Cette très chère Ségolène Royal

Voilà Ségolène Royal, bientôt ex-ambassadrice des Pôles, et future mise en examen du parquet national financier ?
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Ségolène Royal By: Arctic Circle - CC BY 2.0

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Cette très chère Ségolène Royal

Publié le 20 janvier 2020
- A +

par h16

Il s’en passe des choses aux pôles ! Bien avant leur fonte qui n’arrive toujours pas, bien avant la récupération d’un Mike Horn transi de froid et coincé dans des glaces à cause d’un réchauffement décidément fort taquin, c’est leur ambassadrice française qui défraye actuellement la chronique.

Eh oui, Ségolène Royal va être remerciée.

Enfin, « remerciée », c’est une expression tant on se garde bien, généralement, de congratuler quelqu’un pour avoir déclenché catastrophe sur catastrophe. Ici, la Reine des Neiges a été libérée, délivrée de ses servitudes diplomatiques car le Président de la République a décidé de se séparer d’elle.

Et si un léger étonnement est palpable chez les journalistes, ce n’est pas tant devant le débarquement de l’ambassadrice des Pôles en ce début d’année, mais plutôt pour le temps qu’il a fallu au Président avant d’en arriver là : cela faisait en réalité un bon moment que Ségolène Royal donnait fort clairement son avis sur les directions prises par le gouvernement et le Chef de l’État et faisait preuve, à son égard, d’une réserve dont le microdosage en aurait agacé plus d’un.

Jugez plutôt : si, en début de quinquennat, celle qui jadis réussit à vaillamment détruire les finances de la Région Poitou-Charentes trouvait régulièrement les bons mots pour flatter Emmanuel Macron, l’année 2019 a vu s’accumuler ses petites phrases assassines à son encontre.

En 2017, Macron était pour elle aussi « pragmatique » que « dans la modernité ». Pensez donc : dès 2016, sentant le vent tourner en faveur du jeune énarque, elle lui donne accès à ses vieux réseaux de « Désir d’Avenir » (pas le site internet loufoque, mais les restes de sa campagne de 2007), et enchaîne dès lors les compliments et les flatteries à l’égard de celui qui deviendra le président de la République.

Manque de bol et comme on s’en souvient, malgré les incessants appels du pied de Ségolène au désormais chef de l’État, aucun maroquin, aucun poste prestigieux ne viendra récompenser tous ces beaux discours, ces belles paroles et ces cadeaux somptueux (pensez donc, un réseau électoral et un carnet d’adresses presque neufs, très peu servis !). Pire : devant l’insistance de l’ancienne candidate à la présidentielle, l’Élysée doit la placer à un poste dont l’intitulé, jusque là sagement resté secret – et on comprend pourquoi – fera rire un peu partout.

Désolé Ségo. Encore raté.

Rapidement, l’aigreur prend le dessus : comment peut-on ainsi traiter une faible femme, pourtant figure de proue de la politique française (au minimum), qui a tant fait pour son pays (à tel point que les Picto-charentais achètent maintenant la préparation H par palette chez Lidl) et qui, malgré son âge (66 ans) lui ouvrant pourtant droit à une solide retraite, veut continuer à sévir œuvrer ? Et c’est ainsi qu’à partir de septembre 2018, sentant le soufre s’accumuler autour de Macron qui devra bientôt se dépêtrer des Gilets jaunes, la Royal change de pied et charge l’ancien « iconoclaste ».

Pour l’ambassadrice, l’année 2019 sera donc logiquement consacrée à exprimer ses opinions sur un peu tout (mais rarement le climat et encore moins les pôles), à commencer par les actions gouvernementales qu’elle juge incohérentes.

Avec son absence d’entregent caractéristique, elle ne comprendra pas les « messages » qui lui seront ensuite adressés de façon plus ou moins subtile : les révélations qui s’accumulent à son sujet, rappelant qu’elle bénéficie à son poste actuel de facilités somptueuses, ne suffiront pas à l’alerter qu’à trop tirer sur la corde, elle pourrait bien vexer celui qui l’avait finalement placée dans cette sinécure pour y terminer tranquillement sa carrière.

Non, la Royal ne se laissera pas intimider par quelques ragots et quelques insinuations : elle le sait, un destin sinon cosmique au moins national l’attend dans les prochaines années, les prochains mois sans doute et ce n’est pas un petit blanc-bec qui va l’en empêcher. Autant, donc, en remettre une couche en pleine réforme des retraites. Cela semble une excellente idée qu’elle ne tarde pas à mettre à profit avec quelques déclarations supplémentaires qui sont autant de grain de sel dans les plaies ouvertes du moment.

