Climat : l’incroyable saga des températures (4) : la courbe en crosse de hockey

La célèbre courbe en forme de crosse de hockey a fait paniquer l’humanité. Quatrième volet de notre saga sur les relevés de température.

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Climat : l’incroyable saga des températures (4) : la courbe en crosse de hockey

Publié le 24 août 2019
- A +

Par Michel Negynas.

Personne ne conteste que nous vivons un réchauffement au moins depuis le milieu du XIXe siècle. Mais avant, y avait il aussi des fluctuations du climat ? Cette question est importante, car elle aussi pourrait relativiser notre situation actuelle.

Dans le premier rapport du GIEC, publié en 1991, on peut trouver ces courbes :

(AR1, Observed climate change, p 202)

C’était l’évolution à peu près admise par tous les historiens de l’évolution de la température mondiale. Le GIEC ajoute en commentaires :

“Ainsi une part du réchauffement global depuis 1850 pourrait être un rétablissement après le Petit Âge glaciaire, plutôt que le résultat direct des activités humaines. Aussi c’est important de reconnaître que les variations naturelles du climat sont appréciables, et moduleront les changements futurs induits par l’Homme, quels qu’ils soient. »

Mais en 1998, une publication fit l’effet d’une bombe.

La saga « mannienne »

Un obscur doctorant de l’université de Yale, Michael Mann, sortit une courbe de reconstruction des températures, d’abord jusqu’en 1400, puis jusqu’en l’an 1000, à partir de l’étude des cernes des arbres.

C’était affolant : les températures antérieures à 1900 étaient plates, un peu descendantes, et puis montaient à la verticale. Cette courbe donna véritablement le coup d’envoi à l’hystérie climatique.

En définitive, elle apparaît ainsi dans le rapport du GIEC de 2001, non sans avoir provoqué un violent débat interne, compte tenu de son allure surprenante pour beaucoup d’experts :

Et elle prit le nom de « crosse de hockey » pour la postérité.

C’était quand même bizarre qu’en dix ans et une étude, on effaçait 2000 ans d’histoire : le passage des Alpes par les éléphants d’Hannibal, les invasions barbares, a contrario la période prospère des cathédrales, le catastrophique XVIIe siècle, les tableaux de Brueghel, le patinage sur les canaux hollandais, la Tamise gelée de Dickens… Intrigués, deux ingénieurs canadiens, Ross McIntrick et Stephen McIntyre se penchèrent sur le sujet. Il apparut très vite que Mann avait fait une erreur méthodologique de débutant. Pour prouver cela, ils appliquèrent sa méthode à des courbes aléatoires ; dans la majorité des cas, ils obtinrent des hockey sticks. Ils publièrent en 2003, malgré le refus de Mann de dévoiler ses données (tout est accessible sur le site climate audit de McIntyre).

Leurs craintes furent confirmées officiellement en 2006 par une commission d’experts conduite par E. Wegman, président de l’association américaine des statisticiens, dont le rapport avait été commandé par le Comité de l’Énergie de la Chambre américaine.

Il s’en est suivi une série de controverses scientifiques confuses, allant jusqu’à des démêlés judiciaires, Michael Mann tombant carrément dans le complotisme.  

Mais en 2009, la découverte d’emails du Climategate montra l’étendue du désastre : les courbes publiées par le GIEC étaient issues de méthodes pour le moins douteuses, qui, dans n’importe quel autre domaine de la science, auraient discrédité l’institution.

Un des emails de Mann à ses collègues précisait qu’il avait trouvé une « astuce » pour « cacher la baisse » (hide the decline). Il faisait référence à une de ses reconstructions qui malencontreusement montrait une chute des températures au XXe siècle. Il a opportunément remplacé les données gênantes par des données issues de thermomètres, et non plus des cernes des arbres, à partir du « déclin », mélangeant ainsi choux et carottes sur la même courbe, et sans le dire clairement dans le texte du GIEC.

 (Graph from Richard Muller)

Retour à la raison

Le Hockey Stick a maintenant disparu des rapports du GIEC, qui noie le poisson sous une avalanche de spaghettis, et sans intervalles d’incertitudes, comme le montrent ces figures tirées du 5e rapport sorti en 2014. Et les études de Mann ne sont plus citées :

Malgré l’évidence, beaucoup de présentations défendent encore les courbes de Mann. Et Wikipedia présente l’affaire d’une manière très « orientée »… Récemment, on a exhumé l’actualisation d’une étude montrant que le passé n’était pas si chaud, et pas partout, qui a été aussitôt  très controversée… et démolie par McIntyre sur son site.

En réponse également à cette étude, le géologue Sébastien Luning a lancé un projet collaboratif sur les températures à l’époque médiévale dans le monde, afin de recenser toutes les études sur le sujet (1200 à ce jour). Le résultat donne une carte interactive montrant les études et les lieux : rouge c’était plus chaud que maintenant, jaune plus sec, et vert plus humide.

Ce combat pour vouloir absolument montrer que le réchauffement actuel est inhabituel est incompréhensible, tant on peut amener des arguments à opposer.

