Réforme des retraites, pur produit de l’énarchie macronienne

La réforme des retraites est une superbe expression de la vision verticale de la protection sociale telle que la développe l’élite française, formatée par l’ENA.

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Macron President by Lorie Shaull(CC BY-SA 2.0)

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Réforme des retraites, pur produit de l’énarchie macronienne

Publié le 7 février 2020
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Par Eric Verhaeghe.

L’énarchie verticale a durement frappé avec la réforme des retraites, supposée décliner la doctrine macronienne du « libérer et protéger ». Peu de commentateurs ont pris le temps, jusqu’ici, d’en analyser le substrat idéologique. Nous nous proposons de nous étendre ici sur sa signification durable, au regard de son berceau intellectuel qu’est la propension de l’énarchie à la verticalité politique et sociale.

L’énarchie verticale, autant que la verticalité énarchique, forment la colonne vertébrale du macronisme, et probablement sa quintessence. Pour ceux qui en doutaient encore, la crise de la réforme des retraites en constitue un moment fort, une sorte d’illustration pure, quasi-scolaire, qu’il faut bien prendre le temps d’analyser pour en comprendre les mécanismes.

Macron et l’énarchie verticale

Faut-il encore et toujours rappeler combien la verticalité est au cœur du macronisme ? Avant même son élection, le candidat Macron avait rejeté la doctrine du « président normal » que François Hollande avait testée à son détriment.

Il avait alors théorisé, dans une célèbre interview donnée au complaisant magazine Challenges, cette théorie de la présidence jupitérienne, qui constitue une sorte de doctrine de la verticalité politique.

« François Hollande ne croit pas au président jupitérien. Il considère que le Président est devenu un émetteur comme un autre dans la sphère politico-médiatique.

Pour ma part, je ne crois pas au président normal. Les Français n’attendent pas cela. Au contraire, un tel concept les déstabilise, les insécurise.

Pour moi, la fonction présidentielle dans la France démocratique contemporaine doit être exercée par quelqu’un qui, sans estimer être la source de toute chose, doit conduire la société à force de convictions, d’actions et donner un sens clair à sa démarche. »

Cette tirade constitue la formalisation la plus aboutie de la doctrine en vigueur dans le gouvernement profond, dont l’énarchie verticale ou verticaliste constitue l’épine dorsale.

Pour l’élite dominante en France, la société doit être conduite « à force de convictions », par un leader qui montre la voie. Ce mode de gouvernance, à l’opposé de ce qui se passe dans d’autres pays comme la Belgique, où plusieurs mois peuvent se passer sans gouvernement, correspondrait à l’attente des Français.

Macron, l’énarchie et la verticalité

La question qu’on peut se poser est de savoir si cette doctrine de la verticalité exprimée de façon aussi pure, aussi explicite, par Emmanuel Macron, est une caractéristique propre au personnage ou si elle reflète, à un degré peut-être plus abouti, une doctrine dominante dans la caste dont il est issu, à savoir l’énarchie.

On évitera ici les polémiques stériles sur la notion d’énarchie. Il ne s’agit évidemment pas de soutenir que l’énarchie formerait un parti politique, une secte, ou qu’elle serait porteuse d’un projet formalisé semblable au fantasmatique Protocole des Sages de Sion.

Il s’agit plutôt de s’interroger sur une culture prévalente dans un milieu social identifié par son parcours scolaire et socio-professionnel, étant entendu que tout ancien élève de l’ENA (et c’est le cas de l’auteur de ces lignes) garde la faculté et la liberté de renoncer à tout ou partie de ce corpus doctrinal sous-jacent.

Le système universel de retraites et l’énarchie verticale

L’un des projets les plus explicites de l’énarchie verticale a toujours été l’idée d’une sécurité sociale universelle, dont un régime universel de retraites constitue l’un des pendants les plus ambitieux et les plus aboutis1.

