Macronisme : en marche ou dans le mur ?

La présidence Macron polarise la société en deux blocs, un « bloc élitaire » s’identifiant toujours davantage au macronisme et un « bloc populaire ».
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With Emmanuel Macron CC BY-NC-ND © ALDE Party

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Macronisme : en marche ou dans le mur ?

Publié le 23 décembre 2019
- A +
Par Vincent Féré.
Un article de Trop Libre

Hasard des circonstances et du calendrier, la démission contrainte de Jean-Paul Delevoye, révélatrice de la confusion, ancienne sans doute mais généralisée, Macron régnant, entre intérêts privés et domaine public, semble faite pour illustrer le propos de Jérôme Sainte-Marie dans son dernier essai, Bloc contre bloc.

La dynamique du macronisme1. Si en effet le politologue2 pointait il y a quatre ans l’émergence d’un nouveau clivage idéologique opposant au pôle identitaire un pôle libéral, aujourd’hui, puisant son inspiration dans le 18 Brumaire de Louis Bonaparte de Marx, il analyse la présidence Macron à mi-mandat comme polarisant la société en deux blocs, un « bloc élitaire » s’identifiant toujours davantage au macronisme et un « bloc populaire » se reconnaissant de plus en plus exclusivement dans le Rassemblement national.

Mieux, d’après lui, l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron aurait été voulue par la « bourgeoisie managériale », soucieuse d’éliminer les entraves à la « maximisation des possibles » mais elle aurait signifié la relégation de la « France périphérique » (C.Guilluy), celle des ronds-points et des Gilets jaunes, provoquant la montée aux extrêmes.

Le prélude à un scénario de 2022 identique à celui de 2017 avec un résultat inverse ?

Les limites de l’analyse sociocritique du macronisme

L’analyse de Jérôme Sainte-Marie rend certes compte de la dynamique sociale et politique à l’œuvre depuis 2017. Celle-ci n’est pas nouvelle mais la présidence Macron en a indéniablement été un puissant adjuvant.

Cependant, cette double polarisation témoigne de l’impuissance du nouveau pouvoir à transformer le pays plutôt que de sa réussite. Autrement dit si, de fait, Macron a été porté au pouvoir par le « bloc élitaire », son projet visait à remettre la France « en marche » et à permettre à chacun d’être l’acteur de son propre destin. Et s’il a pour l’instant échoué, la responsabilité n’en revient pas d’abord à l’égoïsme de la bourgeoisie.

Car il y a un paradoxe du macronisme sur lequel les beaux esprits dissertent rarement : l’ultra-libéralisme supposé de la politique présidentielle s’accompagne d’un niveau record des dépenses publiques et de l’endettement. Si les mots ont un sens, un pays qui redistribue 56 % de la richesse produite n’entre pas dans la catégorie des victimes d’une politique ultra-libérale !

On peut d’ailleurs noter au passage que la crise des Gilets jaunes a été étouffée sous 17 milliards de dépenses supplémentaires tandis qu’en réponse au malaise enseignant, le ministre de l’Éducation nationale vient d’annoncer un plan de 10 milliards d’euros sur plusieurs années !

Tout se passe donc comme si le « bloc élitaire » était prêt à payer pour acheter une paix sociale de plus en plus improbable à payer ou à hypothéquer l’avenir : on connaît la phrase de Madame de Pompadour, vingt-cinq ans avant la Révolution française : « tout cela durera bien autant que nous », version distinguée du « après nous le déluge » !

Et en même temps – si l’on ose dire -, le pouvoir qui subventionne pour retenir le « bloc populaire » de renverser le régime semble tout faire pour favoriser la « montée aux extrêmes » analysée par Jérôme Sainte-Marie.

De ce point du vue, l’affaire Delevoye et la réforme des retraites sont un cas d’école.

La réforme des retraites et son commissaire : un cas d’école

Le cas Delevoye illustre d’abord, après d’autres, les failles de l’exemplarité promise par le preux candidat Macron, assisté de son fidèle Bayrou – aujourd’hui mis en examen ! – en contrepoint des turpitudes du malhonnête Fillon. Surtout, il alimente le soupçon de l’opinion d’une collusion entre le monde des affaires et le monde politique, caractéristique de l’orléanisme.

Jérôme Sainte-Marie glisse dans son essai un commentaire du Karl Marx des luttes de classes en France à propos de l’accession au trône de Louis-Philippe en 1830 : « après la révolution de juillet, lorsque le banquier libéral Laffitte conduisit en triomphe son compère le duc d’Orléans à l’Hôtel de Ville, il laissa échapper ces mots : ‘Maintenant le règne des banquiers va commencer’. Laffitte venait de trahir le secret de la Révolution ».

