Classes moyennes : non, monsieur Macron, la hausse des dépenses publiques n’est pas la solution

Les classes moyennes ne souffrent pas d’un manque de dépenses publiques mais de trop de dépenses publiques et de trop d’État.
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Classes moyennes : non, monsieur Macron, la hausse des dépenses publiques n’est pas la solution

Publié le 19 février 2020
- A +

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Lors de la conférence sur la sécurité à Munich, Emmanuel Macron a critiqué la gestion de la crise financière de 2008 et a préconisé une hausse de la dépense publique en Europe pour « réconcilier les classes moyennes avec l’avenir ».

Il a estimé que la zone euro avait beaucoup trop donné la priorité à la réduction des dépenses publiques, qui a abouti à « désespérer les classes moyennes européennes ».

Le président français a tort

Il suffirait de prendre l’exemple de son propre pays, qui contredit parfaitement ses propos.

Si l’on suit son analyse à la lettre, la classe moyenne française devrait être la plus heureuse au monde.

Les dépenses publiques sont passées de 1020,5 milliards d’euros en 2007 à 1318,6 en 2018. Elles sont de 20 % supérieures à la moyenne de la zone euro et devraient continuer de progresser de 0,5 % en volume (hors inflation) en 2020 (fin 2019, elles atteignaient 54 % du PIB).

En Europe, de nombreux pays ont beaucoup baissé leurs dépenses publiques ces dernières années : l’Allemagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède… Et la création d’emplois ainsi que la réduction du taux de chômage ont suivi cette baisse.

La plupart de ces pays connait le plein emploi et les classes moyennes s’y portent mieux qu’en France.

Regardons aussi les dernières données Eurostat sur les dépenses publiques.

Contrairement à ce que soutient le président Macron, les dépenses totales brutes des administrations publiques des pays européens ont globalement augmenté depuis la crise de 2009 : de 846 milliards d’euros entre 2010 et 2018 dans l’UE-28 et de 590 milliards d’euros dans la zone euro pour la même période (voir le graphique).

dépenses publiques Macron se trompe de diagnostic.

Les classes moyennes soufrent de trop d’État et de trop de pression fiscale. Selon l’OCDE (décembre 2019), la France était en 2018 le pays qui avait le taux de prélèvements obligatoires le plus élevé des pays membres : 46,09 %, un niveau de 35 % supérieur à la moyenne de ces pays.

Elle élargit même l’écart avec le Danemark (44,86 %). Dans un pays où plus de 50 % de la population ne paye pas d’impôt sur le revenu, la pression repose surtout sur les classes moyennes. Elles ne souffrent pas d’un manque de dépenses publiques mais de trop de dépenses publiques et de trop d’État.

Monsieur Macron, baissez les impôts, baissez les dépenses publiques et les classes moyennes ne seront plus “désespérées” !

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Voir les commentaires (19)

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  • claude henry de chasne
    19 février 2020 at 6 h 09 min

    ce que macron voit comme classe moyenne en france ce sont les fonctionnaires… qui vivent de la dépense publique.. alors forcement

    • on a payé au prix fort la désindustrialisation depuis 1981
      La foultitude de fonctionnaires pompe, suce, aspire, absorbe, assèche, capte, épuise, tire, vide les finances de la France et ne permet plus à L’INDUSTRIE de se régénérer avec les PME/PMI/ETI puisque ces dernières disparaissent !

  • Macron a été ministre de l’Économie, il ne peut ignorer le niveau invraisemblable des dépenses de l’état français ni leur augmentation drastiques depuis les années 2000 ni les différences de chômage et de pouvoir d’achat entre les pays .
    Reste à savoir ce que son mensonge cynique cache.
    Signal pour raffermir le soutien des troupes de l’état autour de lui ; le flot d’argent va continuer à couler ? Incitation à la dépense pour les autres pays et spécialement l’Allemagne vu que la conférence était à Munich ?
    .
    Ça fait un moment que les dirigeants français lorgnent sur « la cagnotte » des états plus vertueux.

    • il y a deux choses :
      1) la préservation, voire l’extension de son pouvoir
      2) plus grave, la croyance et la fascination pour le pilotage centralisé étatique de toute activité en France (le fameux dirigisme cher au général de Gaulle), forcément supérieur aux initiatives privées, doublées d’une persévérance rare dans la connerie, vu que ce n’est pas lui qui en paie les conséquences.

  • attendez si c’est pour réconcilier les classes moyennes avec l’avenir..il faut être un vilain pour s’opposer à ça…

  • Un cercle infernal. De plus en plus, les classes moyennes sont les victimes expiatoires de toutes les réformes en France : elles n’ont plus droit à rien et paient pour tout plein pot ! la reforme des retraites massacrera les retraites des cadres moyens.

