La retraite par capitalisation peut-elle vraiment s’affranchir de la démographie ?

Tribune libre : la retraite par capitalisation prônée par les libéraux ne peut faire abstraction de l’évolution démographique. Et c’est là qu’il faut faire abstraction de tout dogmatisme.

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La retraite par capitalisation peut-elle vraiment s’affranchir de la démographie ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 15 août 2019
- A +

Par Yves Montenay.

Mes amis libéraux sont persuadés que la retraite par capitalisation permet de contourner l’obstacle démographique. Étant démographe, économiste et ancien chef d’entreprise, je me suis toujours demandé pourquoi.

Depuis des dizaines d’années, je me bats contre l’idée que la retraite est un « vrai » droit, la retraite par répartition puisque c’était la seule que l’on proposait à mon personnel. C’est effectivement un droit, juridiquement et contractuellement, mais un droit impossible à concrétiser si la démographie est défavorable, c’est-à-dire si les cotisants sont en nombre insuffisant par rapport aux retraités. D’ailleurs pour rétablir un rapport favorable malgré le vieillissement, la plupart des pays comparables à la France retardent régulièrement l’âge de départ en retraite.

Seul Mitterrand a fait exception : l’abaissement de l’âge de départ de 65 à 60 ans a d’abord été une catastrophe économique. Ce n’est apparu qu’en 2006 du fait de la forme de notre pyramide des âges, les plus de 60 ans provenant des générations creuses de 1925 à 1945. Cela a été aussi une catastrophe intellectuelle puisque Mitterrand a persuadé le grand public que mettre de l’encre sur du papier pouvait produire des miracles, en l’occurrence changer la forme de la pyramide des âges.

Depuis, le débat a fait des progrès en France, puisqu’il est maintenant bien compris, même dans les milieux syndicaux, que la bonne exécution de ce contrat (un « droit acquis ») suppose suffisamment de cotisants par rapport aux retraités, ce qui est une contrainte formidable si l’on ne veut ni augmenter les cotisations ni diminuer les pensions. 

C’est dans ce contexte que les libéraux proclament dans de multiples articles que la retraite par capitalisation permet de contourner cette contrainte démographique.

Les libéraux font campagne pour la retraite par capitalisation, car …

Cette campagne pour la capitalisation est d’autant plus remarquée qu’elle est parallèle à celle menée par les financiers dans la presse économique, ce qui est normal car ce sont eux qui géreront les éventuels fonds de pension.

Une des raisons de la campagne des libéraux est que la capitalisation comporte des points conformes à leur philosophie. Je vais être bref, car nous les connaissons tous :

  • une solution sur-mesure, non seulement quant au montant espéré des pensions mais aussi et peut-être surtout du fait de la liberté de la date de départ, donc une solution individuelle avec la responsabilisation qu’elle implique,
  • une solution ayant un effet économique positif, car procurant une épargne longue. 

Ce deuxième point est possible mais pas certain. Certes, le circuit de l’épargne longue est supposé nourrir des investissements utiles, mais, à flux financiers égaux, il faudrait prouver plus rigoureusement que ces investissements seraient meilleurs que ceux générés spontanément par le marché : au lieu d’aller vers l’épargne à long terme les cotisations alimentent les achats des retraités. Et les entreprises concernées, donc automatiquement celles qui sont les plus utiles aux retraités, investissent alors si nécessaire. À mon avis, la seule différence est que dans le premier cas les investissements sont financés par des prêts accordés par des personnes en principe qualifiées (je simplifie) et dans le deuxième cas principalement par le marché. 

Je comprends que les libéraux préfèrent un circuit non immédiatement imposable, mais il paraît probable que la perte d’impôts correspondante sera « compensée » ailleurs.

Et puis, et c’est mon sujet principal, parce que les libéraux comme les financiers pensent que la capitalisation permet de contourner les contraintes démographiques.

Quelques exemples pour commencer 

Or la capitalisation suppose que l’épargne sera productive, c’est-à-dire pourra fournir des intérêts ou des dividendes ainsi que le capital au moment de la retraite c’est-à-dire des dizaines d’années plus tard. À mon avis, ce n’est pas certain du tout. 

Je vais donner quelques exemples puis passer au raisonnement global.

D’abord un exemple vécu : dans ma bonne ville de Châtellerault, des médecins se sont vu proposer une retraite par des amis promoteurs : nous ferons de beaux logements en centre-ville, dont les loyers seront votre retraite. La ville s’est dépeuplée et les effectivement beaux logements non seulement sont vides, mais ne valent plus rien.

C’est une erreur de choix d’investissement direz-vous. Retenons pour l’instant que c’est une ignorance de la démographie. Certes Châtellerault n’est pas Paris où l’immobilier a flambé. Mais du coup les rendements y sont faibles et l’on est loin des promesses d’un rendement réel de 5 % souvent évoqué dans les articles sur la capitalisation.

Prenons maintenant un fonds constitué d’actions et d’obligations d’entreprises françaises. Supposons-les biens choisies et prospères en cette bonne année 2019. Trente à 40 ans plus tard elles auront à payer des intérêts et à maintenir leur cours de bourse pour que puissiez récupérer votre capital. Pour cela, il faut qu’elles produisent. Or, à législation constante, il y aura certes moins de cotisants, ce qui nuira à la répartition, mais il y aura aussi moins d’actifs (ce sont en gros les mêmes personnes) et la production s’en ressentira. Et je passe sur les éventuels changements géopolitiques (choisir entre des infirmières pour les vieux et les dépenses militaires) ou de politiques financières ou fiscales : il est toujours populaire de taxer les capitalistes.

La question de la productivité et des investissements

Mais direz-vous, la productivité augmentera. Les projections actuelles de financement des retraites en tiennent compte et le résultat est très différent suivant le taux d’augmentation de la productivité choisi. Pour l’instant, les données laissent entrevoir une productivité augmentant très doucement (la question de cette relative stagnation mérite un article à part), et de toute façon il faudrait prouver qu’elle augmenterait davantage en capitalisation qu’en répartition. Cela me paraît compliqué, la productivité étant la résultante de beaucoup d’éléments, dont l’efficacité de l’Éducation nationale.

Les partisans de la capitalisation pensent au contraire que c’est évident, « l’épargne longue finançant les investissements de productivité ». Reste à prouver que ces investissements seront mieux choisis par les financiers que ceux réalisés spontanément par le marché (voir plus haut).

