La CGT, nouvel éditorialiste au Point

La place de la CGT comme grande ordonnatrice de la distribution de la presse lui donne un poids effectif dans la censure des titres qui ne lui plaisent pas.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
cgt credits bernard blanc (licence creative commons)

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

La CGT, nouvel éditorialiste au Point

Publié le 20 mai 2019
- A +

Par Christine Courrières.

Mercredi dernier, à l’occasion d’un mouvement de grève de la CGT dans les dépôts de distribution des journaux, plusieurs titres n’ont pas été distribués : Le Point, Paris Match et Valeurs actuelles. Dans son éditorial du jeudi 16 mai, Étienne Gernelle laisse éclater sa colère : « De quel droit ? La liberté de la presse est-elle désormais à la merci de la commission de censure de la CGT  ? ». Une nouvelle fois, le syndicat instrumentalise le droit de grève pour tenter d’imposer ses diktats sur un secteur où son influence est encore importante.

Censure

Il ne semble pas totalement anodin de voir des publications étiquetées à droite victimes des pressions de la CGT, qui une nouvelle fois s’attaque à la liberté de la presse au nom de son idéologie marxiste et anticapitaliste. C’est au nom de cette dernière qu’il semble encore légitime au sein de la centrale syndicale d’imposer son point de vue par la force, violant ainsi les règles les plus élémentaires du pluralisme idéologique démocratique et libéral.

Pression et violence

Ce n’est pas la première fois que la CGT s’insurge en ayant recours à la force. On se souvient par exemple de la réaction stalinienne du syndicat quand le groupe Bolloré a décidé en 2010 de changer d’imprimeur pour ses journaux gratuits Direct Soir et Direct Matin : parce que le nouvel imprimeur n’était pas contrôlé par le syndicat du livre, les militants de la CGT ont entravé la diffusion du journal et saccagé des stocks de journaux impunément.

Menace pour les médias

La place de la CGT comme grande ordonnatrice de la distribution de la presse lui donne un poids effectif dans la censure des titres qui ne lui plaisent pas. Avec l’arrivée d’Internet et l’intensification de la concurrence, en particulier de la presse gratuite, cette position de quasi-monopole est devenue non seulement largement inefficace, mais très dommageable au seul secteur de la presse papier qui doit survivre à la révolution des médias sociaux. Il est à craindre qu’en France, ce ne soit pas la disruption technologique qui coule les médias traditionnels, mais l’archaïsme de syndicats qui profitent de leur position comme d’un frein à toute innovation.

Voir les commentaires (8)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (8)
  • Entre la CGT qui agit sur la distribution de la presse et d’autres qui agissent sur le contenu, nous sommes bien informés…
    Pour que tout cela reste efficace et surtout, droit-de-l’hommiste, il est urgent de « réguler » internet…

  • Donc! Quand un kiosquier refuse de vendre une journal qui porte une couverture gay gay c’est terrible, mais quand la CGT refuse de vendre un journal présentant un opposant politique tout va bien. La gauche dans toute sa splendeur: les règles, c’est pour les autres

  • Le Point, journal de droite ? Si Le Point est à droite, alors Labération et l’Immonde sont à l’extrême droite.

  • qui a dénoncé çà? personne

  • Un bon militant CGT – iste est un chômeur de très longue durée, a retraite courte.

  • Ils n’ont qu’a se delocaliser entierement….j’oubliais y a les subventions….

  • Selon Coluche la CGT c’est les Cancer Général du Travail. Mais à l’nverse du Cancer qui généralement évolue,la CGT elle reste bloquée sur place.!

  • La CGT du livre existe depuis le front populaire. Comment peut-on supporter un seul instant le monopole d’embauche d’un tel syndicat des plus archaïques qui soit

  • Les commentaires sont fermés.

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Avec un taux de syndicalisation de 10,8 % déclaré en 2022, et même si tous les syndicats sont d’accord, ces derniers ne pèsent objectivement pas bien lourd. C’est probablement sur ce constat que compte le gouvernement pour faire passer sa énième tentative de stabilisation financière du régime des retraites en France.

Il est vrai que l’examen de la pyramide des âges, de l’espérance de vie et du taux de natalité en France n’incite pas à l’optimisme quant à la survie du régime actuel des retraites. Point n’est besoin de consulter le COR o... Poursuivre la lecture

Par Patrick Aulnas.

Il est décidément impossible de revenir à la raison au sujet des retraites.

Que l’on écoute les responsables syndicaux, les leaders de gauche, certains intellectuels signataires d’un soutien au mouvement de grève ou simplement les interviews micro-trottoir, on reste confondu par le niveau de la manipulation politique. Tout ce beau monde semble penser qu’il suffit d’une volonté politique pour faire le bonheur du peuple.

Toute personne raisonnable sait pourtant que la politique est régie par les émotions... Poursuivre la lecture

Syndicats
6
Sauvegarder cet article

Un article de l'IREF Europe

 

Depuis longtemps les syndicats français cherchent à faire la loi en France. La Constitution de 1958 leur en a fixé l’horizon en proclamant que « la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ». Puis M. Gérard Larcher leur en a offert les moyens en faisant voter la loi du 31 janvier 2007 sur le dialogue social transposée notamment ainsi à l’article 1 du Code du travail :

Tout projet de réforme envisagé par le gouvernement qui porte sur les relations individuell... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles