Quand l’argument de la santé justifiait la tyrannie

L’argument de la santé fut, quoique sous des formes un peu différentes, un outil terriblement efficace pour détruire la liberté.
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Quand l’argument de la santé justifiait la tyrannie

Publié le 17 avril 2020
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Par Lionel Chanel.

L’actuelle pandémie de Covid-19 offre l’opportunité pour l’autoritarisme de se développer. Contrepoints s’est déjà fait l’écho des atteintes aux libertés portées par plusieurs gouvernements à la faveur de l’épidémie — par exemple l’article de Tom G. Palmer et Simon Lee.

L’historien Yuval Noah Harari a également alerté sur ce danger, dans les colonnes du Financial Times. La santé publique est devenue une formidable occasion pour l’État d’empiéter sur la sphère privée des individus.

Dans le présent texte je voudrais proposer une brève perspective historique rappelant que l’argument de la santé fut, quoique sous des formes un peu différentes, un outil terriblement efficace pour détruire la liberté. Je développerai trois exemples.

Il faut souligner, d’emblée, deux différences importantes.

La première est que les tyrannies du passé invoquaient la santé du corps social sous forme de métaphore, tandis que l’épidémie de coronavirus concerne, elle, des individus en chair et en os, des personnes physiques ; Sars-Cov-2 n’est pas une figure de rhétorique mais un agent biologique bien réel.

La seconde tient au fait que les despotes dont nous parlerons ont tous entrepris leur entreprise de « guérison » dans une optique utopique de refondation totale de la société, ce qui n’est pas le cas dans l’épidémie de Covid-19 ; il y a bien les illuminés socialistes ou collapsologues qui affirment que l’aube d’une ère radicalement nouvelle pointe le bout de son nez sous la forme de ce virus, mais ce ne sont pas leurs idées qui inspirent les gouvernements en ce moment.

La Terreur comme moyen de « régénération »

La Révolution française est connue pour l’usage que firent ses acteurs du mot régénération. Mona Ozouf, dans le Dictionnaire critique de la Révolution française1, note cependant que deux acceptions contradictoires se sont rangées derrière ce mot : l’une libérale, l’autre antilibérale. C’est sur la seconde que nous focaliserons notre attention.

Les exemples d’invocation à la régénération pour légitimer un régime coercitif sont nombreux. Prenons seulement un exemple. Le Peletier de Saint-Fargeau, dans un projet d’éducation nationale, avait préconisé la contrainte pour modeler l’enfant selon les valeurs de la nouvelle société2.

À deux reprises, il emploie le mot-clef : « Considérant, écrit-il, à quel point l’espèce humaine est dégradée […], je me suis convaincu de la nécessité d’opérer une entière régénération. » Et un peu plus loin il s’imagine entrevoir « la source la plus féconde de prospérité, de splendeur et de régénération ».

Le mot, rappelons-le, provient du lexique médical et désigne la reconstitution de tissus organiques abîmés d’un être vivant. La Terreur jacobine se conçoit donc comme une opération visant à restaurer la santé d’un corps social mutilé par l’absolutisme. Et cette opération passe par des saignées récurrentes dont l’instrument incarnera à lui seul le régime : la guillotine.

C’est l’historien d’art Daniel Arasse qui, dans un livre remarquable d’originalité3, analysait les exécutions récurrentes sous la Terreur, comme la métaphore de cette pratique thérapeutique. Dans son chapitre intitulé « La machine politique », il démontre que la guillotine « concrétise le discours de la régénération » : le peuple amassé sur la place autour de l’échafaud matérialise le corps social, le couperet représente le scalpel salvateur et le sang des condamnés s’écoulant sur les bois de justice celui de cette France que le Législateur entreprend de guérir.

Une phrase de Robespierre, dans l’un de ses discours, trahit d’ailleurs la vision médicale que les jacobins se faisaient de la Terreur. Dans son exposé sur Les principes du gouvernement révolutionnaire, il reproche en effet à ses adversaires politiques qui condamnent ses exactions de vouloir « soumettre au même régime la paix et la guerre, la santé et la maladie » : en clair, la suspension des libertés constituait le remède indispensable aux maux infligés par les ennemis intérieurs et extérieurs de la nation.

Le communisme : un désinfectant contre la « putréfaction bourgeoise »

Au XXe siècle, le communisme et le nazisme ont eux aussi usé de la métaphore médicale.

Concernant le premier, son fondateur, Lénine, déployait tout un vocabulaire issu du lexique de la maladie pour reléguer en-deçà de l’humanité ceux qu’il considérait comme ses ennemis — facilitant par-là même leur extermination. Au chapitre huitième de son livre consacré au léninismé4, Dominique Colas évoque ce langage déshumanisant comme l’expression de la volonté des bolchéviks de purifier le monde.