Marine le Pen et Jean-Luc Mélenchon réconciliés peuvent donc crier au complot du grand capital contre les honnêtes travailleurs d’autant que cette même bourgeoisie qui confond les intérêts privés et les intérêts publics explique aux Français qu’il n’y aura bientôt plus d’argent dans les caisses de retraite, et c’est vrai ! Et qu’il va donc falloir travailler plus longtemps après avoir oublié de le dire en 2017 pour se démarquer de l’antisocial Fillon qui préconisait de reculer l’âge légal de départ à 65 ans.

Le gouvernement s’y prendrait-il autrement s’il voulait accélérer la polarisation sociale et politique ?

L’incontestable « dynamique du macronisme » en ce sens le conduit toutefois peut-être dans une impasse.

Le macronisme dans l’impasse ?

Emmanuel Macron est persuadé que cette « montée aux extrêmes » est la clé de sa réélection en 2022. De fait, il ne reste apparemment plus que deux forces partisanes susceptibles de l’emporter dans un scrutin national, le résultat des européennes l’a bien montré et Macron fait le pari que le « bloc élitaire » ne lui fera pas défaut tandis que le « bloc populaire », une fois encore, hésitera à franchir le Rubicon.

De fait, pour l’instant, ce « bloc élitaire » reste soudé derrière le président de la République et son gouvernement, la réforme des retraites provoquant même une consolidation de son socle comme l’attestent les derniers sondages de popularité. Et demain ? Jérôme Sainte-Marie se garde bien de répondre même s’il ne partage sans doute pas l’optimisme du président de la République…

Cela dit, les taux élevés d’abstention dans les différents scrutins, le pourcentage élevé de Français qui ne veulent pas pour 2022 du scénario de 2017 montrent qu’il existe à côté des deux blocs du politologue un électorat de « non alignés » qui pourrait se retrouver dans « la naissance d’une formulation généraliste apte à regrouper des catégories diversifiées autour d’un projet commun ».

Pour réussir, celui-ci suppose un fédérateur – Louis-Napoléon Bonaparte l’a fait en son temps – et il doit attirer une partie du « bloc élitaire » qui pourrait avoir intérêt à abandonner l’oligarchie au pouvoir surtout si Macron devait renoncer aux réformes ; on comprend pourquoi le président de la République n’a nullement l’intention de « lâcher » sur les retraites, mais aussi si sa stratégie venait à confirmer les propos pessimistes de l’historien Patrick Boucheron : « désigner son adversaire revient à choisir son successeur ».

Reste à savoir qui de « l’élite réelle » – la classe dirigeante, de « l’élite aspirationnelle » – les cadres et ceux qui ont confiance en l’avenir – ou de « l’élite par procuration » – les retraités – est la plus susceptible de se laisser tenter. Les paris sont ouverts.

Sur le web

  1. Jérôme Sainte-Marie, Bloc contre bloc. La dynamique du macronisme, Cerf, 2019.
  2. Jérôme Sainte-Marie, Le nouvel ordre démocratique, éditions du Moment, 2015.
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  • au lieu de dépenser pour acheter la paix sociale , macron ferait mieux de débourser pour instaurer la sécurité qui part en vrille ; la délinquance avec tout ce que ça comporte comme méfaits explose en France , sans que cela émeuvent plus que ça ceux qui en sont à l’abris ; c’est d’abord à ça que doit servir notre argent ;

    • il le fait y’a tous ces vilains conducteurs qui vont au boulot, y’a aussi ces vilains gilets jaunes qui demandent plus de libertés et moins de taxes (enfin les 1ers) et enfin y’a toute cette populace vilaine qui pollue parce qu’elle existe..vous inquiétez pas, pour ça Macron ne lésine pas sur les taxes et les bâtons de CRS.

  • claude henry de chasne
    23 décembre 2019 at 8 h 17 min

    je pense que c’est plus compliqué que çà..
    a mon avis la ligne de fracture se situe entre ceux qui vivent de l’impôt:
    fonctionnaires et assimilés , statutaires,entreprises d’etat , entreprises subventionnées , entreprises ne travaillant que pour la collectivité, entreprises zombies, syndicats, presse subventionnée , journalistes etc

    et ceux qui payent l’ensemble de ces coûts, les salariés du privé sans allocations ni aides,chômeurs, indépendants , petites entreprises , précaires etc..