Un argument fréquent est que l’histoire montre que le meilleur des placements est celui en actions cotées. Cela a souvent été vrai, mais pas toujours. Et surtout, comme le savent très bien les financiers, « les performances passées ne préjugent pas des performances à venir ». Et dans ce cas de la retraite, des pyramides des âges à venir seront très différentes de celle du passé. Voir celles figurant en début d’article.

Que l’on ne se méprenne pas : je ne suis pas un partisan de la répartition, ni un opposant à la capitalisation. Je remarque simplement que les problèmes de ces deux systèmes se ressemblent beaucoup.

La contrainte démographique est mondiale

Ayant discuté de cela avec un ami financier, ce dernier m’a répondu : « Ce n’est pas grave, nous placeront l’argent des retraités hors de France, là où les actifs ne manqueront pas ». L’information démographique ayant progressé depuis, je pense que tout le monde sait que la proportion actif/retraités se détériore partout dans le monde. Et particulièrement en Chine et dans une grande partie de l’Europe, dont l’Allemagne. Le seul grand pays qui y échappe pour l’instant est l’Inde. « Pour l’instant » car la tendance est la même : si le nombre des actifs continue à y croître, le ratio se dégrade néanmoins avec l’allongement de la durée de vie et la baisse de la fécondité. 

De même en Afrique subsaharienne où une fécondité encore très forte ne compense pas le vieillissement. Et puis je vois mal l’ensemble du monde développé asseoir sa capitalisation sur l’économie de cette région du monde où le droit de propriété n’est pas toujours parfait. Pensez par exemple au Niger, champion mondial de la fécondité donc à nombre d’actifs rapidement croissant. C’est un pays semi désertique, très pauvre, gangrené par le djihad qui impose des écoles coraniques aux garçons et renvoie les filles à la maison. Bonjour la productivité ! Les financiers à qui j’en ai parlé ne m’ont pas paru séduits. 

Variante purement mathématique : le monde développé en déclin démographique pourrait importer quelques centaines de millions d’Africains, rendus brusquement productifs par nos infrastructures matérielles et humaines. Je ne plaisante pas, c’est ce qui s’est passé avec le déversement des campagnes chinoises vers les villes, un peu comme pour nos Trente glorieuses. Mais les opinions publiques ne semblent pas prêtes à affronter les problèmes d’intégration à une telle échelle.

Et puis, souvenez-vous des emprunts russes qui ont financé le décollage assez réussi de la Russie jusqu’en 1913. Ils devaient financer la retraite des Français, mais n’ont pas survécu au changement de régime de 1917. Cette faillite russe s’est ajoutée bien sûr aux dépenses de la Première Guerre mondiale de tous les pays, et à la mort ou l’infirmité de très nombreux actifs. La capitalisation qui était alors de règle a été d’urgence remplacée par la répartition qui assurait un minimum malgré tous ses défauts.

La question de fond

Toute pension, quel que soit le système, est un prélèvement sur la production. Encore faut-il que cette dernière soit suffisante. Pour cela, encore une fois quel que soit le système, il faudra suffisamment d’adultes dans plusieurs dizaines d’années, donc une fécondité suffisante aujourd’hui (un peu plus de deux enfants par femme pour combler les trous actuels de notre pyramide des âges) et, en attendant, en France, un âge de départ en retraite d’environ 64 ans augmentant progressivement pendant quelques décennies. 

Or c’est justement ce que propose le projet gouvernemental actuel, partiellement certes puisque l’âge de 64 ans n’est que « pivot », et que l’objectif ne sera atteint que si suffisamment d’individus travaillent au-delà de cet âge pour compenser le départ précoce d’une partie des autres. Ce faisant ce projet gouvernemental favorise également la capitalisation, non pas pour ses vertus, mais parce qu’il lui donne une plus grande assiette de producteurs. Il prévoit aussi des mesures en faveur des mères pour soutenir la fécondité d’aujourd’hui.

Tout ce qui améliore les ressources humaines, et pour commencer l’âge pivot de 64 ans prévu par le projet gouvernemental, est bon pour la capitalisation comme pour la répartition.

Vous me direz que la retraite par capitalisation se prend à l’âge que l’on veut, ce qui est effectivement une liberté de grande importance. Mais traduit brutalement cela veut dire : « du fait de la dégradation démographique, choisissez la capitalisation, et travaillez plus longtemps pour maintenir le niveau de votre pension ». Si personnellement je suis prêt à travailler jusqu’à 100 ans (j’en ai 78), je ne suis pas certain que ce soit un argument très vendeur.

Enfin, si tout entrepreneur trouve normal de prendre des risques, ce n’est pas le cas du citoyen moyen, qui préfère une retraite médiocre mais assurée au « suspense » d’avoir le double ou la moitié suivant les péripéties financières, non seulement françaises, mais indiennes, chinoises ou africaines.

La vraie différence entre capitalisation et répartition

Notre conclusion est que la forme de notre pyramide des âges s’impose à tout système, et il faut que les libéraux cessent de proclamer que la capitalisation y échappe. Cela n’empêche pas des vraies différences, que l’on peut résumer ainsi : « la capitalisation, c’est l’individualisation, le sur-mesure mais le risque. La répartition c’est le collectif et une médiocrité prévisible. » On retrouve en gros la différence droite–gauche.

Il faut donc cesser de proclamer que la répartition est une arnaque contrairement à la capitalisation. La véritable arnaque, c’est de s’éviter la peine et le coût d’élever des enfants en pensant que votre retraite sera payée par ceux des autres, que ce soit en capitalisation ou en répartition. Les libéraux reconnaîtront « le passager clandestin ».

Et cela nous mène à une remarque générale : la démographie a des effets lents, donc que les politiciens et beaucoup d’économistes ne remarquent pas, mais fondamentaux et irrésistibles. Elle explique largement le déclin français : ce pays, qui était premier pays européen par sa population, a été approché ou dépassé par ses voisins britanniques, allemands et italiens. Sans parler des États-Unis, pays minuscule vers 1800 devenu un vaste marché par sa fécondité et à la suite d’une immigration massive. Et sans oublier la Chine passant de 400 millions d’habitants dans les années 1950 à 1300 millions aujourd’hui. Symétriquement, la démographie est la cause principale du déclin du Japon d’aujourd’hui.