La révolution — qui n’est rien de moins, pour Lénine, qu’une guerre civile — consiste donc en une opération de désinfection. Lénine se félicite ainsi un jour d’avoir « nettoyé de nombreuses villes russes de cette vermine. »5

Le 31 août 1918, la Pravda lance un appel aux « travailleurs » : « Les villes doivent être implacablement nettoyées de toute la putréfaction bourgeoise »6 proclame-t-elle.

Les koulaks sont assimilés tantôt à des « buveurs de sang », tantôt à des « vampires », quand ils ne sont pas réduits à des « scorpions », des « araignées »,  des « insectes » ou des « sangsues », signifiant clairement que l’acte de les tuer est un acte de salubrité. Très souvent aussi, Lénine désigne ses ennemis en les désignant comme des « parasites ».

Le texte intitulé « Comment organiser l’émulation », est une illustration parmi bien d’autres de la rage qui l’anime et qui s’exprime dans un langage (violent) renvoyant à l’univers de la maladie : par exemple, après avoir évoqué le « gage de vitalité » que représentait la « diversité » des moyens de répression, il engage à « débarrasser la terre russe de tous les insectes nuisibles, des puces (les filous), des punaises (les riches) et ainsi de suite ».

Un peu plus haut, il appelait à « vaincre ces survivances de la maudite société capitaliste, ces déchets de l’humanité, ces membres irrémédiablement pourris et gangrenés, cette infection, cette peste, cette plaie que le capitalisme a légués au socialisme ».

Hitler : « le médecin du peuple allemand »

Le national-socialisme, enfin, commit lui aussi ses crimes dans une optique humanitaire. Car, comme l’a montré Frédéric Rouvillois dans un essai lumineux7, le nazisme, à l’instar du communisme, se concevait comme une utopie. Le traitement lourd infligé au peuple allemand souffrant représentait la voie pour l’atteindre.

Cependant, dans quelle mesure le lexique médical utilisé par les nazis n’était-il que métaphorique ? Leur idéologie raciste reposant en effet sur des présupposés biologiques, les individus n’incarnaient donc pas seulement les réalités désignées par le lexique qu’ils employaient : ils étaient ces réalités. Pour eux, un Juif était, physiquement, un agent infectieux. Pour eux, une personne handicapée était, du fait même de son handicap, un élément indésirable.

Mein Kampf fourmille d’expressions et de termes avilissants pour désigner les Juifs : peste, bacille, poison, infection, saleté… Les Juifs, par leur présence, corrompaient la race aryenne. La désinfection s’imposait donc.

Dans son entreprise de purification, Hitler déclara un jour que la stérilisation des personnes handicapées physiques et mentales était « l’acte le plus humanitaire, lorsqu’il est appliqué méthodiquement, que l’on puisse accomplir vis-à-vis de l’humanité. Ce geste épargne des souffrances imméritées à des millions de malheureux, et conduira ensuite à une guérison progressive »8. Juste avant, il avait prévenu : « Le droit à la liberté individuelle le cède devant le devoir de sauvegarder la race. »

L’historienne des sciences Laura Bossi a ainsi pu résumer comment Hitler se considérait, en tant que dictateur : comme « le médecin du peuple allemand »9.

L’historien Bernard Bruneteau note dans l’un de ses livres que les camps d’extermination étaient approvisionnés en gaz zyklon B par des véhicules flanqués… du logo de la Croix-Rouge10. Bien sûr il y avait la volonté des nazis de ne pas éveiller les soupçons et de commettre leurs crimes dans le plus grand secret. Mais comment ne pas lire, aussi, dans ce fait, que les nazis, en bons praticiens, étaient convaincus d’administrer le remède efficace contre la peste juive dont souffraient, depuis si longtemps, les Allemands ?

Novlangue

Le langage médical adopté par les tyrans reflétait autant leur haine sans bornes à l’égard de ceux qu’ils considéraient comme leurs ennemis, tout autant qu’un cynisme atteignant des cimes himalayennes — la SS implicitement présentée comme une organisation humanitaire en est un exemple édifiant.

C’était une novlangue calquée sur le discours médical. Elle permettait de masquer, derrière le paravent des bonnes intentions, les pires abominations. Elle a servi d’instrument efficace aux systèmes utopiques pour broyer les individus en annonçant, finalement, le contraire de ce qui était fait.

On se souvient que dans 1984, c’est le même procédé qu’utilise Big Brother : « La guerre c’est la paix. La liberté c’est l’esclavage… »

La langue fut ainsi la victime collatérale des tyrannies que l’on vient d’évoquer.

