Covid-19 : ce que Frédéric Bastiat avait déjà compris de la crise

Frédéric Bastiat (image libre de droits)

Depuis plus de 40 ans les mêmes politiciens qui ont ruiné économiquement et culturellement le pays appliquent les mêmes plans ayant entraîné la ruine et s’étonnent que le résultat ne soit pas la prospérité.

Par Patrick de Casanove.

Contrairement à ce que beaucoup de personnes croient, la crise dite du Covid-19 n’est pas due à la maladie Covid-19 mais à cette classe dirigeante qui nous a délibérément envoyé nous fracasser contre un mur. Une fois que l’on a compris cela il est clair que cette crise met en relief les vices rédhibitoires du socialisme.

Frédéric Bastiat les avait identifiées

— L’État a une propension intrinsèque à s’étendre à l’infini

Il est à l’affût du moindre prétexte. Avec l’épidémie de SARS-coV2 il en a trouvé un extraordinaire.

« Le pouvoir, vaste corps organisé et vivant, tend naturellement à s’agrandir. Il se trouve à l’étroit dans sa mission de surveillance. Or, il n’y a pas pour lui d’agrandissement possibles en dehors d’empiétements successifs sur le domaine des facultés individuelles. » Frédéric Bastiat — À Messieurs les électeurs de l’arrondissement de Saint Sever (1846)

Ce n’est pas tout. L’État ne fait jamais machine arrière volontairement. Il y a peu de chance pour que nous retrouvions les libertés que nous avions avant la crise et qui, pourtant, étaient déjà chichement mesurées.

— L’État est destructeur

« Quand l’État se charge d’un service, généralement il a soin de décréter que nul autre que lui ne le pourra rendre. » — Frédéric Bastiat Services privés, service public (1850)

Lors de la création de la Sécurité sociale en 1945, l’État a détruit les solidarités qui existaient déjà, familiales, mutuelles et assurantielles. Aujourd’hui il détruit et interdit toute initiative individuelle qui aurait pour objectif de pallier ses défaillances. Nous en avons eu l’illustration navrante quand l’État déficient a interdit la vente de masques au public, interdit le port du masque systématique, interdit la chloroquine/hydroxychloroquine aux médecins traitants, etc…

— L’État c’est la contrainte

« Mais l’action gouvernementale se généralise par la contrainte. Elle invoque nécessairement le compelle intrare. Elle procède en vertu d’une loi, et il faut que tout le monde se soumette, car loi implique sanction. » — Frédéric Bastiat Services privés, service public (1850).

Pour rester toujours dans le domaine de la protection sociale, l’État a créé un monopole public. Chacun doit y entrer, nul ne peut en sortir. Avec la Sécurité sociale il a fallu payer pour être autorisé à travailler. L’URSSAF se charge du recouvrement. L’URSSAF comme la Sécu ont des pouvoirs de contrainte exorbitants au droit commun. Lorsque quelqu’un fait preuve d’ingéniosité et prend des responsabilités, la loi pervertie brise ses initiatives et l’oblige à entrer dans le rang. La gestion étatique de Covid-19 en offre maints exemples. Or cette machinerie complexe n’était pas prête et a été dépassée quand SARS-coV2 est arrivé.

— L’État ne se remet jamais en question

Il continue à appliquer systématiquement les recettes qui n’ont jamais fonctionné.

« Sa pensée se porte vers des combinaisons, des arrangements, des organisations légales ou factices. Il cherche le remède dans la perpétuité et l’exagération de ce qui a produit le mal. » — Frédéric Bastiat, La loi (1850)

Depuis plus de 40 ans les mêmes politiciens qui ont ruiné économiquement et culturellement le pays appliquent les mêmes plans ayant entraîné la ruine et s’étonnent que le résultat ne soit pas la prospérité. Cette persévérance dans l’erreur frise la pathologie.