Pourquoi diable risquer la réputation des idées libérales en proclamant que les placements ne dépendraient pas de cette donnée fondamentale de l’histoire et de l’économie qu’est la démographie ? Imaginons le discrédit qui retomberait sur les idées libérales si un quelconque journal d’investigation dénonçait une collusion avec « les puissances d’argent » par la diffusion d’une analyse discutable les favorisant.

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  • Bonjour
    Les liberaux ne pretendent pas que la capitalisation permet d’eluder la démographie, mais seulement de rendre aux citoyens leur liberté.

    • Donc nous sommes d’accord.

      J’avais écrit cet article parce que les libéraux que j’avais consulté m’on dit explicitement que la Cathy évitait les problèmes démographiques contrairement à la répartition.

  • Bonjour
    La retraite par capitalisation peut-elle vraiment s’affranchir de la démographie ? Bonne question. Pour y répondre je prendrai un exemple pratique. Imaginons une tribu familiale, ou un village, isolés, autonomes. Votre question est alors peut-elle s’enrichir à démographie constante (et continuer à nourrir et loger ses vieux) ? La réponse est oui. La construction de la première maison, du village, puis des infrastructures servira aux générations suivantes, qui amélioreront ce capital, sans nécessité d’être plus nombreux. En fabriquant des outils, en se perfectionnant, l’agriculture sera plus productive, dégageant du temps libre et plus de bien-être.
En faisant cela, ils permettent même l’arrivée d’une nouvelle population, et l’on voit dans ce cas que ce n’est pas l’arrivée de nouveaux qui crée la croissance et l’enrichissement, mais l’inverse. Cet exemple n’est pas utopique, c’est ce qui s’est passé depuis des millénaires. Maintenant vous me direz, oui, mais à population constante mais vieillissante, ce qui est le schéma actuel ? Les perfectionnements apportés au fil du temps donnent plus de productivité, on peut alors avoir moins de jeunes pour produire la même chose et prendre en charge plus de vieux.
Notre société fonctionne de la même manière, les robots ont remplacé les charrues et les scies, mais le principe est le même.
    Le problème du financement de la répartition est qu’il taxe le travail des hommes pas des machines. L’augmentation de la productivité compensant le vieillissement comme décrit ci-dessus ne sert à rien dans notre système, alors qu’il le devrait. Autre exemple concret : le travail à la chaîne (Charlot). Tous les hommes travaillent, cotisent, beaucoup de cotisants, pas de problème. Les machines arrivent et augmentent la productivité, ce qui permet de supprimer un travailleur sur deux. Moins de cotisants = problèmes pour la répartition, mais la productivité permet toujours la même croissance qui profite au capital, pas à la répartition. La capitalisation marche alors que la démographie s’effondre, elle s’affranchit de la démographie. Les bénéfices au lieu de profiter à tout le monde si elles appartenaient à des fonds de pension, ne financent pas les retraites mais vont dans la poche de quelques-uns, expliquant pourquoi les riches s’enrichissent plus et plus vite dans notre société.
L’augmentation de productivité profite en totalité au capital, pas à la répartition, et la baisse démographique nuit à la répartition, mais pas forcément à la capi, grâce à l’augmentation de productivité. L’avantage d’une retraite par capi est que l’augmentation des bénéfices par la productivité pourrait profiter à tous les travailleurs, plutôt que réservée à certains. Il en sera ainsi tant que le social restera financé par les hommes, et non la production. Quand ce sera le cas, je vous rejoins.

    • Merci pour votre réponse détaillée.

      Mais je ne comprends toujours pas pourquoi investissements et productivité sont différents en répartition et en capitalisation. Surtout si je saute la période transitoire qui pose des problèmes que je n’aborde pas car je reste sur le plan des principes. En effet après la période transitoire le flux d’épargne est égal au flux de distribution et l’annule. Restent des investissements induits par la distribution, comme pour la répartition

      Par ailleurs, comme dit dans mon article la productivité dépend largement de l’efficacité de l’éducation nationale, de la disparition d’emplois inutiles etc, question qui dépassent largement les systèmes de retraite.

      • @Yves Montenay
        Vous ne comprenez pas parce que vous vous limitez à une vision mécaniste et comptable, et par conséquent superficielle et confuse de l’économie.
        Comme je l’ai rappelé ci-dessous, la « retraite » n’est que l’une des formes possibles de la réduction du temps de travail permise et conditionnée par l’augmentation de la productivité.
        Dans un système par répartition, les producteurs sont privés de force de ce qu’ils auraient pu consommer, investir ou consacrer à la réduction de leur propre temps de travail au bénéfice de ceux qui ne produisent plus (je passe sur les innombrables autres « bénéficiaires » qui n’ont jamais rien produit, ou même empêché les autres de le faire). La pseudo « épargne » est forcée et va alimenter essentiellement des dépenses de consommation, des autres.
        Dans un système de retraite libre, les gens investissent eux-même pour leur avenir. Cet investissement peut consister en l’éducation et la formation de leurs enfants pour qu’ils deviennent à leur tour des producteurs efficaces et/ou en biens de consommation durables (comme l’immobilier) et/ou en biens de production (outils, machines, énergies, locaux), seuls à même d’augmenter la productivité future. Les gens se privent volontairement, et c’est ce qui fait toute la différence, d’une consommation immédiate dans l’espoir d’une consommation future, consommation possiblement supérieure lorsque l’investissement se fait dans des biens de production. En investissant dans des biens de production, ils participent à leur tour à l’unique cause de toute réduction du temps de travail.
        Outre les effets directs décrits ci-dessus, on voit bien que les incitations à produire ne sont pas les mêmes. La répartition incite les gens à produire au minimum voire à ne pas produire du tout, car elle prive les producteurs d’une partie importante du fruit de leur travail, la liberté et la responsabilité font l’inverse.

    • On peut forcer le trait en imaginant que tous les services apportés aux vieux le sont par des robots (le rêve des japonais). La taxation du travail est alors absurde, car ce n’est pas le travail des jeunes qui entretient les vieux, mais le capital « machines ».
      Une solution pour sauver la répartition est de taxer le capital pour alimenter les retraites. Il suffit d’augmenter la CSG par exemple. C’est bien évidemment ce qui sera choisit, en fait c’est même déjà le cas… En gros ce sera, les gens épargnent, ils touchent des dividendes, l’état leur prend, et leur verse une retraite (qui profitera à tous, comprendre y compris ceux qui n’ont rien glandé).
      Résumé: s’il n’y a plus de travailleurs à voler, volons les épargnants!

