Sans productivité, point de salut

La productivité continue de freiner nos économies. Toujours aucun redressement, malgré tout ce que l’on entend sur l’apport des nouvelles technologies et le soutien des politiques monétaires ultra-accommodantes. Or, sans productivité, point de salut.

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chomage-Insomnia Cured Here-Charlie Chaplin(CC BY-SA 2.0)

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Sans productivité, point de salut

Publié le 23 octobre 2019
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Par Karl Eychenne.

 

« La productivité c’est faire mieux ce qui a déjà été fait » (Peter Drucker)

Présenté comme cela, la productivité pourrait passer pour un caprice industriel, une bien délicate attention du producteur envers son produit, ou encore un ornement inutile. Pire, la productivité aurait même mauvaise presse, une presse qui fut d’abord récréative avec Les Temps modernes de Charlie Chaplin, mais aujourd’hui une presse destructive associant la productivité aux méfaits de la production sur notre environnement.

Mais la productivité c’est aussi autre chose. Elle est la raison principale à l’amélioration de notre bien-être, au moins matériel, au cours du dernier siècle. Elle constitue aujourd’hui le seul moteur de la croissance économique face au vieillissement de la population. Enfin, elle permet d’imaginer des progrès techniques pour une croissance économique plus saine, conjuguant bien-être environnemental et bien-être en termes d’emploi.

Or, les chiffres se suivent, se ressemblent, et restent inquiétants. Quelles que soient les sources récentes, (OCDE, FMI, Commission européenne, BRI, recherche académique), la productivité du travail déçoit, partout :

  • Depuis près de 40 ans maintenant, elle croît toujours, mais de moins en moins vite : une croissance de la productivité réduite de moitié dans les économies développées de 2 % à 1 %, voire à 0 % dans certains pays (Italie, Japon…). Les économies émergentes ne sont pas en reste ; après avoir connu une période faste à partir des années 1990, elles ont été comme anesthésiées par la crise de 2008.

 

  • Des chiffres d’autant plus troublants que ces 10 dernières années ont été marquées par une contribution extraordinaire des nouvelles technologies dans nos économies (big data, machine learning, robotisation), et par des politiques de soutien sans précédent de la part des autorités (taux d’intérêt directeurs proches de zéro ou négatifs ; endettement public à des niveaux records).

La productivité ?

La définition officielle est plutôt aride : la productivité se définit comme le rapport, en volume, entre une production et les ressources mises en œuvre pour l’obtenir. Tentons une autre définition : pour soulever de lourdes charges vous avez deux solutions : soit vous utilisez une grande quantité de personnes, soit vous utilisez une grande quantité d’idées provenant d’une seule personne… ainsi naquit la poulie. La première solution consiste à travailler beaucoup : on appelle cela le « travail » ; la deuxième à travailler mieux : on appelle cela la « productivité ».

L’histoire et la philosophie s’interrogent depuis longtemps sur ce qui sépare le travail et la productivité. Plutôt qu’une séparation, on évoquera d’ailleurs une évolution de l’animal laborans vers l’homo faber (Condition de l’homme moderne de Hanna Arendt). Plus tard, on s’interrogera alors sur les dérives possibles de l’homo faber en homo consumens (l’hyper consommateur de G.Saad, ou P.P.Pasolini).

Les causes officielles possibles

Quarante ans de mystère : la productivité croît de moins en moins vite, partout. Une atonie qui relèverait presque de l’antinomie, au moment où deux ères nouvelles seraient censées propulser la productivité vers le haut : les nouvelles technologies et les politiques de soutien sans précédent. Nous dressons ci-dessous la liste officielle des explications possibles, des plus consensuelles aux plus farfelues.

  • Le progrès technique ou l’intensité capitalistique ? Ce sont en fait les deux moteurs de la productivité du travail qui seraient en berne. La faible croissance du progrès technique s’expliquerait en partie par de moindres incitations des entreprises à innover (« barrières à l’entrée » liée à la rigidité des institutions par exemple), notamment celles qui se trouvent déjà sur la frontière dite technologique. La moindre intensité capitalistique (le rapport entre le stock de capital et le « travail ») s’expliquerait par une plus grande frilosité des entreprises à investir notamment depuis la crise de 2008.

