Doit-on s’inquiéter des emplois supprimés par Amazon ?

Amazon boxes by Global Panorama (CC BY-SA 2.0) — Global Panorama, CC-BY

En France, on aime dire qu’Amazon tue des emplois. Mais le gain de productivité ne devrait-il pas au contraire être célébré ?

Par Daniel Dufort.
Un article de l’Institut économique de Montréal

Un homme politique français s’insurge contre le fait que l’entreprise Amazon « tue des emplois » dans le secteur du commerce de détail.

Selon lui, un emploi créé chez le géant du Web en élimine 2,2 dans les entreprises qui ont pignon sur rue. Pourquoi ? Parce que la productivité de l’entreprise de Seattle est beaucoup plus grande. Ce phénomène a conduit à la création de l’expression  Amazoned afin de décrire le sort réservé aux détaillants moins productifs. Doit-on s’en inquiéter ?

Cela nous ramène au concept de « destruction créatrice » développé par l’économiste Joseph Schumpeter. Comparant l’économie à un « ouragan perpétuel », Schumpeter fait valoir que l’élimination de certains emplois et entreprises n’est pas une illustration des ratés du capitalisme, mais qu’elle est plutôt bénéfique et fait partie de sa logique inhérente.

Premièrement, le fait qu’une entreprise réussisse à générer une telle longueur d’avance sur le plan de la productivité devrait être célébré. Les gains de productivité sont à la base même de la création de richesse, au demeurant nécessaire afin d’améliorer le niveau de vie du plus grand nombre d’individus.

Dans un deuxième temps, et de façon encore plus importante, cela libère des ressources humaines afin de s’attaquer à d’autres défis. Dans une situation de pénurie de main-d’œuvre telle que nous la vivons au Québec, une réaffectation du capital humain peut se révéler particulièrement bénéfique pour l’économie.

Enfin, comme ce fut le cas lors des précédentes transformations industrielles, l’amélioration de la productivité générale, en plus de nous enrichir, tend à faire diminuer le nombre d’heures de travail. C’est la raison pour laquelle notre niveau de vie est beaucoup plus élevé qu’il y a 130 ou 140 ans, même si nous travaillons une quarantaine d’heures par semaine au lieu de soixante-dix !

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