— L’État soumet et manipule les individus

En leur interdisant toute initiative, en leur déniant la possibilité de prendre leurs responsabilités les politiciens les asservissent, les rendent dépendants. L’État et ses organisations parallèles ont tissé une énorme filet qui enserre la population. Les mailles sont de plus en plus petites. Les Français qui le voudraient ont de plus en plus de mal à en sortir. Les plus dynamiques, entreprises ou particuliers, fuient le pays. Les autres sont traités comme des gamins irresponsables. Dans la vie, les enfants attendent tout de leurs parents. L’État ayant infantilisé les Français ces derniers n’ont pas d’autre choix que d’attendre tout de lui.

« Le déplacement de la responsabilité a faussé l’opinion populaire. Le peuple, accoutumé à tout attendre de l’État, ne l’accuse pas de trop faire, mais de ne pas faire assez. Il le renverse et le remplace par un autre, auquel il ne dit pas: Faites moins, mais: Faites plus; et c’est ainsi que l’abîme se creuse et se creuse encore. » — Frédéric Bastiat Services privés, service public (1850)

La preuve en est qu’ils demandent sans cesse des lois et encore des lois alors qu’ils devraient demander moins de lois et encore moins de lois. Inutile de préciser que l’État se délecte !

— L’État est nocif

Il n’a rien. Il ne crée rien. Il ne fait que redistribuer le produit de la spoliation légale pour acheter ses clients.

« L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. » — L’État (1848)

En résumé le socialisme est totalitaire par essence.

Que faire ?

Sûrement pas augmenter le rôle de l’État, diminuer la liberté économique, fuir dans la dette, le déficit et la fausse monnaie.

Frédéric Bastiat est un libéral défenseur des droits naturels .

« Personnalité, Liberté, Propriété, — voilà l’homme. » La Loi (1850)

Ceux qui le connaissent savent que Bastiat est habituellement présenté comme minarchiste.

— Mettre fin à la spoliation légale

La spoliation légale c’est quand l’État porte atteinte légalement aux droits naturels des personnes.

« Absence de Spoliation, — c’est le principe de justice, de paix, d’ordre, de stabilité, de conciliation, de bon sens que je proclamerai de toute la force, hélas ! bien insuffisante, de mes poumons, jusqu’à mon dernier souffle. » — La loi (1950)

 — Respecter la liberté, et la propriété individuelle qui ne se limite pas à la propriété foncière.

« Nous disons, nous : l’Homme est propriétaire de lui-même, par conséquent de ses facultés, et, par suite, du produit de ses facultés. » — Baccalauréat et socialisme (1850)

« Se conserver, se développer, c’est l’aspiration commune à tous les Hommes, de telle sorte que si chacun jouissait du libre exercice de ses facultés et de la libre disposition de leurs produits, le progrès social serait incessant, ininterrompu, infaillible. » — La Loi (1850)

— Laisser les gens échanger librement

« Laissez faire, en d’autres termes, respectez la liberté, l’initiative humaine…. » — Responsabilité chapitre XX Harmonies économiques (1850)

« L’échange est un droit naturel comme la propriété. Tout citoyen qui a créé ou acquis un produit, doit avoir l’option ou de l’appliquer immédiatement à son usage, ou de le céder à quiconque, sur la surface du globe, consent à lui donner en échange l’objet de ses désirs. Le priver de cette faculté, quand il n’en fait aucun usage contraire à l’ordre public et aux bonnes mœurs, et uniquement pour satisfaire la convenance d’un autre citoyen, c’est légitimer une spoliation, c’est blesser la loi de justice. » — Association pour la liberté des échanges (1846) Principes

« Dans l’isolement, nos besoins dépassent nos facultés. Dans l’état social, nos facultés dépassent nos besoins. » —  Harmonies économiques chapitre IV, Échange (1850)

Des personnes responsables de leurs actes

« La responsabilité, c’est l’enchaînement naturel qui existe, relativement à l’être agissant, entre l’acte et ses conséquences; c’est un système complet de Peines et de Récompenses […] Elle a évidemment pour objet de restreindre le nombre des actions funestes, de multiplier celui des actions utiles. » — Harmonies économiques chapitre XX  Responsabilité (1850)

