Coronavirus : l’Union européenne à la croisée des chemins

Plus que jamais, il va être important que le principe de subsidiarité de l’UE soit mis en avant : l’Union doit offrir un soutien tout en prenant en compte la diversité de ses membres.

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Coronavirus : l’Union européenne à la croisée des chemins

Publié le 27 mars 2020
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Par Alexandre Massaux.

L’Union européenne (UE) risque d’être l’objet de nombreux débats suite au Coronavirus. Cette pandémie la met dans une situation délicate. Déjà affaiblie par le Brexit, l’Union se prend un second choc d’une ampleur bien plus grande avec une crise qui l’affecte profondément.

Les États sont redevenus les acteurs principaux de la gestion de crise, ce qui pose des questions quant au futur de l’UE et de ses institutions. Pour autant l’UE est-elle morte ? Loin de là, mais elle va devoir se transformer. La question est de savoir comment.

Une Union européenne en retrait et des États livrés à eux-mêmes

Ces dernières années, les États sont redevenus les acteurs principaux des relations internationales (certains diront que cette situation n’a jamais cessé), les organisations supranationales étant de plus en plus en retrait.

Cette crise sanitaire a renforcé cette tendance de manière conséquente. La nécessité d’agir dans l’urgence fait que la coordination internationale est difficile et trop lente à mettre en place. L’UE, bien qu’organisation plus intégrée dans les États membres, n’échappe pas à ce phénomène.

Plus problématique est le fait que certains de ses principes ont été atteints. La libre-circulation des personnes au sein de l’espace Schengen  a été, de facto, suspendue à l’initiative des pays membres. Une politique risquant de renforcer des partisans des contrôles des frontières : ceux qui ont été en faveur de leurs fermetures dans cette crise sanitaire auront du mal à rétorquer que de telles mesures ne sont pas efficaces.

Une autre carence mise en avant par la crise, est la solidarité entre les membres de l’UE. Le cas de l’Italie est, à cet effet, parlant. Cette dernière ayant du mal à juguler la progression du virus, a eu besoin d’importer du matériel médical. L’aide est venue au final de la Chine, de la Russie et de Cuba. On peut saluer le fait que la coopération internationale fonctionne et ce quelle que soit la tendance des régimes politiques. Néanmoins, cette conjoncture met à mal l’idée d’une Europe souveraine et puissante.

Le résultat est aussi une perte de confiance envers l’UE. Comme le rappelle l’Institut Montaigne : « Selon un sondage Monitor Italia, publié le 13 mars, 88 % des Italiens estiment que l’Union européenne n’aide pas l’Italie face au coronavirus. 67 % considèrent qu’appartenir à l’UE constitue un désavantage contre 47 % en novembre 2018 ». Il est logique et salutaire que, dans une telle situation, les décisions soient prises en priorité de manière décentralisée. Néanmoins, l’absence de cohésion montre des effets pervers.

Quel futur pour l’UE ?

Il parait plus que probable que l’UE va chercher à tirer des leçons de cette crise. Toute la question est de savoir quels choix et directions vont être pris. Car, au-delà de la crise sanitaire existe désormais une crise économique. L’UE doit, avant tout, se rappeler qu’elle est la seconde zone économique au monde après les États-Unis et qu’elle s’est bâtie sur ce domaine. Dès lors, le pan économique  de la politique européenne ne doit être ni sacrifié ni ignoré.

Le président de la République italien, Sergio Mattarella a déclaré le 12 mars que « de l’Union européenne on attend des aides, point des obstacles« . L’UE va devoir s’adapter et être flexible vis-à-vis des États membres.

Plus que jamais, il va être important que le principe de subsidiarité de l’UE soit mis en avant : l’Union doit offrir un soutien tout en prenant en compte la diversité de ses membres. La multiplicité des réactions face au coronavirus montre la difficulté d’avoir une unité décisionnelle au niveau européen.

De fait, même dans les États fédéraux comme l’Allemagne et les États-Unis, une part non négligeable de la gestion de crise s’est faite à travers les États fédérés. Enfin, le Royaume-Uni, bien que n’étant plus membre de l’UE, devra rester un partenaire privilégié, du fait de sa force politique et économique et de son interconnexion avec le reste du continent. La souplesse sera la clé pour une meilleure efficacité politique et pour la survie de l’UE.

