondeur (type kinect, ou intel realsense) peuvent être brouillées en projetant d’autres types de patterns de points…ou plus simplement en dirigeant une forte source d’infrarouges en direction de la caméra infrarouge
    – les gps peuvent être facilement dupés par des émetteurs radio numérique « grand public » pilotés par des logiciels open source style GNU Radio
    – …

    Bref, les robots sont très vulnérables à un très grand nombre d’attaques à l’encontre de leurs capteurs…et ce n’est probablement pas prêt de changer…

    • Concernant la partie spoofing GPS, il est bien entendu parfaitement illégal d’utiliser des software defined radios (SDR) à cette fin…ce qui n’a pas empêché l’Iran d’utiliser cette méthode pour récupérer des drônes américains…ou plus simplement de permettre à des joueurs de Pokemon Go de récupérer des Pokemons rares sans sortir de chez eux…

    • de l’espoir donc pour John Connor, quelques gadgets et hop plus de Spot. Utile quant on va à Singapour: consulter les lois en vigueur parce qui si John, en bon occidental, va fêter victoire à grands renforts de bière pour ensuite chanter à tue-tête dans la rue et pisser contre une vitrine: expulsion garantie, avec ou sans bastonnade selon le degré d’intervention de l’Ambassade US.

      • Mettez un spot dans certains quartiers émotifs en France et on regarde combien de temps le robot tient…à titre personnel, je parierais qu’il sera mis en feu très rapidement…ou si ce petit robot a un peu de chance, on le retrouvera en vente sur le bon coin 🙂

        • ben oui, la fRance c’est pas Singapour. Et dans les quartiers émotifs on retrouve toutes les qualités de ce pays, en pire: incivisme, brutalité, grossièreté, magouilles et combines, trafics en tous genres, marché noir, violence verbale et physique, mais ils sont plutôt bien intégrés au paysage je trouve, ils apprennent vite et sans trop se prendre la tête à l’école. Quant au Bon Coin, bof, faut un numéro de Siret maintenant, le temps que ceux qui savent lire comprennent, je parierais plutôt sur la vente des pièces détachées. 🙂

    • Pour les chiens-chiens robots, vous leur jetez un su-sucre batterie lithium avec des dendrites.

  • La petite bête
    15 mai 2020 at 9 h 52 min

    Si cette réalité déshumanisée visant à la limitation de la vie, à son aseptisation, et à un conformisme comportemental et intellectuel devait se pérenniser par delà cette crise sanitaire… un des objectifs de cette crise est justement cette pérennisation, un nouveau paradigme social devant aboutir à un contrôle planétaire des populations.
    Gageons que ce n’est pas la population française, ni son gouvernement qui va s’y opposer, malgré quelques avis éclairés comme celui de cet article.

    • La petite bête
      15 mai 2020 at 9 h 54 min

      Il y en a d’autres, bien que moins développés

      Et de par le monde, des citoyens ne veulent plus que leurs libertés soient bafouées

      Les Français vont-ils enfin se réveiller avant que tout ça vire au cauchemar?

    • C’est l’un des buts ultimes du socialisme moderne…une humanité réduite en esclavage par des machines au profit d’un petit nombre d’humains…raison pour laquelle il devient urgent d’apprendre à rendre hors service les moyens de surveillance mis en place par nos gouvernants.

      • Ou autrement dit  » un pays bien organisé est celui où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui et le gouverne ». C’est de Voltaire, fameux socialiste ! Lol.
        Vous inversez le sens de l’Histoire, en fait : le positivisme, le scientisme, le machinisme, il vient, très tôt, des libéraux, anglais comme français, du 18ème. Il s’installe partout en Occident durant le 19ème, avec la révolution industrielle ; le socialisme ne le récupère, en naissant, qu’un siècle plus tard, lorsque le capitalisme libéral l’a déjà installé comme fondement de toutes les économies modernes.

        • Non. Regardez autour de vous…les « démocrates » réclament plus de flicage dans tous les sens…les « démocrates » réclament une extension permanente du périmètre de l’Etat…les « démocrates » taxent toujours plus…les « démocrates » voudraient empecher les gens de travailler…

          Bref, le socialisme d’antan n’existe plus…et ce qui se prétendent socialiste de nos jours sont avant tout une bande d’apprentis dictateurs méprisant totalement le peuple, ne le jugeant digne que d’être réduit en esclavage à leur profit exclusif.

