Coronavirus : laissons chacun essayer les traitements prometteurs

Affirmeriez-vous à juste titre votre droit d’essayer n’importe quel traitement prometteur sur lequel vous pourriez mettre la main ?

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Coronavirus : laissons chacun essayer les traitements prometteurs

Publié le 6 mars 2020
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Par Daniil Gorbatenko.

Imaginez qu’il y a cinq jours à peine, vous viviez normalement, avec votre petite routine. Vous aviez peut-être quelques projets pour y mettre un peu de piment. Et puis ça a frappé. Vous avez d’abord eu une toux sèche bizarre, puis de la fièvre, et ensuite votre toux s’est aggravée, vous avez commencé à devoir reprendre votre souffle après avoir fait des efforts, que vous n’auriez probablement même pas remarqué avant.

Imaginez que vous devez ensuite vous rendre à l’hôpital le quatrième jour et que le verdict est effrayant. Vous êtes atteint d’une nouvelle maladie grave, le coronavirus (Covid-19). Un jour de plus s’écoule et vous voilà transféré en soins intensifs.

Vous faites quelques recherches en ligne et vous découvrez que vous courez maintenant un grave risque de passer non seulement des semaines à l’hôpital, mais aussi de développer des difficultés respiratoires pouvant mettre votre vie en danger, car votre système immunitaire peut sévèrement endommager vos poumons en réaction excessive au virus qui n’a pas encore eu le temps de s’adapter à sa nouvelle espèce hôte.

Cependant, lorsque, extrêmement inquiet, vous interrogez vos médecins à de multiples reprises sur les traitements disponibles, ils vous donnent une réponse choquante. Bien que certains médicaments prometteurs aient déjà été découverts, ils ne peuvent vous en prescrire aucun, car ces médicaments doivent d’abord démontrer leur efficacité par des essais cliniques randomisés.

Demandez-vous si vous seriez d’accord avec les médecins. Ou affirmeriez-vous à juste titre votre droit d’essayer n’importe quel médicament prometteur sur lequel vous pourriez mettre la main ?

À l’heure actuelle, il existe au moins trois médicaments qui se sont révélés très prometteurs pour le traitement du Covid-19.

Le remdesivir de la société américaine Gilead, a été initialement développé pour traiter le virus Ebola mais s’est révélé être un échec. Il n’a pas encore été produit en quantités suffisantes pour répondre à l’énorme demande potentielle de Covid-19.

Le deuxième traitement est le médicament chinois flavipiravir récemment  approuvé en Chine pour le traitement de la maladie, bien qu’il ne soit pas certain qu’il a été approuvé pour un usage général ou seulement pour certaines expériences.

Mais le médicament qui présente peut-être le plus grand potentiel sanitaire immédiat est la chloroquine, un antipaludique bien établi, utilisé depuis plus de 70 ans, extrêmement bon marché et largement disponible, dont la sûreté et les effets secondaires ont été bien étudiés.

Ce médicament a également déjà fait l’objet de plusieurs expériences chinoises in vivo, terme médical pompeux qui signifie que la recherche a porté sur des organismes réels, en l’occurrence des patients humains.

Un certain nombre d’essais cliniques ultérieurs […] ont été rapidement menés en Chine pour tester l’efficacité et la sûreté de la chloroquine ou de l’hydroxychloroquine dans le traitement de la pneumonie associée au COVID-19 dans plus de 10 hôpitaux à Wuhan, Jingzhou, Guangzhou, Pékin, Shanghai, Chongqing et Ningbo. Jusqu’à présent, les résultats de plus de 100 patients ont démontré que le phosphate de chloroquine est supérieur au traitement de contrôle dans l’inhibition de l’exacerbation de la pneumonie, l’amélioration des résultats de l’imagerie pulmonaire, la promotion d’une conversion négative du virus et le ralentissement de l’évolution de la maladie, selon le point presse. Aucune réaction indésirable grave au phosphate de chloroquine n’a été constatée chez les patients concernés.

Cependant, malgré ces preuves, l’adoption significative de la chloroquine comme thérapie contre le Covid-19 n’a probablement pas encore eu lieu. La position du ministère français de la Santé sur ce sujet est particulièrement inquiétante.

Le 26 février, il est allé jusqu’à poster sur Twitter que

aucune étude rigoureuse, publiée dans une revue internationale à comité de lecture indépendant, ne démontre l’efficacité de la chloroquine (Nivaquine) pour lutter contre l’infection au coronavirus chez l’être humain.

C’est probablement ce manque d’enthousiasme des autorités médicales françaises pour la chloroquine qui a motivé Didier Raoult, le directeur de l’Institut Méditerranée Infection à Marseille, à prendre une mesure inhabituelle : faire une déclaration télévisée percutante où il a mis tout son poids dans la promesse que représente la chloroquine comme mesure efficace et déjà largement disponible contre le Covid-19.

