Les touristes aiment la France, mais la France aime-t-elle ses touristes ?

La France reste la première destination de vacances dans le monde. Mais elle n’en tire pas assez profit, selon un rapport de l’Assemblée nationale. Qu’est-ce qui cloche ?

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Touristes à Paris

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Les touristes aiment la France, mais la France aime-t-elle ses touristes ?

Publié le 30 juillet 2019
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Par Ludovic Delory.

Par sa variété de paysages et de coutumes, par sa position au centre de l’Europe, par sa gastronomie et ses monuments nationaux, la France attire chaque année une masse de touristes. Une masse énorme. 89,3 millions d’étrangers sont venus visiter l’Hexagone l’an passé. Une hausse de 3 % sur un an, qui confirme le statut — cocorico — de première destination touristique du monde.

On est les champions ! … sauf que la rentabilité reste en berne. Un récent rapport publié par l’Assemblée nationale place la France en 3e position (seulement) en termes de retombées touristiques. 55, 5 milliards d’euros de recettes, loin derrière les États-Unis (180 milliards de dollars en 2017) et l’Espagne (80 milliards d’euros). [EDIT : 60 milliards d’euros]

En France, le tourisme ne représente que 7,2 % du PIB alors que, de l’avis unanime des représentants du peuple, l’objectif devrait se révéler bien plus ambitieux. Les touristes étrangers aiment la France, mais ils n’y dépensent pas assez leur argent.

Pourquoi ?

Le tourisme en France, cette « belle endormie »

Deux raisons : la durée des séjours est trop courte. 6,7 jours en moyenne, c’est largement moins que l’Espagne, principale rivale de l’Hexagone. Ensuite, les incitations à dépenser l’argent y sont moindres qu’ailleurs. Et le rapport pointe notamment la fermeture des commerces le dimanche. Le jour où les touristes de passage profitent de leur jour de repos pour visiter le coin. L’inadéquation de l’offre et de la demande.

Que pouvons-nous lire dans les premières pages de ce rapport parlementaire ? Des envolées poétiques : « Le tourisme en France reste encore une belle endormie« . Sans doute attend-elle le baiser du prince qui la réveillera.

Ce Prince, si l’on en croit le rapport, a les traits de l’État. « Ce secteur [le tourisme, donc] tend souvent à être laissé de côté par les pouvoirs publics. » Quelques lignes plus haut, le rapport préconise pourtant : « Il apparaît tout à fait prioritaire de libérer les acteurs du tourisme des contraintes réglementaires et administratives, encore trop nombreuses. » Citons encore leurs auteurs :

L’image de la France tend à se dégrader de manière latente. Notre pays souffre d’une réputation mêlant qualité de l’accueil insuffisante, déficit de propreté et mauvais positionnement en termes de compétitivité-prix.

Schizophrénie. En libérant l’offre commerciale, en assouplissant les règles drastiques qui pénalisent ceux qui veulent travailler (comme ce boulanger obligé de fermer boutique un jour par semaine), la France pourrait retrouver son statut de leader touristique. Pourtant, ses élus réclament davantage d’interventionnisme pour lui permettre de conserver son statut, son travail, ses revenus.

Avec des résultats inverses.

Libérer l’offre touristique pour accroître les recettes

Les Français aiment les touristes. Ceux qui dépensent leurs euros dans les boulangeries, les musées ou les œuvres patrimoniales chères à Stéphane Bern. Mais en dehors de l’Île-de-France, peu de salut. Ce sont les députés eux-mêmes qui l’affirment encore :

Beaucoup des acteurs auditionnés ont regretté le millefeuille administratif caractéristique du système français, qui rend complexe une structuration vers une stratégie unique et une promotion structurée, faisant perdre en cohérence et en efficacité.

La France n’est pas l’État français. Cette différence n’est pas seulement sémantique. Les contestations qui ont suivi l’omniprésence des radars, les projets d’implantation d’aéroports régionaux ; les grèves du personnel des aéroports en pleine période de vacances ou le mécontentement du personnel des péages, dans la foulée de celui des Gilets jaunes, jouent un rôle important dans l’hésitation dont font montre les touristes étrangers.