    La particularité c’est que le catéchisme socialiste pratiqué par l’EN depuis des décennies a réussi a convaincre tout le monde que le libéralisme c’est le chacun pour soi et l’horreur capitaliste.. la chute du communisme ayant été compensée par l’évangile selon les verts , la « solidarité » a la place du carême..et avec l’égalitarisme comme bannière
    Voila le tableau…
    il se trouve que l’élite se situe dans la premiere catégorie et les « croyants » dans la seconde
    et ne l’oublions pas les partis politiques..etc..
    a tel point que par exemple les partis ouvertement d’opposition , et qui en vivent très bien vont reculer au dernier moment , (comme MLP qui s’est suicidée en direct a la TV pour sauver sa PME..)le jeu consiste a donner aux partis de l’intérêt a perdre les élections.. on a vu çà avec le premier ministre , darmanin et consorts qui ont scié fillon….

    Si on ajoute a çà la dette et les directives européennes on s’aperçoit assez facilement que l’Électeur français n’a qu’un rôle secondaire et que nous ne vivons pas en democratie..
    Mais ceci va devoir s’arrêter , comme en Grèce , le clientélisme s’arrête la ou commencent les difficultés financières..et ce’st cet horizon là que decouvre la reforme des retraites..
    Comme d’habitude en france on verrouille les castes , multiplie les avantages et privilèges pour garder le pouvoir.. et un jour çà finit en revolution..
    on ne fera pas l’économie d’une revolution, dusse t elle etre fomentée par des intérêts extérieurs

    • @claude oui mais pour « devoir s’arrêter » on ne sait quand car la France est un « too big to fail » . Alors on peut compter sur un « whatever it takes » de l’amie Lagarde . En attendant les « small » de la joyeuse bande boivent le bouillon …

      • claude henry de chasne
        23 décembre 2019 at 9 h 53 min

        « too big to fail » nécessite de trouver des sponsors qui ont plus a perdre qu’a gagner , on l’a vu avec la grece ou le privé a perdu 20% , et le contribuable europeen a renfloué les 80 manquants…
        La france achète a crédit , en gageant un futur qui s’assombrit .. » » les arbres ne montent pas jusqu’au ciel » » et la facture de la social democratie restera a payer… comme en suède
        on reforme parce qu’on ne sait plus payer… alors forcement c’est la spirale vers la faillite

        • Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel ..en effet, a un moment il faut prendre ses bénéfices avant que les parasites détruisent l’arbre.

    • « la ligne de fracture se situe entre ceux qui vivent de l’impôt (…) et ceux qui payent l’ensemble de ces coûts. »
      100% d’accord ! Et le premier groupe est majoritaire : (fonctionnaires + chômeurs + RSA + retraités + associatifs) > 50%. (À rapprocher des 56% du PIB redistribué.) C’est pourquoi les chances de sortir de cette situation par les élections sont vouées à l’échec…

      • les retraités ont cotisé pour la retraite de leurs ainés non? ils ne sont pas responsables en partie mais bénéficient d’un système tronqué…et d’autres méritent leurs retraites (ceux qui ont bossé pénible et/ou ont commencé à 16 voir 14 ans) non?

      • Sauf si on accélère le processus en votant plus radical.

        • réponse à orldiabolo, cependant la transition ne se fera pas malheureusement dans la joie et la bonne humeur.

        • Comme en chute libre, on peut toujours accélérer le processus, mais l’inverser demande autre chose.

          • @michelO, il est trop tard cher ami pour inverser quoi que ce soit.
            Je reste à penser plus rien ne parviendra à endiguer le mouvement.
            Il y a un an de cela les branks du gvt en lieu et place de dire ont ne bougera pas et le peuple fera ce que NOUS lui imposons ils avaient dans la semaine supprimé les taxes sur le G.O. l’affaire était pliée dans l’instant. Aujourd’hui c’est un copié collé, nous feraons la réforme de retraite et pour pour démontrer sa détermination se fait filmer en annonçant refuser sa retraite. A 40 ans il refuse sa retraite ??? Certes avec clés deux millions et demi de commission empoché grâce à la vente d’Alstom aux U.S. il peut narguer le peuple. Mais il restera que bien, mal acquit ne profite jamais. Pour conclue je réaffirme que les français sont des ignorants puisque la semaine passé castaner à rencontré ses flics et leur a garanti que la réforme ne concernait ni les flics ni les gendarmes ni les pompiers ni les employés de la banque de France etc etc etc ..