 

  • La croissance exogène ou endogène : deux écoles de pensées pour comprendre la dynamique de la croissance économique, mais aucune qui ne réussit vraiment à expliquer la faiblesse de la productivité actuelle. La vieille école de la croissance exogène propose qu’à long terme, l’essentiel de la croissance économique provienne du progrès technique, sans que l’on sache vraiment d’où il provient lui-même. L’école plus récente de la croissance endogène propose que ce progrès technique soit lui-même auto-entretenu par le dynamisme de la croissance économique : il suffirait d’une étincelle, mais aujourd’hui elle ne serait pas là.

 

  • La productivité va bientôt accélérer, il faut juste se montrer patient. C’est la thèse développée par les optimistes, dont le représentant pourrait être Erik Brynjolfsson qui déjà au début des années 1990 remarquait qu’il y avait comme un problème, mais qu’il ne fallait pas s’en inquiéter. D’ailleurs, il put s’appuyer sur un exemple vivant puisque quelques années auparavant, en 1987, Robert Solow en personne s’avança imprudemment en déclarant : « On voit partout que c’est l’ère de l’informatique, sauf dans les statistiques sur la productivité »… quelques années plus tard, l’économie américaine connut enfin une envolée de sa productivité, qui s’arrêta début 2000. L’idée serait donc que toutes les révolutions technologiques mettent un certain temps à se diffuser : c’est la différence entre une découverte et une innovation.

 

  • La productivité est mal mesurée, elle serait en fait bien plus forte que celle rapportée par les différentes institutions. C’est la thèse notamment défendue par Philippe Aghion, fervent défenseur de la destruction créatrice Schumpeterienne . Selon P. Aghion, la productivité des nouvelles entreprises ayant intégré les dernières avancées technologiques serait mal mesurée, alors que la productivité des anciennes entreprises disparaissantes serait, elle, bien mesurée. En poursuivant le raisonnement, l’auteur en conclut que la croissance économique serait en fait bien plus élevée… et l’inflation bien plus faible.

 

  • Les faux positifs. En temps normal, les investisseurs et les entreprises discriminent entre les bons et les mauvais projets à l’aide du taux d’intérêt : en effet, si un projet est jugé risqué, on lui appliquera un taux d’intérêt élevé qui intègre une prime de risque plus forte. Mais lorsque les conditions de financement sont très accommodantes, comme aujourd’hui, la prise de risque est facilitée, et la discrimination entre les bons et les mauvais projets est moins forte. Dans ce dernier cas, on parle de faux positifs : ces investissements sont réalisés alors qu’ils ne devraient pas ; les faux positifs sont une notion bien connue dans les domaines médicaux, de la sécurité, ou de l’informatique.

 

  • Le monopsone. C’est le contraire du monopole. Il s’agit d’un marché sur lequel un seul demandeur se trouve face à un nombre important d’offreurs. Le monopsone contemporain par excellence est Amazon, qui pèserait de tout son poids sur les prix appliqués par l’ensemble du commerce en ligne. Or, en faisant cela, l’avantage concurrentiel d’une entreprise ayant beaucoup investi par rapport aux autres entreprises a tendance à s’éroder : il n’y a plus assez de différence entre les prix appliqués. Finalement, l’incitation à investir diminue.

 

  • La productivité ne repartira jamais. Robert Gordon est le principal pourfendeur de la vue optimiste. Il propose que « l’arbre de la connaissance » a déjà livré ses fruits les plus faciles à attraper, et que désormais il sera bien plus difficile d’aller chercher les autres. Ainsi, les nouvelles technologies ne seraient pas une véritable révolution industrielle, alors que l’électricité ou la machine à vapeur en étaient une : « vous préférez avoir l’eau courante ou un IPhone ? ». Plus récemment, Gordon aurait aussi attribué la non-accélération de la productivité à d’autres facteurs, dont notamment l’éducation.

 

  • L’anomalie historique. Finalement, peut-être que la productivité n’est qu’un artefact de l’Histoire. En effet, les bases de données historiques qui remontent très loin nous enseignent que la productivité (plus exactement le PIB par tête, ce qui n’est pas tout à fait pareil) n’est apparue véritablement qu’à partir de la révolution industrielle, soit vers la fin du XVIIIe siècle. Avant, c’est-à-dire la plus grande partie du temps, le seul moteur de la croissance économique était donc la force de travail, autrement dit la croissance de la population active.