          Et pour votre diatribe envers les libéraux, laissant sous-tendre – à tord – que les libéraux envisagent depuis toujours utiliser les machines pour réduire l’Homme en esclavage est fausse. Les libéraux ont toujours vu les machines comme ce qu’elles sont : des outils permettant d’accroitre la productivité de chacun.

          • donc Spot est mal utilisé alors. Ce n’est pas Spot le problème c’est ce qu’on en fait. Comme unité mobile correctement équipée pour les incendies ou les accidents industriels, Spot pourrait être très utile.

            • Donc il faut une décision étatique/européenne/autre, permettant de limiter, contrôler l’usage qu’il est fait de ces IA.

              • Non et Oui.

                Non, dans la mesure où une armée ennemie pourrait très bien se doter de ces technologies pour essayer de vous envahir…et pour ce qui est des moratoires imposés par des organisations aussi utiles que les cou***es du Pape, on repassera…tout le monde lors de la seconde guerre mondiale avait des armes chimiques au cas où l’un des protagonistes aurait jugé utile de passer outre les traités…raison pour laquelle il n’est pas conseillé de se baigner sur certaines plages en Italie…les alliés s’y étant débarrassés de plusieurs centaines de tonnes d’armes chimiques inutilisées…

                Oui, dans la mesure où l’usage de robots pour contrôler son propre peuple me semble relever d’une éthique des plus douteuses.

                Enfin, arriver à légiférer sur le sujet du contrôle des IA me semble relativement complexe…quid du principe de responsabilité, quid du fait qu’il n’est généralement pas possible d’avoir un large corpus de propositions complètement cohérent, …

              • Chat-Bleu a écrit: Donc il faut une décision étatique/européenne/autre

                Google qui abuse de son « IA » peut vous balancer des publicités pour vous emm***er voir au pire vous supprimer votre compte.
                On est très loin de la tortue ou des exécutions de masse que les états ont largement pratiqués en s’appuyant sur des fichiers papier.
                Demander aux états de légiférer sur les IA parce que vous craignez les agissement de gens qui n’ont pas de police, pas d’armée et pas le monopole de la violence légale c’est comme demander à Dutroux de s’occuper du bien-être des enfants.
                Il peut effectivement améliorer (réellement) la vie de certains, mais n’avez vous pas l’impression de passer à côté de quelque chose d’essentiel dans cette histoire ?

                • Je ne considère pas les états comme des entités forcément bienfaisantes, mais dans le cadre d’un fonctionnement « normal » (hors révolution, coup d’état, etc), c’est pas mal.
                  Et à votre avis, si l’Etat n’avait pas le monopole de la violence, est-ce que ces sociétés n’auraient pas alors des milices privées ? Imaginez Total qui envoient sa milice prendre possession d’une zone pour poser son pipe-line, FB qui bombarderait les data center de Baidu, Peugeot piratant les cargos de voitures coréennes, Disney qui irait liquider les gros streameurs… Vous le dites vous-mêmes : des gens qui n’ont pas de police, pas d’armée, mais vous passez à côté de la raison : parce que l’Etat a le monopole de la violence légitime :-).

                  • Une milice privée ne peut agir que sur un terrain privé. Ou bien ???

                  • Chat-Bleu a écrit: Et à votre avis, si l’Etat n’avait pas le monopole de la violence, est-ce que ces sociétés n’auraient pas alors des milices privées

                    Ce n’est ni le sujet, ni la question ni même la réalité.

                    • @Guillaume P : Ben c’est vous qui avez abordé le sujet…
                      @MichelC : « ne peut agir »: dans le respect de la loi ? loi garantie par qui ? par l’Etat ? et comment ? Par le monopole de la violence légitime 🙂

                    • J’ai abordé un sujet auquel vous n’avez rien compris et vous répondez encore à côté avec de la mauvaise science-fiction.

                  • Envoyer des milices privées plutôt que trouver un accord avec les personnes concernées, c’est comme réquisitionner les masques plutôt que de laisser faire les acheteurs habituels.

          • Jamais dit que les libéraux étaient des ogres assoiffés d’esclavage. Pas plus que les socialistes ne mangent des bébés avec délectation.
            Mais l’enfer est surtout pavé de bonnes intentions : les outils « permettant d’accroitre la productivité de chacun », ils ont fait les ravages que l’on sait au 19ème, et ils ont construit l’entièreté du monde d’aujourd’hui.
            Parce qu’en fait, non, contrairement à ce que pensaient/pensent les libéraux ( mais beaucoup de marxistes aussi, par la suite ) les machines ne sont pas des objets sacrés qui échappent miraculeusement à l’idéologie. Les objets ont toujours une fonction et une influence, et ils sont toujours issus d’un mode de production particulier, d’une histoire particulière, d’une organisation économique particulière etc.
            La « technique neutre », c’est une idée qui émerge au 19ème, qui n’existait pas avant, et qu’il me parait difficile de défendre après ces deux siècles d’application.

            • sdfsd a écrit: « ils ont fait les ravages que l’on sait au 19ème, et ils ont construit l’entièreté du monde d’aujourd’hui. »

              Le monde d’aujourd’hui va de mieux en mieux nonobstant les états qui sont en train de partir sérieusement en c***** comme la France qui va régresser et d’autres dont les tentations totalitaires sont de moins en moins cachées.
              .
              Pour le 19ème, il faut regarder « ce qu’on ne voit pas », si les gens se pressaient dans les usines c’est que la situation était dramatique dans les campagnes, les gens mouraient littéralement de faim.
              Oui il y a eu des ratés, très, très, vraiment très médiatisés, entre autres par l’école « républicaine », mais b>personne/b> ne vous parle plus de ce que le 19ème a apporté de formidablement positif à des centaines de millions de gens et c’est de moins en moins à la mode.
              .
              Votre vision, celle de notre époque, est beaucoup trop dépressive et induite par une lecture partisane et biaisée de l’histoire et de la situation, ce n’est pas la réalité et si le scientisme béa du passé ne l’était pas non plus, cette vision-là avait au moins l’avantage d’être positive et d’aider les gens à avancer.
              .
              Ce qui n’est plus le cas de nos populations écrasées par un pessimisme et un négativisme qui confine à la maladie mentale, voir des jeunes se suicider par le feu pour des problèmes de pension de retraite, ce n’est pas normal du tout et ce n’est pas le signe d’un peuple qui avance.

              • Oh, j’ai sans doute étudié la mauvaise Histoire, biaisée et partisane, puisque n’étant pas libéral je suis nécessairement aveugle.
                Il y a néanmoins quelques données qui ne sont pas contredites par votre camp, celui de la clairvoyance et de l’équilibre : la révolution industrielle ( qui n’est pas non plus un évènement précis et ponctuel, plutôt une tendance lourde qui s’étale progressivement ) s’est accompagnée dans tous les pays d’une baisse de l’espérance de vie et d’une dégradation sanitaire d’au moins deux générations. Même les libéraux le note à l’époque : le PIB explose mais le niveau de vie baisse, et ils s’en étonnent. Les études modernes sont assez nettes : la taille moyenne en occident a baissé de trois centimètre durant cette période.
                Les gens n’ont pas fuit les campagnes d’un coup pour se ruer dans les usines ! Ils n’aimaient pas le changement à la base, ils n’en voulaient pas des usines, mais ils n’avaient pas le choix : c’était pas la démocratie le 19ème !
                Ce que j’essaie de vous dire en parlant des patrons, c’est que l’époque qui a fondé la théorie libérale et qui l’a appliqué était une époque autoritaire, verticale, avec des classes, des domestiques et une vision de l’homme très hiérarchique : bien entendu que ça influence la pensée, on ne ferait pas pareil aujourd’hui, et pourtant c’est cette même organisation économique dont nous sommes les héritiers.
                Alors oui, les choses se sont améliorées un siècle après… Les bénéfices du gain de production apporté par cette voie ont fini par toucher ceux « qu’on ne voit pas »… Moi je pense que c’est grâce aux luttes sociales, qui ont modéré la verticalité du pouvoir : est-ce complètement faux ?
                Et puis, qui peut dire ce qu’il en aurait été si on avait suivi autre chose ? Si on avait continué tranquillement, beaucoup plus progressivement, la localité, l’artisanat, l’autonomie, la corporation ?…
                Ni vous, ni moi.
                Seulement aujourd’hui on a perdu la moitié de notre biotope, la quasi-totalité des langues existantes, et on commence à voir le bout de nos énergies fossiles : faut-il encore compter sur un progrès qui, dans ces domaines, n’a jamais amélioré quoi que ce soit ?
                Vous appelez cela du pessimisme : nous sommes en désaccord, j’appelle ça de l’ambition.