            • @michelO,Je vais reprendre: En fait je pense qu’il est trop tard pour inverser quoi que ce soit.
              La machine révolutionnaire est lancée et plus rien ne pourra plus endiguer le mouvement.
              S’Il y a un an de cela, si les branks du GVT en lieu et lace de leur arrogant discours avaient retiré la taxe sur le G.O., l’affaire dans la semaine était pliée.
              Aujourd’hui nous assistons à un copié collé, C.A.D.NOUS …. fairons ce que vous ne voulez pas et NOUS vous considérons pour des nuls puisque NOUS sommes tellement plus intelligent que vous.
              Après son annonce du refus de sa retraite à 40 ans déjà????, et quand on connais le sens de cette pseudo réforme, je pense qu’il doit vouer une haine inexpugnable envers sa cougar, car elle est en plein milieu concerné pas cette réforme.
              Je présume qu’avec les deux millions et demi de commission qu’il a encaissé suite à la vente d’Alstom aux U.S. il ignorera toujours tout de la vie.
              Mais il restera que bien, mal acquit ne profite jamais.
              Pour conclure je réaffirme que les français sont des ignorants puisque la semaine passé castaner à rencontré ses flics et leur a garanti que la réforme ne concernait ni les flics ni les gendarmes ni les pompiers ni les employés de la banque de France etc etc etc ..
              Cordialement.

    • Je suis pensif, voire interrogatif. Votre ligne de fracture est exagérée. Les fonctionnaires que vous détestez tant en bloc font tout de même un travail, même s’il est certain qu’ils le feraient aussi en dehors de la fonction publique, et que ce serait mieux pour tout le monde, eux y compris (merci de me relire avant de tirer). Aussi un jardinier municipal n’a-t-il pas conscience de vivre des impôts des autres car il considère effectuer un travail utile, ce qui n’est pas faux. Je ne suis même pas persuadé que les hauts fonctionnaires, membres de l’élite décrite dans l’article, soient très différents de ce point de vue.
      La fonction publique constitue l’horizon indépassable de tous ces gens depuis tellement de temps qu’ils n’envisagent même pas qu’il puissent en être autrement. C’est flagrant en salle des profs. Je demande souvent à mes collègues ce qu’ils auraient à craindre d’une privatisation généralisée de l’école. La première dépense que font les parents, partout dans le monde, n’est-elle pas de fournir à leurs enfants l’instruction nécessaire ? Mais la réponse est invariablement une incompréhension totale. La question explose tellement tous leurs cadres de pensée qu’ils sont désemparés et réagissent mal immédiatement.
      La bonne nouvelle c’est que les fonctionnaires ne sont guère heureux de la férule de l’Etat. S’ils ne savent pas penser en dehors de ce cadre, ils en reconnaissent volontiers les incohérences, les incuries et les incompétences.

      • claude henry de chasne
        23 décembre 2019 at 10 h 08 min

        @singe
        comprenez moi bien je ne déteste pas les fonctionnaires; Mais leur « statut » indéboulonnable ne permet pas l’évolution des structures , on informatise pour faire des économies d’echelle et des gains de productivité pas pour sous traiter a vie..

        En ce qui concerne l’enseignement , l’apparente  » gratuité » du service ne pousse pas les parents a vérifier l’implication du gamin dans l’acquisition des connaissances, et a adhérer au projet éducatif. si ils payaient la prestation croyez moi la discipline familiale serait un des facteurs déterminant! regardez dans le tiers monde.. qui chahute en classe? personne
        l’école est devenue une garderie! les projets éducatifs un moyen de distraire les personnels pour les aiguiller vers les syndicats.. rien d’autre!
        L’école DOIT etre sélective , c’est son devoir et sa fonction.. l’école n’a pas a faire de la politique encore moins du prosélytisme..
        On a perdu de vue sa fonction primaire « instruire » ! au profit d’intérêts politiques
        particuliers !
        les professeurs ne devraient pas avoir le droit de ses syndiquer ou de faire gréve , comme les militaires ou les gendarmes si ils veulent etre considérés comme régaliens
        c’est çà qui les perdra
        car dans la bataille qui se profile les « corps » vont se cannibaliser entre eux

        • Pour les enseignants, seul domaine sur lequel je prétends en savoir un peu, le statut est à peu près le seul atout du métier aujourd’hui, entre ministère « hors-sol » et conditions matérielles déplorables. Mais c’est aussi un carcan insupportable ; le système de mutation, kafkaïen à souhait, en est une parfaite illustration. En fait je ne suis pas certain que ce ne soit pas le cas de toutes les grandes organisations, et l’EducNat est une très grande organisation.
          Pour rester dans le sujet (car vous répondre sur le rôle de l’école est un vaste débat aussi), je pense qu’il n’y a qu’une petite minorité de gens à constituer la caste de profiteurs que vous dénoncez. Les autres aimeraient bien du changement mais ils ont peur. Peur de l’inconnu.