Dès les années 1930, les conseillers d’État Alexandre Parodi et Pierre Laroque en portent le projet, qu’ils concrétisent définitivement en 1945, avec le gouvernement provisoire, après en avoir posé les fondations durant l’été 1940, époque où ils collaborent furtivement avec Vichy. En 2005, les conseillers d’État Philippe Bas et Renaud Dutreil, devenus ministres, en reprennent le flambeau avec la création du RSI, qui vise à intégrer les travailleurs non-salariés dans ce système herculéen.

Édouard Philippe et le système universel de retraites

De façon emblématique, c’est le conseiller d’État Édouard Philippe qui a la charge de porter ce projet à son aboutissement jamais atteint depuis près de 80 ans. Si la création de la CNAV date de 1941, si son ambition d’être la caisse de retraites de tous les Français est encore plus ancienne et date de l’époque des « assurances sociales » en vigueur dans les années 1930, la résistance des Français à ce grand embrigadement dans un système monopolistique d’État supposé les « protéger » est en effet aussi vieille qu’elle et ne faiblit pas.

L’erreur d’Emmanuel Macron, nous y reviendrons, consiste à ne connaître l’histoire contemporaine de la France que par les manuels de propagande qu’il a appris par cœur en khâgne au lycée Henri-IV, quand il préparait Normale Sup, puis à Sciences-Po également fréquenté par Édouard Philippe, où des esprits torves comme celui du conseiller d’État Tabuteau font croire que la Sécurité sociale est l’alpha et l’oméga du désir dominant en France. Quelques soirées loin des salons parisiens mais au milieu des Gaulois réfractaires auraient appris à nos deux Dupont que l’identité française est beaucoup plus complexe que les raccourcis pratiqués à Sciences Pipeau.

L’énarchie verticale et le fantasme jacobin du jardin à la française

À la décharge de Philippe et de Macron, il est vrai que la propagande des Tabuteau, Hirsch et consorts (au rang desquels on joindra Mélenchon et Ruffin) sur les vertus candides de la Sécurité sociale est particulièrement redoutable, et redoutablement efficace. Disons même que sans l’intelligence salutaire, primale, instinctive des Français les moins éduqués, cette doctrine aurait triomphé depuis longtemps.

Elle repose sur l’opinion simple à comprendre selon laquelle l’ordre vaut mieux que le désordre, l’unité vaut mieux que la diversité, le monopole vaut mieux que la concurrence, le collectif vaut mieux que l’individuel. Toutes ces platitudes trompeuses devenues de fausses évidences à force d’être martelées dans tous les médias subventionnés par des chiens de garde consciencieux, se sont imposées comme les piliers de la sagesse énarchique, qui peuvent être regroupées dans la doctrine du jardin à la française.

Cette doctrine consiste à esthétiser la gouvernance du pays en lui suggérant de transformer celui-ci en une entité agréable au regard où des aristocrates se promèneraient avec nonchalance au milieu d’allées rectilignes, sans fioriture, sans aléas, dans un tout parfaitement ordonné et policé.

La retraite par points et le jardin à la française

Assez naturellement, la retraite par points, en son temps défendue par Piketty (autre adepte fanatisé, nous y reviendrons, du contrôle autoritaire par la protection sociale bienfaisante) et Bozio, avait tout plaire aux technocrates amoureux du jardin à la française.

Après tout, quelle meilleure idée qu’un système unique avec une grande règle d’apparence simple, qui se transformerait en principe organisateur de la société tout entière de la naissance (ou presque) jusqu’à la mort : une fraction du revenu (on sait maintenant qu’il s’agit d’environ 25 % du salaire, affectés du coefficient de 0,055 %) perçu dans la vie active devient une rente de vieillesse ? On passerait ainsi de l’émiettement insupportable entre 45 régimes différents à une seule grande allée dégagée sans fioriture vers la ligne d’horizon, celle du régime universel. Du jardin anglais au parc de Versailles.

