Les Autorités de santé et la mascarade des masques en rade

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Après de nombreux atermoiements, voilà que les Autorités de Santé se prononcent en faveur du port généralisé du masque.

Par Johan Rivalland.

On nous l’avait pourtant assuré et répété de la manière la plus officielle : le port du masque ne sert à rien ou à pas grand-chose. Il est surtout utile à ceux qui sont porteurs du virus, pour diminuer les risques qu’ils le transmettent.

Mais pour tous les autres, et alors même qu’on reconnaissait qu’il existe des « porteurs sains », c’est-à-dire des porteurs qui s’ignorent car ils n’ont aucun symptôme, le masque était qualifié d’inutile.

Revirement stupéfiant, donc, aujourd’hui, lorsque les Autorités de Santé un peu partout changent officiellement de recommandation du jour au lendemain. Mais comment l’expliquer ? Intéressons-nous au cas de la France.

Une impréparation irresponsable

Il est vrai que, malgré tout ce qu’il aurait été possible d’anticiper, en France comme dans beaucoup d’autres pays, on était très mal préparés à l’arrivée d’un tel phénomène et d’une telle ampleur.

Et, contrairement à certains pays (d’Asie en particulier) où cela est inscrit dans les mœurs depuis longtemps, le port du masque n’est pas vraiment dans nos habitudes.

Cela dit, il ne nous a pas échappé non plus que des choix publics ont abouti à ce que le stock de masques dont notre pays disposait il y a une quinzaine d’années à peine a été divisé par dix depuis. Décisions malheureuses et graves de conséquences qui n’auraient pas dû avoir lieu si l’on tenait compte de ce qui était connu et pouvait donc être anticipé.

Des revues scientifiques du début des années 2000 alertaient en effet déjà sur l’arrivée très probable d’un tel type de virus et des conséquences que cela engendrerait.

Un rapport commandé à un certain Docteur Raoult, datant de 2003, mettait directement en garde nos gouvernants de l’époque contre l’impréparation dans laquelle nous nous trouvions face à l’arrivée d’un tel événement et les conséquences terribles que cela serait susceptible d’engendrer, comme en témoigne cet extrait d’article signé François d’Orcival dans le dernier numéro de Valeurs Actuelles :

On ne saurait mieux dire. Mais on ne connaît que trop la destination que prennent la plupart du temps les rapports d’experts une fois remis…

Des choix officiels guidés par la pénurie de masques

Ce qui a donc guidé surtout les décisions de nos gouvernants depuis le début de la crise, si l’on s’intéresse au cas de la France, est la gestion de cette pénurie causée par l’imprévoyance.

Il convenait, à juste titre, de donner la priorité à ceux qui se battent courageusement et très directement contre la maladie, c’est-à-dire les personnels soignants (et souvent avec les moyens du bord, hélas, en raison de l’imprévoyance, qui ne s’est pas limitée qu’aux seuls masques).

Ils ont d’ailleurs payé un lourd tribut dans cette terrifiante situation, comme le reconnaissent la plupart des Français, qui leur en sont infiniment reconnaissants.

Il y a eu aussi de multiples autres atermoiements et positions ambiguës, on le sait, sur d’autres questions, en particulier (et nous retrouvons ici, en première ligne, le professeur Raoult dont il était question plus haut) au sujet de l’hydroxychloroquine. Mais restons concentrés ici sur les masques.

Certes, disions-nous, il était primordial, face à la panique, de penser en premier lieu aux personnels médicaux et de tenter de diriger vers eux en priorité les trop rares arrivées ou déstockages de masques de protection (très obéissant et compréhensif, je n’en ai d’ailleurs toujours personnellement aucun, bien que je constate avec un peu d’étonnement à chaque fois que je sors que la plupart des gens en sont pourvus).

Et pour éviter les prises d’assaut (on n’ignore pas cependant que de nombreux vols ont été constatés dès les premières semaines de ce qui n’était pas encore officiellement une pandémie), il semble que nos « autorités compétentes » n’aient pas hésité à recourir à l’argumentation que nous évoquions en préambule au sujet de l’inutilité du port du masque.