          • claude henry de chasne
            23 décembre 2019 at 12 h 54 min

            vous avez raison , il faut démanteler l’ed nat
            et faire gérer les personnels par la région
            en fait c’est le statut le probleme .. pas de turn over , les bons s’échappent les mauvais restent..
            le tout géré par une administration soviétique ou plus personne ne sait qui decide
            Un manager par établissement qui fixe les objectifs,
            qui peut augmenter ou pas selon les résultats , les salaires et hop plus de probleme

      • Oui, il y a toujours un danger à simplifier les catégories sociales. C’est plus complexe que l’analyse de Jérôme Sainte-Marie

      • @synge, bonsoir, je vais même apporter de l’eau à votre moulins.
        En effet ce que vous décrivez est parfaitement juste, et je vais vous rapporté un vécu.
        Ainsi que je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises l’un de mes fils est docteur chercheur aux states à STANDFORD.
        Sa mère est directrice de l’institut franco-allemand en Allemagne.
        Lors de l’une de ses visites à sa mère dans les bâtiments de cet institut il y rencontra des enseignants avec lesquels il considérait être en capacité d’échanger verbalement compte tenu de son titre.
        Lorsqu’il me narra la scène, il me dit: tu ne peux pas imaginer, je n’ai parlé avec personne d’autre qu’avec ma mère tellement ces gens sont hors sol et se considèrent comme le centre du monde comme ily à deux siècles et demi de cela.
        Pour les politique c’est exactement la même chose Nous ne sommes TOUS que des Kons.
        Excellent soirée

      • Jai une connaissance actuellement retraitée qui à fait toute sa carrière en tant qu’ assistante sociale à la Poste, il y a quelques années j’ avais eu une conversation avec ses deux filles à propos de leur avenir professionnel, qu’ elles n’ envisageaient pas en dehors du « service public ».. Je leur faisais remarquer qu’ il y avait aussi des métiers intéressants dans le privé et je me souviens de leur air effaré, un peu comme si je leur avais dit:  » Et vous avez pensé à la prostitution ? »…

    • Ce sont les Chiraquiens qui ont abattu Fillon !

    • la ligne de fracture dans l’économie est ici.. mais elle ne recouvre pas tout à fait celle des opinions..
      tout le monde n’était pas communiste dans un régime communiste…
      le problème au coeur est celui des valeurs… et il entre en conflit avec l’intérêt immédiat..

      il ne suffit pas de faire le constat que le collectivisme est une plaie..
      il faut aussi constater qu’en sortir équitablement est un casse tête.

      toi le premier…
      d’ailleurs ce qui se passe c’est que les salariés du privé revendiquent souvent de s’aligner sur le public.

      regardez les mouvements des routiers ou des agriculteurs..voire la majorité des gilets jaunes : nous voulons que l’état nous protège….

      le libéralisme économique est le plus juste…mais il ne va pas nécessairement dans le sens de l’intérêt immédiat de tas de personnes.
      il n’y pas un continuum entre une société collectiviste et une société libérale… souvent d’ailleurs ces sociétés sont simplement incomparables…

      quand on met un doigt dans le collectivisme, le bras suit…

  • En 1975, Michel Crozier pronostiquait les gilets jaunes … et bien plus : « La démocratie signifie l’accroissement irrésistible des demandes qui fait pression sur les gouvernements, entraîne le déclin de l’autorité et rend les individus et les groupes rétifs à la discipline et aux sacrifices requis par l’intérêt commun ».
    Et si … la démocratie ne pouvait exister réellement que dans une période de forte croissance économique ?

  • En marche ou dans le mur ,les deux mon capitaine !
    Il vient même de s’alléger du fardeau de sa retraite pour marcher plus vite vers le mur.

    • claude henry de chasne
      23 décembre 2019 at 10 h 10 min

      il n’a pas besoin de retraite.. sorti de là on lui fera un pont d’or n’importe ou

      • Sorti de là……oui , mais quand
        Macron ,abandonne une retraite , c’est un investissement, il abandonne toutes ces retraites, une connerie.
        Star un jour ne veut pas dire Star toujours !