Conclusion : sans productivité, point de salut

La faible productivité est un problème majeur pour nos économies et celles des futures générations.

  • Il est un problème car la productivité est devenue le seul moyen d’entretenir la croissance économique à venir. En effet, l’autre moteur qu’est la force de travail est promis à une faible, voire nulle contribution compte tenu du vieillissement de la population.

 

  • Il est un problème car la productivité conditionne l’évolution de notre bien-être matériel, autrement appelé le PIB par tête. Le PIB représenterait le gâteau produit par la population, et le PIB par tête, donc en grande partie la productivité, la part de gâteau distribuée à chacun.

 

  • Il est un problème car sans productivité, le seul moyen de lutter contre la dégradation de l’environnement sera la décroissance économique, et donc la perte d’emplois. La productivité permettrait d’imaginer des progrès techniques proposant de nouvelles solutions.

 

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  • La baisse de la productivité est intimement liée à la hausse des dépenses publiques partout dans les pays développés au cours des dernières décennies. Parmi les pays encore dynamiques, on trouve par exemple la Suisse et la Corée du Sud qui présentent, sans surprise, les taux de dépenses publiques les plus faibles.

    Le mécanisme est simple. Quand on collectivise les ressources disponibles afin de financer des dépenses de consommation de court terme, on réduit d’autant l’épargne disponible pour les investissements productifs de long terme. Les politiques monétaires laxistes des banques centrales n’arrangent rien, ajoutant la défiance monétaire à la crainte de la faillite budgétaire des Etats obèses.

    Les dépenses publiques pourraient servir l’investissement. Mais c’est peine perdue car les investissements publics en dehors des fonctions régaliennes sont forcément moins productifs que les investissements privés. Les investissements publics contribuent eux-aussi au ralentissement général de la productivité. L’apparition de champs d’éoliennes illustre de manière caricaturale la perte de productivité de nos économies.

    Les dépenses publiques sont une charge, pas une richesse. Cette charge pèse d’abord et avant tout sur la productivité du secteur privé productif, obérant l’avenir pour alléger le présent en vain. Mais dans notre malheur, il y a une bonne nouvelle car la solution au problème est déjà trouvée. Il ne manque que la volonté politique de la mettre en oeuvre.

    • C est loin d etre si simple. Il est evident que lever des impots pour donner de l argent a quelqu un pour acheter une TV made in china n est pas tres pertinent.
      Mais de la a dire que les depenses publiques sont forcement un boulet, il y a un pas que je refuse de faire

      Quelle a ete la source de la Revolution informatique que nous vivons ? c est internet. Ca vient des depenses publiques car ca ete developpe par les USA pour l armee, puis utilise massivement dans les universités. Il y avait d autres alternatives issues du privé (par ex le reseau token ring d IBM)

      • C’est « loin d’être si simple » quand on refuse d’accepter les leçons de la réalité. Quand on les accepte en revanche, l’économie devient beaucoup plus simple à analyser. D’ailleurs, heureusement qu’on vous suggère que les investissements régaliens, mais seulement ceux-là, sont porteurs de croissance. L’intervention publique au-delà du régalien est au mieux inutile et le plus souvent néfaste. Pour le reste, ce n’est pas très malin de colporter les habituelles carabistouilles collectivistes.

        « L’idée de base de l’internet provient en fait d’une entreprise privée, nommée Bolt, Beranek & Newman (BBN) »

        « Pendant environ 25 ans, le gouvernement a gardé cette nouvelle technologie hors de la portée de la population. Le gouvernement bloquait l’entrée au secteur privé à travers la réglementation de la FCC. »

        https://www.contrepoints.org/2016/10/16/143225-qui-a-cree-internet-etat-bell-al-gore

        • OUi c’est les entreprises privés qui ont fait d’internet ce qu’il est devenu. l’internet d’état c’est le minitel…

