5 raisons pour lesquelles les médecins manifesteront le 16 septembre

Le 16 septembre sera une journée de mobilisation générale des professions libérales (avocats, médecins, infirmiers, kinés…) contre la réforme des retraites.

Par le Dr Jérôme Marty, président de l’UFML.

Le 16 septembre sera une journée de mobilisation générale des professions libérales (avocats, médecins, infirmiers, kinés…) contre la réforme des retraites.

1/ Cette réforme est dangereuse

Cette réforme est dangereuse pour nos professions et après 8 mois de parodie de négociations, 8 mois sans une seule concession du gouvernement aux représentants syndicaux, voilà qu’on nous annonce une concertation nationale… Certains y croient ou feignent d’y croire… Pas moi.

2/ Nos caisses sont mieux gérées que celle de l’État

Nos caisses sont autonomes, c’est-à-dire indépendantes et sans participation de l’État. Elles ont des réserves constituées par les efforts des cotisants à donner plus et l’acceptation des retraités à recevoir moins, pour faire face à demain. Ce sont des structures qui ont tourné le dos à la facilité qui prévalait il y a quelques années pour une gestion sérieuse et vertueuse là ou l’État n’a montré à ce jour qu’incapacité à prévoir l’avenir ou clientélisme.

3/ Le système de retraite sera étatisé

Avec un régime universel à hauteur de trois Plafonds Annuel Sécurité Sociale nos caisses complémentaires n’ont plus de raison d’être, la solidarité professionnelle est remplacée par la solidarité nationale.

Il faut s’opposer à l’étatisation du système de retraite, système où l’État définira les capacités contributives et la hauteur des niveaux de retraites par une variabilité possible du point en fonction des nécessités économiques du moment.

4/ Cette réforme continue l’acharnement contre la médecine libérale

La réforme des retraites menace dans son existence même le modèle d’exercice libéral de la médecine. Elle augmentera la durée de l’exercice du fait de l’entrée tardive dans celui-ci, diminuera les pensions, effacera la solidarité professionnelle au mépris de l’article 56 de notre Code de déontologie, fera disparaître la notion d’ASV1 et de prise en charge d’une part des cotisations sociales par l’assurance maladie, seule base d’acceptation des « honoraires » conventionnels.

Il faut combattre cette volonté de faire disparaitre la médecine libérale plébiscitée par les Français et s’opposer à l’étatisation en marche de la médecine.

5/Le médecin sera dépendant de l’État toute sa vie

La réforme des retraites vient porter un coup fatal à la lente démolition de notre métier. Après avoir assujetti la pratique de l’exercice à l’administration relais de l’État au travers des ROSP2, des forfaits, des normes obligatoires, et des contrôles iniques de l’assurance maladie, après avoir bloqué les tarifs de nos actes au plus bas de la moyenne européenne, annoncé la disparition du paiement à l’acte derrière le paiement à l’épisode de soin , construit l’extension du pouvoir des GHT3 sur la médecine de ville, la réforme des retraites voudrait rendre le médecin dépendant de l’État longtemps encore après la fin de son exercice !

Le 16 septembre il s’agira de défendre notre indépendance, garante de la qualité de l’exercice.

On ne négocie pas la liberté, on ne marchande pas l’indépendance.

  1. Retraite supplémentaire des médecins, représentant environ 40 % de leur retraite.
  2. Rémunération sur Objectifs de Santé Publique.
  3. Groupements hospitaliers de territoires.
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