Il n’en fallait pas plus pour transformer le jeune Macron, adolescent imberbe en matière de retraites du secteur privé, en idéologue de la réforme, jusqu’à en faire un enjeu fondamental, et inepte, de sa mandature.

Protection sociale, et contrôle social

Sur les raisons pour lesquelles cette question ennuyeuse, lointaine, du régime de retraites, est devenue un enjeu capital pour le Président, chacun a son idée.

Certains en feront une affaire de finances publiques. La retraite en France, rapportée à la richesse globale, est une dépense trop élevée et le passage à la retraite par points est un moyen commode d’en maîtriser l’inflation. Un temps, Macron (mais sans conviction) a fait vivre l’illusion que sa réforme était une façon de mettre en place un système juste (mais l’introduction de l’âge-pivot a ruiné cet argument).

Sans exclure les autres hypothèses ou théories, nous sommes d’abord convaincus que la première motivation de la réforme des retraites actuellement en discussion à l’Assemblée est d’abord liée au renforcement du contrôle de la société par le pouvoir exécutif. Un pouvoir unique, monopolistique, directement sous la coupe du gouvernement, permet d’approfondir la réduction de la société française à un jardin à la française entièrement entre les mains des élites, qui la soumettent ainsi à une sorte de pierre philosophale. L’ensemble des destins individuels se réduit à une formule mathématique simple, parfaitement maîtrisable.

Protection sociale et réforme énarchique

Il y aurait beaucoup à dire sur les parentés idéologiques entre ce projet d’un monopole public sur les destins individuels qui garantit la domination d’une élite, et les diatribes de Lénine dans Que faire ? sur le rôle de l’avant-garde révolutionnaire.

Dans les deux cas, la démocratie égalitaire s’en remet à une minorité qui « montre la voie ». On retiendra surtout que, pour l’énarchie verticaliste au pouvoir, l’État a vocation à organiser la « protection », et que c’est au nom de la protection que le monopole public, et l’uniformisation des existences, sont imposés. Dormez tranquilles, bonnes gens, l’État veille au grain et assure votre bonheur.

La théorie mensongère selon laquelle l’État protègerait le citoyen au lieu de menacer ses libertés est au cœur de la vision énarchique de la société. Le monopole public n’est pas ou ne serait pas un moyen de restreindre les libertés, mais au contraire la meilleure voie pour les renforcer.

Ici se situe la rupture entre le libéralisme qui réclame la libre concurrence pour éviter la dictature, et le gouvernement profond tendance Macron qui affirme constituer le rempart des libertés face à la tyrannie du marché.

En ce sens, le macronisme n’est pas, n’a jamais été, ne sera jamais un dérivé du libéralisme.

Une vision verticale de la protection sociale

Dans tous les cas, la réforme des retraites par points est une superbe expression de la vision verticale de la protection sociale telle que la développe l’élite française, et singulièrement l’élite technostructurelle chapeautée par Emmanuel Macron. Là où existe un système somme toute concurrentiel, même si cette concurrence est très imparfaite, les prétendus « libéraux » veulent instaurer un monopole public défini par la loi, et même (c’est l’objet des critiques les plus vives du Conseil d’État contre le projet de loi) par ordonnances, c’est-à-dire par décision unilatérale ou presque du gouvernement.

On n’a jamais poussé l’intrusion de la verticalité politique dans la vie quotidienne des Français, de la naissance à la mort.

Une méthode verticale pour imposer cette vision

Non seulement le concept d’un système universel de retraites par points s’inspire d’une vision verticale, mais la méthode suivie par Emmanuel Macron pour l’imposer aux multiples résistances françaises est-elle même profondément verticale.

Malgré une tentative de « concertation » qui a duré plusieurs mois pour rien (puisque les organisations syndicales qui y ont participé ont finalement appelé à la grève contre le projet), le naturel élitaire est revenu au galop. Finalement, le projet se réduit à un débat parlementaire bâclé, à une menace de 49-3 et à un superbe foulage aux pieds des avis consultatifs qui contredisent le fait du prince.