    • @gmaudrux
      Prélever sur la production, ce qui est le but de tout système de redistribution forcée, c’est toujours prélever le fruit du travail de quelqu’un. Les machines et les outils sont conçus, élaborés, entretenus, pilotés par les hommes et par personne d’autre. Il n’y a pas de dichotomie entre « financement par les hommes » et « financement par la production », c’est la même chose. Je ne comprends donc pas la deuxième partie de votre commentaire, dont la première partie est si pertinente.

      • @guy
        C’est vrai que c’est peut-être ambigu. En fait c’est pour répondre à Yves Montenay. Il pense que la démographie influence autant répartition que capi, c’est la première partie de ma réponse.
        Ensuite il pense aussi que la productivité profite autant à la répartition qu’à la capi. J’essaye d’expliquer que la productivité due aux machines si elle apporte à la capi, n’apporte rien à la répartition si les machines qui remplacent les hommes ne sont pas taxées. Ce n’est pas un souhait, mais simplement une démonstration pour montrer que son raisonnement n’est peut-être pas bon. Ensuite s’il faut taxer les machines pour sauver la répartition, c’est directement et indirectement un prélèvement sur le capital, qui nuira donc selon Montenay et à la répartition et à la capi.
        Mieux vaut taxer la consommation, qui est un prélèvement sur le capital, que ce qui permet de constituer le capital. C’est la différence entre taxer la rente, qui est un revenu, pourquoi pas, ou le capital, qui permet de produire la rente, ce qui est une erreur.

  • Tout n’est pas noir il s’agit simplementde transfert de capitaux des actifs vers les inactifs ,les actifs doivent donc produirent plus de richesses a redistribuer ou se serrer la ceinture.en pensant a leurs vieux jours

    • reste a savoir comment vous aller expliquer aux actifs qu ils doivent voir leur niveau de vie stagner voire baisser afin de financer de plus en plus de retraités. Surtout si comme en France les retraités ont un niveau de vie superieur aux actifs.

      pour l instant en France, le choix a ete de creer de la dette afin de ne pas ponctionner trop lourdement les actifs. Par contre on arrive en bout de cycle: les dettes sont trop elevees pour etre remboursees, les ponctions sur l appareil productifs sont telles que l industrie francaise est en voie de delabrement (et donc va contribuer encore moins a la creation de richesses)

      • Les revenus n’ont pas a progresser, ce n’est pas un droit.un revenu progresse que si la richesse produite progresse,si elle regresse ce revenu doit baisser.
        Le cas de la france est a part ,l’etat depense trop et sans compter donc les actifs doivent nourrir les inactifs et l’obese …..l’etat vient de donner la prime de rentree ensuite la prime de noel suivra quelques autres cadeaux sans interet pour l’economie .
        Les dettes de la france ,une goutte d’eau dans l’ocean de depenses inutiles comme une force de dissuation nucléaire…vers qui, des interventions militaires inutiles …le climat et un tas d’autres choses que l’on ignore .

        • « Les revenus n’ont pas a progresser, ce n’est pas un droit »
          Certes. Mais il va etre difficile de gerer un pays ou la population s appauvrit.
          Pire comment allez vous justifier que les actifs vont s appauvrir car il faut financer de plus en plus de retraités ? A un moment vous allez avoir une reaction et les actifs vont demander qu on apauvrisse les retraites afin qu une partie des fruits de leur travail restent dans leur poche

          • La baisse du pouvoir d’achat des retraites par répartition sera obtenue par une évolution inférieure à l’inflation. La retraite de base à taux plein vaudra moins de 500 euros actuels d’ici 20 à 30 ans. Avec la retraite par points, le processus sera simplifié. Il suffira de ne pas revaloriser le point, lentement, progressivement, sans douleur, année après année.

            C’est pourquoi il est important d’introduire dès aujourd’hui une dose de capitalisation, entièrement détaxée, de plus en plus importante, jusqu’à ce que la capitalisation reste le seul régime de retraite, la répartition s’éteignant d’elle-même faute de combattants.

            • Votre solution ne marche qu avec une inflation forte, comme dans les annees 70. avec 1 ou 2 % d inflation, meme sans revalorisation, vous n arriverez pas a compenser le nombre de retraités supplementaire (n oublions pas que ce sont les annees du baby boom qui arrivent a la retraite)
              Pire les montants a verser augmentent plus vite que le nombre de retraités: en schématisant le retraités qui decedent sont des veuves de 90 ans qui vivent chichement de la pension de reversion de leur mari et elles sont remplaces par des boomers qui eux ont cotisés et donc touche des pensions double ou triple de la veuve en question

          • Bien d’accord

            Il est probable que l’appauvrissement des retraités se fera par un recul de l’âge de départ, ce qui est une façon de diminuer le total des pensions versées plus indolore que de diminuer les mensualités

      • Bien sûr, si on ne change rien, le niveau des pensions baissera ou celui des cotisations montera. Mais ce problème est commun à la capitalisation comme à la répartition. Ce qui changera vraisemblablement c’est l’âge de départ qu’il y ait une règle générale souple comme dans projet gouvernemental, où qu’il soit fixé volontairement par chaque personne dans le cas la capitalisation.
        Dans les 2 cas il faudra travailler plus longtemps, que ce soit volontairement (capitalisation) ou pas, mais en pratique le fait que le projet gouvernemental prévoit des bonus pour ceux qui travailleront plus longtemps rapproche encore plus les 2 systèmes. J’ai bien dit globalement et non pas individuellement, nous sommes d’accord sur le fait que la capitalisation fait du « sur-mesure »

    • Oui, mais c’est commun à la capitalisation et à la répartition. Dans cette dernière, le « serrage de ceinture » prend la forme de cotisation.

  • Tres bon article qui met bien en avant le Probleme demographique.
    J ajouterai un avantage a la capitalisation non mentionné ici: la capitalisation evite de saigner les actifs.
    Vu le poids electoral des retraités, la Repartition incite nos dirigeants a augmenter les pensions meme si l Etat de l economie ne le permet pas. ET qui paie cette generosite: les actifs soit directement par une augmentation de ses impots ou plus tard avec de la dette a rembourser
    Avec la capitalisation, il est certes possible a la caisse de pension de puiser dedans pour assurer les rendements actuels au benefices des retraites actuels tel un madoff, mais c est plus difficile et les actifs peuvent se detourner d une caisse qui pratiquerait ceci.