  1. Mona Ozouf, « Régénération », in François Furet et Mona Ozouf, Dictionnaire critique de la Révolution française, Paris, Flammarion, « Champs », 1992, pp. 373-389.
  2. Je m’autorise une digression : dans son texte, Le Peletier affirme : « la totalité de l’existence de l’enfant nous appartient ». Comment ne pas voir, environ cent quarante ans avant, la préfiguration du totalitarisme, qui, par la voix d’Hitler, disait ceci : « Quand un adversaire me dit : « Je ne passerai pas dans votre camp » je lui réponds calmement : « Votre enfant nous appartient déjà…  » » (cité par William Shirer, The Rise and Fall of the Third Reich, New-York, Simon & Schuster, 1960, p. 249).
  3. Daniel Arasse, La guillotine et l’imaginaire de la Terreur, Paris, Flammarion, 1987.
  4. Dominique Colas, Le léninisme, Paris, Presses universitaires de France, « Quadrige », 1998.
  5. Ibid., chapitre huitième.
  6. Cité par Thierry Wolton, Une histoire mondiale du communisme, tome 1, Les bourreaux, Paris, Grasset, 2015, p. 133.
  7. Frédéric Rouvillois, Crime et utopie. Nouvelle enquête sur le nazisme, Paris, Flammarion, 2014.
  8. Cité par Frédéric Rouvillois, ibid., p. 106.
  9. Citée par Frédéric Rouvillois, ibid., p. 100.
  10. Bernard Bruneteau, Les totalitarismes, Paris, Armand Colin, « U », 2005, p. 185.
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  • Excellent article, un grand merci à l’auteur.

  • Jerémy Lapurée
    17 avril 2020 at 8 h 29 min

    Plus près de notre époque, on ne pourra que déplorer que nos démocraties censément libérales n’échappent pas à ce « travers ».
    Ça a commencé avec la sécurité routière où l’Etat, les États, ne se sont pas contentés d’édicter des règles pour réprimer les torts causés à autrui.
    En effet, avec le port obligatoire de la ceinture pour les automobilistes ou du casque pour les motards, l’on s’est mis à restreindre les libertés « pour le propre bien des citoyens ».
    Il n’y a pas plus sournois : l’Etat s’est introduit dans la sphère privée des individus, à la manière des autorités pré-révolutionnaires qui réprimaient le suicide. Dès lors, notre propre intégrité physique devenait l’affaire de l’Etat, dont le rôle de nounou, de gouvernante n’a fait qu’empirer. La consommation de drogue… interdite ! La prostitution… les personnes qui s’y adonnent sont devenues, forcément, des irresponsables qu’il convenait de faire rentrer dans le rang ! Etc.
    Dès l’instant où l’Etat se pique de vouloir notre bien, malgré nous, la messe est dite. Notre liberté, notre seule véritable liberté, celle de disposer de notre corps, nous est ôtée.

    • L’Etat (du moins une partie de l’Etat) n’est que le relais et le complice d’une dictature mondiale qui avance peu à peu. Heureusement d’autres pays ont encore des dirigeants dignes de ce nom.

    • L’interdiction de rouler bourré est-ce une atteinte à la liberté ?

      • Jerémy Lapurée
        17 avril 2020 at 12 h 24 min

        Rouler bourré, c’est prendre le risque d’un accident qui nuirait à autrui. Ne pas mettre sa ceinture ne concerne que soi.

        • Pas totalement, en cas d’accident grave mais non mortel, c’est la collectivité qui paie pour réparer les traumas.
          Donc ok pour pas de ceintures ou de casques, mais on ne rembourse plus les soins.

          • En même temps, la collectivité s’occupe de ce qui ne la regarde pas. Faut pas inverser l’argumentation. C’est la SS qui s’impose aux individus en étant un monopole, pas les accidentés qui s’imposent à la collectivité. Il suffit de supprimer la SS pour que l’argument tombe.

            Si les assurances étaient privées en concurrence, il y aurait des surprimes et des franchises élevées pour ceux qui ne mettent pas la ceinture/casque et ce serait beaucoup plus efficace et surtout financièrement juste pour ceux qui respectent les règles de bon sens sans se dire qu’on les prive d’une quelconque liberté.

            • C’est vrai et ça reviendrait presque au même.
              Ces même assurance géocaliseraient et surveilleraient en permanence la vitesse de nos véhicules autrement dit nous serions en contrat avec un Big Brother privé.

              • Pas grave si on peut librement choisir son brother. Grave s’il a un monopole (Etat).

              • Jerémy Lapurée
                17 avril 2020 at 20 h 30 min

                Si c’étaient les assurances qui définissaient la vraie vérité des causes des accidents, pas sûr que ce soit la vitesse qui arrive en tête de la liste. D’autant qu’elles n’ont aucun intérêt au racket des radars…

          • Jerémy Lapurée
            17 avril 2020 at 20 h 26 min

            Les accidents de la route,ce n’est pas « la collectivité qui paie », ce sont les clients des assurances privées !
            Donc on pourrait parfaitement, comme le suggère Cavaignac, de s’assurer à la carte, par exemple auprès d’une assurance qui tolererait qu’on roule non ceinturé ou non casqué.
            Il n’est même pas sûr qu’on devrait payer une surprime, en raison d’un effet psychologique qu’on nomme « homeostasie du risque » (en gros, plus une activité ou un comportement nous paraît risqué, plus on est prudent).