Le danger d’une rupture radicale avec le pays réel

Il fut un temps où la verticalité énarchique profitait à l’ensemble de la société française. Ce fut particulièrement vrai durant les Trente Glorieuses, où l’économie nationale a prospéré grâce à l’idéologie du jardin à la française, propice aux grandes organisations tayloriennes qui caractérisaient les processus de production à cette époque. Depuis lors, la société a profondément muté, et l’utilité de la verticalité est devenue très contestable.

Les déconvenues du macronisme depuis 2017 en portent la marque. Alors que les élites parisiennes, et particulièrement les élites médiatiques, restent hypnotisées par le jupitérisme naturel du Président, le reste du pays paraît beaucoup moins enclin à apprécier l’exercice. Disons même que le principe général d’une société conduite par une élite paraît de plus en plus urticant pour une majorité de concitoyens.

L’histoire dira comment interpréter la séquence politique que nous traversons. Peut-être pourra-t-on un jour dire qu’il s’est agi du dernier soubresaut du pays réel face à l’emprise d’une élite de plus en plus  normative. Ou peut-être, dans les mois à venir, constaterons-nous qu’Emmanuel Macron a définitivement rompu le lien entre le peuple et ses dirigeants, à force de ne pas entendre ce que ce peuple désirait.

Sur le web

  1. Je pense avoir montré dans mon essai Ne t’aide pas et l’État t’aidera comment cette idée est l’enfant de la haute fonction publique française, et comment elle a été tout particulièrement portée par le Conseil d’État.
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  • Merci à l’auteur de ne pas y aller avec le dos de la cuillère.

  • Très bon article, clair et bien argumenté…
    Mais le probleme du jardin a la française c’est le concepteur , le « Lenotre » issu de la défaite de la france en 1945 (oui au contraire de ce que croient les français la France était du coté d’Hitler)qui a conduit a livrer la gestion paritaire de l’etat au parti communiste pour faits d’armes dans la resistance. je veux dire Charles Degaulle avec le CNR., puis la constitution de 1958 qui a défini les institutions que nous avons aujourd’hui
    Tout vient de là, le paritarisme, les nationalisations , les dénationalisations ,les services publics , les sociétés d’etat , le plan etc.. Puis l’entrée dans l’euro..

    Gérer des retraites avec 10% d’inflation, et une dévaluation par an.. piece of cake..
    gérer les retraites françaises avec une monnaie qui n’est pas maîtrisée par l’etat , c’est une autre paire de manche.. que vaudrait une retraite en francs aujourd’hui?
    Alors l’etat veut gérer le prix du point pour pouvoir dévaluer les retraites.. c’est tout!

    Macron est un pur produit de la social democratie , qui a échoué partout en europe..
    La france a fait le choix socialiste en 1981 , il faudra bien qu’elle en paye le coût!

    • que signifie gérer les retraites?
      le problème de fond d’une retraite par répartition est dans les promesses de « décence »..
      un système par répartition est toujours « gérable » si vous abandonnez l’idée que les pensions doivent être « décentes »…..

      • le problème de fond pour la gestion..
        le problème de fond de la retraite par répartition est ailleurs, elle préfère la consommation à l’épargne. Elle n’incite pas à penser à l’avenir.

        d’ailleurs que fond beaucoup de gens de ma génération? ils essaient d’épargner…pour leurs vieux jours.

      • « gérer les retraites » signifie les rendre compatibles avec le niveau de performance du pays
        sinon c’est la dette , taxes et impots qui mèneront a la paralysie qu’on constate aujourd’hui

    • Le problème du « à la française » n’est-il pas surtout de se focaliser sur l’origine et la responsabilité des maux plutôt que sur les initiatives et les attitudes propres à s’en défaire ?

    • Macron est un pur produit de la social democratie , qui a échoué partout en europe…
      Je pense que cette social démocratie avance ailleurs en Europe, au moins à travers l’UE, mais la France est vraiment très avancée…

    • cela commencé sous Vichy : à situation exceptionnelle, l’Etat français doit tout gérer !