    La ou je serai plus sceptique que l auteur, c est sur l appel a la natalité. Comme l auteur l a evoque, le pays le plus performant est le niger et c est pas un eldorado. Augmenter la natalite francaise risque plus d augmenter le nombre de chomeurs/rmiste que la richesse globale.
    Surtout si on prend en compte les evolutions technologiques (robots/IA …), qui ont quand meme tendance a remplacer pas mal de gens par des machines, on risque d avoir un monde dual : une minorite high tech capable de programmer les machines et une immense majorite qui fera des taches bas de gammes qu il n est pas rentable d automatiser (par ex femme de menage)

    • Vous abordez un problème différent de celui de l’article : le travail des machines diminue-t-il le travail des hommes ? L’expérience passée montre que non, avec l’importante réserve que la disparition de certains emplois et la création de nouveaux ne se font pas forcément au même endroit

      Et la théorie économique va dans le même sens, à condition bien sûre que la mobilité soit forte, c’est-à-dire laisser mourir certains secteurs et former et nourrir des personnes reconversion

  • Merci pour la sincérité de votre article.
    Je réfléchis à me constituer une retraite par capitalisation à échéance 10-15ans. A ce jour, avec mes (maigres) connaissances et compétences sur le sujet, aucune solution ne me paraît convaincante. Les signaux sont déroutants, formation de bulles, productivité qui stagne, inflation qui n’obéit plus aux attentes, repli sur soi, et surtout, comme l’auteur le souligne, le facteur démographique. D’ailleurs cette démographie vieillissante expliquerait (?) déja en partie la stagnation de la productivité et de l’inflation.
    Je vais peut-être dire n’importe quoi mais après l’effet boum de l’entrée dans la transition démographique, nous commençons peut-être à sentir l’effet badaboum de la sortie de la transition démographique. Car cela demande des ajustements socio-économiques mais lesquels ?

    Peut-être l’immobilier low-cost, les gens communs auront de moins en moins de ronds pour se loger ??

    • Aujourd’hui c’est de fait principalement l’assurance-vie qui joue le rôle de l’épargne retraite

      • Sauf qu’elle est taxée lourdement contrairement à l’argent spolié par la répartition qui est détaxé. Ce qu’on doit exiger, c’est un régime fiscal équivalent (absence totale de taxe) pour l’épargne finançant la capitalisation à l’entrée, et une taxation limitée aux intérêts en sortie.

        • Rien n’interdit de la localiser … au Luxembourg… Ou en Suisse…

          • Pourquoi pas, mais ce n’est pas suffisant. L’épargne de la capitalisation doit être entièrement déduite des assiettes du calcul de l’IR, de la CSG et des autres taxes basées sur le revenu, exactement comme les cotisations finançant actuellement la répartition.

            Toute épargne finançant la capitalisation doit disparaître définitivement du radar fiscal.

    • Quand on choisit un investissement, il y a deux options bien distinctes :
      1. On spécule sur les perspectives favorables ou défavorables pour tel ou tel support, dans les années qui viennent. La rentabilité peut être très élevée, mais le risque est significatif et les choix sont difficiles.
      2. On choisit un investissement dont la valeur ne dépend pas des perspectives et de l’opinion des autres investisseurs, mais de l’utilité qu’il présente, quelles que soient les circonstances.
      Dans la première catégorie, vous aurez des parts dans une start-up, dans la seconde un logement qui vous convient. Méfiez-vous de ne pas maîtriser le partage entre les deux catégories, de bien choisir ce qui est spéculation sur les perspectives séparément de ce qui a une utilité avérée et durable manifeste.

      • Bien d’accord
        Autant je pense que globalement capitalisation et répartition se valent, autant il faut prendre des dispositions intelligentes à titre individuel, comme acheter sa résidence principale. Que l’on ait des enfants ou pas. On est dans le cadre de la démographie personnelle, pas de la démographie mondiale.

        • Un système collectiviste imposé par la force et fondé sur le vol ne pourra jamais valoir un système fondé sur la liberté et le respect de la propriété privée. Pas la moindre expérience passée n’a pu démontrer le contraire, pas une seule, même pas une fois par hasard.

          La retraite par répartition ne fera pas exception. Elle est inéluctablement condamnée à la faillite, quelles que soient les réformes désespérées qu’on lui appliquera.

  • La raison pour laquelle la capitalisation ne subit pas l’effet démographique du vieillissement est qu’elle transforme les retraités passifs de la répartition en actifs, des actifs comme les autres, jusqu’à leur dernier souffle.

    Investir, c’est travailler. Investir, c’est participer à la création de richesse. Celui qui investit, même indirectement en déléguant l’investissement aux financiers, est bel et bien un actif, contribuant à la création de richesse pour sa part. En revanche, celui qui se contente de consommer, notamment le retraité de la répartition, se contente de détruire les richesses sans produire. Mis en situation de vivre sans travailler, il n’est plus actif. Il est condamné à la passivité, à l’inutilité aux dépens d’autrui, exclu de force de la société.

    La capitalisation élimine avec élégance la question du ratio actifs/passifs, question au cœur de la faillite inéluctable de la répartition. En vérité, la capitalisation supprime la notion de retraité. Le retraité de la capitalisation ne devient pas inactif. Il change simplement d’activité productive.

  • la capitalisation , on cotise pour soi meme au montant qu’on veut et qui peut etre modifiable dans le temps..

    la repartition on ne maîtrise rien au mieux on paye pour d’autres

    • On peut quand même imaginer un seuil de cotisation minimal en régime de capitalisation pour éviter les passagers clandestins venant pleurnicher pour quémander une aide sociale.

    • C’est exact, mais en pratique bien des gens n’ont ni le temps ni l’inclination de gérer leur épargne en capitalisation. On tombe alors dans les travers dénoncés dans l’article de placements mal adaptés, mal diversifiés, et dans ceux dénoncés par Cavaignac de s’exposer à la rapacité fiscale française.
      L’assurance-vie est une option, mais il est difficile d’y concilier conseils avisés et montants modestes… De plus, le dénigrement continuel en France de la rente viagère fait que l’AV est plus vue comme un outil de transmission de son patrimoine que d’utilisation de celui-ci pour améliorer ses vieux jours, ce que le terme « assurance-vie » suggère pourtant.