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  • Intellectuellement, on pourrait avoir envie de se dire que nous sommes tous un seul et même peuple européen, avec les mêmes intérêts, les mêmes valeurs, la même culture… mais ce n’est pas le cas… lorsque les problèmes arrivent, on se tourne vers ce qui a mis des siècles à se constituer, le pays ou la nation. C’est comme ça, c’est un petit côté charnel et animal qui ne se détricote pas avec des constructions technocratiques… faut faire avec… et il faudra que l’Europe et les Etats de ses membres fassent avec et en fonction de, sinon c’est la disparition à court ou moyen terme…

  • l’europe est une construction administrative organisée pour et par le monde des affaires.
    l’europe ne pourrait fonctionner que fédérale et on en est très loin.
    L’Europe a deja échoué, minée par le manque d’engagement et sans adhésion populaire, ce systeme va s »écrouler dans un grand fracas

    • Une Europe fédérale…quelle bonne idée … Avec une mutualisation des dettes je suppose, de façon a ce que ceux qui font des efforts pour avoir des comptes sains ( seule manière de rester hors de portée d’un certains nombre de prédateurs ) puissent financer ceux qui ne veulent pas les faire . L’état providence est une hérésie qui ne peut mener qu’à la faillite . Seule une Europe des nations peut survivre dans un monde qui évolue sans cesse et de plus en plus vite . Maastricht a été une erreur grossière à mettre sur le compte des idéologues . L’élargissement incessant en a été une autre et notre clown présidentiel en redemande encore plus . L’exemple de la Grèce ne leur suffit pas, on veut en remettre une couche avec la Macédoine et je ne sais plus qui encore . Docteur… vite un aspirine de plus… mon cancer est revenu

    • L’Europe est effectivement une « construction administrative » dirigée par des hauts fonctionnaires qui, de fait, ne sont pas sous le contrôle du parlement européen et, qui sont totalement hors contrôle des instances élues de chacun des États membres de cette même Union Européenne.

  • « l’europe est une construction administrative organisée pour et par le monde des affaires. » Désolé Claude Henry mais ceci est inexact. L’UE a été créé par des états Européens pour essayer de conjurer le nationalisme qu’ils ont inventés (« L’état nation ») qui a entrainé deux guerres mondiales et la ruine de ce continent. Le monde des affaires n’a rien eu à voir là dedans.
    L’égoisme des états nations , le souci de maintenir leurs prérogatives sont entièrement responsables de l’échec de l’UE (si échec il y a). Et on peut ajouter les idéologies de type « socialistes » qui ont eu leurs parts. Encore aujourd’hui la seule chose que propose Macron aux autres pays Européens c’est de créer des « Eurobonds ». Histoire de faire « payer les autres ». Socialisme quand tu nous tiens !!!

    • « L’UE a été créé par des états Européens pour essayer de conjurer le nationalisme qu’ils ont inventés (« L’état nation ») qui a entrainé deux guerres mondiales et la ruine de ce continent.  »

      Ce n’est pas si simple.
      L’europe actuelle est la résultante de plusieurs périodes de « construction ». Si l’élan initial a bien eu le rôle que vous mentionnez, sous l’influence cachée d’ailleurs des USA (Henri Monnet) avec une volonté commune de De Gaulle et d’Adénauer, peu à peu l’objectif a été dévoyé et elle n’est plus devenue qu’un espace économico-administratif rejeté (majoritairement ?) par les peuples la constituant (faisons un référendum pour voir…).

      Pour moi l’Europe des six avait une chance (fondée sur les valeurs que vous avez mentionné) , celle des douze déjà beaucoup moins (car trop précoce, fondée sur des « valeurs communes » (mais déjà et surtout pour faire une « marché plus grand »), ne parlons pas de l’europe actuelle qui n’a pour but que le marché car elle a laissé de côté les peuples.

