Municipales : tous au marais !

Les listes des municipales « divers », « divers centre » et « sans étiquettes » explosent. Cette fuite en avant vers le Centre, marais politique par excellence est l’aboutissement logique de l’absence de débat politique dans notre pays.

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Municipales : tous au marais !

Publié le 5 mars 2020
- A +

Par Marc André.

Nous sommes à moins de deux semaines du premier tour des élections municipales et si une tendance se dessine, maintenant que toutes les listes ont été déposées, c’est bien celle du grand flou.

Les listes « divers », « divers centre » et « sans étiquettes », fleurissent avec la même vigueur que le nombre de foyers du covid19. S’il est impossible dans ce « pays de liberté » contrôlé par l’État-nounou de trouver un masque pour se protéger du virus chinois, force est de constater que les candidats, eux, n’ont eu aucun mal à en trouver un pour duper l’électeur.

Une absence de débat politique

Cette fuite en avant vers le Centre, marais politique par excellence, est l’aboutissement logique de l’absence de débat politique dans notre pays depuis bientôt 40 ans. La gauche n’est plus elle-même depuis la conversion de Mitterrand au « réalisme » allemand en 1983 et la droite n’est plus libérale depuis la raclée prise par Chirac en 1988.

Les deux se retrouvent pour défendre avec acharnement le capitalisme de connivence, version moderne du colbertisme, le tout drapé dans l’étendard européen. Les deux camps ayant abandonné la défense de la Nation à la SARL Le Pen, il ne faut pas s’étonner que plus personne ne se revendique d’une appartenance politique devenue totalement vide de sens.

Ajoutez à cela le grand dégagement des législatives de 2017 et vous avez l’explication de la ruée sur le masque centriste. Les maires et aspirants à le devenir en ont déduit que les « vieilles étiquettes » étaient démonétisées et que rien ne valait le marigot centriste pour sauver ou conquérir un siège. Mais ce qui était vrai il y a trois ans ne l’est plus aujourd’hui, après le florilège de bêtises et d’approximations dans la gestion du pays auquel nous avons eu droit depuis l’arrivée de Macron et de son équipe « d’amateurs fiers de l’être ».

En vérité, contrairement à ce que les électeurs espéraient, l’irruption de la Start Up « En Marche » n’a absolument pas clarifié les choses. L’opération n’était en rien un coup de balai. Elle a juste ripoliné la vieille façade décrépite du PS en lui agrégeant ce qu’il y avait de plus mou et de plus opportuniste sur « l’autre rive ».

Las, la campagne parisienne prouve que lorsque l’on a un tant soit peu de moelle, l’appartenance à un parti de « l’Ancien Monde » n’est pas un fardeau… bien au contraire.

Paris, l’exemple-type

Alors que Les Républicains n’ont pas fait le moindre effort pour inventer une doctrine digne de ce nom, après leurs échecs aussi retentissants que répétitifs, Rachida Dati s’en tire remarquablement bien, en ne promettant rien d’autre que de « faire le job » en bonne élue de droite.

Et il est vrai que pour des municipales, il n’est pas idiot de promettre de veiller au ramassage des ordures, à l’état des chaussées et des trottoirs, domaines dans lesquels l’actuelle équipe municipale s’est couverte de ridicule. Habiter une capitale qui ressemble de plus en plus à une ville du Tiers monde n’incite pas à donner un nouveau mandat à madame Hidalgo.

Ce qui est curieux c’est que malgré sa sociologie très « marcheuse », la capitale semble vouloir se donner à une candidate clairement estampillée LR et ce bien avant les déboires sentimentalo-cinématographiques de monsieur Griveaux. Le réflexe droite/gauche est donc toujours vivace et il semblerait que les électeurs ne s’y trompent pas. En dehors de la manière calamiteuse de gérer les problèmes du moment, les Marcheurs, précisément parce qu’ils n’ont aucune ossature programmatique, mais uniquement des certitudes technocratiques peinent à convaincre de leurs aptitudes à diriger Paris.

Chirac disait « je ferai pour la France ce que j’ai fait pour Paris »… quand on voit ce que Macron a fait de la France, on comprend mieux les hésitations des Parisiens.

Le consensus, la fausse solution

Le centre c’est le consensus et celui-ci se fait toujours sur le plus petit dénominateur commun. La modération n’est pas plus un programme que le bon sens n’est une solution.

Le monde complexe dans lequel nous vivons amène de nouveaux défis impossibles à relever par « consensus ». C’est pour cette raison que la vie publique a besoin de clarté. Dans un pays aussi politique que le nôtre, n’en déplaise à certains, il faut que des options franches se dessinent et non que des solutions tombent de Berçy. La technocratie est un trou noir !