  • Merci à Eric Verhaeghe et à Contrepoints pour ce florilège salutaire qui explique le mal profond dont souffre la France.
    Dans l’histoire de la Vème République, la Macronie se caractérisera par la politique inconséquente d’un … »adolescent imberbe » ayant généré une « rupture radicale avec le pays réel »….

  • Le gouvernement par les élites…on pourrait faire le même article sur la question de l’environnement et de l’énergie. Des centaines d’organismes et d’experts ont participé aux consultation sur la Programmation de l’Energie, démontrant clairement son incohérence, sans aucun infléchissement du projet gouvernemental.
    Et ils n’ont pas abandonné l’idée de la taxe carbone, malgré les protestations….

  • Conduire la société

    Je préfère

    La vie des autres.

    Ça va très mal se finir.

  • « les protéger » oui les gens supportent assez bien la vassalisation si cette conditions est assurée. C’est constitutif à notre nature de vivant et certains animaux l’ont bien compris. Protection, confort, gamelle pleine : deal ! Mais voila il commence à y avoir de sacrés entorses à la protection : la sécurité des biens et des personnes part en sucette, je me demande combien de temps les gens supporteront l’évaporation des retraites … Etre un état fort qui nourrit et protege ça passe , mais tant qu’on nourrit et protège , parce que sinon ….

    • On est passé passé d’un état fort (musclé) qui nourrit et protège (peu) à un état fort (gras) qui se nourrit bien et se protège bien.

  • Analyse très intéressante, merci.
    Un exemple simple et frappant : la décision et la mise en place des 80 km/h qui malgré sont inutilité prouvée voire sa nuisance économique, restera. « Droit dans ses bottes… »

  • On serait en total accord avec cela s’il s’agissait de remplacer les initatives individuelles par un monopole, mais ce n’est pas le cas.

    Il s’agit avec cette réforme de substituer un seul monopole d’état à ces 45 régimes eux-mêmes monopolistiques, gérés par des organismes protégés par la force de l’état mais bénéficiant d’une relative indépendance dans leur gestion, ce qui a abouti à une dérive naturelle de ces organismes jusqu’à la gestion complète des budgets individuels consacrés aux retraites.

    La question est de savoir quelle serait la meilleure méthode de rétablir les initiatives individuelles en matière de retraites, et on peut concevoir que cette forme de monopole unique est plus facilement maitrisable en se réduisant progressivement à un socle de solidarité.

    • mon avis:
      une retraite d’etat plafonnée au smic pour tous
      peut etre une retraite complémentaire type arccco
      plafonnée a 1/2 smic
      Soit la retraite d’etat limitée a 1,5 smic, y compris les retraites du public
      tout le reste libre d’adhérer a des plans de retraites concurrentiels , publics ou privés

  • Dans un système de retraite entièrement constitué, géré, piloté, administré par l’Etat, il n’y a aucune différence entre répartition ou capitalisation puisque dans les 2 cas l’Etat gère tout comme un opérateur financier obligatoire répartiteur des provisions (qu’on appellera indifféremment cotisations ou primes ) et des versements (qu’on appellera indifféremment retraites ou rentes). L’initiative individuelle est nulle dans les 2 cas.

  • Il faut relever que selon les sujets la vision de nos politiques est une fois blanc une fois noir.
    Pour les retraites c’est l’intérêt général tel que conçu par nos chers (au deux sens du mot !) dirigeants qui doit primer sur les désirs individuels.
    Pour la PMA le désir de quelques uns doit être respecté, quitte à détruire complètement la réalité biologique du genre humain.
    Nos apprentis sorciers n’ont pour vision que leur idéologie liée à l’espérance de quelques voix supplémentaires pour les prochaines échéances électorales.
    Souhaitons que les Français réfléchissent avant de passer dans l’isoloir. Cela fera beaucoup de voix en moins.