      Enfin l’ « égoïsme » des nations relève de l’instinct de survie. Quand la nourriture manque on nourrit – toujours – sa famille avant tout. C’est un réflexe « saurien ». Chaque crise ramène les Nations, les personnes vers leur instinct…

    • Ce n’est pas le nationalisme qui cause les guerres, mais l’impérialisme. C’est le nationalisme conquérant qui est le contraire d’un nationalisme que l’on pourrait qualifier de défensif ou protecteur (et qui n’implique pas le repli sur soi comme voudraient le faire croire les globalistes).
      L’UE a été conçue dès le départ comme une expérimentation de gouvernance supranationale – non démocratique -, et de plus dans une perspective de vassalisation par rapport aux Etats-Unis.

  • « Ces dernières années, les États sont redevenus les acteurs principaux des relations internationales (certains diront que cette situation n’a jamais cessé), les organisations supranationales étant de plus en plus en retrait. »
    Ah bon? Je pense au contaire que nous avons assisté à un lent dépouillement des souverainetés nationales, au nom de l’efficacité économique (uniquement du point de vue comptable), de l’ «urgence» écologique ou encore de «droits de l’homme» qui ne sont fien d’autre que les droits de minorités sur la majorité.
    Si cette crise, espérons-le, meut permettre de remettre à leur place certaines priorités, l’UE est elle, irréformable. Ou alors, il faut revenir sur les traités…

  • Article surréaliste. Combien de fois faudra t’il répéter que l’UE n’a pas de compétences sanitaires ? Reprocher à l’UE de ne pas agir comme la fédération qu’elle n’est pas est proprement inique. Par contre, il semble que les italiens, comme les français, pensent que les centaines de milliards que la BCE à débloquer pour sauver les économies de la zone Euro, poussent dans les arbres. Quand l’Italie annonce qu’elle va injecter 25 milliards dans l’économie, les Italiens pensent-ils que c’est le produit de leurs impôts? Allez sur le sur le site de la banque de France et de la BCE pour « découvrir » toutes les mesures extraordinaires prises afin d’éviter les catastrophes pour les entreprises et les ménages, c’est du concret. Ca va couter cher mais l’accompagnement dans la durée est réel. Le populisme est un fléau !

  • L’ue, l’empire romain en pire, pas une tête laurée pour faire l’agglomération des peuples par la force puisque non naturel. C’était voué à l’échec dès le depart

  • Quelques rappels « historiques » qui peuvent aider à mettre un peu les choses en perspectives.
    Les différentes nations européennes n’ont fait leurs unités que sous la nécessité ou sous la contrainte (ou les deux), l’histoire des « valeurs » ou « cultures » communes sont des fables pour les bizounours. Les deux dernières unifications sont là pour le démontrer. L’Allemagne a commencé à penser à son unification après son occupation par la France de 1806 à 1813. Personne ne conteste ce point , le Nationalisme Allemand est né à ce moment. Ensuite les états allemands ont créés une union douanière dans les années 1820 et c’est La guerre contre la France en 1870 qui a scellé l’unification politique sous la férule de la prusse. Pour cela il a fallu aussi qu’une personne l’incarne, ce fut Guillaume II.
    De meme en Italie c’est la nécessité de se libérer de l’occupation Autrichienne et les lecons , là aussi, des invasions Francaises sous la révolution et l’empire qui ont permis l’unité Italienne (Avec l’aide interéssée de la France) en 1866. Il a fallu un Cavour pour incarner le nationalisme Italien.
    C’est la nécessité qui fera , peut etre, un jour l’unité politique réelle de l’Europe. Oui, la solution est une Europe fédérale et cette « guerre » pourrait etre une occasion pour elle de faire son unité. Il faudrait aussi, pour cela, qu’une personnalité l’incarne. La, faut pas rever, c’est pas pour tout de suite ….

  • Pourtant l’UE avait tout prévu. Tout le monde connaît M. Janez Levrancic qui occupe les plateaux télé à expliquer comment, dès qu’il y a eu le premier cas, il a coordonné les politiques des États membres. Ah, bon ? Ça ne s’est pas passé comme ça ? Pourtant M. Levrancic est le commissaire européen aux situations d’urgence, tout le monde sait ça ! Ah, non ? Ben zut !
    Et si les systèmes de santé sont si dégradés, ce serait à cause des recommandations européennes, noooon !
    Ce monsieur Massaux écrit vraiment n’importe quoi !