      • Les gens ont tout le temps nécessaire, ils suffit de les motiver et quoi de plus motivant que la perspective de se retrouver à la rue à la retraite…

    • Hum ! Dire que la capitalisation est bonne parce qu’on travaillera toute sa vie est excellent pour la répartition également ! Et ce n’est pas possible tous les métiers

  • La répartition nous oblige à penser la démographie au niveau national, la capitalisation non.
    On s’est cru plus malin et vertueux que les autres en refusant les fond de pension français, et on se retrouve à « subir » en bien ou en mal ceux des autres pays…

    • Oui, mais la démographie mondiale est pire que la démographie française !
      À part l’Afrique Noire mais… revoir l’article

  • L’auteur ne change pas de thématique…
    http://www.yvesmontenay.fr/2006/09/26/retraites-familles-et-immigration-en-france-et-en-europe-2006/

    D’un problème socialiste (la gestion des retraites), l’auteur préconise une « solution Onusienne » bien connue et partageant la même idéologie…

    En prime, la haine du Japon est permise, ouverte & récurrente… (le japon doit disparaître !) 🙂

    Enfin, Je me demande bien pourquoi l’auteur ne traite jamais des retraites des fonctionnaires, pourtant elles pèsent lourd sur le budget de l’état.

    • Pour le Japon, que je connais très bien personnellement et professionnellement, le constat est pourtant clair : le pays disparaît. Ce n’est pas une question d’amour ou de haine, c’est un fait brut

      Le Japon a horreur de l’immigration mais constate qu’il est obligé de s’y mettre.

      La Chine sera dans 20 ans dans le même cas, mais la masse de ce pays défie toute possibilité d’immigration des voisins, qui d’ailleurs seront aussi soumis à une contrainte démographique. Simplement elle se manifestera plus tardivement qu’en Chine.

      • @Yves Montenay
        Je n’ai jamais mis les pieds au Japon, mais tous les témoignages directs que j’ai recueilli de la part de personnes y travaillant ou y ayant séjourné disent le contraire.

      • Si le Japon souffre, ce n’est pas de sa démographie mais plutôt de ses politiques étatiques ineptes, tant monétaires que budgétaires, qui ruinent ses habitants.

        Le Japonais ont, consciemment ou non, choisi de réduire leur population. Celle-ci va probablement descendre à 80 millions d’habitants. Et alors ? Ca n’empêchera pas les Japonais d’être un des peuples les plus productifs de la planète. En tout cas, le pays ne disparaîtra pas, notamment parce qu’il n’y a pas d’immigration (ce qui a le don d’énerver prodigieusement les obsédés du mondialisme de l’ONU).

      • Il me semble que la déroute du Japon et sa démographie sont deux effets de la même cause : une culture peu innovante et trop respectueuse de l’existant et des règles.

  • Dire que la capitalisation ne va pas fonctionner, c’est fort, parce que la répartition fonctionnera encore moins bien. La seule solution, c’est la retraite à 90 ans, avec 1 enfant par femme, rien ne permet plus. Et plus tôt pour ceux qui auront su se donner les moyens de cette liberté.

    Mais rien n’interdit un système hybride. Belgique, Suisse… Dans ces pays cela fonctionne.

    • C’est en effet le principal reproche que je ferais à l’article, oublier que la répartition est encore plus exposée aux mauvaises conjonctures économiques/démographiques/etc.
      Le système hybride, c’est bien, mais la transition n’est plus un chemin de roses…

  • N’importe quoi, comme d’habitude…

    La capitalisation ne marche pas ??? Allez donc voir l’exemple du Chili, on estime que les gens partent plus tôt à la retraite et avec des pensions majorées de 80 % par rapport à l’ancienne situation de réparation.
    Sinon, allez voir le fond souverain de la Norvège pour les rendements: une moyenne de 8 % par an…

    Enfin, qu’est-ce qui fait augmenter la productivité ? La liberté et l’accumulation de capital. Si l’auteur pense qu’on peut faire de la capitalisation en France sans liberté (cad avec l’éducation nationale française), c’est que manifestement il ne comprend pas ce qui détruit la France depuis 45 ans…

    • Je n’ai pas dit que la capitalisation ne marchait pas, relisez l’article ! J’ai dit que l’évolution démographique avait le même effet sur les 2 systèmes. D’ailleurs je viens de lire un article récent de l’IREF le disant également. Dans les pays où la capitalisation marche, la répartition aurait marché aussi.

      Les risques ne sont pas les mêmes, en répartition on sait à peu près où l’on va, alors que la capitalisation générera des portefeuilles mondiaux, avec les risques géopolitiques et démographiques des divers pays du monde.

      Par définition, les exemples cités appartiennent au passé, qu’il s’agisse de placements boursiers ou de pyramide des âges. Cela ne nous éclaire pas sur le futur. Ce n’est pas une critique, c’est normal. Mon seul souci est d’éviter aux idées libérales de ce fourvoyé sur les prédictions (par exemple les 5 % de rendement réel que l’on retrouve dans de nombreux articles) qui seront démenties.

      • « l’évolution démographique avait le même effet sur les 2 systèmes »

        L’évolution démographique n’a pas le même effet sur les deux systèmes, comme montré simplement dans un autre message de cette file.

  • Bonjour,
    Capitalisation ou répartition, le fond du problème reste la répartition des richesses.
    Pour pouvoir capitaliser et donc épargner, encore faut-il avoir les moyens de le faire et ce n’est pas avec les salaires actuels que la jeune génération peur le faire, multipliant les CDD peu rémunérés.
    Allons, un peu d’imagination Messieurs, élargissons l’assiette, faisons payer des cotisations sociales aux robots qui remplacent l’homme et créent des richesses.
    Osons taxer les plus-values boursières générées par le trading haute fréquence, etc …
    Jamais il n’y a eu autant d’argent dans ce monde mais jamais il n’a été autant concentré entre quelques mains.
    Selon le dernier rapport Oxfam, les 6 milliardaires les plus riches possèdent autant que la moitié de l’humanité la plus pauvre. Normal ?
    Cette situation devient tellement dangereuse socialement et politiquement que des milliardaires américains demandent à payer plus d’impôts.
    https://www.journaldemontreal.com/2019/06/24/aux-etats-unis-des-milliardaires-reclament-un-impot-sur-les-super-riches

    Oui, il y a un problème démographique dans nos vieilles sociétés mais le véritable problème sur lequel l’impasse est faite est la plus juste répartition des richesses et cela comment dès le premier salaire offrant ou non une capacité d’épargne suffisante où un niveau de cotisations sociales permettant d’alimenter un système par répartition, qu’il soit à points ou à prestations définies.