  • La guerre civile permanente est la pierre angulaire de tous les socialismes. Il n’y a que les fascistes qui pensent instaurer le socialisme en en faisant l’économie. Petain qui dénonçait le communisme ne s’est pas gêné pour créer un État providence en faisant main basse sur les retraites par capitalisation.

  • Si la bourgeoisie manageriale est entendue au sens large pour donner une assise suffisante au macronisle, peut-on rappeler qu’elle est en grande partie – du moins ceux qui vivent directement de leur travail – accablée d’impôts?

    • Sinon, la citation de Marx est édifiante. Elle semble confirmer le rôle que certains lui attribuent dans la construction du socialisme mondial des « banquiers » (comprendre les principaux détenteurs de capitaux).

      • la citation donnée est surtout ambiguë ..que signifie régner dans le cas d’espèce..la démocratie est t elle le règne du peuple?

        une personne qui s’est enrichie possède un certain pouvoir ( d’achat?)….marx suggère que ils disposeraient d’n pouvoir qui dépasse celui donné naturellement par l’argent..qu les riches auraient un pouvoir politique..

    • Supprimons l’armée et autorisons les petits boulots de services à 1€.
      Le « sentiment » d’accablement de la bourgeoisie managériale en sera probablement beaucoup allégé !

  • L’IGNORANCE DES FRANÇAIS EN ÉCONOMIE
    Une étude, réalisée par Opinionway indiquait qu’environ deux Français sur trois s’intéressent à l’économie, mais regrettent de n’avoir pas les connaissances nécessaires pour comprendre les mécanismes et les enjeux.
    57 % des Français (mai 2018) ne savent pas, même de manière approximative, quelle est la proportion réelle de ménages en France qui paye l’impôt sur le revenu – 42 % mais 10% de contribuable payent 80 % du total. Les média et l’EN sont complices actives de cette ignorance. Un des leurres de la démocratie consiste à croire que nous serions tous à même d’émettre un jugement rationnel et pertinent. Les connaissances économiques font partie intégrante d’un socle de citoyenneté, un ensemble de connaissances indispensables afin d’être un citoyen vraiment acteur de son destin car éclairé dans ses choix. Une très importante partie du peuple est éloignée du réel car la France paie sans doute là au prix fort le recrutement de son élite politique, totalement étrangère au monde concurrentiel et l’orientation biaisée de l’information économique par une Education Nationale et des médias transis d’idéologie marxiste.

    • 10% paie 80% de l’impôt sur le revenu….qu’attendons nous pour les faire payer 100% ,ils n’en seront pas moins riches !
      Je

    •  » 57 % des Français ne savent pas quelle est la proportion réelle de ménages en France qui paye l’impôt sur le revenu … »

      C’est plus ou moins le pourcentage de gens qui ne le paient pas.

      Comme a dit quelqu’un : les uns vivent de l’impôt pendant que d’autres en meurent…

    • @CHRIS, mais mon amis vous n’y estes tout simplement pas !
      TOUTES …. les dictatures ont pour pouvoir imposer leur pouvoir détruit ou honnis toutes les sources de connaissances, incendié les bibliothèques et interdit les rencontres à caractère culturels et universitaires .
      Aujourd’hui, la culture du nouveau monde, c’est hanaouna et compagnie. Hélas.
      Bein heureux les pauvres d’esprit, je ne vous ferais pas de dessin.

  • Intéressante conclusion qui rappelle, que si le bloc élitaire vote pour un homme donc un choix, il est un agrégat de populations loin de l’élite à 1%.

  • en marche ou dans le mur ?

    De mon avis, c’est :

    En marche dans le mur !

    Surtout à cette vitesse là, pied à fond sur la pédale de taxes …
    Il reste à savoir s’il saura écraser le frein au bon moment, tout en gardant la pédale des taxes enfoncées pour un dérapage plus ou moins contrôlé 😉

  • Macron représente manifestement plusieurs groupes d’intérêt :

    1- les mondialistes, ceux pour qui les frontières n’ont plus d’intérêt, soit pour des raisons idéologiques, soit pour des raisons de business court-termiste ; c’est la raison pour laquelle il insulte régulièrement la France et les Français, et fait l’éloge de l’étranger (UE, ONU, Afrique…)

    2- le progressisme, à savoir la déconstruction des repères sociétaux, familiaux notamment, mais aussi l’inversion des rôles, en justice, entre coupables et victimes.

