Le parlement européen soutient le nucléaire pour le climat

le 28 novembre 2019, le Parlement européen a adopté la résolution 59 indiquant que le nucléaire peut jouer un rôle significatif et durable dans la  lutte contre le changement climatique.

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Le parlement européen soutient le nucléaire pour le climat

Publié le 10 décembre 2019
- A +

Par Michel Gay.

Sous l’impulsion d’Ursula von der Leyen, la nouvelle Présidente de la Commission européenne, et dans le cadre d’un « green deal européen » soutenu par 1000 milliards d’euros sur dix ans, le Parlement européen a adopté le 28 novembre 2019 un objectif de réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990 (résolution 24 et 25).

Il a également adopté ce même jour la résolution 59 indiquant que le nucléaire peut jouer un rôle significatif et durable dans la  lutte contre le changement climatique.

 

Dans sa résolution 59, le Parlement européen :

estime que le nucléaire peut jouer un rôle dans la réalisation des objectifs climatiques car il n’émet pas de gaz à effet de serre et peut également assurer une part significative de la production d’électricité en Europe ;

estime néanmoins qu’en raison des déchets produits, cette énergie nécessite une stratégie à moyen et long terme prenant en compte les avancées technologiques (laser, fusion, etc.) visant à améliorer la durabilité de l’ensemble du secteur ».

Une tentative antinucléaire avortée

Un projet de résolution antinucléaire présenté par la commission de l’environnement du Parlement européen (ENVI), dont l’écologiste français Pascal Canfin est le président, avait appelé à une élimination progressive de l’énergie nucléaire dans l’Union européenne (UE), affirmant que celle-ci n’était « ni sûre, ni durable sur le plan environnemental ou économique« .

Toutefois, cette position soumise à ENVI, semble-t-il, par une officine allemande, n’a pas abouti puisque le texte final prévoit au contraire le soutien du Parlement européen au nucléaire.

Le Parlement européen reconnaît ainsi le rôle que doit jouer le nucléaire à faible émission de carbone pour atteindre les objectifs de lutte contre le changement climatique de (UE) et assurer la sécurité d’approvisionnement de l’UE.

Le Groupement international d’expert sur le climat (GIEC) l’avait déjà reconnu le 6 octobre 2018.

L’Union européenne est le plus grand importateur d’énergie fossile au monde (en important 55 % de sa consommation) pour un coût annuel d’environ 400 milliards d’euros.

L’Union européenne compte toutefois 126 réacteurs nucléaires représentant 26 % de sa production totale d’électricité et… 50 % de sa production d’électricité à faible émission de carbone ! L’utilisation de l’énergie nucléaire dans l’Union européenne évite actuellement l’émission de 700 millions de tonnes de CO2 chaque année.

Les émissions mondiales augmentent

L’Union européenne représente moins de 10 % des émissions mondiales.

Dans son rapport de 2019 sur le « fossé des émissions » dans le monde, l’ONU constate que les rejets de CO2 continuent d’augmenter (+1,5 % par an en moyenne sur la dernière décennie).

La Chine, par exemple, s’est dotée de 43 gigawatts de centrales au charbon (soit les deux tiers de la puissance nucléaire de la France) au cours des 18 derniers mois.

L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) indique dans son rapport annuel que la consommation d’énergie augmentera de 50 % dans le monde d’ici 2050 et que les énergies renouvelables ne suffiront pas.

Pour répondre aux besoins grandissants d’énergie dans le monde au cours des prochaines années, la part de l’énergie nucléaire devra augmenter pour se substituer le plus possible à l’utilisation croissante des énergies fossiles !

Sinon, l’ambition du Parlement européen de réduire les émissions de CO2 pour le climat (qui est mondial) serait au minimum irréaliste, pour ne pas dire farfelue.

Voir les commentaires (26)

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  • Enfin comme quoi bien voter aux européennes .. çà peut changer le cours des choses..
    surtout ne pas voter EELV

  • L’histoire du co2 n’a que trop duré ,elle commence a rendre fou tout le monde. le taux de co2 ne baissera jamais même si on utilise que du nucléaire et ce a l’aide d’une quantité de milliards astronomiques… j’espère que personne ne croit que l’homme peut influencer le taux de co2 de l’atmosphère !