    • La juste répartition des richesses, c’est celle où celui qui les a créées décide à qui elles vont, et où celui qui n’en crée pas n’a pas à l’ouvrir, il doit accepter ce qu’on lui donne. Rien qu’à vous lire, je soupçonne que vous appartenez plutôt à la seconde catégorie.

    • Est ce que ces 6 milliardaires consomment autant que les 3 milliards pauvres?
      Est ce que chacun de ces milliardaires a à sa botte 500M d’individus qui lui consacrent tout leur temps de travail?
      J’en doute fort. En fait j’ai bien du mal à croire que leur train de vie (dépenses personnelles) dépassent quelques millions par mois, soit quelques milliers de français.
      Pourquoi sont ils riches? Car ils possèdent des biens qui sont très désirés par d’autres, et non pas parce qu’ils dépensent énormément. D’ailleurs la plupart vont mourir riches, donc auront dépensé peu, et donc « asservi » peu de personnes pour leur propre plaisir…
      Si vous voulez dénoncer des gens, dénoncez les dictateurs de ce monde, qui détruisent les richesses des autres.

    • Les salaires sont pourris parce l’état nous vole en permanence des sommes inouïes sous prétextes de nous les rendre plus tard mais il ne fait que rendre des cacahouètes, c’est simplement un jeu de dupe avec les fonctionnaires au milieu qui ramassent la mise.

  • Merci pour cet article qui prend en compte le réel, le concret. Bien loin de l’idéologie!

    • Cet article, comme les précédents de M Montenay, est malheureusement déconnecté de toute réalité économique. Ecrire en introduction que l’on est démographe, économiste et chef d’entreprise, et ne pas être foutu de construire, depuis toutes années et articles sur le sujet, un raisonnement qui prend en compte que l’économie se développe avec les facteurs de production dont le capital, a un côté désespérant. C’est Cavaignac dans son commentaire qui a bien relevé la chose. il n’existe plus de retraités dans un système par capitalisation, tout le monde est actif, jeune ou vieux, que ce soit par sa force de travail ou par la production du capital mis à disposition de tous.
      Je crois qu’il faut même placer la question sur le plan moral, dans un système par répartition, nous avons une organisation ;profondément immorale, chacun cherche à vivre aux dépens des autres à un moment de sa vie. Dans un système par capitalisation, chacun participe en fonction de ses moyens à la vie en société.
      En répartition nous retrouvons l’immoralité d’une société basée uniquement sur le mérite évalué de manière arbitraire (comme les diplômes). J’ai fait 3 enfants donc j’ai droit à plus, j’ai tel diplôme donc j’ai droit à un salaire de tant, peu importe la capacité de chacun à produire un service utile aux autres.
      Pour moi, un fond de répartition, qui serait sous forme de prélèvement fiscalisé, pour les abimés de la vie, et le reste en capitalisation pourrait être le meilleur système du point de vue moral et évitant toute tension entre les générations.

      • Je pense tout de même qu’il appuie là où ça fait mal, sur le fait que tout système de retraite se base sur le fait que les actifs travaillent pour les retraités (les retraités peuvent être encore actifs en gestion, mais moins que les plus jeunes).
        Un point oublié est que la capitalisation responsabilise et fait en sorte que tout le monde a un intérêt direct à la croissance économique, et cet intéressement engendre des placements plus fructueux et donc une croissance économique plus forte.
        La question internationale (que j’avais déjà abordé avant sur ses articles) est vite évacuée, en gros « les nigérians=ça rapporte rien ». Peut être maintenant, mais pour mon cas, l’état du Nigéria en 2070 m’importe, et il est tout a fait possible que la situation sera alors bien différente. Repensons à la Chine de 1969, pas bien différente du Nigéria d’aujourd’hui. Comme dit dans l’article, la retraite c’est du long terme (mais peut être que lui s’en fout, il doit avoir dans les 70 ans).

        • « tout système de retraite se base sur le fait que les actifs travaillent pour les retraités ».
          Non dans un système par capitalisation chacun travail pour soit ET pour tout le monde. ne pas oublier que, fournir du capital c’est créer ou favoriser une activité et des emplois, c’est participer à l’augmentation de la richesse. la répartition c’est exactement l’inverse, c’est la distribution du butin, ça ne créé rien et comme ça tombe tout cuit dans le bec pourquoi se donner du mal avant?

          • D’abord 2 précisions
            – je ne parlais pas du Nigéria, mais du Niger pour bien montrer que la multiplication des actifs ne suffit pas, sauf à importer ces adultes au Nord, mais c’est un sujet délicat et différent
            – j’ai 78 ans, j’ai acheté ma résidence principale et je sors peu à peu de mes portefeuilles boursiers

            Sur le fond, des investissements sans les hommes, c’est difficile

  • On ne peut strictement rien comprendre à la question des « retraites » si on ne comprend pas que la « retraite » n’est que l’une des formes possibles de la réduction du temps de travail permise et conditionnée par l’augmentation de la productivité.
    En 1700, même dans les pays les plus riches du monde de l’époque, l’immense majorité des gens devait travailler de l’aube au crépuscule, de l’enfance à la mort, pour assurer la survie de tous, et encore.
    Tout ce qui favorise l’augmentation de la productivité (orientée vers la satisfaction des besoins réels de la population, c’est à dire tels qu’exprimés sur un marché libre) est favorable à la réduction du temps de travail, tous ce qui la pénalise lui est défavorable. Or la productivité est conditionnée par l’épargne, abstention volontaire d’une consommation immédiate au profit d’une consommation ultérieure espérée supérieure. Seule l’épargne permet l’élaboration d’outils, de machines, la production de l’énergie nécessaire à leur fonctionnement, l’amélioration des techniques, la recherche, la construction d’infrastructures, et leur entretien, car elle seule permet de rémunérer les travailleurs qui s’y consacrent (et qui consomment ce que les épargnants ne consomment pas).
    Si « nous » bénéficions de systèmes de retraite aujourd’hui, c’est grâce aux épargnants du passé et uniquement grâce à eux. Ces systèmes disparaîtrons si « nous » cessons d’épargner.
    Quels que soient les artifices comptables mis en avant pour masquer cette vérité, nos systèmes de « retraite » n’existent que grâce à la « capitalisation ».
    Passons à une vision globale.
    La productivité globale d’une société dépend donc :
    – de la productivité individuelle de chaque travailleur, qui dépend du capital dont il dispose pour produire
    – du nombre de travailleurs occupés à produire ce qui est réellement demandé (sur un marché libre) par la population.
    Plus il y a de parasites (politiciens, syndicalistes, hauts fonctionnaires, pseudo étudiants, bénéficiaires de minimas dits « sociaux »…, plus l’épargne est détournée à des fins improductives, comme la pseudo « transition énergique »…) plus la production globale est faible et donc moins étendue peut être la réduction du temps de travail pour les producteurs.
    Des jeunes nombreux mais improductifs sont une charge pour les producteurs, charge qui qui vient en déduction de ce qu’ils pourraient choisir d’épargner, de consacrer à l’augmentation de leur niveau de vie ou à la réduction de leur temps de travail.