 « Il est évident que la concurrence, c’est la liberté. Détruire la liberté d’agir, c’est détruire la possibilité et par suite la faculté de choisir, de juger, de comparer ; c’est tuer l’intelligence, c’est tuer la pensée, c’est tuer l’Homme. » — Harmonies économiques Chapitre X Concurrence (1850)

 Tout service a un prix

Seul le marché libre grâce à l’information des prix peut être à même de déterminer la valeur des services échangés. L’État a remplacé les prix par des tarifs administratifs, d’où la destruction des incitations productives, la disparition des informations fiables et les pénuries. Rien n’est gratuit, même pas la pénurie. La France paie le prix fort pour sa Sécurité sociale.

« À la vérité, le mot gratuit appliqué aux services publics renferme le plus grossier et, j’ose dire, le plus puéril des sophismes […] Mais il n’y a de vraiment gratuit que ce qui ne coûte rien à personne. Or les services publics coûtent à tout le monde ; c’est parce que tout le monde les a payés d’avance qu’ils ne coûtent plus rien à celui qui les reçoit. » —  Services privés, service public (1850)

— Diminuer les dépenses publiques et les prélèvements obligatoires

Il faut le faire simultanément car si l’on veut commencer par diminuer les dépenses publiques on y parvient jamais parce que l’État a une politique clientéliste. Les Hommes de l’État défendent leurs intérêts.

« En effet, l’État, ne l’oublions jamais, n’a pas de ressources qui lui soient propres. Il n’a rien, il ne possède rien qu’il ne le prenne aux travailleurs. »Propriété et loi (1848)

« Que faut-il donc, faire ? […] Diminuer les impôts. — Diminuer les dépenses dans une proportion plus forte encore. Et, pour revêtir cette pensée financière de sa formule politique, j’ajoute : Liberté au dedans. — Paix au dehors. »Paix et liberté le budget républicain (1849)

 « L’État ne peut avoir beaucoup d’argent qu’en épuisant tout le monde et les masses surtout. Mais dans le régime si simple, une contribution unique, proportionnelle à la propriété réalisée, prélevée en famille et sans frais au sein des conseils municipaux, y suffit. » — Justice et fraternité (1848)

— Limiter l’État à la sécurité, donc aux fonctions régaliennes

« La propriété, le droit de jouir du fruit de son travail, le droit de travailler, de se développer, d’exercer ses facultés, comme on l’entend, sans que l’État intervienne autrement que par son action protectrice, c’est la liberté. » —  Propriété et loi

« Pour moi, je pense que lorsque le pouvoir a garanti à chacun le libre exercice et le produit de ses facultés, réprimé l’abus qu’on en peut faire, maintenu l’ordre, assuré l’indépendance nationale et exécuté certains travaux d’utilité publique au-dessus des forces individuelles, il a rempli à peu près toute sa tâche.
En dehors de cercle, religion, éducation, association, travail, échanges, tout appartient au domaine de l’activité privée, sous l’œil de l’autorité publique, qui ne doit avoir qu’une mission de surveillance et de répression. » — Frédéric Bastiat À MM. les électeurs de l’arrondissement de Saint-Sever (1846)

« Le droit de celui dont on attaque la liberté, ou, ce qui revient au même, la propriété, les facultés, le travail, est de les défendre même par la force; et c’est ce que font tous les hommes, partout et toujours quand ils le peuvent. » — Services privés, service public. (1850)

« Chacun de nous tient certainement de la nature, de Dieu, le droit de défendre sa Personne, sa Liberté, sa Propriété, […] Si chaque Homme a le droit de défendre, même par la force, sa personne, sa liberté, sa propriété, plusieurs Hommes ont le droit de se concerter, de s’entendre, d’organiser une Force commune pour pourvoir régulièrement à cette défense. » — La Loi (1850)

En résumé

Ce n’est pas aux Français de payer pour les fautes de leurs gouvernants. C’est aux gouvernants d’assumer leurs responsabilités. Cela veut dire que les Français doivent en finir avec l’État gigantesque, tout-puissant et nocif.

 

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