    3- les prédateurs, ceux qui vivent grassement sur « la bête » (les Français qui travaillent et apportent une vraie plus-value à ce pays) et ils sont nombreux : classe politique, fonction publique non productive et assimilés (les assos nombreuses remplissant une mission de « service public »), médias subventionnés, artistes subventionnés, quartiers dits « sensibles » arrosés de dizaines de milliards, etc.
    Charles Gave en parle à mon sens magistralement dans un de ses derniers papiers, concluant de façon aussi désabusée que réaliste que la corruption – active comme passive – est devenue quasi-généralisée en France.

    L’accession du « populiste » Trump au pouvoir aux USA (mais aussi, à divers degrés, de gens comme Bolsonaro ou Johnson) a été la réaction de la population américaine à la politique, basée sur les mêmes principes que celle de Macron, menée par les Démocrates :
    America first
    – marre du progressisme sociétal
    – marre de l’assistanat généralisé et de la corruption des politiques (le fameux marécage de Washington) qui va avec

    Le problème, c’est qu’en France il n’existe pas de courant politique (au sens de forte proportion de citoyens) semblable à celui ayant porté Trump au pouvoir aux USA…

    • Brillant commentaire!

    • Macron représente surtout, avant tout, et sans doute uniquement, la technocratie parisienne hors sol. D’une manière d’autant plus extrême qu’il n’a jamais été élu local auparavant.
      Ses électeurs se retrouvent dans sa politique dans la mesure où celle-ci favorise essentiellement la classe aisée, urbaine et vaguement écolo, celle qui voit d’un bon oeil la fin de l’isf, la baisse des impôts, la retraite à points et se soucie comme d’une guigne des 5 euros en moins pour les APL, du 80 km/h, de la fin des services publics dans les campagnes et d’une taxe carbone frappant plus durement les automobilistes.
      Cette dernière catégorie représentant la France des Gilets jaunes.
      Résumée en deux mots par celui qui synthétise le mieux la morgue macroniste, Griveaux : celle des gars qui fument des clopes et roulent en diesel…
      C’est pourquoi l’essai de Sainte-Marie me paraît particulierement pertinent.
      L’opposant au macronisme le plus réaliste me semble être aujourd’hui le RN, qui ne se calque pas complètement sur Trump, ne proposant absolument pas un programme libéral, même sur le plan économique. D’un autre côté, le macronisme ressemble assez peu au parti démocrate américain, et leur système politique encore moins au nôtre. On ne peut donc pas transposer ce qui s’est passé il y a 3 ans aux USA à la France actuelle.
      Les promesses déçues de Macron, en qui beaucoup voyaient un libéral de gauche, et qui (la faute à Philippe ? ) apparaît au final comme étatiste de droite vont certainement nuire à son prochain score presidentiel, mais pas suffisamment pour hisser Le Pen à la présidence, celle-ci étant encore moins raccord avec le libéralisme sociétal de la majorité française actuelle…

    • Macron s’appuie sur ces groupes, mais il ne les représente même pas. Elu par défaut il a été, président par défaut il reste.

    • @JACQUESB; macron est totalement incapable d’aucun projet. il ne vie qu’au jour le jour, disant l’inverse de ce qu’il disait la veille etc etc … et en se contredisant en permanence.
      Macron lorsqu’il bouge la tête ont entend le petit pods faire TOC TOC un coup coté gauche puis coté droite et d’avant en arrière.

      • j’en voudrais juste pour preuve si vous le voulez bien, c’est que presque tous les chefs d’état occidentaux et même de Turquie d’Algérie le MEPRISE.

  • C’est un bloc élitaire qui veut protéger ses privilèges qui sont tous liés à l’argent.