    • La relation entre baisse de la productivité et hausse des dépenses publiques n’est pas évidente. Pour reprendre le cas Suisse, sa productivité est moindre que celle de la France mais elle est compensée par sa quantité de travail (on dit que si les français travaillaient en durée comme les suisses, leur niveau de vie seraient 8% supérieur). C’est aussi le cas des USA ou d’autres pays. La politique française joue plus sur le taux de chômage que sur la productivité. D’ailleurs les suisses expliquent que les gains de productivité se maintiennent dans l’industrie et sont négatifs dans le tertiaire dont la part augmente (bien être lié au vieillissement de la population). Pour le premier il y a une concurrence internationale et pas ou peu pour le second (et cela est valable dans tous les pays). Il semblerait donc que le travail remplace la productivité. Je serais d’avis (par optimisme) que les effets des innovations technologiques récentes mettent du temps à se faire ressentir surtout dans les services en raison d’ajustements nécessitant du personnel (passage d’une ancienne technologie à une nouvelle).
      Pour moi la hausse des dépenses publiques pourraient s’expliquer par ses ajustements d’abord dans l’industrie puis dans les services récemment). Le politique cherchant à contrôler le processus, à l’aveuglette et par partisanisme souvent hélas.

      • « Il semblerait donc que le travail remplace la productivité »

        Ca pourrait aussi être un artefact de la manière de mesurer la productivité: si vous mettez les 50% moins productifs au chômage, vous allez soudain faire un sacré bond de productivité (mesurée), mais vous allez réduire la production totale.

        • Dans ce cas on serait au niveau des autres en productivité et chômage..

        • Enfin une parole sensée ! C’est effectivement une des explications (mais pas la seule) à l’excellente productivité française : les gens peu productifs sont écartés du monde du travail.
          Il ne faut probablement pas faire dire à la productivité du travail plus que ce que cet indicateur signifie. Ce n’est pas nécessairement une bonne mesure de la santé économique d’un pays (croissance économique, emploi,…).

        • En outre, quand un ratio est démenti par la réalité observable au quotidien, c’est que les résultats sont faux, numérateur (sur-estimé) comme dénominateur (sous-estimé). L’entourloupe est d’autant plus énorme concernant la France qu’on sait par ailleurs que l’investissement (et la productivité du capital) y est notoirement déficient par comparaison avec ses voisins.

          Un signe qui ne trompe pas : les syndicats (de fonctionnaires) revendiquent ce résultat…

    • Votre affaire commence mal ! La productivité du travail ne baisse pas. Elle croît moins vite qu’avant. Ensuite le fait que la France détienne une productivité du travail parmi les plus fortes au monde suggère que l’explication par les dépenses publiques ne tient pas.

      • C’est d’ailleurs pourquoi la France est la première économie mondiale, loin devant… Ah non, en fait, c’est plutôt loin derrière. Il ne vous reste plus qu’à comprendre en quoi les indicateurs de compétitivité de la France auraient fait bonne figure dans Tintin chez les Soviets.

        Sinon, effectivement, la productivité augmente moins vite qu’elle ne pourrait le faire. L’évocation de la baisse est une anticipation de ce qui va se produire si on ne réforme pas ce pays, à commencer par son Etat obèse.

        • La France est la sixième ou septième puissance économie mondiale. Elle perd du terrain mais difficile de prétendre qu’elle est « loin derrière ».
          Pour en revenir à vos propos/explications sur la productivité du travail, force est de constater que vous êtes fourvoyé : la France a une excellente productivité du travail en même temps que des dépenses publiques importantes.
          Donc avant de venir donner des leçons aux autres commencez déjà par maîtriser les notions et les valeurs que vous utilisez dans vos commentaires…

          • PIB/hab de la Suisse : 80200 dollars.
            PIB/hab de la France : 38500 dollars.
            Et bien sûr, pour tous les petits comiques de passage et autres donneurs de leçons, la France a la meilleure productivité au monde… loin devant.

          • une remarque comment évaluez vous la productivité dans la bureaucratie?

          • En PIB par habitant en Parité de Pouvoir d’Achat la France est dans les 30ème:
            https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_PIB_(PPA)_par_habitant

            • Certes, mais comme dit plus haut, ça n’est pas la productivité du travail.
              Merci de ne pas confondre les indicateurs !