Il s’est même risqué à spéculer sur le fait que cette maladie pourrait devenir « la plus facilement traitable de toutes les affections respiratoires ». Dans une autre interview, il a déclaré qu’on ne voit pas bien pourquoi la chloroquine ne pourrait pas fonctionner sur des patients humains. L’unité d’infection du Dr Raoult a également suivi ses paroles par des actes et a commandé un approvisionnement de chloroquine pour traiter certains patients.

Le Dr Raoult doit être félicité pour son courage. Il aurait également pu ajouter que la science n’est pas synonyme d’analyse statistique et d’examen par les pairs. Les deux sont des outils généralement bons pour renforcer notre confiance dans les conclusions scientifiques, en particulier dans les contextes où l’on a affaire à des systèmes stochastiques complexes, comme le corps humain.

Mais ce n’est pas en raison de ces outils qu’un phénomène est, ou pas, de la science. La prédominance du positivisme simplifié comme philosophie scientifique abâtardie et le fait que les bureaucrates contrôlant les décisions de financement et de gestion du personnel scientifique souhaitent des critères formels faciles de « bonne science » ont créé et continuent d’alimenter un culte malsain des statistiques et des publications évaluées par des pairs dans tous les domaines de la science.

L’urgence de l’épidémie de coronavirus a conduit à une remise en cause sérieuse de ce culte dans les domaines de la virologie et de l’épidémiologie. De nombreux chercheurs ont réalisé que la compréhension du coronavirus de Wuhan et les outils pour s’y attaquer sont nécessaires dès maintenant, et pas dans plusieurs mois.

Pour le bien des patients qui présentent déjà des symptômes et risquent de graves complications, les bureaucrates devraient surmonter leurs pires instincts et laisser les patients profiter de la science émergeant du nouveau coronavirus, aussi désordonnée soit-elle. Les inconvénients potentiels sont nettement moins importants que les avantages.

En outre, démontrer que des traitements efficaces contre le Covid-19 sont déjà largement disponibles pourrait être une énorme aubaine pour l’économie et la société mondiales. Il deviendrait alors inutile de restreindre de manière significative les activités économiques ordinaires. Plusieurs pays sont déjà au bord de la récession, et dans de nombreux pays pauvres, un ralentissement de la croissance économique signifierait que des millions de personnes ne parviendraient pas à échapper à la misère.

Après la crise mondiale de 2008 et d’autres avant elle, nous savons que ces crises ne sont pas seulement des sursauts temporaires, elles peuvent avoir des répercussions massives à long terme.

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  • est ce que les gens , de façon générale, devrait avoir le droit d’avaler ce qu’ils veulent.. je pense que oui..
    pas si ils souhaitent être remboursés ou couverts par leur assurance de santé..
    maintenant on a un problème pour un seul patient il est difficile parfois quasiment impossible de déterminer si la prise d’un produit est la CAUSE de’une amélioration.. il s’agit de coïncidence..

    le patient qui voit son état de santé s’en fiche, il va mieux et c’est son but..
    pour autant si il peut être convaincu que c’est le produit la cause, il n’est as fondé à dire ce produit m’a guéri…

    on est donc dans le cas d’une maladie possiblement mortelle ( comme la grippe après tout) avec l’existence d’un traitement montrant une certaine efficacité sans nocivité notable..EN PREMIER EXAMEN…

    donc pour ce qui est du droit , on a le sujet de l’assurance sante, si on souhaite une remboursement..et si on se soucie de des conséquences qui ne seront pas couvertes, je m’explique  » j’ai avalé de l’essence pour soigner ma cirrhose »…c’est mon droit..mais c’est aussi le droit de votre assurance de vous dire..et ben tu te débrouilles pour payer les conséquences…
    on a ensuite ce qu’on peut appeler des dangers de l’analyse de résultats préliminaires.. mieux vaut être sûr de l’innocuité avec de prendre un traitement « révolutionnaire » ou bien sur être condamné avec quasi certitude..
    ici on a le cas d’études préliminaires qui justifierait de traiter sa maladie avec un produit..
    les fameuses études qui montrent des signes d’efficacité…autrement dit qui passent de la corrélation et la coïncidence à la causalité sont en général méthodologiquement « correctes « mais…souvent erronés quant à la légitimité « mathématique » à dire CAUSALITÉ. Ils ont juste vu des corrélations dans des populations.

    en fait le problème va se déplacer vers celui qui vous cède le produit..

    si il avance que le produit est un médicament ( l’essence pour soigner la cirrhose) il va avoir des problèmes d’ordre légal.
    et on se rend compte que c’est le truc central..
    la loi déclare que pour vendre un truc en disant que c’est thérapeutique, il faut certaines procédures.