… Ce qui, fort logiquement, finit par embarrasser le gouvernement qui décide donc de la rappeler à l’ordre en lui donnant son congé, en arguant que, compte-tenu de sa position officielle, elle devrait se modérer un tantinet.

Et voilà donc notre future ex-ambassadrice rapidement renvoyée à ses études. Cependant, une fois libérée de son poste et donc du devoir de réserve qui s’y attachait – et même si Royal s’asseyait manifestement dessus – on imagine mal que notre politicienne, ajoutant ainsi un « ex- » à la très (trop) longue liste de ses précédents postes, va s’en tenir là.

Il y a même fort à parier qu’elle se déchaîne véritablement, d’autant que s’approchent les élections de 2022, point de focale d’une part croissante de la presse française. Pour Ségolène, c’est évident : elle a sa chance (et s’il n’en est rien, sa foi quasi mystique dans ses capacités tient lieu de feuille de route, d’objectif et de programme politique).

Macron, en la désignant ambassadrice d’un bidule inconnu, essayait de ménager celle qui pouvait se révéler encombrante politiquement, et jugeait probablement qu’il valait mieux s’en faire sinon une amie, au moins une alliée plutôt qu’une ennemie. Et si s’en séparer maintenant apparaissait indispensable tant elle jouait de plus en plus une partition personnelle acide, on comprend aussi qu’elle redevient plus qu’un caillou dans la chaussure du Marcheur.

Le timing de l’ouverture d’une enquête du Parquet National Financier à son sujet – en novembre dernier – donne à l’ensemble de la séquence un nouveau parfum de scandale politico-financier que certains, Mélenchon en tête, n’ont pas tardé à exploiter.

Compte-tenu de la transparence inexistante qui préside aux auto-saisissements de ce Parquet et compte-tenu de son passé avec l’affaire Fillon, il est logique ou en tout cas assez peu hardi de voir cette nouvelle péripétie comme un nouvel avatar de la politisation de la justice.

Cependant, s’en tenir là serait pour le moins un peu court : soyons clair, cela fait des années que ce genre d’enquêtes pendait au nez de Ségolène Royal qui a parsemé tout son parcours politique de catastrophes financières consternantes dont elle n’a, jusqu’à présent, jamais eu à répondre.

Depuis sa gestion de la région Poitou-Charentes, en passant par la prise de participations de l’État dans Heuliez qui s’est terminé en fanfare, les traces mémorables qu’elle a laissées à la BPI où le népotisme hollandesque l’avait propulsée, jusqu’à son fameux poste d’ambassadrice des Pôles, tout indique chez la politicienne une vision assez personnelle des finances qui lui sont confiées et encore plus personnelle des missions dont on la charge.

Ne doutons pas que l’enquête ne manquera pas d’éclaircir les soupçons qui planent sur l’utilisation des fonds dédiés, au départ à sa mission d’ambassadrice, et apparemment utilisés au profit de la fondation de Ségolène Royal. Quoi qu’il en soit, gageons que cette enquête l’occupera quelque peu pendant les mois qui viennent et moduleront probablement ses velléités de ne pas se retirer de la vie politique.

Macron a déjà choisi ses adversaires, et elle n’en fait décidément pas partie.


—-
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Voir les commentaires (39)

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  • claude henry de chasne
    20 janvier 2020 at 10 h 07 min

    la politocarde enarque suceuse de roues par excellence..

  • La Reine des Neiges…elle est aussi, avec l’accent de Marseille, la Reine des connes.tribuables. Enfin, tribuable, peut-être pas…

    • Reine des Neiges?

      Ou plutôt Reine des Glaces comme ces salades qu’elle nous débite à longueur de temps.

      • La Renne des neiges peut être ?

        Ségo, the little red nosed reindeer ?

        « Son p’tit nez rouge fait rire
        Chacun s’en moque beaucoup
        Et on va jusqu’à dire
        Qu’elle aime boire un petit coup… »

  • Sigisbert de Motafiume
    20 janvier 2020 at 11 h 10 min

    Merci H de ce petit billet sur la truffe du Poitou… Si seulement elle pouvait débarrasser la scène politique Française… Je n’en peux vraiment plus de son arrogance, couplée à son ton de maîtresse d’école !
    Et franchement, j’ai rarement vu un(e) politicien(ne) qui soit aussi mauvais sur ses dossiers… Souvenez-vous que dans son face à face avec Sarko, elle avait quand même dit que l’énergie nucléaire représentait 17% de la facture du Français moyen… On voit tout de suite qu’elle n’a jamais eu à régler ses factures elle-même de toute sa vie, ce qui est très révélateur !

    • Bah, si elle débarrassait le terrain, ses remplaçant-e-s n’afficheraient certainement pas aussi bien dans leurs interviews leur véritable valeur. Soyons positif : elle ne trompe pas son monde.