    • @reactitude…. mais mon pov… monsieur, sans CO2 pas de vie sur terre!!!de même que Le poumon du monde n’est pas la forêt Amazonienne mais ce sont les océans.

    • Votre message ressemble à du troll tellement il est irréel. Bien entendu que le CO2 actuel dans l’atmosphère va y rester pendant longtemps, peu importe si on passe au tout nucléaire ou non.

      Mais la question est de réduire les émissions de CO2, car oui nous influençons le taux de CO2 dans l’atmosphère ! Comment est-ce possible d’être convaincu que c’est le contraire ?

      Vous savez ce que sont le pétrole et le charbon ? Des restes fossilisés de vie (pour faire simple, on parle bien de ressources >fossiles<). Hors la vie est basée sur quoi sur Terre ? Sur le carbone (C dans le tableau des éléments).

      Donc évidemment d'après Lavoisier ("rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme") : quand vous brûler du pétrole vous brûler du carbone (entre autres) qui se retrouve donc dans l'atmosphère car les atomes ne sont pas détruits. Or le CO2 c'est simplement du carbone oxydé par l'oxygène de l'atmosphère (une simple réaction chimique, similaire au fer qui rouille).

      Qu'on remette en cause les méthodes de mesure et certains calculs du GIEC et autres je veux bien, mais qu'on remette ce fait là en cause alors qu'on brûle des quantités astronomiques de ressources fossiles chaque année (contrairement à il y a 200 ans et plus), il faut y aller fort, au point de remettre en cause toute la physique depuis 500 ans !

      Mais c'est votre droit bien sûr hein, tout comme vous avez le droit de croire que la terre est plate 🙂

  • C’est marrant! Après nous avoir bourré le crâne avec les éoliennes, seule solution, vla-t-y pas qu’ils changent d’avis. Sauf qu’ils ont quand même réussi à en persuader une partie de la population (surtout les jeunes pris dès le berceau). Décalage, vous avez dit décalage ?

  • Maintenant, va falloir convaincre les greta et autres gamins rebelles en crise d’extinction…

    • On ne peut les convaincre; il faut passer outre, comme toujours quand il a fallu avancer.

      Ce n’est pas pour rien ( ou pour les chiens ) que l’on dit:
      ‘ Les chiens aboient, la caravane passe…’

      Mais bon, les ‘minorités agissantes’ ont un tel écho auprès des media qui cherchent le ‘buzz’ et les français un tel sentiment d’impuissance face au rouleau compresseur (juggernaut) de la machine étatique, qu’ils se classent quasi systématiquement dans le camp des opprimés…

    • Pas besoin de convaincre. Une claque et en route pour l’école.

  • « pour le climat »

    Tout organisme ou institution qui agit « pour le climat » perd à jamais sa crédibilité. Au mieux inutile, au pire nocive, l’institution en question va disparaître à plus ou moins brève échéance.

    D’ailleurs, on apprend que la BCE va agir « pour le climat »… étape ultime de la déchéance institutionnelle, après avoir abandonné la maîtrise de l’impression monétaire.

    Les centrales nucléaires en revanche, parce qu’elles sont utiles pour leur apport de puissance brute permanente et parce qu’elle apportent l’indépendance énergétique aux pays qui les mettent en oeuvre, survivront au parlement croupion ou à la BCE gravement décrédibilisée.

  • Cessons une fois pour toutes de parler de changement climatique puisque de toute façon la nature fait loi et nous ne pouvons l’influencer. De plus il peut s’inverser à tout moment et se refroidir.
    Comme l’humanité a besoin de plus en plus d’énergie le nucléaire est la seule solution à l’heure actuelle. Qu’ils le veuillent ou pas ils n’ont pas le choix!

  • Voilà une info importante mais bien évidemment passée sous silence dans les médias.
    Mais arriverons-nous à redémarrer notre formidable industrie nucléaire des années 70-80 endormie depuis en raison de son désenchantement et d’une mise à l’index permanente ?
    Ainsi les épouvantables difficultés à finir notre premier EPR sont plus qu’inquiétantes…

    • Etant donné les contraintes absurdes qu’on a fait peser sur ce projet, si jamais il fonctionne, ce sera un véritable exploit. L’EPR chinois, pratiquement identique, fonctionne déjà parfaitement pour une fraction du coût d’investissement.