    pour le reste…tu avales ce que tu veux…

  • un député LR et un employé de l’assemblé nationale sont touchés par le coronavirus ; ils sont hospitalisés ; si ça commence à infectés l’élite , ça fera peut être réfléchir le ministre de la santé ……

    •  » assemblée  » , pardon ; infecter , re-pardon ;

    • Si ça infecte l’élite, la solution est simple : que ceux qui se sentent membres de cette élite démissionnent, et ils seront épargnés…

    • Ce serait intésssant de savoir combien de députés ont eu, cet hiver, la grippe ou un autre virus hivernal.
      La disproportion entre les chiffres de cette épidémie ainsi que le « profil » des gens qui en meurent, et le tapage médiatico-politique doit interroger.

  • La chloroquine provoque des effets secondaires (connus) et possède une assez forte toxicité au-delà d’une certaine dose (bien connue aussi).
    Aujourd’hui, on aime bien les médicaments « pas trop toxiques ». Par exemple, l’aspirine ne passerait pas les critères actuels pour devenir un médicament : trop d’effets secondaires, dose létale 50 % (DL50) trop basse (1,2 g/kg (Glyphosate : >5,6 g/kg)).
    La DL50 de la chloroquine est de 0,625 g/kg (sur rat). (La toxicité aiguë est d’autant plus élevée que la DL50 est plus basse).
    Cela dit, l’effet des différents dosages de chloroquine est très bien documenté par 70 ans d’expérience comme anti-paludéen. L’usage éventuel de la chloroquine contre le virus covid-19 est donc tout à fait sûr, et devrait être vraiment favorisé.

    • plus exactement il peut même être prescrit même en cas d’efficacité limitée…
      la chloroquine n’est pas qu’un traitement prometteur c’est aussi une substance « connue.
      le titre de l’article n’est pas laissons les gens essayer la chloroquine mais laissons les gens essayer des traitements prometteurs…

    • Je vous rappelle quand même que le dosage utilisé par les Chinois correspond à 5 fois la dose « normale » lors d’une utilisation antipalu.

  • ll n’est pas interdit d’avoir du bon sens. Quand une épidémie tue moins de 1 % des cas confirmés (hrs individus au bout du rouleau pour d’autres raisons) et sans doute beaucoup moins si on tenait compte des cas passés inaperçus, il est bien évident que l’on ne peut prendre le risque d’un traitement que si ses effets secondaires (il y en a toujours) sont inférieurs à ceux de la maladie combattue. J’entends bien que la nivaquine est peu nocive en général mais l’est elle autant lorsqu’on l’applique à une personne ayant un covid19 aigu ? Et pour ceux qui n’ont que des symptômes bénins mieux vaut ne rien faire. Exiger un minimum de tests sur un médicament possible n’a rien de choquant. On peut tout au plus exiger un peu moins de bureaucratie retardatrice quand l’urgence est absolue. Mais parler de culte malsain des statistiques et du jugement par les pairs est clairement une attitude de charlatan. Je m’étonne d’ailleurs qu’il ne prône pas l’homéopathie ou le refuge dans une caverne protégée des champs électromagnétiques !

    • Ça me gêne que vous qualifiiez de charlatan celui qui est sans doute notre meilleur spécialiste des maladies infectieuses. Qui mar ailleurs ne cesse de se référer à l’expétience: « moi je vous les malades, je compte les décès et les guéris, et ce, depuis des années », dit-il.
      Il précise par ailleurs qu’il a déjà traité 4000 personnes avec de la chloroquine.
      Qu’il s’élève contre les bureaucraties et les modèles mathématiques qui prétendent être plus valides que l’expérience, me semble assez compréhensible.

    • Quand on s’arrange pour ne pas confirmer tout cas pour lequel on pourrait invoquer une autre cause de décès, on arrive à « 1% des cas confirmés », et ça rassure les gens. Mais l’important est de faire passer le pragmatisme avant les précautions, et d’avoir des médecins qui assument leurs choix de manière responsable plus que des contestataires systématiques de tout ce qui n’aurait pas l’aval réglementaire déresponsabilisant, justement.

  • Oui mais c’est sans compter sur le Bruno Le Maire qui va plafonner le prix du gel hydroalcoolique !

  • « laissons chacun essayer les traitements prometteurs »

    Le savon pour les mains et le visage.

    Le 12 ans d’âge, single malt pour la bouche. Ordonnance : une bouteille par jour.

  • La baisse spectaculaire du nombre de mort en Chine devrait inciter nos fonctionnaires scléreux à un peu d’humilité.
    Quand on pense qu’il faut une autorisation du gouvernement pour fabriquer du gel hydroalcoolique….

  • Les commentaires sont fermés.

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