    • Ni à payer ses collaborateurs, ce qui fait tache pour une socialiste! Mais pour faire l’apologie de Fidel Castro tout en se targuant d’être une démocrate!

    • Stop avec cette prétendue X poitevine ! (folledingue, truffe ou je ne sais OK mais pas suivi de poitevine !) Imposée par Mitterrand, n’avait rien à faire là, le destin farfelu avait décidé de cette nomination. Personne ne le revendique, personne ne la regrette, personne ne lui sait gré de quoi que ce soir, pas de larmes le soir dans les chaumières après son départ ! Merci d’enregistrer une fois pour toutes !
      Au nom de Tout Poitou-Charentes qui en a ras le bol d’être humilié !

    • 17% de l’énergie finale est bien d’origine nucléaire (2017).

  • Comment une folledingue pareille peut avoir occupé autant de postes dans l’Etat?

  • ingratitude, tout le monde sait que les pôles aurait pu devoir être probablement fondus c’est à cause que sego qu’il y a encore de la glace..

  • Et si on décidait de la mettre en retraite (comme d’autres d’ailleurs qui ont atteint l’âge canonique) à points ?
    -1 point pour 1000 euro en négatif dans sa gestion financière, dans le Poitou-Charente et partout ailleurs où elle a eu accès au trésor public. Non ? (Idem pour tous les ministres des finances, passés, présents, futurs.)

  • On n’est pas sympa avec cette Ségolène,elle a souffert toute sa vie dans un monde de brutes , elle méritait d’être ambassadrice des pôles.d’ailleurs quelqu’un sait ce que font les autres ambassadeurs ,de quoi parlent ils ,les pôles ..ils s’en foutent ,ils ont assez a faire avec les manchots les mouettes et les phoques

    • C’est ben vrai ça

      Pourquoi s’en prendre à Ségo ?

      Elle n’a rien fait, rien du tout, jamais !

      J’ai pensé à écrire qu’elle n’a jamais rien branlé, mais je n’en suis pas aussi sûr…

      • Si seulement elle n’avait rien fait, on aurait pas perdu autant de milliards. Aux pôles, on pouvait espérer qu’elle fasse moins de ravage qu’avec l’écotaxe et la BPI.

  • « on comprend aussi qu’elle redevient plus qu’un caillou dans la chaussure du Marcheur » ?

    Oh que non ! Elle va semer un souk pas possible dans la partie gauche de l’échiquier politique.

    • Ben c’est ce qui est écrit :
      « elle redevient plus qu’un caillou »
      plus = davantage

    • Les verts sont en vogue sur une galère ,ils n’ont personne de crédible ,elle tente de se faire reconnaître …belle persévérance et elle peut réussir …ça arrange tout le monde , une chèvre parmis les boeufs et notre taureau ailé , notre Jupiter le mal nommé ,plutôt le messager des dieux…

    • là elle fait peur avec l’objectivité « citoyenne » !!
      Elle cherchait a s’afficher depuis quelques temps comme une « opposition a macron » et là, elle a réussi !
      hypothèse….
      Scénario insupportable pour 2022 :
      2eme tours Royal / Lepen

  • là où elle nous a coûté le plus cher, c’est quand même sa loi de transition énergétique (à moins que ce soit Hulot, je ne sais plus).

    • ce qui continue de coûter cher, c’est de ne pas annuler cette loi. pourquoi faut il toujours aller jusqu’au bout ?

      • Tant qu’on n’a pas atteint le but prévu on s’obstine..c’est pour tout comme ça ,un politique est un âne si il n’était pas il ferait autre chose ou commencerait seulement a l’aube de sa vie une vie réussie ,comme Trump.

    • d’idées foireuses en douces utopies… mais ce n’est pas elle sui paie et qui supporte !

  • Chez Sego le grain de folie que nous avons tous est démesuré, et voila tout. Un pervers grave diagnostiqué, a pu se faire élire président, et pourrait ne pas finir son mandat, vu le rejet qu’il suscite, alors pourquoi pas la dingue du Poitou ? se dit elle dans sa petite tête.

    • Vous semblez oublier qu’elle a failli passer face à Sarko au second tour en 2002 et que ça n’a tenu qu’à un fil : le fait que Lou Ravi Bayrou ait refusé d’être son 1er ministre. Mais on n’a pas échappé à son concubin Pignouf 1er ensuite…

      • C’est vrai… Elle a fait deuxième sur deux… autant dire presque première… et perdre face à Sarko, ça confirmait que vraiment personne n’en voulait <o)

  • elle est quand même fascinante…

    et les journalistes on ne peut pas dire que ce soient des chiens…
    incroyable..

  • Les commentaires sont fermés.

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