              • C’était la réponse à « la 6ème puissance », la productivité suit.
                Le premier biais : en taux d’actifs au travail la Suisse est à 82,5% et la France à 71,8% (2018). En France les moins productifs (jeunes pas formé, vieux fatigués) ne travaillent pas.
                Deuxième biais: les dépenses des administrations sont comptées dans le PIB et la France est championne du monde. À proportion égale l’état suisse dépense 600 milliards d’euros de moins que l’état français tout en étant bien mieux classé dans quasi tous les domaines. Gaspiller de l’argent n’est pas une « productivité ».
                Bref, c’est un mythe qui n’était déjà pas crédible à la base vu le niveau de taxation et de régulation des entreprises.

                • Ces biais démontrent à l’envi que l’indice de productivité dont certains se gobergent n’est qu’une mesure spécifique très incomplète et notoirement faussée de la véritable productivité. Au-delà de la productivité horaire, il faut en effet tenir compte du temps effectif passé au travail.

                  Le cas Neymar au PSG est un excellent exemple de fausse productivité. Neymar est peut-être le meilleur, mais il ne joue quasiment jamais. La belle affaire qu’il soit le meilleur s’il ne joue pas ! Eh bien, question productivité, la France ressemble à Neymar. Les Français sont en effet ceux qui, durant leur vie, travaillent le moins parmi les populations de l’OCDE, de l’ordre de 630 heures en moyenne par an.

                  Au total, on comprend pourquoi l’indice le plus général et synthétique de la productivité d’un pays, de sa faculté de produire, de son aptitude au travail, est le PIB par habitant. La relation est facile à résumer dans une équation :

                  (PIB/Habitants) =
                  (PIB/heures travaillées) * (heures travaillées/habitants).

                  Le ratio (heures travaillées/habitants) décrit l’implication au travail d’une population. C’est par analogie le vouloir-faire complétant le savoir-faire (PIB/heures travaillées), l’un n’existant pas sans l’autre.

                  Autre point important que vous soulignez : le PIB est faussé par les dépenses publiques par nature improductives. La productivité ne peut se mesurer que relativement au PIB du secteur privé productif à partir d’heures de travail des investisseurs, salariés et entrepreneurs du même secteur. Le secteur public ne produisant aucune richesse nette supplémentaire mais se contentant de répartir des richesses déjà créées par ailleurs, il n’a par définition aucune productivité. Il représente seulement un coût qui pèse dramatiquement sur la véritable productivité. Le secteur public est une charge, pas une production.

                  Dire que la productivité française est la meilleure est effectivement une illusion qui ne trompe que les collectivistes.

    • On pourrais généraliser encore plus, l’intervention étatique est responsable de perte de productivité. l’état actuelle est la version moderne des monarchie et autre tyrannie du passé qui par un contrôle total de la société les ont figés durant de milliers d’années. Nous nous (re)trouvons dans la même situtation. la libéralisation qui à permit la révolution industriel en Europe n’existe plus, les états ont retissé leur réseau de tentacules qui étouffent de nouveau la société, recréé une caste de privilégiées (les fonctionnaires) et assomment le peuple de taxes et de réglementations qui ne peuvent conduire qu’à la stagnation. Ajoutons le vieillissement de la population et le formatage idéologique opéré dès le plus jeune age qui oblitère tout espoir de sursaut futur.

    • @Cavaignac : « La baisse de la productivité … »
      Votre démonstration commence mal : il n’y pas de « baisse » mais un ralentissement de la productivité.

      Une baisse signifierait qu’on remettrait 10 hommes au lieu d’utiliser une poulie. Je connais la blague des 3 personnes pour changer une ampoule, mais c’est comme avoir -10 pommes dans un panier : c’est absurde.

      Pour ma part, si on ne peut nier la complication que représente les dépenses publiques, je penche plutôt pour la mauvaise mesure : Par exemple, la productivité ralentie parce que, tout simplement, les sociétés sont de plus en plus efficaces pour développer une nouvelle activité, et très rapidement on arrive à un optimum de production. A l’inverse, ce sont plutôt les estimations qui sont à revoir.

      Les estimations de budget ou de temps sont (presque) systématiquement erronées, et les dirigeants (politiques ou économiques) établissent souvent des plans délirants.

