Petit lexique impertinent du coronavirus franchouillard

Questions by Valerie Everett(CC BY-SA 2.0) — Valerie Everett, CC-BY

Petit lexique impertinent des termes très usités du moment.

Par Claude Robert.

Appareil respiratoires

La Santé est le parent pauvre des efforts du gouvernement, au même titre que de nombreux autres secteurs…

Mais où sont donc passés nos impôts en constante augmentation ? On ne sait pas trop. Seule certitude, avec la crise pandémique, on voit maintenant où ils ne sont pas allés.

Confinement

Unique solution efficace en dernier ressort, lorsque les bons réflexes préventifs n’ont pas été actionnés au départ, le confinement possède un énorme avantage : il flatte le penchant naturel de notre gouvernement socialiste.

Décréter un mini-couvre-feu, exiger un questionnaire auto-justificatif, mettre 100 000 policiers dans la rue pour contrôler les déplacements des Français, que du plaisir !

Élections municipales

On ne compte plus les personnels des bureaux de vote à avoir attrapé cette saleté de virus pour des élections maintenues à tout prix, leur annulation ayant même été qualifiée de coup d’État constitutionnel selon le président des Républicains.

Droite et gauche se sont donc retrouvées main dans la main pour porter haut et fort les couleurs de la démocratie, en pleine pandémie.

Faible taux de mortalité allemand

Totalement irrévérencieuse, la comparaison avec le taux de mortalité 6 fois moindre de l’Allemagne est interdite, sauf bien sûr à prendre avec la plus grande prudence les chiffres fournis par notre voisin en ce qui concerne sa politique de dépistage.

Et ce n’est pas parce que cette même politique a été pratiquée par les pays d’Asie qui ont su stopper la propagation du virus qu’il faut croire qu’elle est la meilleure.

Car le dépistage du virus souffre d’une tare insurmontable : nos énarques ne s’y étaient pas intéressés. Alors, n’en parlons surtout pas.

Hôpitaux publics sinon rien

Fidèle à ses prédispositions, le gouvernement socialiste a tellement privilégié les hôpitaux publics que dans la région de l’Est la plus touchée par le virus, il a fait évacuer de nombreux malades par avions vers des hôpitaux publics du sud de la France.

Pendant ce temps, de nombreuses cliniques privées de l’Est ne pouvaient pas utiliser leurs lits équipés de respirateurs, tout simplement par manque de masques pour leur personnel.

Immunité de groupe

Nos hauts fonctionnaires ont pensé un instant que tout allait se régler tout seul grâce à cette miraculeuse immunité de groupe, ce fameux stade à partir duquel le virus décide de laisser tomber, et qu’il suffisait d’attendre. Mais d’où sortent ces chiffres de 50 % à 70 % de la population contaminée à terme que le ministre de l’Éducation nationale a benoîtement cités le matin des élections municipales ? Avec un taux de mortalité de 3 %, cela fait tout de même 1,2 million de morts.

Sans doute le gouvernement avait-il oublié de faire le calcul car il n’a plus reparlé de cette solution. Surtout que ces chiffres sont totalement théoriques et dépendent de nombreux facteurs, parmi lesquels, au hasard, les actions de prévention et de lutte contre la pandémie.

Masques de protection

Trop difficiles à mettre selon la porte-parole du gouvernement, absolument inutiles selon le ministre de l’Intérieur, au point d’exiger que les policiers ayant pu s’en procurer les rendent, ces masques souffriraient en réalité d’un mal bien plus profond : ils seraient en rupture de stock. C’est si bête ! Mieux vaut faire diversion.

Pandémie

Absente du programme de l’ENA, jamais traitée en grand oral, la pandémie pose un vrai problème à la haute fonction publique en charge des affaires du pays. Sorte d’impensé, de cygne noir, elle se glisse parmi les neurones de nos décideurs et ne déclenche pas tous les réflexes attendus. L’expérience, bon sang, l’expérience. Mais où donc s’apprend-elle ?

 

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