  • claude henry de chasne
    17 avril 2020 at 9 h 10 min

    Régner et régenter par la peur, c’est évidement la voie la plus utile aux dirigeants .
    notons que cette approche est en cours depuis l’apparition miraculeuse du réchauffement climatique qui faute de vouloir etre imputé a la nature, a été mis au service d’idéologies collectivistes..
    voila donc revenues les terreurs (bien utiles a l’église en son temps)
    qui permettaient d’administrer la population sous la menace de la punition de dieu!
    il a fallu l’apparition des antibiotiques pour qu’elle soit remplacée par les ardeurs républicaines dont les « valeurs » bien chancelantes ont pour objectif de régénérer la fonction publique avec les meme recettes..
    mais le procédé reste le meme , » applaudissez les sauveurs au balcon » alors que l’incurie des structures par manque d’évaluation est la cause du désastre..
    Quel désastre d’ailleurs? en 1973 l’automobile faisait 16 000 morts / ans sans gêner personne, a par les assurances qui ont fini par mettre le hola pour protéger leurs profits..

    Hé bien là c’est pareil , avec des hôpitaux exsangues a des tarifs inimaginables , je parie ici que leurs budgets vont atteindre des sommets et que l’année prochaine l’etat aura des stocks de masques et de machines de ventilation qu’il faudra jeter pour obsolescence… et que les libertés individuelles vont etre rabotées pour tout le monde puis que seules les allocations de la Caf comptent
    « é la navé va »

  • Et c’est au nom de la santé qu’on va vouloir confiner les plus de 65 ans ad vitam aeternam.
    Et les journalistes comme Sophie Coignard du Point, Roselyne Bachelot qui sévissent sur les plateaux télé, les professeurs de médecine qui sévissent aussi sur les plateaux alors qu’ils feraient mieux d’^^etre dans leur service hospitaliers ou dans leur laboratoire disent sans aucun état d’âme que les vieux doivent rester confiner jusqu’à la fin de l’année et peut être plus jusqu’à on ait trouvé un vaccin. Autant dire qu’on veut que les vieux restent chez eux et meurent confinés non du coronavirus mais de désespoir. Il faut débarrasser la société des vieux qu’on ne veut plus voir.

    • Derrière l’immense majorité des médecins qui font leur boulot du mieux possible, on trouve des petits tyrans qui profitent de l’excuse de la médecine pour satisfaire leurs penchants vicieux de toute puissance, de domination. Ceux-là se repèrent dans les institutions administratives, dans les médias… D’autres plus discrets prennent plaisir à la souffrance d’autrui, profils qu’on croise notamment dans les hôpitaux publics du fait de la protection du statut. Enfin, on trouve ceux qui recherchent un intérêt financier à l’excès au point d’agir contre l’intérêt des malades, multiplication d’actes inutiles, connivences avec les labos…

    • Faux vaccin et vraie mesure de contrôle social
      Cherchez ce qu’est le projet ID2020…

      • Sur Radio Classique, D Raoult dans une interview est très critique sur ses confrères des comités scientifiques, ceux qui passent leut temps sur les plateaux télé.
        Ce monsieur est plein de bon sens, il a les pieds sur terre!!!

    • Geneviève Boyer
      17 avril 2020 at 11 h 06 min

      ou : comment tuer tous les vieux pour se débarrasser du Sénat .. et garder Brigitte enfermée ?

  • Merci pour ce remarquable article.
    « La langue fut ainsi la victime collatérale des tyrannies que l’on vient d’évoquer. » A moins qu’elle en soit le principal vecteur, puisqu’à chaque fois, le lessivage des esprits joue un rôle capital dans l’avancée de cette révolution mondiale dont la Terreur fut la première expression violente.
    Les chiffres de cette épidémie sont sans commune lesure avec ses conséquences prévisibles… ou pas. Ce à quoi nous assistons est une véritable ingénierie sociale mondiale, mais surtout occidentale, portée par la peur diffusée par les médias dans le but d’accélérer cette révolution qui a pris tant d’avatars dans l’histoire.

  • Désormais la délation semble rencontrer un grand succès…

    Nous avons là un régime qui attise les pires comportements pour mieux asseoir son pouvoir autoritaire.

    Délation
    Répression
    Assignation à résidence
    Laissez-passer
    Socialisme
    France, pays de Liberté…Mort de rire 🙂

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