    • Il y a aussi un aspect préservation de richesse monétaire. La variation de la valeur de la monnaie du pays qui n’est pas abordée et qui est essentielle.

    • Encore faut il que l’épargne corresponde à une quelconque richesse réelle. Lorsque l’épargne prend la forme de dettes d’état cela correspond à quoi? du vent!

  • Ce qui est le plus problématique dans le cas de la capitalisation, c’est la perte complète de repère créée par l’explosion de la création de monnaie. Beaucoup ressentent qu’un jour ça va se casser la figure, et dans ce cas les investissements financiers ne vaudront plur rien, les autres non plus, car dans la pagaille ça m’étonnerait que les droits de propriété soient encore reconnus. Bien entendu la retraite par répartition ne vaudra pas mieux (tout dépendra dans quel état sera la communauté à laquelle on sera attaché, s’il y en a une).

  • Un livre dénonçant ce qui précède et notamment les inégalités de revenus, la captation de ceux-ci par les classes sociales supérieures.
    Le capital au 21ème siècle de Thomas Piketty
    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Le_Capital_au_XXIe_si%C3%A8cle
    Cette non redistribution des richesses, l’assistanat des plus aisés via des exonérations fiscales toujours insuffisantes conduit à l’explosion de l’endettement privé, des états, la création de bulles et la montée des extrêmes.
    Cet accroissement des inégalités est dénoncé par plusieurs prix nobel d’économie, ceux là même qui a avaient annoncé la crise des subprimes ainsi que l’OCDE et le FMI notamment.
    A moins de tirer à balles réelles dans la foule, nous arrivons au point de rupture, l’histoire montrant que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

    • La thèse de Piketty a été largement démolie depuis longtemps… sa solution (taxer les riches) aussi…

    • Aucun prix nobel d’économie n’a jamais annoncé la crise de 2008, seul certain libéraux l’ont fait.
      Il n’y a pas accroissement des inégalités mais au contraire une réduction globale au niveau mondial.
      Bien sur les états ont tout intérêt à accréditer cette thèse pour se poser en sauveur et augmenter encore leur pouvoir en remerciant au passage pikety et tous les idiots utiles.

  • « la productivité étant la résultante de beaucoup d’éléments, dont l’efficacité de l’Éducation nationale »
    D’ores et déjà : on est mal !

    Le passage de la répartition à la capitalisation provoque obligatoirement un afflux de cash (puisque non dépensé par la répartition). Cela ne peut provoquer qu’une bulle (tout comme le QE…).

    Dire que la rentabilité (réelle: pas les dividendes, et surtout de manière pérenne) des entreprises va forcément augmenter est un voeux pieux.

    Plus de cash :

    – Au début :augmentation de la demande en valeurs donc hausse artificielle des valeurs mobilières.

    – A terme : Dans beaucoup d’entreprise les investissements à long terme sont systématiquement reportés, ou bien minimisés, pour assurer la rentabilité à court terme afin d’augmenter les dividendes et par là la valeur boursière de l’entreprise. (Poids des fonds de pension étrangers, des fonds d’assurance-vie).

    Et les bulles ont pour destin de crever.

    Donc la question: la bulle crèvera t’elle quand vous serez décédé ou avant avec le tsunami en résultant ?
    EMRON pour résumer…

    • C’est un peu cavalier, mais pas faux

    • « Cela ne peut provoquer qu’une bulle (tout comme le QE…). »

      Aucun rapport. Le cash de la capitalisation n’est pas créé, il existe déjà. A l’opposé, le cash des QE est créé pour l’occasion, sans contrepartie de création de richesse, et s’additionne au cash existant. C’est l’ajout irresponsable de monnaie par les BC qui crée la bulle de tout, actions, taux, bitcoin, immobilier, or…

      • Pas vraiment le cash est sur le marché au lieu de financer immédiatement des retraites (répartition). Retraités qui vont dépenser surtout et peut investir sur les marchés.

      • Pour être plus clair : effectivement le cash existe…mais il est orienté actuellement vers le financement des retraites (répartition). Si elle n’existe plus ce que je cotise actuellement va aller sur les marchés, obligataires, boursier, immobiliers…donc augmenter le cash disponible et créer des bulles.

  • Bonjour,
    Il y a un point qui, me semble-t-il, n’a pas été abordé dans les commentaires et qui justifie à mes yeux le problème abordé par l’auteur, à savoir la démographie :
    Ce point est la temporalité.
    Je m’explique :
    Dans un régime par répartition, vous devez distribuer le pactole récolté instantanément. En admettant un échantillon de 10 personnes dont 8 actifs et 2 retraités, 1 actif = 1 cotisant, donc si vous avez 8 actifs qui ont cotisé 10, vous avez 80 à répartir sur 2 retraités. Et problème lorsque la démographie s’inverse vous n’avez plus que 20 à répartir sur 8 retraités.
    Dans un régime par capitalisation, vous ne distribuez pas le pactole récolté dans l’instant par les cotisant, mais la somme accumulée par le passé par chaque actif. Donc si je reprends mon exemple, que vous ayez 8 actifs pour 2 retraités ou l’inverse importe peu. En effet, chaque retraité récupère ses propres cotisations passées et non plus les cotisations instantanées des actifs (la temporalité dont je parlais), donc nous n’avons plus 1 actif = 1 cotisant, mais 1 retraité = 1 cotisant (car il a accumulé ses cotisations par le passé) => plus de soucis de démographie.
    Évidemment, ce raisonnement simple élude les phases de transitions. Notamment à la création du système, la première génération de retraités n’a par définition jamais cotisé et au passage d’un système à l’autre.

    Sincèrement

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