Le tourisme est une entreprise. Les gouvernements qui l’ont compris en ont tiré profit. Tout comme l’ensemble du secteur.

Le gouvernement français, toujours prompt à ponctionner les revenus générés par l’industrie du tourisme — à l’instar des billets d’avions — n’a pas encore mis à profit ces enseignements.

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  • les gens qui tirent profits de l’arrivée des touristes y ont un interet évident..
    les autres çà les emmerdes plutôt, et moi je comprend çà

    • J’habite dans une région hautement touristique. Les touristes créent des embouteillages. C’est en pratique le seul inconvénient. Leur venue m’apporte énormément d’avantages: un aéroport au top, des commerces dynamiques, des centre ville rénovés, des lieux de promenade bien aménagés, des festivals de musique, des feux d’artifices qui émerveillent les enfants, des animations sportives à ne plus savoir qu’en faire… je m’arrête là pour ce matin!

      • dont beaucoup d’activités culturelles subventionnées..

        • dont beaucoup d’activités qui attirent les touristes, qui donnent une bonne image de la ville et de la région. Mais vous avez raison, promouvoir l’attractivité d’une ville n’est pas une mission régalienne et l’association des commerçants locaux devraient seuls soutenir les millions d’euro pour ces activités. Ah, ce n’est peut-être pas possible. Mais ce serait tellement libéral pourtant.

      • si c’est en PACA regarde vos impots locaux

    • En quoi cela les emmerde? Moi je ne comprend pas.

    • Bon franchouillard qui á lui seul justifie l’article

  • En écoutant les français qui reviennent de l’étranger, on a vite une petite idée de ce qui ne va pas en France : « Qu’est-ce qu’ils sont aimables ces étrangers ! Et puis il n’y a pas un papier par terre… ».
    Voyez l’état déplorable des WC des bars parisiens et comparez aux toilettes japonaises…
    Les pseudos restaurants qui ne cuisinent plus portent atteinte à notre réputation gastronomique.
    C’est plus grave qu’il n’y paraît car en raison de la désindustrialisation, le tourisme devient une ressource essentielle : la France est dorénavant un parc d’attraction, mais encore faut-t-il qu’il reste attractif.

    • En France le travail est considéré comme une malédiction. C’est vrai aussi dans le secteur du tourisme. Quand on a cet état d’esprit, difficile de se montrer accueillant envers les touristes…

    • Pour les toilettes, l’état de celles du Louvre m’ont plus gêné que celles des restaurants – après tout, ce musée se veut un des premiers au monde…
      Ensuite, boucoup tient à votre première remarque : « qu’est-ce qu’ils sont aimables, ces étrangers ». Dans d’autres pays, le touriste est accueilli. En France, dans beaucoup d’endroits le touriste est une emmerdeur tout juste bon pour filer ses sous. Ce n’est pas spécifique au touriste, d’ailleurs, ça s’applique à tout client, mais ça fait d’autant plus mauvaise impression que le client est un touriste qui n’est pas habitué à un tel traitement.
      Ajoutez le coût des nuités (pas facile de trouver un endroit correct pour dormir à Paris à moins de 100€ la nuit, hors éventuellement plate-formes en ligne), ça n’incite pas à faire de longs séjours…

    • Vous oubliez l’insécurité, en particulier dans les grandes villes et le laxisme qui règne à tous les niveaux (caractéristique propre à ce pays qui va bien au-delà des intervenants du secteur touristique)

  • Qu’est-ce qui cloche ❓
    Peut-être les cloches au pouvoir ❓

  • Le cas des offices de tourisme est sidérant ! Il mériterait un article à part entière. Si j’ai le temps un jour…
    Idem pour la signalisation, parent pauvre du tourisme français. Bref il manque du bon sens pratique comme d’habitude. Les touristes sont trop souvent abandonnés..