Et depuis quelques années, elle aspire consciencieusement ce qui reste de libertés publiques dans ce pauvre pays. Elle ne peut le faire que grâce à ce « consensus » centriste qui relativise tout débat d’idée et voue aux géhennes médiatiques toute pensée « non consensuelle » comme hérétique.

La démocratie française, comme tout cerveau, a besoin de ses deux hémisphères en état de marche, prêts à proposer des réponses soumises à l’arbitrage des Français. S’enliser dans les sables mouvants du centrisme, c’est abandonner le reste de nos libertés et donner, au final, un boulevard aux extrêmes en leur laissant le monopole de l’alternative.

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  • Compte tenu du maillage administratif dense autour des communes , les marges de manœuvres deviennent extraordinairement réduites..
    L’expression d’un choix politique pour une candidature (droite ou gauche)relève de l’escroquerie pure et simple..
    Le maire de droite , ne pourra rien faire de plus ou de moins qu’un maire de gauche,
    70% des prérogatives sont du ressort des communautés de communes , de plus les impots locaux disparus et remplacés par une dotation d’etat ont fini le job..
    plus d’autonomie et la course aux subventions comme objectif..
    je le sais d’autant plus que je suis candidat aux municipales

  • Nul , et puis arretons avec la sarl le Pen , Vous continuez à ostraciser les gens qui votent RN. Quand on voit dans quel état nous sommes arrivés …

    • Pour une fois qu’on a un article qui ne louange pas le Centre face aux 2 Zextrèmes
      Il lève 2 problèmes : le consensus et les faux-nez.

    • Vous êtes sur un site libéral : ne vous attendez pas à ce que les auteurs tressent des lauriers au RN, parti ouvertement anti-libéral.

      • Mais au final le parti qui se concentre sur l’un des domaines régaliens totalement oublié par les autres partis, la sécurité et l’immigration… Donc on peut se demander s’ils feraient vraiment pire, si on part du principe qu’ils feront pareil dans les autres domaines… A réfléchir…

        • Ah oui, le parti qui veut mobiliser les dépenses et les forces régaliennes sur le contrôle des frontières… au détriment de leur véritable rôle : un déploiement sur le terrain pour juguler la petite délinquance et la criminalité.

          Pour un libéral, réellement soucieux de droit régalien, c’est tout réfléchi.

  • lequel boulevard aux extrêmes a bien été ouvert par tout les glands qui se sont assis sur le trône au fil des élections ; si des mairies sont prises par le RN , je ne vais pas pleurer , je constaterai seulement que c’est le résultat de l’abêtissement et de l’incompétence des autres partis ; point barre ;

  • Cher auteur, vous rendez-vous compte, qu’à part faire du « bashing », votre article ne contient absolument aucun argument ?

  • Je n’aime pas les extrêmes mais je suis toujours surpris de voir l’extrême gauche (melanchon sarl, besancenot, etc.) reçus par les média avec indulgence voire le sourire et l’extrême droite qui finalement a des idées proches (à part l’immigration) considérée comme l’ogre à abattre…
    Pour une commune, ce qu’on attend, c’est une gestion saine et dans ce cas, je ne vois pas d’intérêt de s’accrocher à des partis dont la boite à idées est vide depuis fort longtemps.

    • Le vrai clivage est entre une idéologie post nationale qui s’abrite derrière la mondialisation économique pour faire avancer un programme politique, et ceux qui veulent garder la nation comme échelon essentiel de la décision politique. Les médias sont, dans leur quasi-totalité, inféodés à l’idéologie post nationale à laquelle l’extrême-gauche et les socialistes en général adhèrent. La droite a fini par s’y rallier, sauf quelques personnalités minoritaires dans leur parti.
      E. Macron a rallié les euromondialistes, ce qui clarifie le débat (et fait apparaître le vide de LR comme du PS). L’extrême-gauche est juste une version radicale du macronisme qui lui rend service en faisant apparaître ce dernier comme « modéré ».
      On verra un jour que le socialisme supranational dont l’UE est l’ébauche, n’a rien à envier à la défunte URSS.

    • Si ce que les médias appellent « extrême droite » n’a pas la faveur des médias, c’est uniquement parce que ce parti défend la nation comme échelon essentiel de la décision politique. L’idéologie post-nationale domine en effet tous les systèmes politiques et les medias y sont inféodés. Il se trouve que l’extrême gauche, depuis la mort de l’ancien PCF ne contredit pas cette idéologie.

    • N’importe quoi : tous les jours sur les chaines d’info sont invités sur les plateaux des membres du RN pour débattre… autant que les gens de LFI.

