Coronavirus : le nombre de cas détectés explose, Pékin reprend la main

Presiden China Hadiri APEC 2013 By: APEC 2013 - CC BY 2.0

Après la crise de Hong Kong, la défaite électorale du candidat pro-Pékin à Taïwan et la guerre commerciale avec les États-Unis, le coronavirus sera-t-il un nouveau revers pour Xi Jinping ?

Par Frédéric Mas.

Le régime de Pékin a décidé de changer de politique sanitaire et d’intervenir pour pallier l’incompétence des autorités de la province de Hubei (Chine) pour endiguer la crise du coronavirus.

En utilisant de nouvelles méthodes de calcul et d’évaluation de la pandémie, les chiffres ont explosé. Selon ceux publiés jeudi 13 février, le nombre de nouveaux cas s’élevait la veille à 14840, alors que les jours précédents, il oscillait entre 1500 et 3000. Cela porte également le nombre de morts à 242. Des données qui font bondir les statistiques nationales avec plus de 50000 personnes contaminées et plus de 1300 décès.

L’opacité de gestion de la crise, et l’accusation d’incompétence portée par Pékin à l’endroit des autorités locales trouvent donc leur conclusion dans ce coup de théâtre politique. Pour Brice Couturier, cette mauvaise gestion, qui a déjà eu un impact médiatique majeur partout dans le monde et abîmé l’image de la Chine auprès de ses partenaires, pourrait être le Tchernobyl de Xi Jinping.

Coronavirus et Tchernobyl

On se rappelle en effet que la catastrophe de 1986, en révélant le fonctionnement profondément inefficace, idéologique et bureaucratique du système soviétique avait participé à la chute de l’URSS. Le tout politique totalitaire a mené à la catastrophe humanitaire, et cela pourrait se reproduire aujourd’hui.

Pour Brice Couturier, qui abordait la question dans son émission sur France Culture, la mise en scène de la gestion de crise chinoise est porteuse d’un message : le centralisme et l’autoritarisme paient, contrairement à l’organisation des démocraties libérales. C’est aussi ce qui peut expliquer l’accès d’autoritarisme à l’endroit de la province jugée défaillante : « Dans la tradition chinoise, lorsqu’une catastrophe frappe le pays, quelqu’un doit en assumer la responsabilité. Un dirigeant doit être désigné et puni. Mais le pouvoir central, à Pékin, s’est arrangé pour faire porter le chapeau aux autorités locales, celles de la ville de Wuhan. »

Après la crise de Hong Kong, la défaite électorale du candidat pro-Pékin à Taiwan et la guerre commerciale avec les États-Unis, serait-ce un nouveau revers pour Xi Jinping ? Le coronavirus aura-t-il politiquement raison du dictateur communiste ?

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.