  • La différence entre notre pays et les autres, c’est que nous comptabilisons comme touristes tous les gens qui nous traversent pour se rendre ailleurs – comme au Maghreb par exemple. – et cela fait beaucoup de monde en Europe. Bon, il y a aussi les touristes néerlandais qui voyagent avec leur nourriture mais ils laissent moins de papier gras et leurs voitures sont moins surchargées sur le toit!
    Il suffit de regarder l’autoroute du soleil et de compter les voitures immatriculées à l’étranger qui obliquent vers l’Espagne pour se rendre compte que la majorité des visiteurs traverse seulement la France! En fait, nous recevons des « touristes » qui n’en sont pas, qui la traversent seulement et qui sont peu argentés. Enfin, nos prix d’hébergement, ceux du carburant, ceux des autoroutes sont trop élevés pour des prestations inférieures au reste des pays européens. Le reste des conclusions publiées n’est que littérature. L’accueil en France n’est pas pire qu’ailleurs, c’est la qualité de la majorité des visiteurs qui achoppe.

  • C’est un ensemble. Dans un pays qui fonctionne bien, où les gens se sentent libres et heureux (par ex. la Suisse), les touristes sont bien accueillis. Dans un pays qui fonctionne mal, qui est hyper réglementé, où les gens sont en permanence mécontents (par ex. la France) la grogne se transmet aux touristes.

  • Outre la qualité de l’accueil insuffisante, déficit de propreté et mauvais positionnement en termes de compétitivité-prix, il faut rajouter une certaine insécurité (Paris notamment) et même à Valensole au moment de la floraison des lavandes, les gendarmes sont mobilisés pour surveiller les pick-pockets qui oeuvrent dans les voitures des touristes (surtout asiatiques) qui se prennent en photos… Phénomène qui tend à s’accroître au fil des années

  • Les français sont antipathiques, abusent des touristes!

  • Une taxe pour arranger ça? Nannnn je déconne!

  • A propos des toilettes sans aller jusqu’au Japon,dans le secteur touristique à Salzbourg alors qu’il y avait du monde et la queue pour les toilettes une personne nettoie entre chaque passage …………..pour avoir voyagé avec 5 femmes (mon épouse et mes 4 filles) et donc nécessité de trouver des toilettes correctes(Schiappa va me tomber dessus) en Allemagne /Suisse/Autriche c’est toujours plus qu’impeccable.Et au niveau prix n’en parlons pas pour la restauration et l’hebergement c’est quasiment moitié prix!!!!!!!!!Mais ils n’ont pas près de 620 000 élus (même à eux trois réunis) à nourrir ni un pourcentage d’oisifs conséquents à entretenir!

    • A Disneyland Paris les toilettes sont impeccables…chuis bête c’est une société privée américaine…on peut pas en dire autant de celles de nos autoroutes.

  • Ce qui m’ennuie quand je fais du tourisme, ce ne sont pas les jours d’ouverture des boulangeries (qui n’impacte pas fort les touristes justement, en plus que chaque pays a ses habitudes. Tous les magasins en Belgique sont ouverts avant 10H, ce qui est beaucoup plus rare en France. J’en fais pas une maladie hein), mais ce sont les jours de fermeture des musées et les horaires. En été, je serais pour des horaires élargis.

  • Les commentaires concordent avec l’article à l’exception de quelques chauvins
    Il y a quelques années nous visitions les châteaux de la Loire en famille. Essayez de trouver un restaurant ouvert après 14 heures.
    J’acquiése pour dire que l’Espagne reçoit bien les étrangers à l’exception de la Catalogne
    Madrid a pour le moins trois musées de renommée mondiale. Toutes les provinces ont leur intérêt
    Les USA font du business ce ne sont pas leurs plages à l’exception de la Floride,celles de Californie sont frmoides
    Dérèglementez l’hôtellerie du moins l’été et les boulangeries

  • La rentabilité prouve bien que sur les 89 millions beaucoup ne font que transiter vers l’Espagne, l’Italie ou le Portugal.

  • Les commentaires sont fermés.

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