L’étude des glaciers, par exemple : comme les glaciers reculent actuellement, ils rejettent des débris anciens qui permettent des hypothèses sur leur état à différentes époques, en particulier des restes organiques, voire des arbres qu’on peut dater. Voir : The Holocene 16,5 (2006) pp. 697 704: Multicentury glacier fluctuations in the Swiss Alps during the Holocene Ulrich E. Joerin, Thomas F. Stocker and Christian Schluechter

D’autant que cela n’infirme pas pour autant la théorie de l’effet de serre. Mais il est vrai cependant qu’admettre qu’il existe des fluctuations naturelles, parfois même rapides, rend impossible de valider les calculs de l’effet du seul CO2.

Cette extraordinaire « mannian saga » a fait l’objet de plusieurs livres comme : “The Hockey Stick Illusion: Climategate and the Corruption of Science Paperback – March, 2010 by A.W. Montford “

Michael Mann, lui, a écrit :

« The Hockey Stick and the Climate Wars : Dispatches from the Front Lines ».

Le titre même de son ouvrage montre son état d’esprit : c’est un soldat en guerre, ce n’est plus un scientifique. 

Demain, dans le dernier bulletin, nous verrons ce qu’on peut tirer comme conclusion de cet imbroglio autour des températures mondiales.

Relisez les épisodes 1 et 2 de la série « Climat : l’incroyable saga des températures ».

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  • ZUT alors ! Les socialo-communistes déguisés en réchauffistes ne pourront pas déployer de dictature planétaire et nous faire revivre des époques de famines, de recul de la santé, de l’espérance de vie, de recul de la natalité, de l’élimination des 9/10e des humains et des progrès dûs principalement au capitalisme. ZUT de ZUT ! quoiqu’avec le sommet du G7 de ce week-end on arrive avec tous ces milliers de militants Alternatives G7 à faire peur aux dirigeants reçus avec fastes et grands déploiements de transport (dé-carbonés cela va de soi, ah non ?)
    Moi qui ne suis pas scientifique j’aurais beaucoup aimé la clarté sur le sujet comme des débats entre scientifiques (bien que les journalistes et les autres nous disent que « la cause est entendue »…)
    Enfin il s’agit de ma vie aussi et je voudrais bien savoir quoi faire, à moins que ce soit trop demander à notre beau pays des droits de l’homme, très démocratique respectueux des libertés de tout un chacun etc.etc. ect.

    • Si on veut simplifier, il y a trois types de « scientifiques »:
      1. ceux qui dépendent de l’alarmisme ambiant pour vivre (en gros, ceux du GIEC)
      2. ceux qui font de la climatologie, un truc mal défini, où l’on mélange thermodynamique, dynamique des fluides, rayonnement du corps noir et autres phénomènes. Il y a tellement de paramètres que l’on peut faire dire aux courbes n’importe quoi. Ils ne sont pas nécessairmeent malhonnêtes, mais vaut mieux aller dans le sens du vent
      3. les physiciens, ceux qui regardent les phénomènes de base, surtout les phénomènes radiatifs puisque ce sont ceux-là et ceux-là seuls qui interviennent dans l’effet de serre. Il sont, en majorité, sceptiques quant au RCA. Petit réchauffement certes, parfaitement naturel sur lequel l’homme n’a rigoureusement aucune prise.
      Pour répondre à votre question: vivez votre vie sans vous préoccuper de phénomènes sur lesquels vous ne pouvez rien. Adaptez-vous aux circonstances, une chose que les hommes savent superbement bien faire.

      • Vivre sa vie en vous adaptant est possible si et seulement si l’Etat obèse ne vous agonise pas de taxes et de normes, auquel cas vous n’aurez plus les moyens de vous adapter. Sans le vouloir, à commencer par les plus pauvres, nous sommes contraints de nous intéresser au sujet pour en dénoncer les mensonges. C’est un acte de résistance, de survie, un acte de salubrité publique contre la spoliation fiscale justifiée par l’hystérie climatique.

        Note : Macron, en voisin, est venu au G7 en avion. C’est dire à quel point l’influence de l’homme sur le climat le préoccupe.

      • Vous oubliez 4- Les géographes qui ont, les premiers, défini la climatologie, de Max Sorre à Marcel Leroux, en passant par Charles-Pierre Péguy, Pédelaborde, Pagney, etc.
        D’ailleurs, le modèle de Leroux déterminé en 1983 avec sa thèse est le seul expliquant correctement les mouvements de la basse atmosphère (ceux qui nous importent !). Lire son livre : La Dynamique du temps et du climat, Dunod éd.

  • C’est un peu comme l’analyse graphique en bourse. On peut obtenir n’importe quelle prédiction en fonction de la méthode utilisée et de l’interprétation de l’auteur.

  • Le pire est que la fameuse crosse de Hockey, publiée maintes fois dans le document préparatoire à la reunion de Kyoto a fortement influencé les chefs d’Etat… Le point de délart de l’hystérie climatique est tout simplement la concordance entre la courbe de CO2 et celle des températures, cette dernière étant fausse!
    (Il était sans doute trop demander à des chefs d’Etat auxquels on ne demande plus d’avoir des compétences de base en sciences de savoir qu’une corrélation n’implique pas causalité…)

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