  • Voila un article bien complotiste avec son lot de bouc-émissaires et ses interprétations affectives. C’est bien connu, quoi qu’on ait fait dans sa vie, ceux qui ont fait la même chose que nous ne peuvent être que des clones. Donc, tous les énarques pensent et agissent de concert, sauf l’auteur, j’ai appris quelque chose. Au fait, cette verticalité, qui de l’œuf ou de la poule en est responsable ? Serait-ce cette bonne majorité des français qui attendent le messie à chaque élection, ou bien ces zélites qui osent passer au roulot compresseur du suffrage universel pour mieux se faire détester? On le voit aujourd’hui, c’est Macron qui, chaque jour depuis son facebook, incite les syndicalisés à s’opposer à sa réforme, juste avant avant de prendre son petit déjeuner avec des GJ pour leur dicter les nouvelles revendications du moment. Oh, j’allais oublier ces seuls élus que le français ne méprise pas, que sont les maires et qui, comme on l’a entendu depuis plus d’un an, ne demande absolument pas l’aide de l’état. Les édiles adorent la décentralisation. Bref, chers concitoyens, ne faites pas d’études, n’élaborez aucun système, ne lisez pas les informations qui pourrait contredire vos certitudes, car apprendre, c’est déjà se tromper. Et ca, c’est un crime de lèse-populiste 🙂

    • J’ai peur que vous n’ayez pas compris l’article ou pas voulu le comprendre … Ou est le complotisme ? Quant à l’affect devant cette article factuel il me semble faible. Votre affect en fait, pour Macron et les « oints du seigneurs »(ceux qui savent contre les ignorants), a été touché … Cette auteur de plus inciterait contrairement à vos conclusions à étudier, s’informer etc

      • Cet article fait d’autant plus « mal », que son auteur est lui-même énarque et connait parfaitement le milieu ainsi que le fonctionnement de ses ex-collègues. On peut difficilement l’accuser de parler de choses dont il n’a aucune idée… 🙂

  • Macron, s’il se défend d’être un dictateur, veut recentraliser tout, il n’a aucune estime pour les corps intermédiaires, les maires, etc., les députés LREM ne doivent être que des godillots et quand leur vote dicté par Macron est sévèrement critiqué par lm’opinion comme on a pu le voire avec le congé pour le deuil d’un enfant, Macron, pour se sauver et sauver les apparences, les critique alors que c’est lui qui leur a demandé de voter contre les 10 jours, loi Avia, etc..
    On ne peut que regretter le semblant de négociation, Philippe et le gouvernement écoute, laisse parler mais ne tient jamais compte de ce qui est dit. Même chose à l’Assemblée Nationale où les amendements des oppositions sont balayées d’un revers de main par les ministres.

    Macron chute dans les sondages comme Philippe, La cote de popularité du président de la République chute lourdement, à tel point qu’il pourrait battre le record d’impopularité de François Hollande.
    Mais cela ne profite à aucun autre parti!!!
    Quel est l’homme ou la femme providentiel qui va surgir?

    https://www.valeursactuelles.com/politique/sondages-macron-au-fond-du-gouffre-115824?fbclid=IwAR392DX-FbG4NHEqTER49prN5StKVfZaQRJzBgX6M1kGOzDl3aY6jOt2LSE

    « la cote de confiance d’Emmanuel Macron a chuté de 8 points « pour atteindre 24% » »

    Il a encore de la marge!

    1 er tour des élections présidentielles :
    — 18,19% des inscrits
    — 24,01% des votants (bulletins valides)

    Il a le % des bulletins valides (donc ni nuls ni blancs), mais n’a pas encore atteint son score réel parmi la population, soit 18,19%

    Ce qui veut dire qu’il y a encore 5,81% de bulots qui ne se sont pas encore aperçus qu’il était nul et psychotique!

    Je trouve que cela fait beaucoup. Ou alors le sondage est truqué comme d’habitude.