  • L’UE ne tirera aucune leçon de cette crise ! Elle va reprendre la fuite en avant le mensonges, vous expliquer que c’est parce que il n’y avait pas assez d’Europe, comprendre de délocalisations, de travailleurs « déplacés » que ça a merdé. La deuxième couche si elle est brutale, pourrait être mortelle !

  • Quel était l’occupation de la Commission européenne dans cette crise ? recevoir à Bruxelles, comme un chef d’Etat, Greta Thunberg, et préparer l’admission de la Bosnie et de l’Albanie.

  • L’Europe doit continuer à exister avec son espace Schengen et sa monnaie commune, tout ne peut être parfait, à six à douze ou vingt huit, elle a été critiqué lorsque les choses n’allaient pas certains politiciens l’ accusent de leurs échecs personnels, une petite partie des Britanniques ont réussi à faire sortir leur pays de l’espace économique , les autres le regrettent déjà, lorsque les Albanais, Serbes, Croates, Polonais, Roumains ont pu sortir de leurs pays, la première chose que ces gens ont fait est de venir travailler il/légalement dans l’UE pour avoir une meilleur vie et un avenir.

    • « une petite partie des Britanniques ont réussi à faire sortir leur pays de l’espace économique ,  »
      52% des anglais pour le Brexit lors du vote du 23 juin 2016 avec 72% de participation. Votre définition de la « petite partie » est curieuse… 🙂

      « les autres le regrettent déjà, »
      Les élections législatives du 12/12/2019 donnent une majorité au parti conservateur pro-brexit avec 365 sièges quand le nombre nécessaire pour avoir la majorité est à 325… Donc après 3 ans de réflexion, ceux qui le regrettent sont bcp moins nombreux que ceux qui ne le regrettent pas!

      « lorsque les Albanais, Serbes, Croates, Polonais, Roumains ont pu sortir de leurs pays, la première chose que ces gens ont fait est de venir travailler il/légalement dans l’UE  »
      Tant mieux pour les « Albanais, Serbes, Croates, Polonais, Roumains »! Et pour les pays qui les ont accueillis?

    • Ce n’est pas une question de perfection, c’est une question d’équilibre. Dans l’UE, l’équilibre n’existe pas !

  • L’union européenne, au départ, s’est aussi faite sur l’énergie qui a été source de guerres entre les Francais et Allemands (pourquoi garder la moselle en 1871). Les allemands sont allés chercher le pétrole à Bakou durant la seconde guerre mondiale. Depuis la réunification allemande, les allemands ont décidé de tourner le dos à l’énergie nucléaire pour des énergies intermittentes qui coutent très cher à l’Europe (sans oublier qu’ils se sont vendus pour le gaz russe) en déstabilisant les vrais investissements des énergéticiens. L’Europe maintenant pont des normes et objectifs inatteignables : le scandale Volkswagen est un scandale des normes idiotes. A norme idiote, l’ingénieur répond par un moteur qui répond à la norme, même si cela ne correspond à rien en terme de R&D. Et nos verts en sont friands des normes. Les grammes par CO2 à atteindre chaque année ne tiennent pas compte des lois de la physique mais un Porsche Cayenne hybride rechargeable rentre dans la bonne case. Au final, les industriels se sont très bien adaptés : à normes fluctuantes ou trop contraignantes : délocalisation en chine et certification environnement pour des poubelles recyclées dans une tour à la Défense. Le meilleur exemple reste un des arguments qui a fait basculer en faveur du brexit : la limitation de la puissance en W des bouilloires : pour faire bouillir de l’eau, il faut toujours le même nombre de calories… Mais l’Europe peut changer la valeur de la calorie par une directive idiote

    • « le scandale Volkswagen est un scandale des normes idiotes. »
      Et surtout dû à l’impérialisme judiciaire US.
      Les Allemands ont gardé leurs Autobahns à portions de vitesse non limitée. Au plan européen, les contraintes légales auraient pris des années.

  • l’union européenne n’est plus qu’une URSS : celle-ci ne s’est pas réformée, elle s’est effondrée et les Etats Nations sont revenus.

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