      • Je me demande si l’autorité de sûreté nucléaire chinoise est aussi rigoureuse que la nôtre.

        • Les critères de sécurité ont certainement été abaissés. Ne pas oublier que l’EPR était à l’origine un programme franco-allemand, la partie allemande étant à l’époque polluée par les verts étalant des exigences dans l’espoir de le faire échouer. Depuis, les Teutons se sont retirés mais les délires verts sont restés.

      • @Cavaignac:
        Qui a dit que la compétence n’avait pas besoin d’être protégée, qu’elle n’était jamais perdue et pouvait être retrouvée sans retard ni conséquence ?

        Les problèmes de l’EPR français ne sont pas principalement dus à des « contraintes (administratives) absurdes », mais bien d’abord à de perte de compétences dans la réalisation et la sous traitance, dixit le rapport.

        « Mandaté cet été pour effectuer l’audit, Jean-Martin Folz a égrainé devant la presse « l’irréalisme » des estimations initiales, une perte de compétences « généralisée », de mauvaises relations entre EDF et ses sous-traitants et partenaires, notamment Areva, puis Framatome (ex-branche réacteur d’Areva revenue sous le giron d’EDF), un manque de « culture de la qualité », ou encore une gouvernance du projet « inappropriée » chez EDF. »

        • Autre explication qui s’ajoute à la première. On sait que les gouvernements récents ont rompu le consensus nucléaire qui prévalait avant eux à des fins électoralistes. L’objectif de 50% de nucléaire ou la fermeture de centrales qui fonctionnent parfaitement en témoignent.

        • @AMIKE, tout ce que vous écrivez se lit dans le livre de Vincent Crouzet « une affaire Atomic ».
          Cordialement

      • @Cavaignac, mais qui a offert la technologie Française??? Atomic Anne, Balkany n.s. flamby qui se sont engraissé à cette occasion et le pître dit jupiter ainsi que tant d’autre qui n’ont rien fait d’autre que d’obéir aux puissances étrangères.

  • « L’Union européenne représente moins de 10 % des émissions mondiales »
    Cette affirmation me fait toujours bondir.
    Quand j’étais enfant la France était industrialisée. Ca se voyait et ça se sentait. Je me souviens de sorties en aviron sur une Oise rouge des rejets de souffre.
    Nous avons trouvé bien commode de laisser partir notre industrie polluante à l’étranger (Avec quand même un impact sur l’emploi).
    Est-ce que dans les 10% on ne compte que les émissions locales. Si y on met toutes les émissions en Chine, directement liées à la fabrication de ce que nous importons je ne pense pas que l’on reste à ce niveau.

    • Incroyable, le premier commentaire intelligent que j’ai pu voir sur contrepoint !

      • le premier commentaire intelligent?

        en fait pour donner une telle emissions on doit donner la méthode de calcul..

        mais il ne faut pas non plus oublier que la chine est EN CONSTRUCTION, regardez par exemple les consommation de béton…

        pas de raison non plus a priori de rejeter le chiffre juste demander la source et la méthode.

  • Il y a un aspect qui est absent de cet article : jusqu’à quel point le nucléaire ambitionne-t-il de remplacer le fossile ?
    À savoir : jusqu’à ne disposer plus que de véhicules électriques ? Si oui, quel sera le coût supplémentaire pour les gens (au kilomètre) ? Car à ma connaissance, du fait notamment du coût prohibitif des batteries, le véhicule électrique coûte beaucoup plus cher que le véhicule traditionnel.
    Or j’ai bien l’impression que c’est le but du Green New Deal : en finir complètement avec l’énergie fossile, donc renchérir considérablement le coût des transports, il ne faudrait pas l’oublier.
    En l’état actuel des connaissances sur le lien CO2-climat, c’est s’engager dans un aventurisme très risqué, car coûteux.

  • Les commentaires sont fermés.

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