  • Malgré quelques cafouillages linguistiques – un doigt qui glisse sur la touche « envoi », cette analyse nuancée et mesurée – ce qui est malheureusement trop peu fréquent – est tout à fait intéressante. Les philosophes ont coutume de dire qu’une thèse est juste dans ce qu’elle affirme, mais fautive dans ce qu’elle oublie. 56 % de la richesse nationale serait redistribués. Le chiffre n’est pas contestable. Par contre que cette somme soit réellement redistribuée, efficacement redistribuée, est une autre question. Avant qu’E. Macron ne retoque les propositions de Jean-Louis Borloo sur un énième plan banlieue, j’écrivais dans Ricochets.cc que les propositions Borloo étaient minables : reconduction ad novo des vieilles méthodes qui n’ont pas fonctionné. J’indiquais qu’aujourd’hui, l’action du gouvernement, quand elle concerne les classes sociales moyennes ou appauvries, revient à pisser dans un violon : ça se perd dans le sable. Certes choisir Rantanplan n’était pas le meilleur choix pour un tel rapport banlieue. Mais au-delà, il faut comprendre que l’Etat s’est sciemment coupés bras, mains et oreilles, crevé les yeux. La sous-préfète de Die, au téléphone, écrase un sanglot : elle n’a pas le personnel pour respecter les règles que l’Etat se donne. Du coup, le régime (ça ne date pas de Macron) est condamné à s’agiter sans agir, sans même ni voir ni savoir ni comprendre qu’il plante des coups d’épée dans l’eau. Les grands agrégats économiques sont une chose utile si on ne confond pas le doigt avec la lune. Ces 56 % ne sont pas redistribués, ils ne vont pas là où il devrait aller: ils se perdent à tous les étages, notamment dans le dédale administratif, le mille-feuille politique, l’accaparement par toutes sortes de lobbies (le Médiator a été financé par la Sécurité sociale, au profit de grands criminels; le CICE sert à engraisser des actionnaires parasites; un actionnaire n’est pas un entrepreneur), etc. Les Danois connaissent un niveau de prélèvement et de redistribution comparable au nôtre : mais allez visiter une université danoise, comparez à une homologue hexagonale, vous saisirez plus clairement mon propos. Et tout à l’avenant.

  • Tout ceci est intéressant mais à mon avis oublie une donnée fondamentale : la plupart des gens qui ont voté Macron l’ont fait par défaut. Et pas seulement au second tour.
    Au premier tour, Macron a pu bénéficier de l’attrait de sa jeunesse (pour les plus jeunes électeurs), du choix suicidaire de Benoît Hamon pour les socialistes, d’un phénomène « sortez les sortants » (exactement comme Mélenchon et Le Pen) et bien sûr de la catastrophe Fillon.
    Dès lors parler d’un bloc qui le soutient et qui serait constitué de la bourgeoise managériale me paraît hasardeux.
    Comme son prédécesseur, il a surtout été élu par défaut.

  • Article interessant et commentaires pertinents.
    Dans l’appréciation de la situation actuelle faite de cafouillages, d’impostures, de foutages de gueules, il ne faut pas perdre de vue le fait que Macron est un banquier d’affaire qui a tenté une aventure politique.
    Macron a compris que, pour réussir en affaire et en politique il et nécessaire « d’arbitrer » en se plaçant du coté du plus fort, ceci, tout en faisant croire au plus faible que votre action et guidée par un souçi d’équité et de probité!…

  • Bourgeoisie managériale = bobos non ? Qui je crois aiment payer des impôts.

    Un mammouth aura toujours plus de parasites qu’une puce, on aura beau le laver régulièrement !

  • La société française est sous l’emprise d’un étrange mécanisme où les plus exposés, les plus fragiles, sont mobilisés, à leur insu, pour garantir aux salariés les mieux protégés du monde la pérennité et l’intégrité de leurs avantages dans une économie surendettée et dans un monde de plus en plus compétitif.

    La France résiste aux changements idéologiques. Dans de nombreux pays européens les partis socialistes et communistes ont fait leur autocritique. Rien de tel chez nous, nous avons toujours les deux. En plus une pléiade de groupuscules trotskistes. L’enseignement de l’économie est toujours à base marxiste. La France devient le conservatoire de socialisme. Quand partout dans le monde s’engage la réforme idéologique, on continue chez nous comme avant. Le monde, pourtant, est aujourd’hui plus prospère que jamais. Mais nous ne voulons pas le savoir.

    Mais les mythes ont la vie dure et tellement de gens parasite le système actuel qu’il faudra d’abord une faillite en bonne et due forme avant que les français ouvrent finalement les yeux.

    • claude henry de chasne
      24 décembre 2019 at 4 h 04 min

      +100

    • Je ne pense pas que les plus mal lotis soient mobilisés, justement ils ne le sont pas. En revanche ce sont ceux qui ont le plus à perdre qui sont le plus mobilisés. Le seul groupe où les syndicats ont encore une prise qui consiste désormais à défendre des acquis injustes.

      L’étrange mécanisme dont vous parlez est un Etat (et un pouvoir) ommniprésent et très centralisé. Du coup on est socialiste même sans l’être idéologiquement.
      Oui pour la faillite pas seulement financière mais aussi et surtout institutionnelle pour ne pas recommencer avec les mêmes défauts.

  • En Marche droit dans le mur !

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