      • Déjà répondu plus haut à votre première critique. J’ajoute qu’en corrigeant les chiffres, il n’est pas impossible que la productivité soit déjà en baisse.

        Vous pouvez baisser la productivité par dégradation du capital sans changer d’effectif. Pas convaincu par votre vision d’optimum de production. Il n’y a pas que la nouvelle économie. Les secteurs les plus anciens sont toujours capables de se renouveler et d’afficher des progrès étonnants.

        Vous avez raison de supposer que les chiffres de productivité dont certains se gobergent sont faux. A l’évidence, ils le sont.

  • Tout à fait d’accord avec Cavaignac.
    Quand on voit les résultats des entreprises publiques (SNCF, EDF, AREVA, etc) toutes en fait en faillite, il est clair que la notion de productivité dans ces secteurs est inconnue. Que dire aussi de l’Administration où une haut fonctionnaire peut dépenser impunément 40 mille euros de taxis, alors qu’elle a déjà une voiture de fonction. Détail certes, mais significatif. Or le secteur public globalement représente en gros les 2/3 de l’économie française.

    • Ce qui n’est pas un détail, c’est l’accumulation des hauts salaires des 1% des fonctionnaires les mieux payés, salaires auxquels s’ajoutent les avantages annexes comme les frais de taxi que vous soulignez. A moins de 10000 euros nets par mois dans ce milieu, on craint la clochardisation.

  • ce qui est désolant est d’etre obligé d’écrire un article pour défendre les augmentations de productivité…

    le vrai problème est la quantité inouïe de trucs inutiles qu’on force les gens à « acheter »…et les entraves à tout ceux qui veulent augmenter leur productivité..

    bon je connais des gens qui se plaignent du » productivisme »…au coeur de leur « réflexion » vous trouverez l’idée que l’économie ne reconnait pas les mérites des gens… ce sont de simples autoritaristes..qui n’arrivent m^me pas à concevoir qu’on puisse vouloir autre chose que ce qu’ils désirent eux m^me..

  • Étant ingénieur et ancien chef d’entreprise, c’est une question qui m’interpelle depuis longtemps. Je suis plutôt de l’école « optimiste », mais aussi de celle selon laquelle on sous-estime les gains de productivité.
    Mais j’ai aussi un peu de pessimisme en pensant à la dégradation de l’éducation nationale (qui n’est pas propre à la France), et au fait que cette hausse cachée de la productivité nous fait avaler le coût d’une bureaucratisation croissante : une entreprise qui gagne 10 % en productivité les perd en paperasserie supplémentaires.

  • Autre cause possible : la productivité est basée sur l’apport énergétique extérieur (dans le sens physique) puisque produire par définition c’est faire changer d’état quelque chose, donc y apporter de l’énergie.

    Depuis la révolution industrielle cette énergie est majoritairement fossile (charbon, pétrole etc) et sa croissance était énorme durant les 30 glorieuses. Mais depuis elle est en berne, ce qui est une grosse corrélation avec la croissance des PIBs.

    La question est juste de savoir lequel est le moteur de l’autre. Réponse : l’énergie est le moteur du PIB, pas l’inverse, puisqu’il faut bien rembourser les dettes en produisant (en utilisant de l’énergie).

    Pourquoi la croissance énergétique est en berne depuis 1970 ? Car on ne trouve plus assez de pétrole (par exemple) car on a déjà découvert la grande majorité de ce qui existe dans la nature (apparemment), il n’y en aura plus bientôt.

    1970 ce n’est pas une date anodine : c’est les chocs pétroliers, qui ont été causés par une baisse soudaine de la production. Autrement dit c’était la fin de la croissance permanente et galopante de l’énergie à notre disposition, CQFD.

    • Sachant que tant que nos soit disants « élites » agissent pour elles mêmes au lieu de penser au bien commun, et que ce constat (par rapport à l’énergie) n’est pas bien acquis, on continuera à manquer d’énergie… donc de croissance.

      La preuve actuellement où on essaie de faire repartir la croissance en réduisant les taux d’intérêts : ça ne marche pas car personne n’investis suffisamment dans les énergies (renouvelables typiquement), l’investissement est plutôt orienté dans les objets et donc emplois « bullshits » qui ne tiennent pas la route dans le temps.

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