          • Enfin, ceci-dit, le discours d’une bonne partie des libéraux lors de l’industrialisation de l’Occident, il n’est pas non plus piqué des hannetons…
            Ils avaient souvent à l’époque une vision très biologique de la répartition sociale, et n’avaient donc pas beaucoup de scrupules à considérer leur main d’oeuvre avec le regard froid d’un paysan sur son bétail.
            Je ne pense pas que les plus cyniques des libéraux d’aujourd’hui soient capables d’accepter le centième de la violence symbolique dont les patrons de l’époque usaient sans état d’âme, au quotidien, contre leurs serviteurs, leurs domestiques ou leurs employés.

            • C’est une vision biaisée par ce qu’il faut bien qualifier de falsification de l’histoire.
              .
              Réduire les avancées sociales aux seules lutte ouvrière c’est passer totalement à côté de la réalité. Le monde était très dur pendant des siècles, les gens avaient l’habitude d’avoir faim et de perdre en nombre leurs enfants, leurs femmes.
              Dans ce contexte le monde du travail était aussi dur mais les avancées technologiques ont changé la donne et ce sont les sociétés dans leur ensemble qui ont évolué, y compris les entrepreneurs, les « patrons ».
              .
              Dans certains pays, les « luttes » ont été quasi inexistantes et pourtant ils ont changé aussi. Pareil pour les avancées de la condition des femmes, les hommes avaient tous les pouvoirs, ce sont bien eux en premiers lieux qui ont produit les changements mais ils étaient sociétaux avant tout.
              .
              Les méchants « patrons » n’étaient humainement ni meilleurs ni pire que leurs ancêtres ou que les bureaucrates actuels, ils étaient dans l’air de leur temps. Les gens heureux ou qui vivent tranquillement ne laissent pas de trace dans l’histoire.

              • Le monde féodal n’était surement pas mieux que le monde industriel. Chacun ne saurait vivre en dehors de son époque.

                D’un point de vue humaniste, je constate que l’adoucissement des mœurs consécutif à l’aisance matérielle est quand même assez détaché des considérations politiques.

                Quand vous pouvez encore entendre un africain dire de son voisin de 50 km : « lui, je le mange », cela relativise un peu la « lutte des classes ».

              • @Guillaume P un des commentaires les plus sensés qu’il m’ait été donné de lire ici. Je le conserve et ressortirait à l’occasion tout ceci, pas une évidence pour beaucoup hélas.

      • Mais où voyez-vous du socialisme ??? Faut arrêter de coller l’adjectif socialiste à tout ce qu’il vous déplait…
        Et si on reste dans votre « vision », pour rester poli, c’est plus du capitalisme :-). Ben oui : qui possède les machines ? Ceux qui ont du capital :-). Qui possède le capital ? Un petit nombre d’humains.

        • Je ne colle pas ce terme au hasard. J’observe juste que chez ceux qui se prétendaient socialistes il y a une trentaine d’années encore, on observe une très importante dérive autoritariste. Enfin, je rappellerais qu’en URSS, techniquement, personne ne détenais de capital…et pourtant ils avaient des machines…le problème de l’URSS était juste que certains étaient plus égaux que d’autres…et que les plus égaux d’entre tous disposaient d’énormément d’avantages…

  • Faudrait savoir : il y a peu vous nous citiez Singapour comme un modèle de gestion de l’épidémie, grâce, soit-disant, à la moindre part de l’État dans le budget de la santé, et voilà qu’aujourd’hui vous pointez du doigt la sur-implication dudit État de SIngapour pour la même exacte crise sanitaire ! Bah oui, à Singapour l’État ne gère pas moins la vie des individus qu’en France, il le gère juste à un autre endroit. Elle est où la différence ?
    D’autant que vos craintes ( plus que légitimes, je les partage ) elles font quand même bien rigoler quand on voit ce que des sociétés privées, partageant vos convictions libérales, appliquent déjà en terme de surveillance, de fichage et d’intrusion.
    Curieuse également votre manie de citer Bernanos, Huxley ou Orwell. Ce ne sont pas précisément des auteurs que je qualifierai de politiquement acquis à votre cause !…