    • Les sondages en France sont truqués, comme dans tout pays socialiste. Tout le monde, sauf les bobos, étant opposé à cette réforme il est impossible qu’il soit à 24%.

    • Rappelons que Macron a été élu par 15% des français en âge de voter (résultat du 1er tour, seul vote véritable d’adhésion au candidat). Il a été élu légalement, mais a un « léger » problème de légitimité, en fait 85% des français en âge de voter n’ont pas voté pour lui.

      • Tous les présidents de la 5ème ont été élu par plus ou moins 15% des français. Macron n’est ni plus, ni moins légitime que les autres. Cela ne ne veut pas non plus dire que 85% sont contre, c’est à çà que sert le 2ème tour (garder le moins pénible).

        • « Tous les présidents de la 5ème ont été élu par plus ou moins 15% des français »

          Heu… de Gaulle en 1965 a vu 37,5% des inscrits lui accorder leur voix au 1er tour.
          Pompidou en 69 : 34%
          Giscard en 74 : 27,2%, de même que Mitterrand en 88 (27,2%).
          Sarkozy 2007 : 25,7%
          Hollande 2012 : 22,3%
          Mitterrand 1981 : 20,6%
          Chirac est, en 95 comme en 2002, le recordman de la plus mauvaise élection (15,9% en 95 et 13,8% en 2002).
          Macron en est à 18,2%, ce qui fait de lui le 3ème président le plus mal élu de la Vème.

      • 20 millions de voix à la demande de la CGT, ça fait plus de 15 %.

  • Tout est dit de cette caste qui prend le prétexte d’une fausse protection pour asseoir sa domination sans partage sur toute la société. Et cette réforle en est en effet le symbole.
    Ce que résume très bien la phrase: «La théorie mensongère selon laquelle l’État protègerait le citoyen au lieu de menacer ses libertés est au cœur de la vision énarchique de la société. »
    Un détail: avez-vous lu leS protocoleS auxquels vous faites allusion?

  • Superbe article à tout point de vue.

    Un « monopole public sur les destins individuels qui garantit la domination d’une élite » constituée en « gouvernement profond » non élu « qui affirme constituer le rempart des libertés face à la tyrannie du marché » : excellente définition de l’Etat obèse, le masque du bienfaiteur dissimulant le visage du malfaiteur.

    « 25 % du salaire » pour financer la répartition : à peine 10% suffiraient pour financer la capitalisation à retraite équivalente, sans rien changer par ailleurs. On comprend ici l’impact désastreux de la répartition qui sacrifie constamment 15% des revenus en pure perte, affaiblissant le potentiel d’investissement du pays, détruisant irrémédiablement les emplois par millions.

    « La retraite par points est un moyen commode d’en maîtriser l’inflation » : c’est aussi le moyen pour l’Etat obèse de transférer la charge des retraites des fonctionnaires (70 milliards environ) sur le secteur privé, ni vu ni connu, pas vu pas pris. C’est à peu de choses près le montant du déficit public. Autrement dit, les retraites des fonctionnaires ne sont aujourd’hui pas financée, sinon par une dette impayable, scandaleuse charge transférée de manière non démocratique aux jeunes générations qui ne peuvent pas voter.

    « A force de ne pas entendre ce que ce peuple désirait », l’élite inadaptée sera remplacée tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre. Les processus classiques d’alternance démocratique sont vains s’ils ne permettent pas également de changer l’Etat profond.

  • Je me demande si le raisonnement doit encore être effectué en terme de verticalité du pouvoir. Il me semble que nous sommes aujourd’hui face à un véritable maillage qui est aussi bien vertical qu’horizontal. Que le pouvoir vienne d’en haut Oui! Je dirais d’une certaine façon c’est normal. Par contre ce qui est devenu insupportable c’est la toile d’araignée qui couvre tout : en bas, en haut, sur les côtés. Les chefs, les petits chefs, les sous chefs, même les pas chefs, tous les organismes divers et variés qui, jusqu’au fin fond des campagnes, édictent des normes, préemptent, donnent leur autorisation (ou pas), interdisent, accordent des subventions, des contrats, des emplois, se cooptent, etc… etc Pour moi le problème est que le pouvoir s’est également installé à l’horizontal.

