Coronavirus : les ministres « plus égaux que les autres »

French politician Nicole Belloubet opening Pierre Cohen's rally for the French town elections in Toulouse, 2008 by Guillaume Paumier (CC BY-SA 2.0) — Guillaume Paumier, CC-BY

Dans le domaine de la détection du coronavirus, tous les Français ne sont pas logés à la même enseigne : les députés et les ministres semblent avoir un traitement particulier.

Par Margot Arold.

Comme disait Coluche,  « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits… mais certains sont plus égaux que d’autres.  »

Et il nous faut bien constater que dans le domaine de la détection du coronavirus, tous les Français ne sont pas logés à la même enseigne : pendant que dans les hôpitaux les patients suspects ne sont plus testés systématiquement, tout comme ils  ne l’étaient d’ailleurs pas il y a déjà quelques semaines, suivant les recommandations des instances officielles, les députés et les ministres, eux, semblent avoir un traitement particulier.

Ainsi, Olivier Véran, Nicole Belloubet, ont-ils été testés, le premier parce qu’il avait « un petit début de rhume », et s’était rendu dans plusieurs endroits où circule activement le virus, notamment dans l’Oise, la seconde parce qu’elle s’était sentie « légèrement fiévreuse ».

Matignon affirme à Franceinfo que seuls les ministres « qui ont des symptômes et qui ont eu des contacts avec des malades avérés sont testés ».

On dirait bien que nous avons des ministres et des députés bien douillets… Combien de patients ont-ils été renvoyés chez eux sans avoir été testés, à la suite d’un refus du centre 15, parce qu’ils ne remplissaient pas le critère de choix : revenir de Chine ou d’Italie ?

Combien de patients avec des symptômes de COVID-19 n’ont pas bénéficié de tests tandis que des députés avec le nez qui coule peuvent, eux en avoir ?

Coronavirus, municipales et gel hydroalcoolique

Quant aux mairies qui organisent les élections municipales, et auxquelles l’État demande de ne pas modifier leur programme, elles seront équipées de kits comprenant lingettes, gel hydroalcoolique… celui que vous, vous ne trouvez plus en rayon…

Décidément, tout se passe comme s’il fallait protéger le cœur de l’État coûte que coûte, au cas où son moteur ne tourne pas, ce qui serait une catastrophe.

Ainsi, Bercy a été livré en masques FFP2, pendant que les médecins doivent se contenter de FFP1, car l’État a réquisitionné (en priorité pour lui ?) tous les masques et les rendra « quand le besoin s’en fera sentir ».

Ainsi, dans le pire des scénarios-catastrophes, il n’y aura plus personne pour payer des impôts ou voter, mais l’État, lui, sera sauf. Il pense qu’il continuera à tourner sans nous.

Selon le code d’honneur, un capitaine de navire ou un commandant de bord sortent les derniers, après s’être assurés que les passagers sont sains et saufs. Notre État capitaine protège les siens, ceux du premier cercle qui marchent sur la tête des passagers, et filent avec le premier canot de sauvetage disponible. Pas très joli. Surtout de la part d’un gouvernement qui ne cesse de prôner « les femmes et les enfants d’abord »…

Il y a une époque, certes lointaine, où même sans réseaux sociaux, le peuple avait pris conscience que ceux qui le gouvernaient avaient des privilèges financés par leurs impôts.

Il est réjouissant qu’à l’heure des réseaux sociaux, les Français puissent se rendre compte du mépris avec lequel les traite leur très cher État-nounou, qui sait mieux qu’eux ce qui est bon pour eux avec leur argent.

Peut-être sera-ce une leçon de cette crise sanitaire : un État obèse ne peut plus être le garant de votre sécurité et de votre liberté.

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.