  • Tiens, on ne parle pas du classement de la Heritage Foundation (citée 1x par semaine ici) mettant Singapour en tête des libertés économiques. Quel pays formidable ! Quel pays de Cocagne pour les libéraux ! (lol, je taquine).
    Sérieusement, la relation homme-IA n’est pas à prendre à la légère. Mais ça fait penser à une question à laquelle certains ici pourront sans doute répondre : nous avons déjà discuter OGM, et beaucoup disent « autorisons les OGM et celui qui n’en veut pas n’en mange pas, n’en consomme pas ». Ok. Bon, maintenant, déployons ces robots-chiens à Singapour: en tant que touriste ou devant me rendre à Paris pour raisons professionnelles, je ne souhaite pas être interpellé par une IA. Je fais comment ? S’il doit connaitre mon choix pour savoir s’il peut me parler, il doit d’abord m’identifier, savoir qui je suis, mon choix etc, donc accès à une base de données, à mes données personnelles…
    Je n’ai pas très envie…

    • Il ne faut pas mélanger les choses: Singapour est très libre économiquement ce qui est excellent pour la richesse et la prospérité, elle l’est moins voir très peu pour les droits civiques et les autres droits fondamentaux et vous ne verrez aucun libéral célébrer cet état de fait .
      Je ne comprends pas comment vous arrivez à mélanger OGM, IA et robots dans une telle bouillie indigeste.
      Chacun des sujets demande une analyse précise ce n’est parce qu’on est contre l’interdiction par l’état des OGM qu’on est pour le flicage par l’état grâce à des IA.

      • Je ne mélange rien, je parle juste de choses complexes :-). Certains brandissent le classement de l’Heritage Foundation comme preuve absolue de la nécessité des libertés économiques pour la prospérité économique (les Chinois et Vietnamiens doivent bien rire en lisant ça). Tout le monde ici peste contre l’étatisme français, à raison. Beaucoup pointent le communisme-collectivisme français et/ou de Macron (qui est un fantasme, rappelons-le). Et Singapour est souvent cité en exemple comme modèle de réussite économique en oubliant ce régime autoritaire. Rien n’est simple.
        Pour les OGM, c’est simple : je mets en avant la nécessité pour la société/état/nation de prendre position sur un sujet qui dépasse l’individu en terme d’impacts, de conséquences et de causes.
        En gros, si on autorise les OGM plantes, quid de demain les OGM animaux, OGM humains, etc etc (ce n’est pas de la SF, ce sont des questions éthiques, qui met l’Homme face à sa nature humaine). Si demain on vous présente votre nouveau chef XR-17, 100% humanoïde, qui est indiscernable d’un humain de chair, serez-vous à l’aise ? Serez-vous « ok, je dois prendre des ordres d’une machine. Une machine crée par d’autres humains ».

        • Vous mélangez bien tout et n’importe quoi avec de bonnes doses de fantasmes, de sophismes et d’hommes de paille mais c’est la bouille habituelle que produit l’idéologie eco-socialo-française actuelle.
          Il faut pour commencer rester concentré sur un seul sujet, vous voulez parler des robots, de Singapour, des IA ? des OGM ?

          • ah.. vous commencez déjà à sortir le laïus contre « l’idéologie éco-socialo » parce que je n’ai pas le même point de vue que vous…
            Je fais un PARALLELE sur une question portant sur l’éthique, sur l’humanité, sur des choix de société..

            • L’IA, les OGM, les robots, le « libéralisme-sauvage » SONT des fantasmes au cœur de l’idéologie que je mentionne et vous les alignez consciencieusement dans une bouillie indigeste et puérile.
              Vous êtes totalement incapable de faire une analyse rationnelle et qui tienne la route sur un sujet précis.
              .
              En exemple: vous prétendez que l’autorisation des OGM est la porte ouverte à la modification totale de l’homme… Expliquez nous comment l’autorisation de la pomme de terre amflora très riche en amylopectine peut mener à faire des humains à 5 bras et deux têtes et en quoi l’interdire peut sauver le monde de ce péril ?
              .
              Restez concentré sur CETTE question sans partir dans tous les sens !