  • En même temps (pour reprendre une expression devenue célèbre) la culture de l’Etat est tellement viscérale comme en témoigne cet extrait dans wikipedia :

    En France, le mot « État » a deux significations souvent confondues mais en réalité distinctes :

    « L’État » au sens politique du terme qui désigne l’ensemble des pouvoirs publics de niveau national : pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire (c’est en ce sens que le président de la République est le « chef de l’État » puisqu’il veille au bon fonctionnement de ces différents pouvoirs ; c’est également en ce sens que l’État légifère ou qu’il s’engage sur la scène internationale).

    « L’État » au sens administratif du terme. Pour la comptabilité publique, « l’État » désigne une collectivité publique, c’est-à-dire une personne morale de droit public, qui a une dimension nationale, contrairement aux collectivités territoriales, et qui constitue l’outil administratif dont dispose le pouvoir exécutif incarné par le gouvernement (on dira ainsi que l’État paie des fonctionnaires, finance des projets, passe des contrats, etc.). En tant que collectivité publique, l’État est dirigé par le Premier ministre et les ministres. Son administration est découpée en ministères. Il assure la tutelle d’établissements publics et dispose d’une fonction publique.

    En France, l’État au sens administratif est toujours basé pour l’essentiel sur des principes issus de sa création sous l’Ancien Régime, les tentatives de l’adapter à une société démocratique n’ont jusqu’ici été guère fructueuses de ce point de vue[réf. nécessaire]. En règle générale, les Anglais et les Américains préfèrent utiliser le mot gouvernement qui donne une plus large place au politique alors qu’en France, depuis Vichy, le mot État1 est systématiquement préféré et s’est pour partie substitué au mot République utilisé antérieurement2.

  • macron se trompe de diagnostic….pour un ex ministre de l’économie , ça la fout mal ….heureusement qu’il n’est pas toubib ou chirurgien…bonjour les dégâts ….

    • claude henry de chasne
      19 février 2020 at 8 h 55 min

      la logique macron n’est plus économique mais électoraliste

    • Macron évoque, en matière médicale, le professeur Mangemanche de Boris Vian… Il n’y a hélas que dans les romans de Vian que le médecin doit s’exiler quand la colonne des guéris devient plus courte que celle des morts. Sans sous-entendu scabreux, hein !

  • En résumé, notre pouvoir d’achat, ce n’est pas ce qu’on nous donne mais ce qui nous reste quand l’Etat a fini de plonger ses doigts crochus dans nos poches.. Quand on a compris ça, on a tout compris.

    • ne pas oublier le tsunami de réglementation idiotes qui s’abat chaque jours et qui renchéri mécaniquement le cout de la vie.

  • Macron ne fait que répondre à l’attente des français, qui aspirent de plus en plus à être assistés. Ce sont eux qui n’ont pas compris que l’État dispendieux et inefficace n’est pas la solution, mais le problème. Mais comment leur ouvrir les yeux alors que toute la classe politique profite du système ?

  • Qu’espérer d’autre de la part du gars qui a déclaré sans rire que l’URSSaf était l’amie des entreprises ?

  • La dépense publique ne crée pas de la richesse, au contraire elle en consomme. Ce qui crée de la richesse, c’est la production. Il faut favoriser la production, donc la compétitivité, donc la réduction (et pas l’augmentation) des dépenses publiques.
    Mais bon courage pour expliquer cela à un socialiste.

  • Une hypothèse est que E. Macron sait parfaitement ce qu’il faudrait faire pour sortir du gouffre, qu’il a habilement noyauté la sauce Hollandaise pour devenir Chef d’Orchestre, avant de comprendre que les jivaros français décérébrés par un demi-siècle d’ENA et de CGT couperont la tête à quiconque prétend rectifier le tir. Caresser les furieux dans le sens du poil pour sauver sa peau?

    • L’hypothèse d’un Macron initialement pétri de bonnes intentions, mais qui finalement fait un refus devant l’obstacle, n’est pas crédible. Il a été dûment sélectionné pour maintenir le système inchangé, voire pour le renforcer autant que possible (réforme des retraites), pas pour le réformer.

  • Dépenser et taxer sont les seuls pouvoirs qui restent à nos gouvernants qu’ils protègent à tout prix.
    Balladur, 1er ministre, s’était vu proposé par Michel Pébereau de fixer le taux imposable pour les placements suivant leur durée (ct, mt, lt) mais sans s’occuper desdits placements.
    Il s’était fait vertement remis en place, Balladur considérant que l’Etat devait définir lui-même les placements à favoriser ou non.
    Rien n’a changé!
    Et quel meilleur levier clientéliste que de décider des dépenses surtout si elles n’entrent pas dans le secteur régalien bien mal géré par les gouvernants alors qu’il est leur premier devoir.

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