    • C’est quoi une gestion saine ?
      Le maire d’une commune qui sait trouver les subventions pour des projets douteux ? (qui ne se ferait pas sans l’argent des autres)

      • une gestion saine c’est deja ne lancer que des projets ne dépassant pas la durée d’un mandat

        • Genre : je fais le forcing pour bâtir mon centre aqua-récréatif en un mandat, sûr que l’intercommunalité abondera aux frais de fonctionnement tant elle a envie de distribuer ses largesses pour se faire aimer !

  • Nous faire croire à l’existence d’un « centre » en politique c’est comme si on voulait nous convaincre que le sommet d’une montagne entre deux profondes vallées est un endroit stable. Dans la réalité , quand on y est, on ne peut que retomber d’un coté ou de l’autre.

  • « S’enliser dans les sables mouvants du centrisme, c’est abandonner le reste de nos libertés et donner, au final, un boulevard aux extrêmes en leur laissant le monopole de l’alternative. »
    A moins que le centre ne soit lui-même un extrémisme, à la manière de Saint-Just (pas le liberté pour les ennemis de la liberté…).
    Il faut se distancier des affirmations des médias qui sont là pour formater l’opinion davantage que pour nous informer, et aller voir dans les programmes eux-mêmes ce qui va dans le sens des libertés ou pas. Si certains libéraux l’avaient fait en 17, ils n’auraient pas voté Macron…

  • Il me semble avoir ici que ceux se réclamant du centre étaient adeptes des solutions totalitaires.

  • « que votre parole soit oui oui, non , non »
    « Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche » . On ne relit pas assez souvent les vieux grimoires …

  • Autant ce propos pourrait se justifier dans le cadre d’une élection nationale où les opinions politiques sont susceptibles d’orienter des choix lourds, notamment budgétaires, autant les étiquettes politiques me semblent dénuées de sens au niveau d’une commune, les très grandes mises à part (c’est à dire une dizaine sur 36 000). D’ailleurs croire que les clivages ont un sens au niveau local, c’est donner cours à une vision centralisée et constructiviste de la politique au détriment du principe de subsidiarité dont la mise en oeuvre aboutit à rechercher sur place les représentants les plus compétents plutôt que les plus engagés.

  • Article pas très convaincant.
    L’auteur se désole à juste titre du « centrisme », ce gloubiboulga sans saveur issu du « consensus » politique autour de la social-démocratie.
    Il se désole aussi de ce que la droite n’est plus libérale. Ce en quoi il a parfaitement raison également.

    Alors, à quoi bon souhaiter le retour de la droite au pouvoir ? Celle-ci nous servira au final la même soupe idéologique que le centre.

  • Comme si il était question de voter aux municipales, pas facile de voter avec un masque ou 40 de fièvre..

  • la ville du tiers monde risque de s’enfoncer un peu plus via la politique de hidalgo , cette sombre conne , qui préconise d’accueillir les migrants et d’organiser leur accueil ; parisiens , réveillez vous !!!!

  • En fait, les « divers » et « sans étiquette » sont le paravent des LREM qui n’osent pas avouer leur position, de peur de se faire éliminer très vite.

    • Et comme ça, LREM pourra les assimiler à leur drapeau lors des résultats, sans leur demander leur avis bien évidemment, et éviter ainsi la défaite… 😉

    • non, les sans étiquettes taillent un programme qui les qualifient directement

  • S’il y a une déficience de débat politique, alors c’est une bonne nouvelle.
    Il n’y a que les collectivistes et les étatistes qui prétendent que tout est politique.
    Les gens normaux préfèrent qu’on leur foute la paix, une bonne fois pour toutes.

  • Il faut distinguer ce que les candidats déclarent pour  » ratisser  » large et leur réel penchant idéologique ; en effet le phénomène avait déjà été repéré il y a 6 ans quand bon nombre de socialistes ne souhaitant pas sombrer avec Hollande se sont déclarés sans étiquette ou rassemblement bien sur démocratique ou d’intérêt général !!! La tendance s’accentue avec LAREM qui tente de se glisser dans ce  » marais  » déclaratif pour sauver quelques meubles !!! En conclusion presque tous les partis avancent courageusement masqués car peu restent crédibles ( il suffit d’observer le taux de participation aux séances du Palais Bourbon !!!) !!!!

  • Je ne sais pas ce qui est mieux : un marais politique ou des égouts à droite et à gauche…

  • Dans le droit fil de cet article, je citerai l’exemple du Havre. Le parti LR, mais a-t-il encore une identité, a été incapable de présenter une liste face à E Philippe qui a pourtant quitté cette formation politique. Le même scénario est observé à Rouen où EELV pourrait bien « tirer les marrons du feu » !

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candidats anticapitalistes
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