              • Calmez-vous Guillaume P :-). Restons dans une discussion courtoise et intelligente svp.
                Pour la 3ème fois, je répète que je ne fais que faire un PARALLELE entre des sujets qui concerne l’humain au sens philosophique, au sens éthique, etc.. Apparemment, le génie génétique n’est pas votre tasse de thé, bon, je vais revenir aux IA, et reprendre un petit peu la question de l’humanoïde XR-17, à laquelle vous n’avez pas su répondre.
                Mise en situation : année 2039, Tartempion se crashe en voiture. Il est sauvé par les médecins, mais 80% de son corps est désormais mécanique et électronique, son coeur est une pompe artificielle. Il a perdu une partie de sa mémoire, il ne sait plus qu’il est Tartempion, mais on lui réinjecte en USB les photos de sa jeunesse et autres récits de sa vie. Sa capacité de raisonnement est toujours assurée par son cerveau. Est-ce que Tartempion 2.0 a toujours l’identité de Tartempion 100% de chair ? Est-ce une nouvel individu ? Est-ce un humain ?
                Autre exemple : imaginez une IA qui passe le test de Turing les doigts dans le nez, qui interagit parfaitement avec les humains de chair. On transfère cette IA dans un corps de chair tout juste décedé : devient-elle humain ?

                • Cher Chat-Bleu, il m’arrive de comprendre parfois où vous voulez en venir et le sens de vos interrogations mais là avec une telle réponse vous vous enfoncez dans quelque chose qui pourrait éventuellement redonner un peu de sel à « L’homme qui valait trois milliards s’appelle désormais Tartempion » mais c’est tout. Le problème avec des postulats en « si et si et si » c’est que tout est possible sauf une discussion raisonnable, non? Sans animosité, si la Tour Eiffel était rose, Paris serait-il plus gay?

                  • Je reprends un extrait de l’article : « La nouvelle relation homme-machine. Un chien, fut-il robot qui rappelle les passants à l’ordre, voilà qui est pour le moins symboliquement cocasse, et qui au regard de la réaction de ces derniers… ne semble pas susciter une acceptation sociale joyeuse, au mieux de l’indifférence (…) ; toutefois la curiosité craintive semble dominer. »
                    Ben voilà… quand un être humain dit « merci » à un automate, à un assistant vocal, à une machine donc, c’est déjà un point d’interrogation. Dans le terme IA, ya « intelligence », qu’il faut déjà définir. Et penser nous, humains, vis-à-vis de machines « pensantes ».

                • Bref, vous confirmez être incapable d’aborder un sujet précis avec pertinence sans partir dans une bouillie informe moitié café du commerce, moitié science-fiction médiocre.

                  • Ne vous en prenez pas à moi si un peu de questionnement éthique vous dépasse, ou si penser le futur (10, 20, 30 ans ?) vous sort trop de vos certitudes. La question du transhumanisme n’est pas très « café du commerce », c’est juste pas votre tasse de thé apparemment

                    • Votre « questionnement éthique » est amusant et puéril, mais n’a aucun rapport avec la réalité. Votre « réinjection d’images et de souvenirs par USB » par exemple confine au ridicule le plus total, vous n’avez pas la plus petite idée de la science biologique et informatique.
                      Vous n’avez même pas abordé le danger principal : les super robots chimpanzés de chez Disney dotés d’un QI de 728 et de lasers 5G dopés au MON810.
                      Fabrication Singapourienne en plus !

  • Les chiens robots rendent les chats bleus fous. Cela montre le danger de fabriquer des gadgets imitant physiquement l’homme ou l’animal.

    • Sans rire, ce robot là ne prendra jamais parce qu’il est en plein dans la vallée de l’étrange avec des mouvements de prédateurs pour couronner le tout. Je ne miserais pas un kopeck sur des ingénieurs infoutus de comprendre les bases de la psyché humaine. Le Kindchenschema de Lorenz c’était en 1949 tout de même.

      • Les japonais travaillent beaucoup à simuler l’humain avec de robots. Cela reste une simulation.

        Est-ce utile de dépenser des milliards de dollars ? On a déjà des chatons mignons pour satisfaire nos penchants.

        Comme vous dites le robot imite un prédateur, alors que le seul intérêt est de pouvoir se mouvoir sur les même terrains qu’un humain. Et les bases de la psyché humaine ne sont intéressantes que pour évaluer la possibilité d’un robot à être plus qu’une machine. (Ce qui est loin d’être à notre portée actuellement).

        Au mieux, l’IA ne pourrait fabriquer que des singes artificiels. Non pas parce que les singes seraient moins intelligents ou plus faciles à imiter, mais parce que un singe est « alien ». Nos pensées, désirs et perception de la réalité, la vérité, le bien, la justice sont totalement dépendantes de notre condition animale, nos perceptions (capteurs sensoriels + thalamus), les schémas mentaux innés comme stratégie d’espèce et acquis au travers d’émotions.

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