Avec la complicité, semble-t-il là encore, de nos chers médias. En témoigne cette révélation que nous avons pu entendre ces tous derniers jours :

Pour Marina Carrère d’Encausse, on a menti sur l’utilité des masques « pour une bonne cause »

Le problème de l’indépendance des médias

À moyen terme, une fois la crise derrière nous, cela posera d’ailleurs de nouveau le problème de la confiance des Français dans leurs médias traditionnels. On sait que leur image était déjà assez dégradée et que la confiance à leur égard n’était pas vraiment au plus haut.

Fallait-il donc mentir ? Pour la bonne cause ? Cela rappelait, au passage, le fameux épisode du nuage radioactif de Tchernobyl, en 1986, dont on nous avait assuré que, comme par magie, il avait contourné la France.

Mais jamais plus on ne nous y reprendrait, non. Nous avions, bien sûr, retenu les leçons de cette époque ancienne où nous n’étions pas encore mûrs pour comprendre et admettre. La bienveillance de l’État, bien sûr…

Et pourtant, les choses n’ont pas autant changé que nous pouvions l’imaginer. Face aux cris d’alertes de certains personnels soignants, nos meilleurs experts tentaient de nous rassurer.

Et dans ce contexte, nous y revenons, inutile de songer à porter un masque – on nous le répétait –, si on n’était pas malade. C’est donc bien la vérité officielle qu’il convenait de défendre, dans un but salutaire, afin de gérer la pénurie et d’éviter de mettre le pays à feu et à sang.

Une gestion de crise improvisée face à un événement d’ampleur prévisible mais non prévu et auquel il fallait bien répondre d’une manière ou d’une autre… Mais surtout une bien mauvaise surprise et une perte de confiance qui ne tardera pas à poindre lorsque les effets immédiats de ce cataclysme s’atténueront, puis retomberont ; en attendant, la cote de popularité de notre Président est au plus haut, de nombreux Français étant en attente d’autorité, quel qu’en soit le prix immédiat – et peut-être à venir – sur leurs libertés.

Des revirements stupéfiants

Et voilà donc qu’aujourd’hui nous apprenons officiellement que le port du masque est à présent fortement recommandé (mais où en trouver ?). Dans certains pays (ici très prochainement ?), il devient même obligatoire.

En Autriche, ils sont même distribués gratuitement à l’entrée des supermarchés. Et on semble découvrir que le masque protègerait bien mieux qu’on ne le pensait.

Mais ne serait-ce pas plutôt qu’il devenait de plus en plus difficile de le cacher ? Comme en témoigne cette vidéo qui a beaucoup circulé via les réseaux sociaux et dont j’ai retrouvé un extrait plus court via internet :

https://www.lalibre.be/international/asie/plongee-dans-les-rues-de-hong-kong-voici-comment-on-arrive-a-contenir-l-epidemie-ici-sans-confinement-5e874c617b50a6162b00acb9

Il faut reconnaître que nous évoluions aussi dans une part d’inconnu et que la compréhension des mécanismes de diffusion du virus progresse chaque jour un peu plus.

Cependant, jusque-là il était bel et bien question de transmission du virus via les gouttelettes émises dans les postillons, et pas forcément visibles à l’œil nu. Ce qui justifiait déjà très largement et sans conteste le port du masque, qui ne pouvait que – en toute logique – être considéré comme absolument indispensable.

Dans ces conditions, ce qui est présenté comme une surprenante nouvelle aujourd’hui ne fait que conforter encore plus ce qui paraissait être une évidence, au-delà des vérités officielles qui nous ont été servies en désespoir de cause.

Une information extrêmement importante qui corrobore totalement l’importance primordiale que n’aurait jamais dû cesser d’avoir le port du masque. Et qui révèle à quel point l’imprévoyance passée est coupable.

La mascarade des masques restera de manière plus évidente encore, l’un des plus grands scandales que nous ayons connus et dont on parlera pendant très longtemps. Et le symbole d’une imprévoyance qui nous laissera longtemps songeurs.

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