  • Merci M Verhaeghe pour cet article très instructif. Ce que j’apprécie avec vos articles, c’est que vous êtes également sorti du « ventre de la bête », donc on voit que vous savez de quoi vous parlez.
    Moi ce qui m’effraie, c’est l’altitude à laquelle planent en général les énarques, par rapport au « petit peuple », et surtout cette propension à désigner comme « riches » (>2000e/mois) des gens qui gagnent nettement nettement moins qu’eux !! Et à les tabasser fiscalement comme aucun autre pays au monde n’ose le faire.
    Par rapport aux gilets jaunes, je serais assez adepte que nos zélites soient obligées de faire un « vis ma vie » et de passer un peu de temps avec des entrepreneurs, des agriculteurs, des salariés du privé… Pour voir ce que c’est la réalité de la France aujourd’hui pour quelqu’un qui produit des richesses, et se fait confisquer quasiment tous les fruits de son labeur au nom de la « solidarité », mais en réalité pour nourrir cette caste de dirigeants qui vivent grassement de nos impots/taxes et autres ponctions…

  • Excellent article
    Au passage « quelqu’un qui, sans estimer être la source de toute chose, doit conduire la société à force de convictions, d’actions. », en italien ça se dit ‘duce », en espagnol « caudillo », en roumain « conducator » et en allemand « führer ».

    • Macron qui n’est pas très futé se trahit lui même à force de pérorer dans le vide pour manipuler les gens. C’est lui même qui a avoué dans cette phrase être le dictateur (dans le sens littéral) qu’il nie être!

    • En France, c’est le joueur de flûte de Hamelin.

  • Ce n’est pas forcément tout style ENA, cette réforme c’est du « requinat fiscal » prendre les sous des bons gestionnaires pour renflouer les mauvais….on a l’habitude c’est une vielle rengaine!

  • Excellente analyse. Maintenant qu’est-ce qu’on fait ? J’aimerais savoir ce que « l’Histoire dira » justement.
    Avons nous quelque part un homme suffisamment riche pour s’offrir une campagne électorale digne de ce nom ? Et libéral bien entendu (au moins en économie, le reste on s’en fout), décidé à faire un grand ménage et à ramener l’Etat à des dimensions supportables.
    Franchement, vous voyez une autre alternative que de passer en force par le haut, c’est à dire par la seule élection qui vaille, la présidentielle ? La bataille idéologique va prendre des décennies sans garantie de succès et aucun des politiques en scène actuellement n’est libéral à plus de 3%.

    • Personnellement, je me demande si au contraire le salut ne viendrait pas d’un parti qui saurait « zappé » la présidentielle et se concentrerait sur la conquête (sans ambiguïté idéologique) de l’assemblée. Ensuite peut importe le président !

      • C’est mort ! Avec les législatives derrière les présidentielles, les électeurs donnent logiquement une majorité au président qu’ils viennent d’élire.

        • Il y a pourtant une tendance de fond. Si on pause que la cinquième organise le spectacle de la séparation des pouvoirs, on a vu apparaitre la cohabitation, les politiques ont répondu avec le quinquennat et depuis marine se qualifie régulièrement contre un candidat élu alors « par défaut ». Ca ne demande qu’à tourner. Je me demande même si cela n’aurait pu arriver à la dernière présidentielle si les LR avaient été plus « filloniste » que Fillon, ou du moins l’avait été jusqu’au bout plutôt que de se déclarer « macrocompatible ».

  • c’est la continuité de l’absolutisme royal (encore qu’il était très tempéré par les provinces et leurs parlements, sans compter les moyens de communication de l’époque), du dirigisme gaullien, mais sans la culture, ni ni le sens moral du général, la cupidité en plus.

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